Mer - 3 Mars 2021 - Trahison
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Mer - 3 Mars 2021 - Trahison
Comme hier, ils ont discutés un moment devant la maison. On ne pouvait pas les entendre. Puis, Magalie est montée en voiture avec Damien et ils sont tous partis. Je crois que Pascal rentrait, il faudrait que je sois à la maison avant lui. On le suivait en gardant nos distances.
Au lieu de continuer sur la route du lac, il est entré dans Morges??? Pourquoi? Alors on a suivi.
Caro avait mis une perruque, moi, je n'avais pas pensé mettre celui qu'elle m'a apporté. J'ai dû me coucher, on passait à côté de Pascal, qui parquait près du McDo. Caro s'est parquée un peu plus loin.
Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé que, heureusement, les restos étaient fermés.
Il devait avoir faim pour s'arrêter à un McDo. J'ai regardé mon natel, persuadée qu'il allait m'appeler pour me demander ce que je voulais. Mais niet. Caro a sursauté et m'a dit de regarder... Natacha? Pascal se trouvait avec Natacha?
Boh, il avait dû la voir et s'était arrêté juste pour la saluer. Donc pour moi, rien de bien grave. Qu'est-ce que j'suis tarte, je continuais à me bercer d'illusions et à me faire des films...
Caro était persuadée qu'ils avaient bel et bien rendez-vous, cela se voyait...
Ils sont entrés au McDo pour en ressortir environs 10 minutes plus tard. Natacha lui a pris le bras et ils mangeaient tout en marchant. Là, j'ai dû admettre que Caro devait avoir raison. De les voir marcher côte à côte, c'était...
J'avais l'estomac dans les baskets et ça tournait dans tous les sens. Je crois que ce qui me rendait le plus malade, c'était de les trouver mignons ensembles. Ils formaient un joli couple. J'espère que eux ne s'en rendaient pas compte. Je tremblotais, j'avais froid et mal à la tête.
Pascal m'avait menti, il ne finissait pas tard du tout? Il avait juste dit ça pour la voir. Je n'arrivais pas à y croire. Il m'avait délibérément menti, lui. J'ai senti une crise d'asthme se pointer, mais c'était pas possible, il fallait que je contrôle. Sinon, j'allais devoir sortir de la voiture, ou me coucher... Ça m'affolait.
Caro a commencé à me dire de respirer calmement, et elle le faisait aussi pour m'encourager. Je ne la quittais pas des yeux, ma vie dépendait d'elle. Ça a marché, j'ai commencé à me sentir de mieux en mieux, à pouvoir recevoir de l'air dans les poumons. Merci Caro. Elle avait vu Pascal le faire au chalet.
C'était la 1ère fois que je voyais mon homme se balader en amoureux avec une autre femme. Avec précaution, j'ai essayé de les trouver des yeux. Ils avaient disparus. Caro pensait que c'était peut-être mieux qu'on s'en aille. Elle avait peur que je refasse une crise.
Le regard de pitié que m'a lancé Caro m'a fait mal. J'avais été idiote et elle le savait. Même, si je les avais eu sous les yeux, je n'arrivais pas à le croire. Pas à croire que Pascal m'avait sciemment menti, et tout ça pour aller à un rendez-vous avec une autre femme? Natacha qui plus est.
Pour qu'il aille jusqu'à me mentir, c'est que... Non non non. J'étais dévastée et je me sentais trahie.
Pascal m'avait trahie. On est sorti de la voiture et pris la direction qu'on les avais vu prendre. Ils se dirigeaient vers le bord du lac. Horreur, maintenant ils se tenaient par la main. Ça me faisait tellement mal. Super mal. C'était horrible. Je voulais rentrer. Je devais rentrer. Caro ne voulait pas.
Caro avait les larmes aux yeux. Je lui ai remis la perruque comme il faut.
Moi, l'idée de voir plus me rendait malade. Je ne voulais pas voir, je préférais en rester à la promenade. Je n'étais pas sûre de pouvoir supporter plus. Bêtement, je me suis demandée ce que j'allais faire une fois qu'il serait rentré. Continuer à jouer l'heureuse bécasse?
Je ne suis pas sûre de pouvoir simuler. Ma tête semblait sur le point d'exploser. J'avais le coeur dans les pompes, je tremblais, ça faisait trop mal. J'étais trop triste, je ne pouvais plus lui faire confiance.
Pourquoi? Comment est-ce arrivé? Est-ce que j'avais loupé quelque chose? Mon coeur se brisait en mille morceaux.
J'étais vannée, complètement à plat. L'envie de dormir me tenaillait les tripes, je ne pensais plus qu'à ça. Je me sentais fatiguée. Oublier. Ne plus penser. D'ailleurs, je n'étais plus capable de raisonner. La seule chose que je voulais, c'était dormir. Au moins pendant ce temps, je ne penserait ou ne souffrirais pas.
Ils se sont assis sur le muret froid au bord du lac. Par moment, Natacha posait sa tête sur ses épaules. Ils se mis face à face, ils se tenaient la main. Pascal lui a mis les cheveux derrière les oreilles. C'était un geste de tendresse, un geste qu'il avait avec moi, parfois avec Caro. C'était douloureux.
Je n'avais pas seulement mal, j'avais des envies... de... d'arracher la tête à Natacha, la défigurer, déchiqueter son sourire, lui couper la main pour qu'il ne puisse toucher les cheveux de personne d'autre. Elle a penché son visage vers lui, et il l'a embrassée. Mon coeur a chuté au fond de l'eau froide du lac.
Caro a essayé de m'en dissuader, mais j'ai voulu l'appeler... je voulais savoir ce qu'il allait faire. Quand le natel à Pascal s'est mis à sonner, ils se sont raidis tous les 2. Pascal n'avait pas l'air de vouloir me répondre. J'ai insisté. Il a fini par sortir son natel et l'a regardé comme si ça allait sauter.
Je n'aurai peut-être pas dû appeler... Il faisait pratiquement nuit, et la lumière du natel éclairait bien son visage.
Pascal s'est levé pour s'éloigner. J'avais une main qui me serrait les intestins. J'ai mis tous mes derniers efforts à prendre une voix enjouée, et être toute douce et gentille. Son "hey" m'a énervé. Le culot, comme si de rien. Je lui ai demandé s'il était toujours au boulot chez John, je pouvais venir vers lui.
J'ai expliqué que j'étais pas loin, je pouvais me faire déposer, qu'on pouvait passer chercher du chinois en rentrant.
Pascal est resté sans voix. Ça a bien duré plusieurs secondes. J'imagine qu'il devait être livide. Mon coeur a serré; il m'a dit que c'était mieux que je ne vienne pas, il ne savait pas pour combien de temps ils en avaient. Puis il a dû se dire que si j'insistais, et que je disais que j'attendrais sans piper le mot, il serait dans la merde.
Alors, il a fini par dire qu'il allait partir, qu'il ferait à manger, que ce n'était pas la peine que je vienne.
Avant que j'aie pu dire quoi que ce soit, il a raccroché. Jamais Pascal ne m'avait raccroché au nez. Ça m'a terrassé; il m'avait raccroché au nez!?! J'étais à 2 doigts d'aller vers lui, lui montrer que je l'avais pris la main dans le sac. Et qu'il me prenait pour une dinde.
Caro m'a retenue. Elle m'a demandé à quoi ça servirait. Ce serait pire...
Natacha sera contente que les choses soient au grand jour, ils n'auraient plus à se cacher. Et moi, je me serais ridiculisée. Elle avait raison. J'aurai l'air d'une pauvre femme trompée, et devant la maitresse en question, en plus. Jouissif pour elle.
Ils étaient en train de revenir dans notre direction, il a fallu courir à la voiture.
Je crois que je n'avais pas envie de voir s'ils allaient se "bisouter" avant de se quitter. L'idée me rendait malade. Je voulais rien voir. Caro m'a demandé si j'avais envie de vivre dans le dénil? Non, mais elle n'avait qu'à me raconter.
Ils se sont fait un rapide bisous. Pascal semblait pressé. Natacha lui a fait signe jusqu'à ce qu'il disparaisse.
Pascal m'a aussitôt appelée pour dire qu'il était en route. Il voulait savoir si je voulais "chinois" ou s'il me fait à manger. En fait, c'était juste pour s'assurer que je n'aille pas chez John quoi. Franchement, je n'avais carrément pas faim. Je lui ai dit qu'on pouvait manger à la maison, j'étais en chemin.
On s'est arrêté chez Caro après avoir été rendre la voiture. Je ne voulais pas rentrer tout de suite, j'étais sonnée.
Le temps d'étudier ce qu'on avait vu, le disséquer dans tous les sens, et de me calmer, j'ai pu rentrer. J'avais beau l'observer, je ne voyais rien, sauf qu'il évitait de me regarder dans les yeux. Quand il m'entourait de ses bras pour me faire un bisou dans le cou, j'avais envie de le gicler loin.
Mais... Il fallait que je sois gentille. Plus que d'habitude. Un homme averti en vaut 2, donc, je devais rester adorable, douce, gentille, éviter les prises de têtes. Je devais faire comme si tout allait bien. Par contre, s'il essayait de provoquer une dispute, je devais battre en retraite, et même jouer les blessée, montrer de la tristesse.
C'était la seule manière de contrer ce qui se jouait dans mon dos. Je devais éviter à tout prix de le laisser me provoquer. Je ne devais pas laisser mes humeurs exploser.
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