Jess...
Jesssss... 
Pascal aurait dû se glisser hors de ma chambre avant le matin, mais il s’était endormi. Quelle poisse! Comme la chambre à Pascal était à côté de la mienne, on a entendu Ethan frapper vigoureusement à sa porte. C’est ce qui nous a réveillé. Les garçons avaient prévu d’aller faire de la grimpe entre mecs avant le déjeuner. Trop tard, Pascal ne pouvait pas sortir dans le couloir, n’est-ce pas! La plupart de ses potes étaient déjà parti quant il est descendu.
En attendant le retour des autres pour déjeuner, j’ai lu un peu, en restant scrupuleusement à l’écart de Pascal. En rentrant, détendu par le sport, Thomas est venu me cocooner et me raconter leurs sorties. Fini la mauvaise humeur d’hier soir. Tout le monde semblait détendu... fatigué, mais de bonne humeur.
Pascal m’a attrapé dans un petit coin, un peu avant le déjeuner, pour me faire des bisous. Je l’adore trop. Collé comme des siamois, on s’embrassait et un raclement de gorge nous a fait sursauter. Paul nous avait surpris. Embarrassée, je me suis éclipsée laissant les garçons. On avait perdu l’habitude de rester sur nos gardes, c’était pas de chance. 2mn d’inattention et voilà; pris la main dans le sac. Ciel, ça aurait pu être Thomas, et s’aurait été la cata!!! J’ai juste entendu Pascal demander à Paul de garder ça pour lui. Ils sont restés un sacré moment à discuter. Après, un peu gêné, j'ai évité comme je pouvais de me retrouver face à Paul.
En fin d’après-midi, la plupart d’entre nous avons été faire une sieste question de se retaper pour la longue soirée à venir. Thomas jamais fatigué d’essayer, m’a proposé de faire la sieste avec lui, en tout bien tout honneur, promettant de ne rien tenter. Je ne pouvais pas faire ça. Comme je n’ai pas capitulé, il est parti avec une équipe faire une partie de bowling.
Discrètement, Pascal et moi, avons filé dans l’aile inhabitée. Chaque moment qu’on pouvait passer ensemble, que tous les 2, était précieux, alors on s'en privait pas. On somnolait quant on a entendu une voiture et du bruit dans la cour. On ne savait pas que quelqu’un était venu frappé chez Pascal. Après nous avoir surpris ensemble, Paul se doutant que Pascal pouvait être avec moi avait aussi frappé à ma chambre. Mais ça, je l’ai su plus tard.
Pascal a été jeté un coup d’oeil par la fenêtre, quant il s’est retourné, il était devenu tout pâle. Il a seulement dit "Oh Boy!", et son "Oh boy" ne prévoyait rien de bon. Pascal s’est habillé à toute vitesse. J’ai été voir à la fenêtre, il n’y avait pas grand chose à voir. Pourtant Pascal était blême, sa mâchoire se contractait nerveusement; “Il... Il faut que j’y aille... C’est Jess... ”. Et il a filé. C’était... bizarre! Et Jess? Quoi Jess? Pascal est revenu et m’a serré très fort. Il m’embrassait tout en s’excusant, et il est parti.
AHGHHH... Quoi??? Jess était là???!!!
Un gros gros trou s’était creusé sous mes pieds. Je pourrais même pas dire combien de temps, je suis restée les yeux écarquillés, assise sur le lit à regarder la porte. J’avais l’estomac tout retourné, des fourmis dans la mâchoire. Je me sentais comme quant on a un exam et qu’on a pas étudié et qu’on se sent malade à l’idée d’aller en classe... Je n’arrivais même pas à me mettre debout sur mes pieds, parce que j’avais aussi des fourmis dans les jambes.
Jess... je connaissais son nom, mais... j’avais fini par l’oublier. Elle était devenue abstraite, un peu comme si elle n’existait pas. Comme si elle n’allait jamais apparaître. J’étais un peu perdue. Et je ne voulais pas rencontrer Jess. La rencontrer la ferait exister, et je ne voulais pas qu’elle existe. J’avais une grosse boule dans la gorge et l’estomac. Je ne me sentais pas très à l’aise.
Dans le salon, ils étaient tous assis dans les canapés près de la cheminée... Et JESS était là!
Et elle était là... Assise sur les genoux de son Pascal, les bras autour de ses épaules. Thomas m’a aperçue et m’a appelée pour me présenter à sa soeur. Pascal a baissé la tête, il n’osait pas me regarder. Barbie était joyeuse et discutait avec sa copine. Paul m’observait, mais j’en avais rien à cirer, c’était un cauchemar. Thomas m’a pris la main, et j’ai dû saluer Jess. Elle m’a prise dans se bras pour me faire la bise.
C’était surréaliste! J’avais l’impression de regarder la scène, pas de la vivre. Et je ne voulais pas la connaître, ni la trouver sympathique, ni l’apprécier. Malheureusement, elle avait l’air sympathique...
Jess est une vrai bombe nucléaire, toute pétillante, de longs cheveux noires tombant en cascades dans son dos. Elle était vraiment très belle. Rien à voir avec moi, vraiment super jolie. Quel coup de poignard! Je venais d'être réduite à la taille d'une punaise. Je me demandait ce que Pascal avait bien pu me trouver? Elle était absolument parfaite... et pire que tout, ils allaient vachement bien ensemble. Si ça avait été possible, je me serais suicidée dans le verre, de je-ne-sais-quoi, qui tremblait dans mes mains.
Je n’entendais rien de la discussion, j’avais les oreilles bouchées et la cervelle en vrac. Les morceaux se baladaient un peu partout sous mon crâne. De temps en temps, quant je pensais que personne ne pouvait me voir, j’observais Pascal qui souriait en écoutant Jess parler. Elle avait un sourire Pepsodent, tout en parlant se serrait contre lui, ou ils se faisaient de petits bisous. IARK.
Chaque bisou étaient comme des milliers de petites flèches brûlantes qui me piquaient.
Pascal avait l’air heureux, et ça me rendait malade.
ARFFF. Je devrais être heureuse pour lui? C'est qui, qui a inventé une idée aussi stupide... Etre heureuse pour lui, OUI, si c'était avec moi... huh! Ils avaient l’air complice et si complémentaire. J’enviais Jess à la folie. J’aurai aimé être à sa place et avoir les bras de Pascal autour de ma taille. Etre celle, vers qui, il se penche pour pêcher des baisers. C’était atroce. J'avais le coeur dans les tongue et lui, il était heureux!!!.
Si j’avais pensé qu’hier soir, le regarder embrasser les autres filles étaient insupportable, alors là, j’avais pas de mots pour exprimer ce que je ressentais à les regarder. Du coup, j’ai regardé un peu autour de moi. Caroline avait l’air aussi dépitée que moi, ça réchauffe! Elle restait à bonne distance. De toute façon, Pascal avait l'air inaccessible!
J’ai pu m’éclipser dans ma chambre, pour aller m'effondrer en miettes et pourtant, je ne voulais pas pleurer. Je ne voulais pas avoir les yeux tout bouffi. Et, je ne pouvais pas redescendre comme ça, et il le fallait pourtant avant de me couvrir de ridicule. Ciel. Thomas est venu frappé à ma porte. AGRRR. J’avais les yeux éclatés. Ça faisait plus d’un 1/4h que je me pressais de l’eau froide sur les yeux. Comme j’avais peur de redescendre seule...
AOUTCH, en voyant mes yeux, il m’a demandé ce que j’avais. Assez maladroitement, il m’a demandé direct, si c’était à cause de Pascal et Jess? HEUHHH... j’allais pas lui dire la vérité, il est fou ou quoi! J’ai inventé une attaque de mon rhume des foins. Je lui ai dit que, j’avais dû renifler ou toucher quelque chose qui a titillé mon allergie. Et que je passais une mauvaise journée d’attaque et que j’avais rien pris avec moi. Thomas a rigolé et il a paru super soulagé.
Je savais que j’allais devoir me taper les réflexions et les regards en coin des autres aussi. POISSE. Ça n’a pas raté! “Qu’est-ce que t’as? T’as pleuré ou quoi?” RRRHHHH.
C’était assez pénible d’être dans les parages et de devoir voir Pascal et Jess. Il était évident qu’ils étaient en couple. Ils avaient l’air heureux ensemble. Pascal avait l’air de m’avoir oublié, il semblait détendu et... heureux. Ça faisait mal à voir. Il n’avait d’yeux que pour sa Jess et écoutait avec intérêt tout ce qui sortait de sa bouche. Je n’existais plus.
Je me suis tirée sur la terrasse, d’où je pouvais les observer et grimacer à ma guise. Heureusement que personne ne pouvait me voir! La plupart d’entre eux se connaissaient bien, à part Caroline et Alexia. La complicité et tendresse entre Pascal et Jess me faisait un peu beaucoup mal. Puis, Pascal s’est levé pour se diriger vers moi sur la terrasse. Ça m’a donné chaud et l’impression d’avoir les joues brûlantes. Je n’avais pas envie de lui parler.
Pascal s’est confondu en excuses. Qu’il était désolé. Mais désolé de quoi? Pourquoi les gens disent qu’ils sont désolés quant, ils ne sont pas responsable d’une chose. Qu’est-ce que ça veut dire; désolé? Quant tu te pète une jambe, on te dit; “Oh, suis désolé”... Pourquoi? Ils t’ont pas poussé? Ils étaient même pas là! Il était désolé, il ne savait pas qu’elle venait, ni qu’elle était rentrée. Qu’il regrettait de m’imposer ça. Qu’il ne savait pas quoi dire, à part qu’il était désolé. J’ai finalement osé le regarder. Ciel, il me faisait fondre, du coup, je me suis sentie super down triste. Pascal avait les yeux aussi un peu triste, il avait l’air mal. On est resté debout silencieux, côte à côte. Et pour la 1ère fois, c’était pénible d’être là, ne sachant pas quoi se dire. On est resté comme ça, jusqu’à ce que Thomas vienne me chercher pour la projection DVD.
J’avais le vague à l’âme, j’avais besoin de câlins, d’être rassurée et consolée. Très naturellement, j’ai laissé Thomas me prendre dans ses bras et je me suis collée à lui. Bizarrement, j’ai pensé à Brian. J’avais envie de voir Brian. Si j’avais été à Lausanne, je me serais enfuie chez Brian. Par moment, Pascal nous jetait des regards en coin. Je n’arrivais pas à savoir s’il était soulagé ou ennuyé...
Impossible de supporter plus longtemps de les voir ensemble, je me suis réduite dans ma chambre et j’ai pleuré. Une vraie madeleine. J’ai même compté les heures qui restaient jusqu’au départ. Je voulais rentrer. Si j’avais eu ma voiture, je serais sûrement partie pendant la nuit.
Je souffrais le martyre. De toute façon, je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. Je savais qu’il était pris et j’ai foncé quand même. ARFFF. Pascal avait essayé de m’avertir, de gentiment de me tenir à l’écart, je n’ai rien voulu savoir. J’ai persévéré jusqu’à ce qu’il capitule, sachant qu’il avait un faible pour moi. Bon, je ne pensais pas que Jess ressemblerait à une Top Model, mais j’aurai dû m’en douter. Mais alors, qu’est-ce qu’il pouvait bien lui avoir plu chez moi? Il se rappelait plus à quoi ressemblait Jess? Il avait des troubles de la vue ou quoi?
J’ai entendu gratter à ma porte, j’ai pensé que c’était Thomas, alors je n’ai pas réagi. Mais, c’était Pascal. Qu’est-ce qu’il faisait là? Comment avait-il pu s’échapper? Bahhh, je crois que je me fichais du comment. Je l’ai laissé me serrer dans ses bras, c’était désespérément bon et en même temps ça faisait hyper mal.
Il me serrait très fort, me caressait la tête en murmurant qu’il était tellement désolé. Oui, parfois, le mot “désolé” peut faire du bien... Ciel que j’aimais le son de sa voix. Puis il est reparti la rejoindre. Si j’avais eu des somnifères, j’aurai avalé une dose pour dormir de suite. Parce que ma tête, elle, était complètement en folie, les imaginants ensemble dans tous les sens. Comme sa chambre était à côté de la mienne, j’avais peur d’entendre des bruits que je ne voulais pas entendre, alors je me suis bouchée les oreilles.
C’était douloureux et aussi la pire nuit de ma vie!