218/11 - La jalousie picote
Samedi, 6 août 2011
Quant Jess m’a prise à part dans le bureau pour discuter, j'ai tiqué, mais après, j’ai été gagné par un petit regain d’espoir; bonne nouvelle, oui, Jess partait ce soir pour Paris, Barbie passait la chercher dans une petite 1/2h, alors elle voulait me parler avant. Demain, elle ne serait pas là pour notre petit verre en tête à tête. Jess avait choisi le moment où Pascal s’était éloigné pour sortir fumer avec 2 de ses copains. Forcée de la suivre, j’ai lancé un regard désespéré en direction de Pascal, mais il tournait le dos au salon. Poisse.
Probablement pressée par le temps, Jess a été droit au but, elle voulait savoir si je voyais encore Pascal ou s’il était vraiment avec Caroline. J’ai eu du mal à déglutir quant elle m’a appris que Pascal ne dormait pratiquement jamais à la maison, donc elle se demandait s’il était avec moi. Je savais qu’il n’était pas avec moi tous ces soirs là, donc il devait certainement être avec Caro.
Avec horreur, je sentais les larmes de jalousie me picoter les yeux. Je ne comprenais plus rien, Pascal m’avait dit qu’il avait fini par avouer à Thomas qu’on se voyait toujours, qu’il n’avait pas l’intention de rompre, donc si Thomas ou Jess me posait la question, je n’avais pas besoin de mentir, je pouvais dire la vérité. Pourtant, d’après ce que Jess disait, il était tout le temps avec Caro, alors pourquoi? Pour le couvrir, ou couvrir lui et Caro?
J’étais mal, mais pas question de m’effondrer devant elle. J’hésitais, je n’avais pas envie de lui dire que je le voyais s’il passait son temps avec une autre. Va falloir que je lui demande une fois pour toute ce qu’il en était avec Caro, je crois que ça ne servait plus à rien de ruser, ça me faisait un poil trop mal là. Avant que je n’ai eu le temps de répondre Pascal a débouler dans la pièce.
- Je peux savoir ce qui se passe ici?
Jess lui a lancé un regard soupçonneux.
- Tu réagi toujours comme si tu étais obligé de la protéger, ou comme si tu as quelque chose à cacher chaque fois que je veux parler à Jane, pourquoi? Vous vous voyez toujours, hein? J’ai raison non?
- Jess, fou lui la paix... Si tu veux t’en prendre à quelqu’un, c’est à moi, laisse Jane en dehors de ça.
Là, je devais intervenir. Je ne voulais pas la laisser croire qu’on se voyait, parce qu’il ne passait pas toutes ses nuits avec moi, mais avec Caro. Jeeez, j’avais mal, le cœur lourd de penser que c’était elle, Caroline, qu’il serrait contre lui tous les soirs, c’était auprès d’elle qu’il retrouvait sa sérénité et sa joie de vivre. Je pensais “plaisir” au lieu de joie de vivre, mais je ne laissais pas les mots s’imprimer dans ma tête, sinon je crois que je l’aurai frappé.
- Jess, ça nous arrive de nous voir, on est ami je crois avant tout, mais si ça peut te rassurer ou répondre à ton besoin de savoir, ce n’est pas avec moi que Pascal passe toutes ses nuits. Je vais vous laisser, parce que je crois aussi que tout ça ne me concerne pas.
- Toutes ses nuits? C’est quoi encore cette histoire?
- Jess me disait que tu ne dormais pratiquement jamais à la maison, et elle avait cru que tu passais tes nuits chez moi.
Pascal a rougi d’un coup. Un gros coup de fard, il maîtrisait à peine sa colère, pourtant, il a parlé calmement, sans élevé la voix. Il a attrapé Jess par le bras et a reposé la même question.
- C’est complètement faux, elle ment. A quoi tu joues? C’est quoi cette histoire? Alors comme ça je ne dors pas à la maison? Et depuis quant est-ce que tu as besoin d’inventer ce genre de mensonges?
- Si vous ne sortez pas ensemble, je ne vois pas pourquoi ça te met tellement en colère??? Ni pourquoi tu aurais besoin de te justifier, sauf si cela risque de froisser Jane, sauf si vous me mentez tous les 2! Donc, j’avais raison, vous vous fréquentez toujours... Mais alors, quel est le rôle de Caro dans tout ça? Chaque fois que j’ai débarqué chez Caro, tu n’y étais pas, alors... Tu étais avec Jane, ou alors avec une autre? Pascal? Y a-t-il quelqu’un d’autre?
Pascal la regardait les sourcils froncé, c’était clair, il était en colère. Est-ce que je pouvais vraiment croire que Jess m’avait menti juste pour me faire péter un câble? Je n’étais pas partie comme j’en avais l’intention, moi aussi j’aurai aimé connaître les réponses à ces questions.
Barbie a passé la tête par la porte du bureau, elle était venue chercher Jess. Elles partaient pour Paris. Jess a fait la grimace, elle aurait aimé poursuivre la discussion, mais elle ne voulait pas faire attendre sa copine.
Une fois Jess partie, on est resté silencieux, hésitant aussi. Pascal a pris la parole le 1er, pour me dire que ce que Jess avait essayé de me faire croire était faux, que les seules fois où il n’avait pas dormi à la maison, c’était quant il était avec moi. Je me suis montrée sceptique, parce que je me souvenais trop bien comme il avait toujours de la peine à rentrer, et je me disais que ce devait être pareil quant il était avec Caro. Et dire que j’avais été heureuse chaque fois en pensant que c’était parce qu’il avait de la peine à me quitter!!!
J’étais fatiguée, déprimée, je voulais rentrer.
- Reste? Reste avec moi ce soir... Comme tu vois, elle ne sera pas là, on pourrait passer enfin un week-end ensemble.
Afff afff afff, ma première réaction aurait été de refuser. Il aurait été préférable de refuser, sinon ce serait me montrer faible que d’accepter chaque fois qu’il me le demandait, mais... C’était trop difficile de refuser... Alors, j’ai cédé. Et oui, encore une fois, je me suis montrée faible, incapable de résister à la possibilité de passer quelques heures avec lui. Mais comment résister à ce regard vert, à ce regard qui me pressait de dire oui.
Je devais passer chez moi pour aller chercher quelques affaires, au retour, je viendrais directement chez lui. De son côté, il restera chez Thomas jusqu’à ce que je le prévienne de mon arrivée. Ensuite, qu’on nous fiche la paix pour tout le week-end.
En quittant le bureau, j’ai été dire au revoir à tout le monde et remercier Thomas de m’avoir invitée. Je crois qu’il se doutait de quelque chose, je le voyais dans son regard, mais il n’a rien dit. Je l’ai remercié aussi d’avoir averti Pascal quant il m’a vu suivre Jess dans le bureau. Je lui en étais reconnaissante, il est vraiment mon ange gardien.
J’étais impatiente de revenir, j’en tremblais même. J’étais impatiente d’être collée contre lui, emprisonnée dans ses bras. 1h plus tard, j’étais de retour. Personne ne m’a vue entrer chez Pascal, j’avais même pris le soin de parquer ailleurs. 10mn plus tard, je retrouvais la sécurité de ses bras accueillants, bercée par sa tendresse. La chaleur de son corps, ses baisers me faisaient perdre la tête. Afff, mon cœur était au bord de l’explosion, j’étais si bien.
* * * * * * * * *
218/11 - La jalousie picote - samedi, 6 août 2011
Quant Pascal m’a appris qu’elle ne serait pas là, je me suis sentie libérée et même très contente. On a longuement discuté pour savoir si on allait à la soirée ou, si on se retrouvait tout simplement chez lui. Lui irait un moment chez Thom en attendant mon arrivée, et dès que j’arrive chez lui, je lui envoi un sms pour l’avertir. Mais, Thomas m’avait invitée, et j’avais l’impression que ça faisait un moment que je fuyais toute l’équipe, si je continuais, j’allais finir par tellement m’éloigner de tout le monde, que je me sentirais très vite hors course.
Hélas, j’ai eu la désagréable surprise de voir Jess arriver...
En début d’après-midi, j’ai été me faire masser à l’institut de ma sœur, pourtant je déteste les massages. Je m’ennuie de ne pouvoir rien faire à part rester immobile comme du bois mort. Ça m’a fait un bien fou, j’avais les épaules nouées. En partant, je suis tombée sur une copine et on a été prendre un verre.
Avec ça, j’étais incapable de faire quoi que ce soit, ni bosser, ni rien. Pfff, je me traînais comme une grosse cruche, le chagrin en bandoulière, éprouvant de petites piques d’espoir quant mon natel sonnait. Mais, ce n’était jamais Pascal. Le rat des bois! Il aurait dû m’appeler. Mince, est-ce que je n’étais
Ce soir, après l’entraînement, Thomas m’avait proposé d’aller prendre un verre chez un de ses potes. J’avais accepté. Peu avant la fin de la journée, voilà que Pascal m’appelle, après
Puis zut, après 1h à me mastiquer la tête, j’ai rappelé Thomas, je n’avais 
Ahhh, c’est un jour de congé, et je me suis larvée toute la journée les doigts plantés dans la peinture. J’avais bien de la peine à ne pas penser à Pascal, j’étais presque sûre qu’il avait aussi congé et je me demandais si je faisais partie de ses pensées? Si oui, pourquoi n’appelait-il pas? C’est une horreur,
Complètement emmellé dans ses mensonges, Jess a réussit à lui soutirer qu’il avait effectivement prévu de retrouver Caro, il a dû se rendre compte que comme je n’étais pas avec eux au bar, ma présence alors ne s’expliquait pas, alors il a rajouté qu’il ne savait pas que de mon côté j’avais rendez-vous avec Caro.
Jess lui a reproché de toujours la planter comme une merde quant ils sortaient, pour aller dieu-sait-où, que ce n’était pas juste. Elle se retrouvait toujours toute seule comme une pauvre idiote et c’est toujours pour les autres qu’il se débrouillait pour trouver du temps à passer avec eux. Les larmes ruisselaient sur son visage. Malheureusement, j’étais encore là, là pour le voir fondre devant la détresse de sa femme. Désolé de lui causer de la peine,
Cachée au bout de la propriété, elle m’avait vu partir de chez Pascal. Elle avait vu ce qui c’était passé et s’était dit que j’avais peut-être besoin d’une amie. Une amie qui comprend et avec qui je pouvais librement parler.
Au moins, la fatique et l’heure m’ont fait oublier de penser que j’étais toute
Pascal semblait rentrer chez lui, en tous cas, c’est ce qu’il avait dit à sa femme qui l’avait suivi hors du bar.
Petit instant de silence à peine perceptible...
Je te raccompagne?