Samedi 19, Juillet 2014 - 200/14 - Pardonner... ou pas...
Une journée étouffante… Non seulement il avait fait beau et chaud… trop chaud… mais la tragédie de la mauvaise nouvelle de la mort d’une pauvre gosse, assassinée par une vermine, un sale crétin a gâché la journée. Il faisait du coup trop beau, trop de soleil. Une petite fille est morte pour rien et la vie continue comme si de rien… Dégoûtant. J’essaie de ne pas y penser, parce que ça me rend super furax. Trop moche.
Je venais de parquer ma voiture, j’étais pressée de quitter ce parking sombre pour courir me réfugier dans mon immeuble. Après une journée aussi chaude, le soir était à l’orage. La pluie avait fait son entrée en trombe.
Un tournevis en guise d’arme dans ma main droite, mon sac dans l’autre, je m’apprêtais à me lancer vers l’entrée de l’immeuble quant Pascal est sorti de sa voiture.
La lumière de l’intérieur l’a éclairé, et mon coeur est tombé au fond d’un puits encore plus sombre que la nuit. Pourquoi faut-il qu’il soit si beau, si…
Pascal avait déjà l’air contrarié. Ça s’annonçait plutôt mal. En plus, j’avais pris la grande décision du siècle, enfin plutôt de ma petite vie, de l’envoyer balader. J’avoue qu’en ce moment, j’avais les genoux en coton. Pascal était en jean, une chemise ouverte sur un t-shirt. Trop chou. Il pleuvait, et il s’était parqué dans une des places couvertes. Juste pas la mienne.
Sans détour, il m’a dit que cela faisait un peu plus de 3h qu’il attendait. Il avait bien sûr pensé faire le tour des endroits où il pourrait me trouver, mais on risquait de se croiser. Alors, il avait choisi d’attendre ici, en espérant que je rentrerait.
Il disait qu’il n’aurait quand même pas perdu son temps, parce que si je ne rentrais pas, c’est que je dormais ailleurs. En rentrant, il n’aurait pas fait un crochet chez Steven, ni Layne, il ne savait pas avant maintenant ce que j’avais comme voiture.
Glups, oui, maintenant il savait ce que je conduisais. Donc, fini les triviales poursuites…
Pascal tenait à s’excuser, disant qu’il regrettait de s’être conduit comme un con. Qu’il n’aurait jamais dû me laisser dehors comme ça, devant la porte chez Andréa vendredi passé, alors il tenait à s’excuser de vive voix. Parce que quant il s’était pointé chez Steven, je suis partie avec lui. Même si on n’est pas vraiment parti ensemble. Mais, je ne suis pas retournée chez Steven après lui avoir parlé, en le laissant dehors comme un con.
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Je tenais à te voir. J’imagine que tu as effacé mes messages…
Je n’ai pas eu besoin de répondre, il s’en doutait et l’a compris tout seul à mon expression.
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Tu es sortie, et tu es partie. Tu n’es pas retournée chez Steven en me laissant dehors comme un con. C’aurait été humiliant, et c’est ce que je t’ai fais, alors… Je suis désolée Jane. Est-ce que tu veux bien me pardonner?
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Hum… Si les excuses pouvaient tout effacer et reculer le temps pour réparer… Mais tes excuses ne changeront rien n’est-ce pas? Et en plus, ici dans le noir, il n’y a que moi qui les ai entendu, alors ça me fait une belle jambe Pascal. Je n’accepte pas tes excuses. Te pardonner? Que vas-tu faire pour te faire pardonner? Vas-y, je t’écoute!
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Tout ce que tu veux.
Hum! Bien sûr! Facile à dire. Ciel, je devais l’envoyer balader, mais je n’en avais pas le courage. Je repoussais le moment fatidique. Je devais chercher au fin fond de ma tête pour trouver la rage nécessaire. Et je l’ai trouvé en repensant à ce que j’ai ressenti plantée derrière la porte chez cette… Andréa.
Avant ça, je l’ai cuisiné à fond, pour qu’il me fournisse encore quelques bonnes raisons de le détester. C’est ce qui restera et, c’est ce que j’utiliserais chaque fois que j’en aurais besoin, pour me remonter le moral, quant je flancherais ou regretterais mon geste.
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Andréa hein? J’ai remarqué dans le bar que tu lui avais fais signe en arrivant. Tu la connais d’où?
J’avais remarqué son petit signe en arrivant dans le bar. C’était le samedi soir, pas le vendredi. On ne savait pas ce qu’il avait fait le vendredi soir. Il n’était pas sorti avec nous, et Caroline avait passé chez lui et chez Elodie, il n’était à aucun des deux endroits.
Alors il l’avait fait sa connaissance chez Elodie le soir d’avant. Donc, vendredi soir quant on ne savait pas où il était; il était sorti avec Elodie. En fin de soirée, ils ont décidé de se taper des spaghettis et croissants chez quelqu’un, et Elodie les a tous invités chez elle. Elle ne les connaissaient pas. Mais, c’est comme ça qu’il l’a connue elle, Andréa, et sa copine…donc, chez Elodie.
Gros pincement au coeur. Alors comme ça, il sortait avec Elodie, et avec ses potes. J’ai presque jamais eu droit à ça moi! Je me suis rappelée qu’il m’avait dit samedi soir, devant la porte de la miss; “rentre chez toi…”. Son ton était froid, sans appel, ça m’a atteint droit dans le coeur. Ça m’avait fait mal.
J’ai compris que le vendredi soir, pendant la discussion, ils avaient convenu de se voir le lendemain soir. Dans le dos d’Elodie! Pas beau!!! Il avait laissé soi-disant échappé qu’il serait à tel ou tel endroit le samedi soir. Ouais! C’était en toute bonne foi qu’il avait accepté qu’on se parle après.
Pascal avait soit-disant peur que si on se retrouvait en tête à tête, il finirait par craquer, alors quant elle a proposé de poursuivre la soirée chez elle, il avait sauté sur l’occasion.
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Je suis un idiot… Parce que, même si je suis toujours furax que tu aies invité Steven chez toi, pour autant que je sache, à deux reprises. Je sais aussi que tu as passé plusieurs soirées chez lui… Ça me rend dingue, mais je t’aime et je suis en même temps fâché. Mais ça ne change pas le fait que je suis désolé de t’avoir traité comme je l’ai fait vendredi.
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Non, samedi. Puisque le vendredi, tu prenais rendez-vous avec Andréa pour le samedi soir!
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J’ai pas pris rendez-vous avec elle, j’ai peut-être dit…
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Laisse-tomber. Arrête avec ton baratin. Tu m’as envoyé valser, et tu es retourné à l’intérieur. Ce qui montrait bien que tu en avais rien à foutre de la conne de Louise qui était venu te déranger. C’était comme si j’étais une quelconque bonne femme qui te courait après. Une pauvre conne dont tu avais dû te débarrasser.
Malgré le peu de lumière, je pouvais voir que Pascal avait rougi. Il ne trouvait rien à redire, donc j’avais raison.
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En tous cas, c’est de ça que j‘avais l’air devant tous ceux qui étaient là-bas avec toi.
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Est-ce que tu m’aimes?
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Wow! Ton timing est un peu merdique! Non?
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Je veux savoir.
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C’est pas vraiment le moment de poser une question pareille!
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Je ferais tout ce que tu veux pour me faire pardonner. Mais, à une condition, que tu acceptes enfin de venir vivre avec moi. Qu’on vive enfin ensemble, qu’on puisse parler d’avenir.
Quoi? Mais il est malade? Jamais. Je ne veux pas vivre avec lui, ni avec personne d’autre. Surtout pas avec la personne avec qui je partage ma vie, mon intimité. Non merci.
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Ah oui! Ce que je veux? Et si je te demandais d’arrêter de voir Elodie, Maud et touti quanti?
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No problème. Accordé.
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Ouais, facile à dire! Est-ce que tu en serais seulement capable?
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Si c’est ce que tu veux, je le veux aussi.
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Laisse tomber Pascal. Je ne te crois pas.
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Jane, je t’aime, malgré tout ce que je suis con, je t’aime… Est-ce que tu m’aimes? Tu as toujours dit que tu pouvais tout supporter, que tu resterais toujours à mes côtés. C’était faux?
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Pascal est-ce que tu sais seulement ce que ça implique? Et qu’est-ce que tu feras de Caroline?
J’avais touché un point sensible. Pascal a réfléchi un moment. J’ai bien vu qu’il se battait intérieurement contre l’idée de ne plus voir Caroline.
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Aïe Caroline... Ce sera difficile de lui faire du mal, elle est toujours restée malgré tout ce que j’ai pu lui faire. Elle n’a jamais flanché. Elle m’a toujours fait comprendre qu’elle ne voulait pas d’autre homme dans sa vie. C’est touchant, et j’avoue que j’ai du mal à… S’il faut ça pour que tu accepte qu’on vive ensemble, alors je le ferais.
Chiotte, il avait réponse à tout. Mais, je ne le croyais pas. Non, je ne pouvais pas prendre le risque de souffrir à nouveau. Il n’arrivera pas à tenir le coup. Et je suis sûre qu’il pense que je laisserai Caroline faire partie de notre quotidien. Et sincèrement, je le crois aussi. C’est clair que j’aurai du mal à exiger qu’il la jette comme un vieux chiffon.
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Même si je suis furax contre toi, je t’aime… Je n’ai pas envi de tirer un trait sur nous. Tu fais partie de moi… Est-ce que tu m’aimes encore Jane?
Je ne voulais pas répondre à ça, alors j’ai haussé les épaules. Ça l’a fait froncé les sourcils, il scrutait mon visage à la recherche d’une réponse convaincante. J’ai évité son regard. En fait, j’évitai de le regarder tout court. Il aurait lu dans mes yeux que je l’aimais encore et toujours. Et j’aurai été foutu.
Il a voulu me toucher et instinctivement, j’ai reculé. C’était pour me protéger. Pour ne pas craquer. Pascal a eu l’air touché, même un peu choqué. Il a reculé lui aussi. Puis, Pascal a demandé si on ne pourrait pas aller chez moi pour discuter. J’ai refusé. Ça l’a clairement vexé. Alors, j’ai expliqué qu’il y avait mon colocataire.
Il a paru sceptique. Il ne me croyait pas. Cette fois, c’est moi que ses doutes ont énervé. Les sourcils toujours froncés, le regard inquisiteur à mort, Pascal a penché la tête de côté; “T’étais où et avec qui ce soir? Je peux savoir?”.
Glups! La question que j’aurai préféré qu’il ne pose pas. De toute façon, il était inutile que je lui raconte un bobard, il finirait par le savoir. Alors, je lui ai dit la vérité. Son visage s’est renfermé d’un coup, il a grimacé. J’ai senti presque immédiatement que j’avais tapé là où il n’aurait pas fallu.
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T'es même pas capable de me dire que tu m'aimes! Très bien… J’ai compris. Après un demi silence, il a ajouté; Je crois qu’il n’y a plus rien à dire. Bonne nuit Jane.
De le voir me tourner le dos pour partir m’a brisé le coeur. J’aurai voulu le rappeler, mais pour dire quoi; reste?. Je ne pouvais pas faire ça. Ça voudrait dire que je lui donne une chance, que je pardonne tout? Ça non plus je ne le pouvais pas.
Pourtant, j’avais les fourmis partout, j’avais vraiment vraiment envie de lui courir après, lui dire de rester. Même si on avait rien à se dire, juste rester ensemble. Même si c’était pour se prendre la tête, s’engueuler pendant des heures, tout, mais pas se quitter comme ça. Pas se quitter du tout.
Mais étais-je prête à faire l’impasse sur son comportement de samedi dernier? Non. Et à vivre avec lui? Liquider mon appart pour vivre chez lui? Non. Alors, je ne pouvais pas le rappeler…
De le voir reculer sa voiture sans un regard dans ma direction m’a flingué sur pieds. Les larmes ont commencés à couler toutes seules, j’étais désespérée. Ce n’était pas du tout comme ça que ça aurait dû se finir. Je ne suis pas sûre que je tiendrais le coup. Mais je ne pouvais pas non plus aller pleurer vers lui et lui demander de reconsidérer les choses…
C’était fichu. C’était pas ce qui aurait dû arriver. Je n’aurai pas dû me sentir aussi mal. C’aurait dû être le contraire. J’aurai dû me sentir mieux, forte, sûr d’avoir bien mis les points sur les “i”, et savoir que j’avais pris la bonne décision, mais… me voilà en pleine détresse… regrettant de le voir s’éloigner.
Je suis restée là encore longtemps… peut-être 1 heure… persuadée qu’il allait faire demi tour et revenir...