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200/14 - Tragédie… quant la jalousie dérape…

Publié le par JaneDo


Capture d’écran 2014-07-20 aÌ€ 00.53.48Samedi 19, Juillet 2014 - 200/14 - Tragédie… quant la jalousie dérape…

Arhhh, ma nièce, Kaya était effondrée d’apprendre l’assassinat de sa camarade, Chloé hier matin. Kaya a appelé sa maman en larmes.

Dire que quelques minutes avant son enlèvement et assassinat, elle avait essayé de la joindre, probablement pour lui proposer de les rejoindre, elle et ses copines à la piscine…

Dire que des monstruosités pareilles peuvent arriver près de chez vous...

Je suis dégoûtée d’apprendre ce genre de chose. Et c’est bien dommage qu’on ne puisse pas l'abbatre à nouveau ce sale crétin. S’il voulait se tirer une balle dans la tête, il n’avait qu’à le faire en solo.

Ça donne vraiment envi de gerber. Encore un sale pourri qui traîne dans nos rues. Pauvre gosse et sa pauvre famille… ça me rend vraiment super furax.


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197/14 - Passage obligé...

Publié le par JaneDo


Mardi 15, Juillet 2014 - 196/14 - Passage obligé...

On dirait que quant je décide de tirer un trait, et fais ce que je peux pour l’éviter, c’est Pascal qui me harcèle. C’était pas top. Samedi soir, après m’avoir plantée comme une vieille chaussette, Pascal avait essayé de me joindre une demi heure plus tard. Trop tard. Il n'aurait pas dû me planter devant la porte d'une petite pouffe quelconque.

J’étais probablement en pleine séance de larmes. De toute façon, je n’avais rien entendu. Et il était avec Elodie peu après, non? Alors quoi? Si j’avais répondu, Pascal n’aurait peut-être pas été chez Elodie? Ben, c’est trop peu pour moi. Je ne veux pas dépendre juste des circonstances. Je voulais qu’il veuille me voir moi, moi et personne d’autre. Pas être juste la remplaçante, ou un bouche-trou.

Je savais très bien que je n’étais pas encore assez forte pour me retrouver face à lui, mais, je ne voulais pas qu’il s’en doute non plus. De toute façon, Pascal ne m’a pas appelée dimanche, comme il l’avait promis, alors c’était trop tard. Il me connaissait assez pour le savoir.


Mercredi 16, Juillet 2014 - 197/14

Pascal m’a laissé un message que je n’ai pas lu. Trop fragile encore. Thomas m'a appris que Pascal était en Irlande jusqu’à vendredi. Argh, peut-être c’était ce qu’il me disait dans son message? Il était parti lundi en fin de matinée.

Affreux, chaque fois que j’entends parler de lui, mon coeur se serre et s’emballe. Pascal me manque toujours, et malheureusement, je l’aime toujours. Je ne sais pas pourquoi, parce que ce n’est certainement pas à cause de la manière qu’il me traite. Rien que ça, ce devrait être suffisant pour que je ne l’aime plus.

Comme tous les mercredi, l’après-midi était consacré à l’équitation. Puis, Maria m’avait demandé de passer chez elle. C’est ce que j’ai fait. Pour ne pas rester coincée là-bas toute la soirée, j’ai prétendu avoir quelqu’un à aller prendre à l’aéroport. J’ai pu regagner mes pénates et passer une soirée tranquille à peindre.

Purée, j’ai une tonne de boulot en retard. Je n’ai tout simplement pas le coeur à l’ouvrage. Trop perturbée par mes problèmes sentimentaux. J’ai reçu des appels provenant de l’étranger, peut-être Pascal… Tant pis, et tant mieux qu’il n’est pas dans les parages. Je supporte mieux son absence comme ça...

Je savais très bien qu'il y aurait des jours difficiles, ou le manque serait encore plus déchirant. C'était un passage obligé. D'autres seraient plus serein, où je reprendrais confiance, je recommencerais alors à faire des plans, des projets. Aujourd'hui était un de ces jours-là, je n'ai pratiquement pas eu le temps de penser à lui. Sauf... en rentrant...


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195/14 - Ne plus souffrir

Publié le par JaneDo


Lundi 14, Juillet 2014 - 195/14 - Ne plus souffrir

C’est fini. Je ne veux plus souffrir. J’ai passé le plus clair de ma journée à avoir des bouffées de chagrin et à pleurer. Un  voiture qui ressemble à la sienne, une musique, le temps, tout me faisait penser à Pascal. Je m’effondrais le coeur en bouilli. J’avais si mal à la tête d’avoir trop pleuré.

Il y avait quand même des moments de lucidité, où je prenais le temps de réfléchir. De me demander pourquoi j’étais si triste, qu’est-ce que j’espérais? Qu’est-ce qui pourrait me redonner le moral? Seulement lui parler? Le voir? Non. Ça ne suffira pas. Il m’avait mal traitée en me laissant choir devant la porte d’une pouffe de plus.  Une pouffe quelconque. Et devant un parterre de témoins en plus!

Non, je ne voulais plus souffrir. Il n’aurait jamais dû me planter comme un chou rouge dans les escaliers de cette bonne femme, qui n’était rien pour lui en plus. Jusqu’alors, je lui avais toujours tout pardonné, parce que personne n’est parfait, et personne n’est à l’abri d’une connerie. Moi la première!

Mais cette fois, c’était la fois de trop. Si je veux avoir une chance d’être heureuse, je devais penser à moi d’abord, égoïstement. Je ne voulais plus fixer un téléphone muet, plus passer mon temps à me demander s’il allait avoir la bonne idée de m’appeler.

C’était d’ailleurs pour ça que j’avais tout simplement éteint mon natel.

Qu’il appelle ou pas, je n’en saurais rien. Une chose de moins qui ne pourra pas me faire souffrir. Plus de faux espoir, je devais me reprendre en main, refaire des projets pour moi, sans penser à personne d’autre. Lundi était une nouvelle journée, avec de nouvelles résolutions. J’ai tout de même pas pu empêcher mon coeur de se serrer une fois couchée, seule dans mon lit. J’ai pleuré jusqu’au petit matin.

Je pleurais sur la perte de mon courage, sur la perte de temps, de tous ces moments qu’on ne passera pas ensemble. Il était temps que je commence à vivre MA vie. Pour moi, pour mon plaisir. Que je retrouve mon âme, que j’avais perdu depuis un moment déjà. Que je retrouve ce qui faisait de moi, ce que je suis! Moi et personne d’autre.


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194/14 - Parler pour sauver notre amour (2)

Publié le par JaneDo


Dimanche 13, Juillet 2014 - 194/14 - Parler pour sauver notre amour (2)

Tremblante, la peur au ventre, j’ai sonné chez une parfaite inconnue… à la recherche de Pascal! C’était pitoyable. Mais me laissait-il vraiment le choix? Caroline avait raison, c’était bien la fille du bout du bar qui m’avait ouvert. Elle m’a dévisagée de haut en bas, avec une petit air sceptique, un de ses sourcils relevé en point d’interrogation.

La voix étranglée, j’ai demandé à voir Pascal. Elle m’a encore jaugée du regard avant de demander à quelqu’un qui passait par là d’aller chercher Pascal sur le balcon.

Un de ses copains l’avait rejoint, et ils restaient là tous deux à chuchoter et à me détailler comme un morceau de bidoche.

Elle m’avait proposé d’entrer, mais je me sentais déjà assez gênée, pour en plus supporter le regard inquisiteur des autres. Ces autres qui commençaient pourtant à jeter des regards curieux dans ma direction.

J’ai été soulagée de voir Pascal venir dans ma direction… S’il était surpris ou en colère, cela ne se voyait pas.

Ses yeux verts m’ont enveloppés toute entière. J’ai été parcouru d’un frisson le long de l’échine. Allait-il m’envoyer balader là devant tout le monde. Intérieurement, je priai pour qu’il ne m’humilie pas surtout devant les deux compères, la fille du bout du bar et son pote, qui étaient restés près de la porte.

J’ai trouvé que Pascal était resté un long moment à me décortiquer du regard avant de me demander ce que je faisais là. Mes oreilles et mes joues ont pris feu. Non, j’ai pris feu toute entière. J’avais chaud et je sentais la transpiration couler le long de ma colonne vertébrale. Pascal a dû remarqué le regard traqué que j’ai lancé à côté et derrière lui. Il a dû avoir pitié de moi.

Pascal s’est retourné à demi pour lancer une sorte de sourire désolé à la fille qui m’avait ouvert sa porte, m’a fait reculer dans le couloir et à refermer la porte derrière lui. Ouf, un peu d’intimité. Fermement, il m’a prise par le bras et on s’est éloigné de la porte. Les sourcils froncés, son regard me scrutant, cherchant à capter mon regard, il a répété sa question; me demandant encore une fois ce que je faisais là, il m’avait pourtant dit qu’il m’appellerait demain!

Je lui ai rétorqué, qu’il m’avait dit qu’on pouvait parler ce soir, et ensuite, il a disparu sans un mot. Qu’il savait parfaitement que je voulais lui parler. Que je n’avais pas trouvé ça très sympa.

  • Et ça ne pouvait pas attendre demain?
  • Pourquoi demain? Si tu pensais prendre la fuite, tu aurais pu tout de suite me dire d’attendre demain.
  • Ecoute… Là, comme tu peux voir, c’est pas le moment… On se voit demain ok. Je t’appelle.
  • Pourquoi pas ce soir? Pourquoi m’avoir fait croire que tu étais d’accord?
  • Jane arrête… Maintenant rentre chez toi, et on s’appelle demain.

Les larmes ont bondis dans mes yeux. Il cherchait clairement à se débarrasser de moi. Il avait mieux à faire, et ne s’intéressait pas à ce que j’avais à lui dire.

  • Je peux venir avec toi? Et si on rentre pas trop tard, on pourra toujours parler un peu?
  • Non, pas ce soir. Ce soir, ça ne me dit rien.

Sa réponse avait été sèche. Une balle dans le coeur aurait fait le même effet. Il a dû s’en rendre compte. Il s’est radouci pour me dire que je ne connaissais personne, et il n’avait pas envi de passer la soirée à me tenir la jambe. Que ça risquait de faire bizarre de me voir retourner dedans avec lui. Il était venu seul.

Pascal a aperçu mes larmes, j’ai aussitôt détourné la tête. Il a eu l’air de vouloir dire quelque chose, mais il s’est abstenu. Je l’ai senti hésité avant de se détourner et partir vers la porte qu’il avait fermé derrière lui quelques minutes plus tôt. J’avais baissé la tête, mais j’ai senti qu’il m’avait jeté un dernier regard avant d’entrer.

Je n’arrivais pas à croire qu’il avait osé aussi froidement me planter là dehors pour retourner s’amuser… Il devait vraiment n’en avoir rien à foutre. Jamais je ne lui aurais fait un truc pareil, et il le savait. Peut-être ne voulait-il pas s’en rappeler ce soir, parce que ça ne l’arrangeait pas. Je bousillais sa petite soirée. Quel rat.

Le coeur en bouillie, la tête serrée dans un étau, j’ai pris mon chagrin avec moi pour longer le corridor et disparaître, puisque c’est ce qu’il voulait. Il avait été d’un froid, je ne le reconnaissais pas.

Caro était cachée derrière la porte vitrée près des escaliers. Elle s’est précipitée derrière moi et m’a rattrapée vers l’ascenseur. Je pleurais à chaude larmes, mais silencieusement. J’avais tellement mal que je n’arrivais même pas à lui parler. J’essayais aussi de cacher ces fichus larmes qui auraient pu attendre que je sois dans ma voiture.

Caroline m’a prise par la main pour me tirer vers les escaliers. Elle m’a fait remarqué que je serais encore plus mal si en arrivant au rez, je tombais sur des gens. Pire s’ils rejoignaient le reste de la bande, ils ne manqueront pas d’en parler. Elle avait bien sûr raison. Elle m’a tendu un mouchoir pour que je puisse me moucher et a attendu que je me calme.

Elle pensait que j’aurai dû insister un peu plus, ou le suivre dedans. Mais, je pleurais déjà, je n’aurai pas pu faire ça. Pas dans mon état. Je me sentais plus qu’abattue. Je voulais rentrer. Caroline a décidé de rester encore un peu. Elle m’a dit que si je changeais d’avis, je pourrais l’appeler pour qu’elle vienne m’ouvrir.

A peine dans ma voiture, mon natel a sonné un coup… C’était Caroline. Je n’ai pas eu le courage de la rappeler. J’étais prostrée, incapable de tourner la clé pour foutre le camp. Mes bras me semblaient lourds, tout mon corps était lourds, et j’avais tellement mal partout. Ma tête semblait sur le point d’exploser. A vrai dire, j’avais envie de mourir sur place, à l’instant.

Message… encore Caroline… “Pascal semble sur le point de partir…”. 2ème message; “SEUL!” en majuscule.

Pas une minute à perdre en réflexion. J’ai couru m’asseoir sur le bord du muret de l’immeuble. Puis, j’ai trouvé ça stupide. J’ai couru à nouveau me réfugier dans ma voiture. Ridicule; il ne savait même pas ce que j’avais comme voiture.

Pascal ne sortait toujours pas. Je me suis demandée si Caroline n’avait dit ça que pour me consoler, pensant que j’étais déjà partie. Oui, probablement. Bien essayé. Elle ne pouvait pas imaginé que j’étais toujours là à me torturer, à pleurer toutes les larmes de mon corps. Pitoyable. Je n’avais plus rien à faire là. Autant aller pleurer plus loin, là où personne ne me verrait.

Caroline a appelé et cette fois, j’ai répondu. Je me suis garée, et après avoir reniflé un bon coup, je me suis mouchée avant de lui parler. Elle chuchotait.

Pascal était sorti peu après mon départ, sa veste en jean à la main. La nana qui m’avait ouvert était avec lui, et une autre, une des nanas qui était sur le balcon avec lui. La fille qui avait ouvert, cherchait à le faire rester. La fille du balcon aussi. Voyant qu’il avait l’air bien décidé à partir, la fille du balcon lui a fait la bise et est retournée dedans après lui avoir laissé son numéro.

Caroline avait l’air toute excitée, je ne comprenais pas ce qui la rendait si joyeuse alors que j’étais à deux doigts de me briser en morceaux. Elle continuait à chuchoter. Je pouvais aisément entendre qu’elle descendait les marches. J’ai pensé qu’elle devait toujours être dans l’immeuble et descendait les escaliers, c’était pour ça qu’elle chuchotait.

Après le départ de l’autre fille, la nana de la porte s’est mise dos au mur. Elle tenait Pascal par son t-shirt et  cherchait à flirter avec lui.

Caroline a insisté sur le fait que Pascal ne semblait pas très enclin à la suivre sur ce terrain et ne souriait pas. Il semblait même pressé de filer.

La nana a voulu le tirer vers elle, cherchant à ce qu’il l’embrasse. Mais Pascal a attrapé sa main, celle qui tenait son t-shirt, pour l’empêcher de continuer à tirer dessus, ou pour l’arrêter dans sa tentative de le provoquer.

Caroline m’a dit qu’ils étaient en train de parler de moi. La nana a voulu savoir si c’était à cause de la femme qui était venue qu’il voulait partir. Elle l’avait vu me parler au bar tout à l’heure. Encore plus excitée, la voix presque stridente, Caroline a continué sur sa lancée, parlant de plus en plus vite.

Pascal avait d’abord cherché à éluder la question. Mais comme la nana a encore tenté de l’amener à se rapprocher, à l’embrasser et tout, Pascal a coupé net à ses tentatives. Il tenait encore vachement à cette nana (??? moi??? Non, Caro devait se tromper). Qu’on s’était un peu disputé, et qu’on n’avait pas eu l’occasion d’en discuter. Après avoir fait l’effort de venir jusque chez elle, je l’aurai soi-disant planté là (ce qui était faux), alors, il voulait essayer de me rattraper.

Pascal avait surement dit ça, peut-être parce que cette fille ne lui plaisait pas et qu’il allait rejoindre ou Elodie, ou Maud. Rien dans son attitude ne pouvait me laisser croire qu’il pensait ce qu’il disait. C’était du bla-bla.

Tout le dimanche, j’ai espéré. Rien. Pascal avait dit qu’il m’appellerait. Il ne l’a pas fait. Ce qui m’a encore plus blessée. Je n’ai pas réussi à joindre Caroline non plus. Je parie qu’elle avait dû le suivre quant il est parti de chez cette fille. Pascal a sûrement été chez Elodie. Caroline le savait et c’est pour ça qu’elle ne répondait pas à mes appels. Elle savait que ça me briserait le coeur.


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194/14 (dimanche) - Parler pour sauver notre amour (1)

Publié le par JaneDo


Dimanche, 13 Juillet 2014 - 194/14 - Parler pour sauver notre amour (1)

Samedi soir, à tout hasard, je suis sortie avec l’équipe, espérant encore une fois croiser Pascal. Et ouf, ce soir, il est venu nous rejoindre. C’était presque minuit, mais mieux vaut tard que jamais! Oh, ce n’était probablement pas pour moi, mais plutôt pour voir ses potes. Ce qu’il faisait et où il était avant? Aucune idée.

Mon coeur s’est serré en le voyant pénétrer dans le bar, les épaules droites, grand, sa démarche de sportif, et son magnifique sourire. Il a salué quelques copains près de l’entrée, et j’ai été forcée de voir qu’il savait où je me trouvais et évitait de regarder dans ma direction.

Pourtant, nos regards se sont croisés, mais Pascal a aussitôt détourné les yeux. Gêné?

Avant de rejoindre Thomas et les copains, je suis passée voir chez Pascal. Il était sorti.

La poitrine serré comme dans un étau, j’ai fixé mon verre. Attendre, c’est tout ce qu’il me restait à faire. Attendre qu’il vienne saluer Thomas, Michael, et forcément moi aussi. Je ne pouvais rien faire d’autre.

Entendre sa voix rieuse me tordait le ventre. Est-ce que j’allais le perdre à jamais? Ne plus jamais entendre cette voix suave, grave, tendre? Est-ce que j’allais perdre le droit d’être dans son entourage?

Ça me faisait mal à mourir. Je me sentais engourdie, comme si on m’avait rouée de coup de battes. L’estomac à l’envers je n’avais même pas soif. Pourtant, j’aurai été bien avisée de me saouler la gueule illico presto, avec quelque chose d’assez fort pour me faire oublier jusqu'à mon nom.

Il a passé son bras autour de ma taille et s’est penché par dessus mon épaule pour me murmurer un bonjour joyeux. Comment pouvait-il être aussi joyeux alors que j’étais au bord de la crise d’apoplexie? Qu’est-ce qui le rendait si joyeux? Celle avec qui il avait passé le début de soirée? Non, il était peut-être avec des copains! Désolée d’avoir la tête remplie de négativité, je me suis forcée à lui renvoyer un sourire calme et éclatant. Il m’a embrassée sur la joue. S’il savait comme ce petit geste comptait pour moi!

Je l’ai vu faire un signe à une fille au bout du bar, et avant qu’il ne disparaisse, je me suis dépêchée de lui dire que je voulais lui parler. Lui demander si on pouvait aller ailleurs pour ça. Il a paru étonné et a froncé les sourcils. Après avoir semblé y réfléchir, il a haussé les épaules en me disant qu’il n’y avait pas de problème, mais pas tout de suite, il venait à peine d’arriver.

Rassurée, mais tout de même à bout de souffle, la poitrine compressée, j’ai essayé de me détendre. J’attendais qu’il me fasse un signe. N’importe lequel. J’avais le trac-o-mètre à zéro, j’essayais de répéter, comme pour une pièce de théâtre, ce que je pourrais lui dire. Il fallait que je sois convaincante, et surtout, ne pas lui faire de reproche, ni m’énerver.


Caroline le suivait de loin comme un petit chien, essayant à tout prix de s’incruster auprès de lui, où qu’il aille. J’avais un peu pitié d’elle. Mais quant j’ai réalisé que Pascal avait… disparu… c’est de moi que j’avais pitié. Pitié d'avoir été trop confiante, d’être trop stupide pour insister, et lui coller au cul jusqu’à ce qu’on puisse se parler. Maintenant, j’allais avoir besoin de Caroline pour le retrouver. Elle aussi avait pris la poudre d’escampette.

J’ai aussitôt tenté d’appeler Caro. Elle n’a pas répondu, mais m’a laissé un message plus tard, pour dire qu’elle m’appellerait dès qu’elle le pourrait. Alors, j’ai joué franc jeu; je cherchais Pascal. Alors elle m’a rappelée pour me dire qu’elle le suivait justement.

On s’est appelé. Je me sentais obligée de lui expliquer que je voulais le voir pour lui parler. Qu’en quelque sorte, elle faisait tout ce travail pour moi. Que je la remerciais. Elle a eu un moment de silence, et j’ai subitement crains qu’elle ne veuille pas me dire où il était, ou arrête sa filature. J'aurais été dévastée. Sans elle, je n'aurai eu aucun moyen de le trouver!


Quant Caroline a repris la parole, c’est avec un énorme soulagement que je l’ai entendu me proposer de la rejoindre si je le voulais. Que de toute façon, elle ne pouvait pas faire grand chose, avant de partir, Pascal lui avait demander d’arrêter de le suivre, que ça devenait embarrassant.

Mais, j’avais d’autre plan; l’attendre chez lui… Quitte à dormir devant sa porte en chien de fusil.
Rejoindre Caroline n’entrerait en compte qu’en dernière limite.

Caro m’a expliqué où elle était. A Morges, chez une des filles du bout du bar. Une de celles à qui Pascal avait fait signe en arrivant. Je l’avais vu en leur compagnie. Comme il avait accepté qu’on parle, je ne l’ai pas surveillé, j’aurai peut-être dû...

Apparemment, Pascal n’avait aucune envie de me parler. C’est pour ça qu’il avait filé sans rien me dire. Ça faisait mal. Plus que les mots ne pouvaient l’exprimer.

J’ai laissé ma timidité et ma réserve au vestiaire. Cette fois, j’allais le harceler pour qu’il respecte sa parole. J’ai donc commencé par essayer de l‘appeler. Mais Pascal n’a pas répondu à mes 3 ou 4 tentatives. Alors, je me suis rabattue sur les messages;

    ▪    Pascal? T’es où?
    ▪    Tu veux que j’aille t’attendre chez toi?
    ▪    Pascal?
    ▪    Pourquoi tu ne réponds pas? Je ne sais pas quoi faire moi!
    ▪    Pascal?
    ▪    T’es chez Elodie?
    ▪    J’ai vraiment besoin de te parler, alors stp, réponds moi!
    ▪    Bon, je vais voir si tu es chez Elodie… J’ai vraiment besoin de te parler.


Je disais ça, mais je n’avais encore aucune idée de ce que j’allais vraiment lui dire. Je pense que la menace de passer chez Elodie a été efficace, parce que tout à coup, par message, (donc, il avait vu mes autres messages), il me disait qu’il n’était pas chez Elodie. Qu’il m’appellerait quant il serait sur le point de rentrer.

Hum… ça voulait dire qu’il n’avait pas l’intention de rentrer tout de suite, et qu’il n’appellera pas. Du tac-o-tac, j’ai demandé où il était, qu'il avait promis qu'on pourrait discuter! Je devais le voir, alors je finirais bien par le retrouver, quitte à chercher dans toute la ville. Là, il n’a pas répondu, persuadé sans doute que je ne le trouverais pas. Le rat!

J’ai donc foncé pour rejoindre Caro, mais non sans l’avertir de bien se planquer; pas que Pascal l’aperçoive, parce que je l’avais averti que je le chercherais. Qu’il était sûrement avec des personnes qui étaient au bar ce soir, donc, je devrais pouvoir le trouver et comme ça, on pourrait parler 5 minutes.

Sur place, on a laissé nos voitures pour faire le tour de l’immeuble où Pascal était entré. En scrutant les fenêtres, on pourrait voir éventuellement où il se passait quelque chose, et où il y avait du monde à cette heure tardive. Et bingo, au 2ème, on voyait une bande de jeunes circuler dans un des apparts. Il n'a pas fallu longtemps pour repérer Pascal . Il a eu la brillante idée de sortir sur le balcon, avec un mec et deux nanas.

Pascal rirait et causait comme si rien ni personne ne l’attendait nulle part. Ça m’a fait frissonné. L’angoisse, la peur et tout un tas d’autres sentiments se sont mêlés dans mon estomac. Je tremblais de partout. La tension dans mon corps était à son max. Je ressentais à nouveau des douleurs dans tout le corps.


Je n’avais pas passé tout le samedi sur les nerfs, à me préparer à lui faire face pour baisser les bras maintenant! J’avais attendu ce moment toute la journée, et il m’avait fallu beaucoup de courage pour oser insister pour lui parler. Alors s’il pensait s’en tirer aussi facilement, il rêvait!

Me munissant de mon courage, j’ai scouaté l’entrée, priant que quelqu’un arrive vite, pour nous ouvrir. Mais l’aide est venu de l’intérieur. Nous nous sommes toutes les deux aussitôt engouffrées à l’intérieur. C'est petit, mesquin, minable désespéré, tout ce qu'on veut, mais comment faire autrement? Comment ne pas faire autrement??? Comment agir autrement???

Peut-être que Pascal a dû ressentir une menace approcher… Il m'a envoyé un message pour dire; "qu’il ne pensait pas rentrer tout de suite, alors, ce n’était pas la peine que je ne l’attende pas. Qu’il m’appellerait dimanche et qu’on aura alors tout le temps pour discuter". Tu parles!

Je n’ai pas pris la peine de lui répondre. Sur la pointe des pieds, on a écouté aux portes, jusqu’à trouver celle qui semblait correspondre au balcon et la fenêtre qu’on avait repéré.

Caro a ensuite préféré s’éloigner. Mais elle restait tout près au cas où j’avais besoin d’elle. Je pense que c'était surtout pour me consoler au cas où ça tournait mal pour moi...

Je pensais laisser ma voiture sur place. Caro a dit que si jamais, je pouvais ensuite passer chez elle. Qu’importait l’heure. Et demain, on viendra rechercher ma voiture. Faisant fi de ma fierté, j’ai inspiré à plusieurs reprises de grosses bouffées d’air pour calmer mes nerfs. Surtout pour ne pas trembler devant les regards moqueurs quant la porte s’ouvrirait. En espérant aussi que ma voix ne tremblerait pas.

Pascal risquait de m’envoyer balader, j’en étais consciente. Ce serait la honte, mais je devais prendre le risque. Mon coeur tapait si fort que j’étais pratiquement sourde. Ma confiance en moi au niveau zéro, tremblante, la main mal assurée, j’ai sonné…

J'ai sonné chez une parfaite inconnue ou inconnu. Je savais qu'il allait tous se mettrant contre moi, pour lui, qu'ils allaient sans doute se moquer de moi maintenant et pendant encore longtemps... mais tant pis! Je devais tout faire pour l'obliger à m'écouter. Tout le dimanche s'il le fallait...


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193/14 - samedi - Foutu???

Publié le par JaneDo


Samedi, 12 Juillet 2014 - 193/14 - Foutu?

6ans! Six ans que je me suis accrochée… Je crois que je n’ai jamais su pourquoi certains hommes venaient à moi. Je n’ai jamais su ce qu’il voulait, ou ce qu’ils cherchaient en moi. Ni comment ils me voyaient. Je pense que je n’ai jamais su comment retenir les hommes que j'ai aimé. Mes relations duraient rarement plus de 6ans.

D’habitude, c’est moi qui n’en peux plus, qui cherche la séparation. Pour une fois, non, pour la première fois, je n’ai pas envie de le voir partir… Je ne veux pas que Pascal s’éloigne de mon coeur… Je veux qu’il m’aime. Je suis désespérée de voir que, quoi que je fasse, tout semble perdu. Foutu.

Ce week-end, je ne voulais pas l’encombrer. Il m’avait déjà accordée son week-end passé, et avait été tellement adorable. Alors, je ne voulais pas devenir une plaie… mais, il faut que je lui parle… Il faut que je sache si ça vaut la peine que je m’accroche encore! Toute mon âme saigne de douleur, Pascal me manque tellement...


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192/14 - Je rêve que Pascal m appelle...

Publié le par JaneDo


Vendredi, 11 Juillet 2014 - 192/14 - Je rêve que Pascal m’appelle...

Hum! Pas réussi à joindre Pascal aujourd’hui! Sa secrétaire m’a dit qu’il était en réunion à l’extérieur!!! Je crois qu’il avait dû laisser la consigne, pour ne pas me parler. Zut. Peut-être que je me trompe. Le soir, je suis sortie prendre un verre avec mes potes… qui sont en réalité, la bande à Thomas et Pascal.

On avait rendez-vous au Time-Out vers 20h, et à partir de 22h, on se retrouvait chez un copain à Thomas, Jonathan je crois, pour des grillades. Il avait une terrasse sur pilotis. Les copains des copains étaient les bienvenus.

Pas de Pascal à l’horizon… Ni au Time-Out, ni chez le copain. En plus, il pleuvait, et j’aurai été mieux inspirée de rester à la maison, sur mon canapé avec une bonne couverture à lire devant la télé. Quelle barbe!

Entre le Time-Out et chez Jonathan, Caroline a voulu repasser chez elle. Elle aurait soi-disant oublié quelque chose. En fait, c’était pour voir si Pascal était chez lui.

La mine défaite, à son retour, Caroline m’a confirmé que Pascal n’était pas chez lui. Elle avait fait un tour chez Elodie, et personne à l’horizon non plus. Il n'y avait pas de lumière chez Elo, donc, elle n'était pas là.

Voilà, la soirée n’avait plus aucun intérêt pour moi… Je m’ennuyais comme un rat mort… Ou était donc Pascal?

Caroline m’encourageait à l’appeler, mais je ne voulais pas faire ça. Il avait été super chou avec moi le week-end passé, je ne voulais pas l’obliger à me voir, tous les week-ends, ni à devoir me donner d’excuses.

C’était quelqu’un de gentil, et je le respectais trop pour m’imposer coûte que coûte dans sa vie. Je voulais respecter son indépendance. Sa liberté. Même si ça me faisait de la peine. Enfin, c’était plus que de la peine. Ma tête était en bouillie, me demandant où il était, ce qu’il pouvait bien fabriquer. Et en même temps, je ne voulais rien savoir.

Après avoir affiché un semblant de super forme et de bonne humeur, j’ai bâché. J’avais envie de rentrer. Surtout que j’avais demandé à Thomas s’il savait si Pascal viendrait plus tard, et j’ai bien vu son air embarrassé. Pascal ne viendra pas! Il savait où était Pascal et certainement avec qui. J’ai clairement senti son soulagement que je ne lui demande rien de plus.

A la maison, je me suis noyée dans mes séries et à fond dans la lecture. Au moins, je court-circuitais mes pensées, les empêchant de pourrir mon imagination. A vrai dire, quelque part au fond de moi, j’espérais que Pascal m’appellerait… me proposerait d’aller dormir chez lui… Evidemment, c’était de l’affabulation! De la fiction. C’aurait été vraiment TROP beau!


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191/14 - Coloc et son petit copain PD

Publié le par JaneDo


Jeudi, 10 Juillet 2014 - 191/14 - Coloc et son petit copain PD

Jeudi, j’avais des courses à faire. Ma puce m’a accompagnée. Tchoy a voulu que je lui prête ma voiture. Pas envie. J’ai préféré faire le chauffeur. Je l’ai donc balader à travers Lausanne. Il a proposé qu’on mange un truc chez Donato. J’avais d’autres plans.

A ma grande surprise, Pascal m’avait proposé de prendre un verre après la natation, avant de rejoindre les amis au Time-Out. Hélas, j’avais déjà des plans; je mangeais avec ma frangine et ma nièce. Cela avait été décidé ce matin au café.

En plus, j'avais un truc que je voulais demander à Pascal depuis samedi soir... mais voilà, je ne me rappelle plus quoi! Je savais que c'était important. J'aurai dû le noter dans mon natel. Quelle poisse.

Je sais que Séléna et ses copines me surnomme "Madame Robinson", mais je ne crois pas que ce soit ça. Cela ne concerne pas non plus cette "Paula".

Le petit copain de mon coloc, Mario, est arrivé dans la journée. J’ai donc réalisé qu’il était pédé. Beurk, un fouilleur de trous de balles. Maintenant, je lave tout 2 fois plus. Avant même de me poser sur les chiottes, je désinfecte tout, même les poignées de portes. Cela me dégoûte, et je ne comprends pas ce genre de chose.

Maintenant, je comprends pourquoi son frère n’avait pas voulu de lui dans son appart à Romont. Et aussi pourquoi il n’avait pas voulu partager la même chambre. Son petit copain repart dimanche. Il n’a pas vu son frère, ni personne, pendant le séjour de son minet.


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187/14 - Les Jours d’Après!

Publié le par JaneDo


Dimanche, 6 Juillet 2014 - 187/14 - Les Jours d’Après!

Il faisait un temps de merde, mais j’adore. On a passé tout le dimanche à flegmarder, c’était super. Pascal avait fait un petit feu de cheminée, il sait que j’adore ça. Ce dimanche était une des journées les plus chouettes que j’avais eu depuis très longtemps. J’aimais être en sa compagnie, je ne m’ennuie jamais.

Chaque bisou, chaque câlin, sourire, rire, me transportait au paradis. Pendant que Pascal prenait sa douche, je n’ai pas pu m’empêcher de fouiller dans son natel. Pourtant, depuis hier, il l’avait mis sur silence et ne vérifiait que rarement ses messages.

Séléna proposait à Pascal de déjeuner avec elle et ses amis au Brunch. Petit bistro près du port à Rolle. Pascal n'avait pas répondu.

Pascal recevait beaucoup de messages de nanas, il y avait quelques rares messages de ses copains. D’après son historique, ses copains et lui, préféraient le contact direct, les filles préféraient les sms. Pascal ne répondait presque jamais. Il appelait certaines, notamment Caroline. Il avait une conversation de plus de 20minutes avec, une certaine Paula, d’après son répertoire. Qui était-ce? J’ai noté le numéro. Je ferais ma petite enquête.

Après ce week-end de rêve, j’ai eu quelques nouvelles de Pascal, mais rien de bien concluant. Il m’avait proposé de dîner avec lui lundi soir, mais je ne pouvais pas. J’avais mon dîner en famille. Je suis sûre qu’il le sait très bien. Alors, je me suis demandée s’il ne m’avait pas invitée, sachant d'avance que j’allais refuser.

Lundi, on a fait le dîner chez Carmine. Comme d’hab, on a failli se prendre la tête. Je me suis retenue, parce que ce ne serait pas sympa pour ma frangine. Mon petit frère était là aussi, il en a profité pour demandé à Markus de venir, étant donné qu’il est en vacances. Mon petit bonhomme aura 12ans, le 16 juillet! 12ans déjà que je l’ai vu naître! Dieu que le temps passe vite.

Mardi, j’ai passé l’après-midi avec Roméo. Il part demain au Portugal chez sa marraine. J’ai travaillé sur l’album. J’ai été obligée de manger avec eux, Roméo avait tellement insisté. Argh, encore un soir à rentrer après 22h.

Maintenant, ma puce est une Gymnasienne, ce n’est plus une écolière. Mercredi, malgré les vacances, elle a voulu continuer ses cours d’équitation. Alors mercredi, on a été au manège, comme tous les mercredis.


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186/14 - Séléna encore? comme moi 6 ans plus tôt? (3)

Publié le par JaneDo


Samedi, 5 Juillet 2014 - 186/14 - Séléna encore… comme moi 6 ans plus tôt…

Samedi - (de midi à minuit)

Pascal m’avait dorloter comme s’il avait été heureux de me voir devant sa porte hier soir. Comme si je lui avais fait la plus merveilleuse des surprises. Je suis sûre qu’il n’avait rien oublié à propos du coup avec Steven, mais il n’en a rien laissé paraître. Tendre, amoureusement, il m’a fait l’amour comme si j’étais la seule femme sur terre qu’il désirait plus que tout.

On s’est réveillé vers midi. Pascal m’avait préparé un plateau déjeuner, et l’odeur du café frais moulu m’a tirée du sommeil. Je crois que je rêvais que j’étais dans un champs de café et que le soleil brûlait les grains de café, et que l’odeur m’enivrait! Ciel, comment supporter de vivre sans lui, il était tellement merveilleux.

Qui aurait pensé à me préparer un petit déjeuner au lit alors qu’on était fâché? Que je l’avais pris au dépourvu en débarquant chez lui hier soir? Alors qu’il aurait sûrement préféré être ailleurs? Avec quelqu’un d’autre?

Mes petits démons sont revenus à la charge, trop curieuse, je n’ai pu visser ma langue au fond de mon palais… J’ai demandé à Pascal où il allait quant je suis arrivée. Heureusement que j’étais revenue sur mes pas, sinon, il aurait passé la nuit chez Caro.

  • Hum… j’allais faire un tour…
  • Un tour?
  • En fait, j’espérais avoir la chance de te retrouver…
  • Pas vrai… En fait, tu allais chez Caroline…

J’ai baissé les yeux, je ne voulais pas voir son expression d’avoir été démasqué. Pris au piège. J’étais triste qu’il me mente aussi effrontément. Comment lui dire que j’avais lu son message à Caroline? Que ce matin, j’avais fouillé son natel pour savoir à qui il avait écrit en cachette hier soir. Il m’avait proposé un chocolat chaud. J’avais trouvé ça adorable, mais en fait, c’était pour pouvoir s’isoler et écrire à Caroline.

Quant je l’ai chopé sur le pas de sa porte, emmitouflé dans son parka, il partait chez Caroline. Dans son message il lui disait tout de go, que je venais d’arriver, qu’il ne pourrait donc pas venir, qu’il espérait qu’elle dormait et ne se faisait pas de souci, Séléna n’était plus là.

Touchant! Constat amer; Pascal ne se donnait pas autant de peine pour me rassurer!

  • Oui c’est vrai. Elle se faisait tout plein d’idées. Je ne sais pas comment elle a su que Séléna était ici… heu…

Glups! Il venait de lâcher une info qu’il n’avait pas souhaité partager! Ha! Ha! Je le savais, mais j’étais obligée de le garder pour moi, mais là… Il me tendait la perche!

  • Séléna?
  • Argh… Un contre-temps malheureux, il y a pas grand chose à dire sur celle-là. Elle a débarqué et j’ai dû la mettre à la porte. Caro a dû la voir ici et penser que je l’avais invitée ou je ne sais quoi. Elle m’a téléphoné en pleurs, alors je voulais juste passer la rassurer. Et, j’ai pensé que peut-être qu’elle savait où tu habitais maintenant. Si non, je pensais passer chez Steven, Layne et si je ne te trouvais pas, si je serais tombé sur Steven, quitte à le réveiller et passer pour le dernier des cons, je lui aurai demandé ton adresse.

Je ne savais pas si je devais le croire, ou faire semblant. Aujourd’hui, spécialement aujourd’hui, je ne pouvais pas pousser trop loin jusqu’à ce qu’on finisse en prise de tête. Bizarrement, Pascal semblait absolument sincère.

  • Bref, c’était mon programme… parce qu’aujourd’hui, c’est comme un anniversaire, j’avais besoin de te voir. Même si on était en froid et tout… ça pouvait attendre demain! Ou la semaine prochaine!

Pascal venait de m’achever. Alors il s’en rappelait? Ça me touchait profondément. Il n’avait pas oublié. Je comprenais mieux alors pourquoi il avait mis cette Séléna à la porte. Cela semblait correspondre, et s’il mentait, alors diantre, il le faisait drôlement bien. Et j’appréciais l’effort. Je me suis jetée dans ses bras.

Encore toute tremblante, le corps épuisé, je me suis lovée contre lui. D’une main, il me caressait la tête tout en me couvrant de petits bisous partout. Je l’adore tout court.

On a discuté pour savoir si on sortait ou non. En fait, c’est moi qui voulait sortir, Pascal n’y tenait pas. Avec le recul, je comprends pourquoi il ne voulait pas. Se montrer ensemble aurait pu faire penser qu’on était à nouveau en couple, que tout était redevenu comme avant. Ce qui était loin d’être le cas.

Pendant la soirée, Pascal avait consulté son natel à plusieurs reprise, étant donné qu’il l’avait mis sur silence. Je sais qu’il avait des messages de Caroline. Probablement d’Elodie aussi. J’ai préféré ignoré son geste; le voir regarder son natel et lire ses messages. Lui, ne s’est pas caché, mais n’en a pas parlé non plus.

On a passé une soirée tendre et détendue, occupé à combler les brèches qu’on avait creusé depuis quelques temps. Pascal semblait aussi heureux que moi de ces retrouvailles, de ce petit moment volé. Perdue dans le vert de ses yeux, j’ai apprécié avec gourmandise chaque seconde.

Vers 20h, Thomas est passé pour savoir si Pascal sortait. Il a eu l’air heureux de nous voir ensemble. Il m’a prise dans ses bras et fait tournoyer, après m’avoir planté des bisous sonores sur les deux joues. Il s’est vite éclipsé pour nous laisser profiter de notre soirée.

21h, gonflée, Séléna s’est pointée chez Pascal. Elle avait tenté de l’appeler à plusieurs reprises, comme il ne répondait pas, elle avait décidé de passer voir s’il sortait. Elle aussi. Séléna voulait l’invité à sortir en tête à tête, prendre un verre sur Rolle. Elle avait rendez-vous avec des amis à elle, et espérait qu’il accepterait de l’accompagner.

Pascal l’a laissée raconter son histoire, toute guillerette. Comme hier, il lui barrait le passage. J’espérais que comme hier, elle se glisserait à l’intérieur. Je m’étais éclipsée dans la cuisine pour préparer du café, et surtout, pour qu’elle ne me voit pas. En tous cas, pas tout de suite. Et j’espérais lui faire la surprise de me trouver là.

Comme je m’y attendais, elle s’est glissée sous son bras pour entrer. Toute fière, sûre d’elle, elle s’est tournée vers Pascal, persuadée qu’il était du genre à aimer se faire courir après, et qu’elle avait marqué des points. Je suis alors sortie de la cuisine, en training, 2 tasses de cafés à la main. Séléna a paru choquée. Surprise et choquée.

Sans se démonter, comme si la situation était tout à fait normale, Pascal m’a lancé un sourire, et a dit qu’on avait décidé de passer une soirée tranquille, à la maison. Qu’avec ce sale temps, on n’avait aucune envie de sortir.

Séléna avait perdu son sourire conquérant. Son regard allait de l’un à l’autre. Elle a récupéré son sac, qu’elle avait jeté négligemment sur un des fauteuils. Je lui ai souri, même si j’aurai plutôt voulu lui jeter mon café à la figure. J’ai posé les café sur la table, et me suis assise devant la collection de DVDs de Pascal pour choisir les films que j’avais envie de voir.

Je leur tournais le dos, mais j’avais les oreilles aux aguets… Dans la vitre de l’armoire à DVDs, je pouvais aussi les voir.

Séléna s’est approchée de Pascal et en me désignant de la tête, lui a demandé; “C’est ton ex, non? Pourquoi elle est là?Vous étiez en froid, non?”. Pascal a froncé les sourcils en secouant la tête, comme s’il ne comprenait pas ce qu’elle voulait dire. Séléna a aussi secoué la tête et a jeté un regard dans ma direction comme si elle comprenait qu’il avait une charge sur les bras; “Ben, appelle moi quant elle sera partie ok?”. Elle avait dit ça assez fort pour que j'entende. En passant, elle lui a caressé la joue.

Jeeez, est-ce qu’elle croyait vraiment que Pascal la rappellerait? Est-ce que son petit manège avait déjà fonctionné sur quelqu’un? Elle est drôlement gonflée! Elle me donnait des envies de foutre mon poing dans sa tronche.

L’empêche que Pascal avait vu ses appels et ses messages. Si je n'avais pas su ce qui c'était passé hier, je crois que j'aurai foncé tête baissé dans un crise. J'aurai gâché notre soirée, et je me serais sûrement tirée verte de jalousie, par les sous-entendus qu'elle avait laissé plâner en partant; "appelle moi quant elle sera partie..."! Non mais!

Pascal savait qu’elle risquait de passer, elle le lui avait clairement fait comprendre dans ses messages. Alors, pourquoi n’avait-il pas tenté de l’en empêcher? Pour provoquer ma jalousie?


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