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137/2015 - Vivre heureux, vivre caché!

Publié le par JaneDo


Dimanche - 17 mai 2015 - 137/2015 - Vivre heureux, vivre caché!

Le temps était aussi maussade que le jour précédent. On avait même droit à de la pluie. Aucune envie d’aller se faire tremper ou geler les fesses dehors. Paul a débarqué en milieu d’après-midi. Bon, j’aurai aimé lire dans mon coin, au moins un petit moment, mais, avec Caroline là, impossible.

Pascal, Thomas et Paul ont été boutiquer dans le garage. Caroline brillait de bonheur. Il se trouve qu’elle est alors extrêmement bavarde, rit pour un rien et papillonne dans tous les coins. Moi au contraire, l’amour me rend silencieuse. Hum, j’avais envie de lui dire de la fermer, même si elle me tapait sur les nerfs, je ne pouvais franchement pas faire ça. Elle semblait si heureuse.

Huh... peut-être à mes dépens?

Hier soir, Pascal avait accueilli Caroline à la porte. J’étais dans la cuisine en train de ranger. Est-ce que c’aurait changé quelque chose si je l’avais vu venir? Je ne crois pas. Tout en est-il qu’elle avait des dessous sexy sous un manteau, et portait en bandoulière un sac à dos avec des affaires. Ils ont échangés quelques mots; Pascal lui a dit qu’elle le connaissait bien avec un petit sourire qui en disait long.

Il l’a tirée à l’intérieur en passant son bras autour de sa taille. Elle riait d’un petit rire cristallin. Cramponné l’un a l’autre, dans une sorte de ballet de pieuvre, reliés par leurs lèvres, ils ont glissés de la porte à travers le salon, en laissant des parties de vêtements sur leur parcours jusqu’à la chambre. Pascal m’a lancé une sorte de regard entendu.

Il a compris que je préférais continuer ce que je faisais, qu’ils avaient un moment d’intimité. Il comprenait que je comprenais. Me remerciait de ses yeux rieurs et coquins.

C’est bizarre que je n’éprouvais pas la même jalousie brulante quant il s’agissait de Caroline que quant il s’agissait d’une autre femme. Peut-être parce que c’était en ma présence. Et pas en cachette. Pascal pouvait être lui-même. Je pensais à tout ça en finissante et en rangeant la vaisselle. La porte de la chambre n’était pas fermé, alors je les entendais.

Le rythme, les soupirs, les pauses, la fin de la première séance, la reprise de la 2ème... Je ne savais pas si j’avais ou non envie de les rejoindre. Si j’avais envie de partager, ou partager mon moment d’intimité. Finalement, j’ai cédé à ma passion, à l’appel de mes sens.

Oui... Caroline rayonnait... Moi, j’avais l’air crevée...

J’ai fini par dire à Caro que j’avais envie de lire, profiter du coin du feu. Hum, qu’elle parlait trop. Même ça, elle l’a pris en riant. Elle m’a donc laissée au salon et est descendue rejoindre les garçons au garage. Je me suis plongée avec bonheur dans mon livre, bercée par la douce chaleur de la cheminée.

C’est Pascal qui nous a fait à manger. Je suis restée à lire sur le canapé près du feu, alors que Caroline tournait autour de Pascal à la cuisine, comme un petit papillon. Elle l’entourait de ses bras, posait sa tête contre son dos, lui faisait de petits bisous par-ci, par-là, dans le dos, sur le bras, lui demandait des bisous s’il avait l’air distrait et oubliait de lui rendre ses bisous.

Nous nous sommes larvé, Pascal et moi, devant la télé avant que les choses ne dégénères et qu'on se retrouve à l’horizontale...

Pascal avait demandé à Caroline de rentrer. Je n’ai pas assisté à la conversation, mais tout en est-il qu’après le souper, elle est partie d’elle-même. Pascal était un amour, d’une tendresse extrême. Il y avait de la reconnaissance dans tout ça, et j’ai apprécié.

On s'était peut-être caché tout le week-end, mais on dit bien; pour vivre heureux, vivons caché! Et j'ai aimé mon week-end.

On avait bien fait de ne pas aller traîner dans les bars ce week-end, évité de croiser cette Manuella. Cela aurait gâché mon week-end, parce que j’aurai passé mon temps à observer Pascal du coin de l’oeil. J’aurai cherché des sens caché dans tout ce qu’il aurait dit, cherché les codes qu’il aurait pu échangé avec cette nana. C’aurait été assez pénible, je ne me serais pas amusée.

Manuella avait laissé quelques messages écrits, et plusieurs messages vocaux que j'ai écouté sans gêne. J'en ai effacé quelques uns. "Tu me manque, j'espère que je te manque aussi, hahaha. Je n'arrête pas de penser à toi. I love you". Son accent en anglais est horrible et je trouve qu'elle a un rire stupide! Un rire de truie.


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136/2015 - Qu il me parle d elle?

Publié le par JaneDo


Samedi - 16 mai 2015 - 136/2015 - Qu’il me parle d’elle?

Pascal avait envi qu’on file quelque part ailleurs samedi et dimanche. C’était tentant. Moi j’ai pensé qu’il pensait prendre un avion pour aller par exemple à Paris, et je me suis dis que ça n’en valait pas la peine. On passerait la moitié du temps dans les aéroports et avions. Mais, il pensait prendre la voiture et filer dans une autre ville.

Hum, pour ça il faudrait que je rentre préparer un sac ou quelque chose. Je n’avais pas assez d’affaires chez lui. Il m’a laissé réfléchir à l’idée pendant qu’il prenait sa douche.

En le regardant partir en direction de sa chambre, j’ai tout à coup pensé que c’était bizarre; il aurait pu y penser avant et on serait parti déjà le vendredi soir, au lieu d’aller traîner en ville. Manuella!

J’ai sauté sur son natel. Il y avait des douzaines d’appels en absence et messages. A la lecture des premiers messages, j’ai compris. Manuella voulait le voir, lui parler. Elle voulait passer chez lui...

Pascal avait éteint son natel, alors il n’avait pas pu le savoir. Il s’en doutait? Donc voilà pourquoi il voulait qu’on prenne la poudre d’escampettes! Elle n’avait pas supporté de nous voir ensemble, de le voir si câlin, ni l’idée de ne pas le voir de tout le week-end.

Ça je l’avais compris à la tête qu’elle faisait quant elle est partie.

Je la trouvais tout de même gonflée, c’est tout de même mon petit ami, pas le sien! Donc de quel droit espérait-elle qu’il me délaisse pour ses beaux yeux? Connasse. J’ai éteint son natel comme il l’avait laissé. Avant de l’éteindre, Manuella lui avait envoyé un message pour dire qu’elle venait chez lui. Qu’elle était presque arrivée.

Pour accéder un poil à sa demande, et pour qu’il se sente libre, je l’ai invité chez moi. Cette garce ne saurait donc pas où nous trouver. Comme elle était presque là, au lieu d’aller prendre une douche, j’ai dis à Pascal que j’allais chez Caro, qu’elle était déprimée, et j’ai filé. Je ne voulais pas donner à cette fille l’occasion de me mettre devant le fait accompli, ni lui donner l’occasion de me jeter leurs liaisons à la figure.

Un peu étonné, Pascal m’a regardé depuis le pas de la porte courir en direction de chez Caro. Dès que j’ai tourné le coin, je lui ai envoyé un message pour qu’elle soit au courant qu’elle était mon alibi. Elle était rentrée droit après nous, donc elle était à la maison. Elle a aisément deviné que j’étais en mission et voulait en faire partie. Je lui ai donc dis de me retrouver chez Thomas.

Pourvu que Thomas n’ait pas la mauvaise idée de rentrer plus tôt. Je ne voulais pas que Caro sache où était cachée la clé de réserve, alors j’ai longé en courant la haie pour retourner vers la maison, et je suis montée. J’attendrais Caro en haut.

J’ai eu peur que l’autre conne arrive pendant mon petit trajet de Ninja et que je rate le début du spectacle. Pascal avait allumé son natel et parcourait ses messages. Je l’ai vu secouer la tête, et s’est mis à surveiller le devant de la maison. Donc pas le côté jardin-plage. Je me suis donc glissée en haut et j’ai entre-ouvert la porte de séparation.

Pascal a appelé cette fille au téléphone, il ne voulait pas qu’elle vienne chez lui. J’étais là. Apparemment, elle s’énervait. Pascal ne disait pas grand chose, il lui répétait seulement de ne pas venir chez lui. A bout de nerf, mais pourtant calme, Pascal lui a dit que si elle faisait des histoires avec moi... Il n’a pas eu le temps de terminer sa phrase qu’elle était à la porte.

Manuella a été surprise de ne pas me trouver là. Pascal n'avait pas voulu qu'elle vienne, parce que j'étais là? J’ai aussitôt envoyé un message à Pascal pour lui dire que je restais un petit moment de plus avec Caro. Je crevais d’envie de pointer mon nez pour voir ce qui se passait en bas. Mais, c’était mieux pas. Caro était arrivée. Dans le noir, on était aux aguets.

  • Manuella, je t’ai dis de ne pas venir ici. Si Jane avait été ici hein?
  • Où est-elle? Tu as dis qu’elle était là, c’est pas vrai. Tu ne voulais pas me voir?
  • Tu ne peux pas rester ici, rentre. Jane n’est pas loin, elle a été chez une copine qui habite à côté. Va-t-en je t’en prie.
  • Est-ce que tu lui as dis pour nous?

Pascal n’a rien répondu.

  • Tu lui as dis? Non, je ne crois pas. Pourquoi tu étais si vache ce soir. J’ai vu comment tu étais avec elle. A moins que... Elle...
  • Elle ne sait rien.
  • Moi, je t'assure qu'elle sait.
  • Non.

Petit silence. Je me suis demandé ce qu’ils faisaient. Avec Caro, on était debout tout contre la porte et ne perdait rien de ce qui se disait en bas.

  • Je te dis qu’elle sait. Quant vous avez quitté le parking, elle m’avait vue, et elle m’a regardé droit dans les yeux, et j’ai compris qu’elle savait. C’est peut-être un de tes potes qui lui a dit.
  • Je sais que non. Aucun de mes potes ne ferait ça. Ecoute Manuella, rentre chez toi, je t’appellerai demain. Je ne veux pas d’histoires avec Jane ok.
  • Dis lui, tu verras, elle sait déjà tout.
  • Pas question.

Silence.

  • Quant est-ce que tu vas lui parler de moi?

Encore un long silence.

  • Je ne sais pas.
  • Tu vas lui parler de nous?

Encore un silence.

  • Je n’en sais rien.
  • Tu es fâché que je sois venue, mais il faudra bien que tu lui parles. On ne peut pas continuer comme ça. Je croyais qu’il n’y avait plus rien entre vous, mais ce soir, à te voir tout le temps à l’embrasser, lui tenir la main... et la manière que tu la regardais... je sais pas... c’était... Pascal, ne joues pas avec mes sentiments. Ça m’a fait trop mal ce soir.

Un hoquet, puis le silence. On a entendu des bruits de pleurs. A travers ses larmes, elle lui disait qu’il lui faisait de la peine, qu’il était juste fâché, mais qu’elle avait eu besoin de le voir, mais qu’elle le regrettait parce qu’il était froid.

Elle répétait; "je sais que t’es fâché parce que tu ne voulais pas que je vienne, mais tu me manques et j’ai été blessée de voir comment tu étais avec elle. T’es juste fâché". Elle aurait voulu qu’il la prenne dans ses bras, au lieu de lui tourner le dos. Pascal devait surveiller le jardin pour me voir arrive. Elle pensait qu'il n'y avait plus rien entre Pascal et moi? Pouffe.

Je lui ai envoyé un message pour dire que j’arrivais, qu’il me laisse 10 petites minutes.

  • Tu savais pour ma copine. Je croyais qu’on était d’accord de rester discret, aucune attache. Ecoute Manuella, on ne peut pas discuter de ça maintenant, je veux que tu partes, maintenant.
  • Oui, mais... les choses ont changés, on s’aime, on ne peut pas... Il est peut-être temps que tu lui parles, non?
  • Ou peut-être temps qu’on arrête de se voir.

Elle a compris que ça ne servait à rien et s’est enfin décidée à partir. Hum, si Pascal restait à la porte ou à la fenêtre, je n’allais pas pouvoir sortir de chez Thom! Comment faire pour m’assurer qu’il ne soit pas en train de surveiller les extérieurs? Je parie qu’il avait son natel sur lui.

Caroline a donc choisi de l’appeler pour lui demander si elle pouvait venir passer la soirée avec nous. Je suis sortie par devant, et je suis remontée par l’allée qu’emprunte les voitures. Je lui dirais que je n’avais pas osé passer par bord du lac. Trop sombre.

On a un peu parlé de Caro. J’ai prétendu qu’elle n’avait pas la frite, et Pascal a dit qu’elle l’avait appelé après mon départ. Elle voulait savoir si elle pouvait venir. On a aussi parlé d’aller chez moi.
Pascal avait semblé pour avant le passage de Manuella, maintenant que l’alerte était passée, il n’avait pas l’air de vouloir bouger.

Il était un peu tard pour des visites, mais j’avais utilisé Caro tout à l’heure, je ne pouvais pas lui fermer la porte.  Je l’ai appelée et on a discuter. Oui, il était tard, on était raide, on allait se coucher, alors on pouvait remettre ça à demain soir.

Hahhh Caro! D’une petite voix, elle m’a demandé si ça m’embêterait beaucoup si elle pouvait venir dormir chez Pascal. Qu’elle pourrait dormir dans la chambre d’amis, qu’elle ne voulait juste pas être seule.

Moi, ça m’embêtait... Alors je lui ai dis de venir demain matin et qu’on déjeunerait ensemble. Qu’elle pouvait même rester là la journée si Pascal était d’accord. Un coup d’oeil en direction de Pascal pour avoir son accord, il a haussé les épaules, et c’était bouclé.

Puis changement de programme 5 minutes après... Pascal m’a lancé un petit regard coquin et a rappelé Caroline pour l’inviter à venir dormir ici. Ok, j’ai compris!

10 minutes après, elle était là. Elle avait mis des dessous sexy et tout, et moi, ben, je n’avais que mes sous-vêtements standards. On a fêté nos "retrouvailles" jusqu’aux premières heures du matin. Pas beaucoup dormi. Pascal s’est levé vers midi je crois, et il a été faire un jogging tout seul.

Caro s’est levée avec l’idée de préparer le déjeuner. Pour Pascal. Alors, malgré la tête dans les pieds, je me suis forcée à sortir du lit pour le faire. Ce n’était pas son rôle, mais le mien. Je ne voulais pas qu’elle fasse comme si elle était chez elle. Wow!

Pascal nous a fait un bisou sur le front à l’une comme à l’autre avant de filer prendre une douche. Hum, il aurait pu faire une différence je trouve! J’aurai voulu dire à Caro de rentrer, pour passer la journée avec Pascal, mais je ne savais pas comment. Elle aurait pu le prendre mal après la nuit qu’on avait passé.

J’ai remarqué que ses gestes, sa manière d’être dans l’intimité avaient changés. Pascal était moins distant avec Caro, plus... plus comme avec moi. Ça m’a travaillé. Il l’a même pris contre lui pour dormir.

Ils se sont amusés encore un moment alors que, crevée, je me suis endormie presque aussitôt, en leur tournant le dos, en position foetal. Je me rappelle vaguement qu’il ait passé son bras sous ma tête pour me coller à lui. Dérangée dans mon sommeil, j’ai tourné la tête, Caroline était lovée au creux de ses bras et il l’a embrassée sur la tête et s’est tourné vers moi, mais j’étais retombée dans ma position initiale.

J’étais partie. J’avais juste noté au passage, rien de plus.

Samedi, il faisait un temps de merde. Pluie, gris, froid. Pascal a eu l’idée de faire un petit feu dans la cheminée. C’était cool. Thomas est descendu en fin de journée, pour voir s’il traînait encore quelque chose à manger. Je lui ai fait une omelette avec des patates grillés et quelques saucisses.

Je lui ai tenu compagnie au bar pendant qu’il mangeait en avalant mon x-ième café. J’avais toujours la tête dans la vase et encore super sommeil. Pascal et Pascal bavardait en riant étalé sur le canapé du salon. Thomas nous observait tour à tour. Oui, je devinais qu’il se posait des questions, mais il les a gardés pour lui.

Il a parlé de la sortie de ce soir, mais on était pas tellement chaud pour sortir. En tous cas, moi, pas encore, j’étais naze et incapable de programmer à l’avance. J’étais plutôt tentée par une soirée télé tranquille au coin du feu. Je crois que Pascal était dans le même trip.

Surtout... je voulais éviter de croiser la miss ce soir... Hum, je me suis aussi demandée si Pascal et Caro n'avait pas déjà comploté pour l'autre soir!? Je me suis peut-être faite piégée?


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135/2015 - Golden Silence!

Publié le par JaneDo


Vendredi - 15 mai 2015 - 135/2015 - Golden Silence!

Thomas lui a envoyé un message pour lui demander ce qu’il allait faire quant j’apprendrais ce qui se passe avec cette fille. Apparement, leur conversation avait eu un impact sur Thomas. Sur moi aussi, mais personne ne devait le savoir. Ça le travaillait, et même si Thomas était dans une soirée, il continuait à y penser. Pascal lui a répondu que je ne l’apprendrais jamais. Hum! S’il savait!

Peut-être à cause du message de Thomas, ou peut-être même la conversation, Pascal a été adorable. Toutefois, le souvenir du fait qu’il avait essayé quand même de la voir quant je l’ai appelé, me laissait un goût amer. J’ai dû me rappeler ma phrase miracle pour ne pas m’effondrer ou péter un câble et tout lui déballer.

Pascal aurait pu prendre congé aujourd’hui, mais il a préféré garder son congé pour une autre fois. Ce matin donc, je me suis levée en même temps que lui pour qu’on prenne le café ensemble avant qu’il parte au boulot et moi à la maison. Malgré une fin de soirée adorable, j’ai mal dormi et j’avais toujours la boule à l’estomac à mon réveil. Je me sentais désespérément triste. Pour la façade, je gardais pourtant le sourire.

J’étais contente de rentrer. Je croyais pouvoir en profiter pour me reposer et réfléchir un peu. Mais que néni; ma soeur a appelé pour me proposer de jouer aux cartes. Je ne suis rentrée qu’à 21h30. Pendant la partie, je n’ai pas regarder mon natel, qui était presque en rade, il me restait 10% de batterie.

A la maison, j’ai vu les messages de Pascal; rendez-vous à 20h chez lui pour souper... Je l’ai aussitôt rappelé.

Pascal était encore à la maison. En fait, ils étaient chez Thomas en pré-soirée. Je devais me changer et tout, donc je savais que je ne pourrais pas être là-bas avant 22h30, voir 23h. Et seulement si j’étais extrêmement rapide, ce que je ne suis pas. J’ai tendance à traîner, boutiquer ceci ou cela, tripoter mon ordi, etc.

J’aurai voulu que Pascal reste chez lui à m’attendre pour sortir. Il proposait au contraire que j’aille le rejoindre. Entrer dans un bar toute seule, j’aime pas trop. J’aurai pu demander à Caro de m’attendre, mais je préférais qu’elle surveille Pascal. Pffff... Que c’était compliqué!

Depuis plus de 2ans, les choses vont de mal en pire entre Pascal et moi... Je me demande si... ça vaut le coup de continuer! Mais c’était une pensée fugace.

Désolant, mais Pascal a faussé compagnie à l’équipe juste après mon coup de fils. Je devine où il a été! Je ne pouvais rien y faire, et je ne l’ai su qu’après coup. Stupide, j’aurai dû m’en douter. Le ventre en vrac, je l’ai averti par sms de mon départ.

Pour se couvrir sans doute, il m’a demandé si je ne préférais pas qu’on se retrouve chez lui pour passer une soirée tranquille. Grrrh, il rêve ou quoi? J’aurai passé 1h à me préparer pour rentrer se flanquer en training chez lui? Quoique, vu on humeur... Je n’avais pas la frite et je sentais d’avance que j’allais passer une soirée de merde à me forcer à faire semblant d’aller bien.

Pascal m’attendait dehors devant le Bar. Il a prétendu que lui et Paul avait été prendre un verre ailleurs pour discuter plus au calme. Quel menteur! Là, j’ai su qu’il y avait anguilles sous roche! J’ai réussi à sourire, à le laisser m’embrasser et j’ai dis: «Je t’adore Babe et j’ai confiance en toi». Ça l’a fait tiquer, je l’ai senti se raidir sur place. Je ne sais pas pourquoi j’ai dis ça, ou peut-être était-ce justement parce que je ne lui faisais pas confiance.

En entrant dans le bar, j’ai vu qu’elle était là. C’était comme si une main pressait sur ma poitrine. Fureur, tristesse, désespoir, tout était mélangé. Elle était peut-être venue avec lui, et ça me donnait la furieuse envie de le mordre. De le mordre ce bras autour de mes épaules jusqu’au sang.

Etrangement, Pascal était tout attentif, tout adorable, gentil et me couvrait d’attention. C’était presque comme s’il se sentait coupable. Puis je me suis rappelée de ma phrase! C’était ça. C’était cette phrase qui l’avait culpabilisé, depuis ce moment là, on aurait dit qu’il essayait de se racheter.

J’ai remarqué qu’il a évité de regarder en direction de Manuella, ce qui m’a fait un tout petit peu plaisir. Mais, impossible d’effacer qu’il l’avait vu avant. Il faisait tout pour la voir, pour passer un moment avec elle. Et elle, elle était ici pourquoi? Pour lui voler quelques sourires, quelques regards? Je bouillais de l’intérieur, tout en arborant mon sourire  «click-clack-kodak».

Réalisant qu’elle ne le quittait pas des yeux, et qu’elle le fixait d’un air réprobateur devant ses marques de tendresses envers moi, j’en ai profité. Peut-être que je n’aurai pas dû, mais ça atténuait ma douleur. J’ai répondu à ses gestes de tendresses, à ses bisous et baisers, plus je la voyais tiquer.

Manuella ne devait plus rien comprendre. Ils s’étaient vu quelques instants auparavant, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes pour elle. Elle devait jubiler de la distance qu’il mettait entre nous, surtout quant elle était là. Comme une chatte jouant avec sa souris, elle devait papillonner de le voir me faire souffrir, et là, paf, rien. Au contraire, il était adorable et me couvrait de câlins.

C’est peut-être ce qui l’a fait s’approcher du groupe. Elle discutait avec Jonas qu’elle connaissait à 2 pas de nous. Pascal continuait toujours à faire comme s’il ne l’a connaissait pas. Quel comédien! Elle lui lançait quelques oeillades, mais il l’ignorait. Peut-être parce qu’il n’aurait pas su comment justifier son attitude?

Après avoir discuté avec Jonas une vingtaine de minute, au moment de partir, Manuella a tapoté Pascal sur le bras pour le forcer à se tourner vers elle. J’ai réalisé qu’elle était plus grande que moi d’une bonne tête. Ce devait être les talons. En lui faisant la bise, elle lui a murmuré un truc à l’oreille.

Embarrassé et rouge, Pascal lui a fait la bise. Sans sourire. Même un peu étonné. Je pense qu’il s’attendait à ce que je lui demande qui c’était. Ce qui aurait mis en péril le côté secret de leur relation. Alors je n’en ai rien fait, j’ai détourné la tête et fait semblant que je n’avais rien remarqué.

Mon regard a croisé celui de Caro. Elle a froncé les sourcils et penché la tête, l’air de dire "Alors? C’est tout? Pourquoi tu ne fais rien?". Elle ne pouvait pas comprendre. C'était le mieux à faire.

Manuella est partie, mais elle a fait demi-tour pour re-tapoter le bras de Pascal. Cette fois, elle lui a demandé s’il pouvait l’accompagner prendre son taxi. C'est fou ce que les filles sont culotées de nos jours!

Pascal est resté interdit un petit moment, ne sachant pas comment réagir. Se demandant surement pourquoi elle prenait le risque que je découvre le pot-aux-roses. Il a bredouillé quelque chose que je n’ai pas saisi. Difficile de garder la tête détournée, cette fois c’était assez évident.

Jonas s’est immédiatement porté à son secours et a proposé de l’accompagner. Il pourrait s’en fumer une en même temps. Manuella pestait intérieurement. Elle ne pouvait pas insister sans que ça paraisse étrange. Elle est donc partie avec Jonas en fusillant Pascal des yeux. Evidement, j’ai fait comme si je n’avais pas remarqué.

Pascal était mal à l’aise, embarrassé. Après avoir violemment rougi, maintenant, malgré la lumière tamisée, Pascal était tout pâle. Son natel s’est mis à vibrer et il l’a discrètement coupé.

C’était trop pour moi. J’avais les joues en feu, qui picotait et une grosse crise de chaleur. J’ai murmuré à l’oreille d’un Pascal paniqué qu’on pouvait rentrer quant il voulait, j’en avais assez. Il me tenait la main et il a serré mes doigts, puis petit bisou dans la paume; il était d’accord. Il en avait assez lui aussi.

On était en train de faire la bise avant de filer quant Jonas est revenu. Il a voulu parler à Pascal, seul à seul. J’ai devais donc l’attendre. Je suis sortie et j’ai marché jusqu’à la voiture. Pascal m’avait donné ses clés, alors j’ai grimpé dans son 4x4. En m’installant, j’ai vu Manuella.

Elle n’était donc pas partie? Est-ce que c’était ce que Jonas voulait lui dire? Qu’elle l’attendait dehors? Il n’osera pas aller vers elle, sachant que je suis dans sa voiture. Donc avec vue droit devant! J’ai surveillé sa sortie dans le rétro. Je l’ai vu sortir, la regarder et se diriger en courant vers la voiture.

Pascal m’a souri et s’est penché pour m’embrasser sur la joue et on est parti... Je me demande si c’était pour lui signifier quelque chose. En passant près d’elle, Pascal l’a ignorée se concentrant sur la circulation. Moi, je l’ai regardée bien en face. Nos regards se sont vissés.. Elle sait maintenant que je sais. Pas de doute là dessus.

Je suis sûre qu’elle le dira à Pascal. Pascal ne la croira pas. Pour lui, j’ignore toujours tout. Ma décision a été prise à ce moment là, je continuerais à faire semblant de ne rien savoir. Gare à Caro si elle parle!


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134/2015 - Faire semblant de rien... c est dur!

Publié le par JaneDo


Jeudi - 14 mai 2015 - 134/2015 - Faire semblant de rien... c’est dur!

Une de mes frangines avait besoin d’aide pour un tableau excel dont elle avait besoin pour vendredi, alors j’ai passé l’après-midi chez elle. Il faisait beau, mais le temps était à l’orage. Je pense que ça éclatera en fin de journée. A 18h, j’étais encore chez elle, et je l’ai aidée à couvrir ses canapés, comme il commençait à pleuvoir. Ensuite, je suis passée chercher, aux Croisettes, Alex et la jeune Australienne en vacances chez ma frangine. Je pouvais enfin rentrer.

J’avais parlé à Pascal en fin de matinée. Pascal ne se doutait pas que je savais qu’il m’avait menti sur ce qu’il avait fait hier. Je n’ai rien dit. Il voulait qu’on mange ensemble à midi, mais je lui ai dis que je devais aider une de mes soeurs. Je l’appelle dès que j’ai fini. Je ne savais pas encore ce que j’allais faire.

Après réflexion, je crois que je vais continuer à faire semblant de rien.

S’il savait, il risquait d’être plus prudent. Alors autant garder mes infos pour moi. Intérieurement, je tremblais; de rage, angoisse de le perdre, furax qu’il m’ait menti, hésitante à l’attitude à adopter. Bref, j’étais paumée.

Chez moi, j’ai pris une douche. Je n’avais pas le temps d’un bain. Et j’étais trop impatiente de voir Pascal pour perdre du temps à larver dans de la mousse. Une fois prête, je suis partie sans avertir Pascal de mon arrivée. Pas une bonne idée, mais bon.

Pascal était chez Thomas. Ils étaient plongés dans une discussion sérieuse à propos de filles... Intéressant!

J’ai donc averti Pascal que j’étais encore chez ma frangine, que j’en avais encore pour un petit moment, que je ne savais pas si j’arrivais à passer ce soir. Parce qu’il fallait qu’après je rentre prendre une douche et me changer. Bref, il sera probablement sorti. Et je n’avais pas envie de passer la soirée à poireauter chez lui jusqu’au matin, juste pour dormir!

Pascal m’a charrié en me disant que ça ne me suffisait donc plus? Il m’a dit que lui il aimerait bien que je vienne dormir. Il a dit qu’il allait sortir, que je n’avais qu’à l’appeler si je changeais d’avis et qu’il rentrerait sur les chapeaux de roues. "Et si je préfère venir te rejoindre?", Pascal a rigolé; "Je veux oui".

  • Mais appelle-moi, parce que je crois que je vais en profiter pour prendre un verre avec Jonas, et je n’ai aucune idée où ils pensent aller, ok? Appelle ok. Je risque de traîner avec eux jusqu’à je ne sais quelle heure si tu ne viens pas. Donc, si tu décides de venir, alors tu me lance un coup de fils. Bon, aussi si t’es sûre que tu ne viens pas, comme ça, je sais que personne ne m’attend.

Pascal a tellement insisté que je l’appelle, que j’ai eu des palpitations et le coeur plongé dans un bain de plomb.

Il fallait vraiment que je trouve un petit micro que je pourrais placer discrètement chez Pascal et Thomas. Comme ça, je n’aurai pas à me glisser chez l’un ou l’autre pour épier Pascal. Peut-être que Caro était dans le coin et qu’elle m’avait vue entrer chez Pascal. Il pleuvait des cordes, je ne pouvais pas rester dehors.

Thomas était au courant pour Manuella. Comment Pascal avait-il pu croire qu’il arriverait à cacher sa liaison?

Je suis passée par beaucoup de stades différents en les écoutant discuter; rage totale, tendresse, haine, dégoût, et je tremblais de tout mon corps. Mais j’ai retenu une chose importante; Pascal a dit qu’il ne voulait pas se séparer de moi. Il ne supporterait pas de me voir avec quelqu’un d’autre. Thomas lui a rappelé qu’un moment donné, il devra bien faire un choix. Pascal s’y refuse.

Thomas lui a dit que c’était vachement égoïste, parce que si ça devenait sérieux avec cette fille (Manuella), j’en souffrirais. Le pire c’est que je ne m’y attends pas du tout et que je lui faisais aveuglément confiance. Pascal a dit que j’avais raison de lui faire confiance, parce qu’il m’aimait. Thomas trouve qu’il a une étrange façon d’aimer! Tromper, ce n’était pas aimer.

Le natel à Pascal s’est mis à sonner. Je constate qu’il a mis un son spécial pour Manuella! Thomas allait sortir, alors Pascal est descendu.

Manuella devait certainement insister pour le voir, parce qu’il lui a raconté mon programme. (Putain, ça m’a sortir de la fumée des oreilles). Bref, qu’il ne savait pas si je venais ou pas. Elle avait dû vouloir venir chez lui, parce qu’il a dit que je risquais de débarquer et que ce n’était pas une bonne idée.

Pascal n’avait pas l’air de vouloir sortir, mais plutôt de rester tranquillement à la maison à m’attendre. Il était persuadé que j’allais me pointer sans l’avertir, alors il voulait rester là. Il lui a dit que ça aurait le mérite de me rassurer, et qu’il serait plus libre. Le salaud.

Il me semblait que Manuella continuait à insister pour le voir, parce qu’il lui disait; "Ecoute, pas ce soir, c’est trop risqué... Bien sûr que j’ai envi de te voir.... Tu me manques aussi... Soit pas triste, je me débrouillerais...". Après une longue discussion, une discussion qui m’a fait réalisé qu’ils se voyaient certainement depuis un petit moment, Pascal lui a dit qu’ils pouvaient se voir un petit moment.

Pascal s’était aussitôt levé pour se diriger vers sa chambre. Probablement pour se changer. J’allais pouvoir en profiter pour m’éclipser et l’appeler pour faire celle qui était en route. Pascal l’avertit qu’il risquait de devoir partir à tout moment, qu’ils ne se verraient peut-être pas très longtemps.

J’étais bleue. Les entendre discuter sur mon dos me retournait l’estomac. Et les jambes qui tremblaient comme des feuilles sous une rafale de vent.

Entendre la voix de Manuella m’a scotchée sur place derrière les rideaux. Je n’ai pas pu m’éclipser. Pascal l’avait mise sur haut parleur pendant qu’il enfilait un pull. Elle avait un rire stupide, et essayait de plaisanter tout en prenant un ton léger pour lui donner des ordres déguisés. Ou peut-être que c’est simplement ma jalousie qui parle!

Elle disait; "C’était horrible de te voir partir ce matin... j’ai eu l’impression d’avoir le coeur brisé". Donc Pascal avait dormi chez elle.

Quelle pétasse! Elle jouait sur sa corde sensible. Je fulminais. Il fallait que je fasse quelque chose, mais quoi? Comment faire? C’aurait dû être avec moi que Pascal parle de ses plans avec elle, et non le contraire. C’est ce qui me faisait bouillir de rage. C’était moi sa confidente, pas elle. Comment avait-il pu me trahir si fort?

Pour ne pas me laisser emporter par les larmes et la colère, je me répétais qu’il ne voulait pas qu’on se sépare! J’essayais de me convaincre que malgré tout, malgré tout ça, il m’aimait quand même. Et je devais me le répéter plusieurs fois de suite pour ne pas tomber au fond du puits de déprime qui me tendait les bras.

J’étais coincée. Je ne pouvais pas sortir avant lui. Alors j’ai dû attendre que Pascal s’en aille, pour sortir de ma cachette et l’appeler. Hum... le rat... maintenant que j’y pense... Et Pascal s'est lancé dans une suite de prétexte pour ne pas rentrer tout de suite! Je suis sûre qu'il regrettais de m'avoir répondu du coup!

Il a dit qu’ils allaient prendre un verre qu’il-ne-savait-où. Il suivait. Alors il ne pouvait pas juste partir sans les avertir. Qu’il ne ferait pas longtemps. Pour l’emmerder dans son petit planning, juste parce que je savais qu’il mentait; il voulait avoir le temps d’aller chez l’autre, passer un moment avec elle, et ensuite venir comme si de rien, me retrouver. Hum... pas question.

Je lui ai dis qu’alors, j’étais en route, dès qu’il arriverait, qu’il m’appelle et je le rejoindrais. Le silence qui a suivi a été édifiante. Pascal était emmerdé. Il m’a dit que ça ne valait pas la peine, qu’il rentrerait vite. D’une voix douce et joyeuse, je lui ai dis qu’il n’avait pas besoin de stresser, il avait eu envi de sortir, donc, on pouvait très bien traîner avec ses copains, ça m’allait aussi. L’essentiel, c’était d’être ensemble.

Encore plus emmerdé, il a dit qu’ils étaient entre mecs. Hihihi, il me prend vraiment pour une gourde! J’ai su qu’il ne roulait plus. Il s’était arrêté. Pour le titiller encore; je lui ai fais la réflexion et j’ai demandé donc où ils étaient.

N’ayant plus d’excuses, Pascal a dit qu’il s’était effectivement arrêté et qu’il avait l’intention de faire demi tour pour rentrer. Il allait laisser un message à Jonas. Moi; "Non, sérieux, y a pas besoin. Tu sais bien que ça ne me gêne pas que vous soyez entre mecs. Je pense pas que ça les dérangera que je sois là, si?". Pascal était tendu, je pouvais l’entendre dans sa voix. Hum!

Tout gentil, il m’a dit qu’il serait à la maison dans moins de 30 minutes, alors on se retrouve là-bas. Encore pour l’embêter un petit peu plus dans ses mensonges, j’ai voulu qu’il reste en ligne pendant le trajet.

Chaque fois que je sentais qu’il voulait raccrocher, je prenais ma voix de chatte, douce et gentille pour lui demander de ne pas raccrocher.

Je savais qu’il utilisait la main libre dans la voiture, donc il ne pouvait pas prétendre avoir besoin de ses mains pour conduire.

Pour finir, j’ai arrêté de le torturer, en acceptant de raccrocher et de le retrouver à la maison. 10 minutes plus tard, je l’ai regardé passer devant moi en voiture. Il ne m’a pas vue parquée dans l’ombre des bosquets de la première maison du chemin qui menait chez lui.

J’ai attendu encore une bonne trentaines de minutes avant de me pointer chez lui. Il était encore au téléphone. Ce n’était pas avec moi, alors je devinais que c’était avec elle. J’avais une boule au fond de l’estomac. J’ai dû me répéter encore; "Pascal ne veut pas qu’on se sépare, donc il m’aime. Il s’amuse avec elle. Il m'aime moi, pas elle".


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133/2015 - Menteur Menteur

Publié le par JaneDo


Mercredi - 13 mai 2015 - 133/2015 - Menteur Menteur

Journée super chargée. Je me suis débarrassée de Gis, elle est partie pour le week-end, et ne rentre que lundi. A partir de midi, j’étais déjà en week-end. Le pied. J’avais des courses à faire, ranger et faire le ménage. Gis est vraiment sale; je dois passer derrière elle; son lavabo est dégueulasse, ses saletés de cheveux traînent partout. Si ça continue, je vais devoir me débarrasser d’elle. Je n’ose pas prendre un bain sans laver la baignoire à la javel.

Pascal m’a fait livré des fleurs avec un petit mot; « Babe, j’ai été minable ces derniers temps. Si je t’ai fait de la peine, je m’en excuse. Je ferais tout pour me faire pardonner ce week-end. ». C’était mignon. Comment lui en vouloir après ça. Pourtant, je ne comprenais plus rien...

Son appel à cette fille, alors que j’étais cachée à l’arrière de sa voiture, n’était une illusion. Son irritation, sa distance non plus. Pourquoi voulait-il soudainement se faire pardonner? Quelque chose ne tourne pas rond avec la miss? Regrette-t-il vraiment? Va-t-il m’en parler? (j’espère que non). Toutefois, son geste était adorable, je ne pouvais pas ne pas apprécier. Sur le coup de l’impulsion, je lui ai envoyé un message pour dire merci avec pleins de coeurs.

Pourtant, quelque part au fond de moi... je ne pouvais pas le laisser me prendre pour une tarte!

Et la bulle a sauté, quant j’ai appris par Caro qu’il avait à nouveau rendez-vous avec cette fille, alors qu’il m’avait dit qu’il devait voir Varios et le groupe. Encore une fois, il m’avait menti. J’en avais mal au bide. Est-ce qu’il m’avait envoyé ces fleurs pour m’endormir? Il savait que j’allais trouver ça adorable. Il avait réussi à endormir ma méfiance. Pfff... j’suis trop conne.

Furax, mais aussi angoissée, effrayée de savoir ce qu’il faisait en fait, je suis restée à la maison. Je ne l’ai pas appelé, ni été chez lui, ni message, ni rien. Alors qu’il m’avait fait croire que je n’avais pas à me faire de soucis, il a été voir cette fille. Je suis un peu dégoûtée, il m’a prise pour une idiote.

Dire qu’on aurait pu passer la soirée ensemble... mais non, il avait préféré la voir elle!


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132/2015 - Petite surprise

Publié le par JaneDo


Lundi - 11 mai 2015 - 131/2015 - Souper - Caro - Dol

Miam; souper en famille; poulet rôti et salades diverses. Pour le dessert; gâteau au chocolat. On était tous là, sauf la copine à Marlon. Apparemment, elle bossait.

Au lieu de rentrer directement, je suis passée chez Caroline. On avait des trucs à discuter. Et, je sentais que dans le futur, j’aurai besoin de son aide dans ma croisade. Elle avait cru remarqué les regards que Pascal échangeait avec cette nana, mais elle aussi avait pris en grippe Natacha. Ce n’était pas la première fois qu’elle tournait autour de Pascal. Natacha avait l’habitude de la regarder comme si elle était une intruse.

Plus tard, avant que je m’en aille, on a été voir ce que faisait Pascal. Etonnament, il était chez lui et jouait de la guitare. Thomas ne semblait pas être dans les parages. Je serais bien restée à le regarder, mais je devais rentrer. A la maison, une fois en training, je pensais pouvoir peindre tranquille, mais Dol a débarqué.

Mon Dieu! Elle était bourrée! Encore! Dire qu’elle ose se plaindre qu’on lui ait retirée sa fille!


Mardi - 12 mai 2015 - 132/2015 - Petite surprise

D’habitude, je ne vais jamais aux entrainements de Pascal, mais j’ai voulu lui faire une surprise. Je pense que c’était plutôt mon 6ème sens qui avait parlé. De voir l’autre conne arriver vers la fin m’a fichu la chair de poule. Tout dans son attitude m’a donnée envie de l’agresser et de lui coller une bonne douzaine de tartes. C’est comme si elle était en territoire conquis. Elle ne doute de rien celle-là! Etant donné ma présence, c’était fichu pour sa tête!

Manuella, puisqu’il faut la nommer, a été attendre à la sortie des vestiaires. Mais j’y étais aussi, ainsi que Caroline. Je l’ai vue changer de couleur en nous apercevant. Elle ne savait que faire; partir ou rester? Elle s’est mise en retrait, mais elle est restée. Courageux!

En sortant, Pascal a pris des couleurs. Il l’a vue, mais il m’avait aussi repérée, et n’a donc pas été vers elle. Bien fait, espèce de garce. J’ai voulu l’embrasser, mais, et ça m’a un peu serré le coeur, il a évité le baiser pour me tendre la joue. Il allait me le payer ça, je suis patiente.

Essayant de ne pas montrer ma déception, je lui ai pris le bras et on est sorti pour aller à la voiture avec Caroline pendue à l’autre bras de Pascal. Je n’avais pas pris ma voiture, j’étais venue avec Caro. Bavardant comme des pies joyeuses, je n’ai pourtant pas pu m’empêcher de voir les regards en coin de Pascal en direction du gymnase.

On a été prendre un verre tous les 3. Je pensais rentrer chez moi, mais la présence de l’autre dans les parages m’a fait changer d’avis. Même si c’était un peu ridicule, je me suis incrustée chez Pascal. Il était taciturne, de mauvais poil et parlait peu. Même s’il n’était pas vraiment désagréable, je voyais bien que je dérangeais.


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130/15 - Nerveux Pascal?

Publié le par JaneDo


Samedi - Dimanche - 10 mai 2015 - 130/15 - Nerveux Pascal?

En fait, j’ai profité que Pascal soit sous la douche pour aller m’installer sous la couverture, à l’arrière de son 4x4. Je le suivrais. Caroline de son côté, nous suivra de loin. Je l’informerais par sms de l’endroit où on se trouve, si jamais elle doit passer me chercher. Peut-être que Pascal va simplement rejoindre ses potes. Ce sera parfait.

Si d’aventure il filait ailleurs, ou appelait l’autre depuis sa voiture, je le saurais.

Me voilà donc prête pour l’action. Je priais secrètement pour qu’il aille rejoindre ses amis. J’espérais m’être faite de fausses idées. Hélas, le sixième sens n’est pas seulement chez les animaux. Ou plutôt, étant des mammifères, certains instincts restent profondément ancrés en nous.

Dès qu’il a pris sa voiture, il a appelé Manuella pour savoir où elle était... Dire qu’au début qu'on se connaissait, il avait mis 3 plombes et demi avant d’oser m’appeler!

Sans gêne, vu qu’il ne savait pas que j’avais les oreilles dans sa voiture, il lui a dit que je sortais de mon côté, et qu’il avait rendez-vous avec ses copains. Mais, il n’était pas obligé d’y aller. En rigolant, il lui a dit qu’il trouverait toujours quelque chose plus tard.

Pascal lui a dit où il avait rendez-vous avec ses potes. Elle a dû vouloir le rejoindre, il lui a dit qu’il préférait qu’ils aillent ailleurs. Elle devait probablement être de sortie avec ses copines, et aurait voulu jouer son petit jeu de lui tourner autour à distance, alors qu’il était avec ses copains. Question de continuer à mettre du piquant et garder le côté palpitations dans leur relation. Ça m’a fait monter la moutarde au nez. Que faire?

Après quelques palabres, Pascal lui a dit qu’il allait alors boire un verre avec ses potes, ensuite, il passerait la prendre. Mon coeur fondait sous la pression, comme si la gravité terrestre était devenue trop forte. Je lui en voulais un peu. En même temps, il faisait tout pour que ça reste discret... c’est ce que je lui avais demandé non? Alors pourquoi ça faisait quand même mal?

Je l’ai regardé se diriger innocemment vers le Baroque. J’ai aussitôt averti Caro où j’étais. Je me suis glissée hors de la voiture et je l’ai attendue. Elle n’était pas loin. Je l’ai rapidement mise au courant de ce qui c’était passé et on en entré dans le Bar.

Ha! On peut dire que Pascal ne s’attendait pas à me voir. Furax, mais jouant le jeu, Caro lui a dit qu’elle n’avait pas envie de sortir seule, alors elle m’avait forcée à me bouger pour l’accompagner.

Pour une fois, j’ai laissé ma réserve et timidité au vestiaire. J’ai collé Pascal. Passant mon bras autour de lui, le sien autour de moi, m’appuyant sur lui. Sollicitant des bisous, le prenant par la main pour qu’il n’aille nul part sans moi. Il était nerveux, je le sentais bien, et un peu raide aussi.

Rhahh, Pascal était incroyablement tendu. Il surveillant l’entrée. Il a voulu s’éclipser aux toilettes. Hum, j’étais certaine que c’était pour appeler l’autre et lui dire qu’il y avait un changement de programme. Alors, je lui ai demandé de me passer son téléphone, le mien était à plat. Hihihi...

Pascal a changé de couleur. Il a cherché désespérément comment dire non sans trouver. Il a alors baragouiné qu’il devait passer un coup de fils à un copain. Vicieusement, je lui ai demandé à qui. Qui est-ce qu’il pouvait appeler à cette heure-ci? Au hasard, il a dit Varios.

-Ah cool, je pourrais lui dire 2 mots. J’aimerai savoir s’il accepterait que je chante un truc la prochaine fois. Il faudrait bien sûr que je m’entraîne, sinon... et blabla, et blabla.

Pascal transpirait presque. il a compris qu’il ne pouvait pas se tirer pour appeler Varios sans moi. Et comme il n’avait pas l’intention d’appeler Varios, mais l’autre pouffe, il était sacrément emmerdé. Caroline souriait comme une chatte devant son bol de lait. Elle s’amusait de voir Pascal perdre pied, et devant la subtilité de ma manoeuvre. Elle m’a fait un clin d’oeil.

Pascal s’est penché vers la lumière, comme s’il en avait besoin pour chercher le numéro à Varios. J’ai fait comme si je ne savais pas que les écrans de natel sont éclairés. Je restais tout de même vigilante; s’il tentait de composer un sms, je me pencherai pour regarder. Là, il sera dans la merde.

Non, d’après ce que j’ai remarqué, il a simplement effacé son appel à cette garce. Puis, il m’a tendu son natel en mie disant qu’il allait finalement attendre que Varios l’appelle.

Son natel en main, je suis sortie du bar. Avant j’ai demandé à Caro de le surveiller pour qu’il n’emprunte pas le natel à quelqu’un pour sa basse besogne. Paniqué, Pascal m’a regardée m’éloigner et disparaître à l’extérieur.

Caro m’a dit qu’il était tendu et a continué à surveiller la porte, et a paru soulager de me voir revenir avec le sourire. Et non en colère ou fermée.

Evidemment, Pascal a voulu récupérer son natel, mais je lui ai dis que je l’avais mis en sécurité dans mon sac. Comme il n’avait plus l’excuse de devoir appeler Varios, il ne pouvait pas insister pour le récupérer, sans que cela éveille mes soupçons. Mais il était tendu et nerveux tout au long de la soirée.

A l’heure prévu pour aller rejoindre l’autre pouffe, Pascal a dit qu’il était fatigué, qu’il voulait rentrer. J’ai donc averti Caro qu’on rentrait. C’était tant mieux, parce que c’était dur de le surveiller toute la soirée au bar, et c’aurait été pire en boîte.

Stressé, Pascal n’avait pas pensé que j’étais venue sans voiture, même s’il avait constaté que ma voiture était toujours chez lui quant il est parti. Je pense que ça bousillait ses plans. Quels étaient-ils? Aller chez l’autre en me laissant poireauter chez lui? Ou juste passer l’avertir? Je n’en savais rien.

Dans la voiture, il est resté silencieux, plongé en pleine réflexion. J’imagine qu’il cherchait comment avertir la miss, ou comment faire pour aller la rejoindre. Ou peut-être cherchait-il une explication pour excuser le lapin qu’il lui plantait. Bon, clairement, il allait lui dire que j’étais apparue d’on-ne-sait-où. C’était le plus simple.

Elle allait quand même être furax. Si elle était maligne, elle ne le lui montrerait pas. Mais, j’imagine qu’elle pensera que c’était mauvais et risquait de lui donner de mauvaise habitude si elle acceptait ça sans broncher. M’en fou! Bien fait pour elle!

A la maison, j’ai vu qu’il avait quelques appels en absence. Pour l’emmerder, je lui ai demandé si je pouvais regarder de qui ça venait, que c’était peut-être Vania. Paniqué, il a regardé son natel comme si ça c’était transformé en bombe. En essayant d’avoir l’air détendu, il m’a dit que c’était peut-être plus simple de les couper si on voulait pas être dérangé.

Comme si je n’avais pas fait exprès, je l’ai re-fichu dans mon sac après l’avoir éteint, et fouillé pour sortir le mien et le mettre à charger sur ma table de nuit. Comme je lui parlais, je l’ai vu me regarder poser mon sac près du lit. Hum, il devait se demander comment me réclamer son natel!!! Difficile après m’avoir dit de l’éteindre...

Clairement, Pascal n’était pas d’humeur à faire des galipettes. Alors c’est moi qui ait pris les devants. Comme on dit; "l’appétit vient en mangeant!". La tension a vite passé, mais au début, il s’était forcé, ce qui m’a fait mal. Jai attendu qu’il s’endorme avant d’oser m’endormir à mon tour.

Mais avant, j’ai débranché mon natel et pris les 2 pour les planquer dans le premier tiroir de la cuisine. J’ai remarqué qu’il avait posé ses clés sur le meuble près de la porte d’entrée et non dans le tiroir. Donc, demain, je pourrais toujours les mettre dans le tiroir et lui dire que comme on ne voulait pas être dérangé, j’ai pensé que c’était préférable de les laisser là.

Il fallait quand même que je m’arrange pour me lever en même temps que lui. Je ne voulais pas qu’il cherche à filer chez elle, ou à l’appeler d’une cabine. Je devais rester sur mes gardes. Vigilante.

J’étais collée à lui, alors quant il a voulu s’extirper du lit, je me suis réveillée. D’habitude, il me fait un bisou et me dit de continuer à dormir, qu’il part faire un jogging et qu’il me réveillera au retour si je dors toujours. Mais, ce matin, j’ai sauté du lit avec lui. Ce qui l’a surpris. J’étais pourtant raide.

J’ai tout fait pour qu’il n’aille pas faire son jogging en susurrant que je n’avais pas envie de le voir partir, qu’il me manquerait. Qu’aujourd’hui, j’étais en manque de lui. Tristement, il était encore tendu comme une hélice, mais il s’est détendu peu à peu, se laissant aller à redevenir le Pascal que j’adore; câlin, doux et tendre.

C’était facile de croire qu’il avait oublié l’autre pétasse... mais inutile de me leurrer.

Il a cherché son natel. Pendant qu’il prenait sa douche, je l’avais mise dans le meuble comme je l’avais prévu. Quant il l’a rallumé, je me suis aussitôt collée à lui, passant son bras autour de mes épaules. Et bien sûr, je me suis montrée curieuse de savoir qui l’avait appelé hier soir. Alors une fois son natel rallumé, il l’a jeté sur la table, comme si ça ne l’intéressait pas.

On s’est déplacé à la cuisine pour boire notre café. Le natel a Pascal s’est remis en branle. Sonnerie, message. Il a fait celui que ça énervait, et il l’a éteint sans regarder de qui ça venait. Mais... lui et moi savions de qui il s’agissait. Sauf que lui ne se doutait pas que je le savais aussi.

On a passé un journée calme en amoureux. On aurait dit que Pascal regrettait ce qu’il me cachait, son attitude et était encore plus gentil et tendre. Je savais bien que ce n’était qu’une question de temps, demain lundi, il allait pouvoir lui parler et régler le malentendu. Là, je ne pouvais rien y faire, et ça me fendait le coeur.

Ça a mis un voile sur le bonheur de passer la journée ensemble. Même quant on a été se promener et manger une glace au bord du lac, l’impression d’avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête ne me quittait pas. Dommage. Pourtant, j’étais décidée à faire tout ce que je pouvais pour protéger mon bonheur.


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129/15 - Il est nerveux...

Publié le par JaneDo


Samedi - 9 mai 2015 - 129/15 - Je le sens nerveux...

Je me suis endormie la rage au ventre. Furax. Dégoûtée d’avoir fait l’amour avec un homme qui pensait à une autre. Je me sentais sale. Pourtant, si je n’avais rien remarqué, j’aurai   continué à être dans l'ignorance  , parce qu’il semblait tout aussi doux et câlins que d’habitude.

Le matin, on a été ensemble acheté le petit déjeuner qu’on a pris avec Thomas et Paul qui passait par là. En fait, il n’avait pas envi de déjeuner seul et il passait aussi les chercher. Il y avait du vent et ils pensaient faire du Delta Plane this afternoon. Pascal m’a proposé d’y aller, mais je n’en avais pas envie.

Je n’avais pas réussi à évacuer ma boule à l'estomac. Depuis hier soir, je me sens mal, au bord des larmes, et j'ai la trouille au ventre. Un petit massage et une séance de beauté me feront du bien. J’avais aussi promis d’expliquer à Caroline pour hier soir. Dès que Pascal, Thomas et Paul sont partis, j’ai foncé chez Caro.

Je voulais qu’elle comprenne qu’il était préférable que Pascal ne sache pas qu’on savait, sinon, il saurait mieux se cacher ou dissimuler ce qui se passe. Ou sinon, carrément le contraire; il n’aurait plus besoin de nous raconter des bobards, il agirait devant notre nez. Dans l’un ou l’autre des cas, ça ne me conviendrait pas.

Tant qu’il ignore qu’on sait, il prendrait des gants. Pendant ce temps, on cherchera à savoir qui c’est et où elle habite. A partir de là, on avisera. Pour l’instant, il s’agit de soit; le laisser mener sa barque et lui laisser de l’espace... Caroline n’était pas d’accord, elle aurait voulu lui demander des explications direct... ou l’empêcher de la voir en restant présente et dans ses pattes! Ce qui me déplaisait aussi. Je ne savais pas encore ce que j’allais faire. J’hésitais.

20h, j’étais de retour chez Pascal comme prévu. Pascal avait envi de sortir, moi, je n’y tenais pas tellement. En fait, c’est ce que je l’ai laissé croire. Pour l’instant, j’allais lui coller aux fesses et on verra. Je lui avais déjà expliqué que je ne prenais pas ma voiture ce soir.

Bizarrement, ou plutôt non, comme il fallait s’y attendre, Pascal était nerveux ce soir quant on a commencé à parler de sortir. J'imagine qu'il se demandait comment se débarrasser de moi pour aller la rejoindre. Je l’ai senti presque soulagé quant j’ai proposé de sortir de mon côté et de l’attendre à la maison. La rage! Il me prend vraiment pour la Reine des Connes!

J’ai donc prétendu que j’avais rendez-vous avec Vania. J’avais prévenu Vania pour qu’elle n’aille pas par hasard ce soir dans le même bar qu’eux. Elle ne sortait, ce qui simplifiait les choses. Après avoir pris un verre avec Pascal et l’avoir fait croire qu’après ma virée avec Vania, je préférais l’attendre à la maison, j’ai attendu qu’il soit sous la douche pour lui dire qu’il fallait que j’y aille...


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128/15 - Picnic - Manuella

Publié le par JaneDo


Vendredi - 8 mai 2015 - 128/15 - Picnic - Elle s'appelle Manuella

PicNic au bord du Lac. Waouh, Pascal me manquait terrible. Il y avait un PicNic organisé au bord du Lac ce soir, près de chez Michael. Pour y avoir passé du temps, je connaissais l’endroit. Pourtant, j’aurai bien aimé ne pas y arriver seule. Et en retard comme d’hab. Je savais bien en marchant direction le lac, qu’on ne me voyait pas. J’ai pris le temps de prendre mes marques, de repérer mon groupe.

Pascal était allongé sur un linge et prêtait l’oreille à une fille, qui lui parlait en faisant de grands gestes. Je l’ai reconnue tout de suite. C’était celle-là même avec qui je l’avais vu échanger des petits signes, et qui disparaissait vite fait quant j’étais dans les parages. Mon sang n’a fait qu’un tour. Les nerfs à vifs, tendue comme une arbalète, les jambes flageolantes, mes pas se sont précipités pour rejoindre Pascal.

Du coup, les autres sont devenus transparents. Dans ma tête et à mes yeux, il n’y avait plus que Pascal et cette cruche.

Le coeur battant à pleine vitesse, à bout de souffle, j’ai dû m’arrêter pour reprendre mon souffle. Appuyée contre un arbre, pliée en 2, les yeux toujours rivés sur Pascal et cette gourde, j’ai réalisé que j’avais une attaque d’asthme.

  • Ça va?

J’ai sursauté. Michael s’était penché et me tapait dans le dos. Il avait dû entendre mes râles et semblait s’inquiété. Tout en grimaçant, j’ai fait oui de la tête. Impossible d’aligner 2 mots, la pression dans ma poitrine m’a mise la larme à l’oeil.

  • Ça t’arrive souvent?

Encore des hochements de tête. Sa présence me rendait ça de plus nerveuse, alors j’ai fermé les yeux. Michael continuait à me tapoter dans le dos. Il a fallu quelques minutes pour retrouver un semblant de calme et réussir à dominer l’angoisse qui me serre la cage thoracique quant j’ai une attaque. C’est toujours la panique.

  • Oui... avec les beaux jours, ben... le rhume des foins, l’asthme... tout baigne quoi!

Michael a rigolé. En arrivant à ma hauteur, il avait lâché la glacière qu’il tenait pour me venir en aide. Il l’a ramassé et m’a tendu le bras. Je lui ai dis que ça allait, je n’étais pas handicapée. Il a serré ma main sous son coude quant j’ai tenté de l’enlever. En marchant, j’avais à nouveau fixé l’endroit où se trouvait Pascal. Il riait et souriait, ça m’a serré le coeur. Pourtant, il ne faisait rien de mal, donc ce devait être de la jalousie pure.

Pascal n’a même pas fait attention à mon arrivée, et continuait à sourire, alors que l’autre conne lui murmurait à l’oreille. Il a éclaté de rire. On aurait dit qu’ils étaient seuls au monde. Dire qu’il n’a même pas remarqué du mouvement autour de lui, ni que j’étais là. Dire que moi, tout mon corps détecte et ressent sa présence, où que je sois. C’est chimique.

Des fourmis dans les jambes qui remontaient le long de ma colonne vertébrale, pas à cause de l’asthme, mais parce que j’avais envie de sauter à côté de Pascal et faire gicler l’autre idiote de là. Ça me démangeait.

La fille a levé les yeux en premier et quant elle m’a vue, elle a soutenu le regard que Pascal lui a adressé quant elle s'était subitement tue. Elle lui a fait un discret signe de tête dans ma direction. Pétasse. Pascal a enfin levé les yeux, et s’est redressé en me voyant. Il a eu un sourire, mais ça ne montait pas jusqu’à ses yeux. Voulait-il me donner l’illusion qu’il était content de me voir? Avant que j’aie pu faire un pas vers Pascal, j’ai été happée par Caroline.

Et bla-bla-bla; c’était le moment que j’arrive, j’étais en retard, elle avait fini par se dire que je ne viendrais pas...

Apparemment, elle n’était pas la seule. Mon coeur continuait à battre à un rythme qui frôlait la folie. Encore plus violemment quant j’ai vu l’autre conne poser un bisou sur la joue de mon homme avant de lever son cul et s’éloigner. C’était pas sans me lancer un regard que je n’ai pas aimé. Elle et moi savions que nous étions en guerre froide, même si personne ne s’en doutait.

C’est là que j’ai commencé à faire attention à mon environnement. Elodie était là. A peine l’autre partie, Elodie a été se mettre dans la place qui devait être encore chaude. Ce qui a eu le don de m’énerver. Paul, Thomas, Jonas, et la plupart de leurs co-équipiers du basket étaient là, et la petite Natacha et ses copines. Constat fait, je me suis sentie déplacée, pas à ma place, de trop. J’étais nerveuse, angoissée et je tremblais.

Caroline continuait de me parler, alors que Michael racontait à Thomas comment il m’avait trouvée. Je n’entendais pas grand chose, j’étais en conflit dans ma tête. L’envie folle de prendre la fuite parce que je savais que, ce soir, je n’arriverais pas à me mettre dans l’ambiance. Pascal s’est levé, et j’ai tout de suite cherché l’autre pouffe des yeux pour savoir s’il allait aller vers elle. Mais j’ai senti sa main qui prenait la mienne et j’ai ressenti un énorme bonheur.

Oui, avec le recul, je me dis toujours que je suis bête comme chou! Rien qu’un petit geste et je perds le Nord! Après un bisou au creux de la nuque, Pascal m’a entraînée au bord du lac.

On a marché un moment en silence. Il avait passé son bras autour de moi et je me suis sentie protégée. La tête vide, je me suis laissée allée à me blottir contre lui au comble du bonheur. Il a voulu savoir ce que je faisais, si j’avais eu ses messages. Lui aussi avait fini par croire que je ne viendrais pas.

Pascal me trouvait bizarre ces derniers temps. Distante. Je semblais être ailleurs, loin. Préoccupée? Par quoi? Je n’ai pas pu lui répondre. Je savais qu’il avait raison, mais je n’arrivais pas à faire marcher mon cerveau.

On s’est embrassé et c’était encore pire. Ma tête s’est trouvée encore plus vide. On est retourné auprès de nos copains. Après quelques mots échangés avec Paul près du feu, on est retourné s’asseoir sur le linge sur lequel Pascal était étendu quelques instants plus tôt.

Mais mon regard a croisé celle de la miss et j’ai eu à nouveau des fourmis partout. Elle nous observait discrètement, mais pas assez pour moi, tout en faisant semblant de discuter avec ses copines. Elle leur offrait des faux sourires, tout en cherchant à capter le regard de Pascal. Caroline est venue s’asseoir vers nous. Elle m’a fait signe qu’elle avait aussi remarqué le manège. Elle avait surement des choses à me raconter à propos de cette soirée, je le voyais dans ses yeux.

La fille a commencé à faire la bise à la ronde. Elle s’en allait. Ça ne m’étonnait guère. Elle filait toujours avant qu’on ait l’occasion de se retrouver face à face. Qu’est-ce que ça m’énerve. Elle s’approchait. Souvent, Caro et moi nous comprenions sans avoir besoin de parler. Après m’avoir prise le bras, Caro a dit vouloir me demander quelque chose. Avant que Pascal ait pu s’étonner, on est partie bras dessus dessous en courant au bord du lac.

De là, on a piqué un sprint pour se mettre hors de vue, tout en surveillant Pascal de loin. Une fois à l’abris des regards, on s’est accroupie derrière un buisson. Pascal s’est levé à l’approche de la pouffe, non sans jeter un regard derrière lui, dans la direction qu’on avait prise.

Elle s’est penchée pour lui faire la bise. Pascal a fait un signe de tête en direction du parking. Les mains dans les poches, Pascal la raccompagnait à sa voiture. Si ce n’était pas elle, j’aurai trouvé ça normal, il faisait nuit noire, et c’était plus rassurant de raccompagner les filles. Mais c’était elle, ça m'a foutu les boules. Surtout le fait qu’elle s’en aille dès que j’arrive!

De notre côté, on n’a jamais couru aussi vite. A moitié accroupie, on a foncé pour arriver au parking en même temps qu’eux. On y était en premier d’ailleurs, assez pour voir qu’ils sont arrivés main dans la main. Une main glacée ma serré le coeur et la gorge. L’estomac au bord des lèvres, je l’ai vue se coucher contre sa voiture et... plonger ses mains dans ses cheveux. Pascal s’était penché sans qu’elle ait à le forcer. Je voyais rouge. Ils se sont embrassés longuement.

Caroline a failli plongé en avant pour aller se jeter sur eux. Je l’ai retenue. Pascal n’avait pas à savoir qu’on l’avait vu. Malgré l’estomac vide, la nausée me donnait envie de vomir.

La seule chose qui se répétait dans ma tête c’était; «j’avais raison, je ne m’étais pas trompée, j’avais raison, j’avais vu juste... Bordel j’avais vu juste...» Les larmes m’ont brouillés la vue. Même si on se doute de quelque chose, c’est pire de le voir de ses yeux voir. Ça fait autrement plus mal que l’imagination. L’estomac à l’envers, j’ai dû me mettre à genoux parterre pour ne pas tomber. Mais je continuais à regarder.

Ils se sont séparés à regret. Avant de le laisser partir, elle a passé ses doigts sur ses lèvres... probablement pour enlever toute trace de rouge à lèvres. Pascal l’a tirée vers lui et l’a embrassée encore, et elle a ri et recommencé avec ses sales doigts sur sa bouche. Il avançait à reculons en attendant de la voir dans sa voiture et en route.

Les mains dans les poches, la tête baissé à regarder ses pas dans le sable, il est retourné vers le groupe.

Mes sentiments étaient troubles; entre haine féroce et amour blessé. Je crois que je le détestais autant que j’avais mal, parce que je l’aimais. C’était de la haute trahison. Une trahison qui fait mal, qui vous déchire le coeur en vrac, qui laisse la plaie ouverte, béante. Comme si on foutait du sel dessus.

Après un immense effort, j’ai retrouvé mon calme. J’ai dis à Caroline de ne pas souffler un mot de ce qu’on venait de voir. Qu’il était important et vital que personne ne sache jamais qu’on l’avait vu. Et surtout Pascal. Elle ne comprenait rien et les larmes descendaient silencieusement sur ses joues. Elle secouait la tête comme une idiote, alors je l’ai secouée. J’avais devant les yeux le reflet de mon propre chagrin, c’était comme me voir dans un miroir.

  • Ce serait trop long à t’expliquer maintenant. On en discutera, mais pas maintenant. Reprend toi.

Après quelques inspirations, expirations, on a fait quelques faux sourires pour retrouver notre entrain avant d’entrer en scène. Oui, c’était comme entrer en scène après un énorme choc. On était mal, mais il fallait absolument donner le change. Je voulais que Pascal ne se doute de rien. On a couru pour revenir en arrière,. J’ai demandé à Caro de rire. Je rirais aussi. Et j’ai inventé une histoire pour que ceux qui nous voient arriver nous entende rire et ait l’impression qu’on s’amusait comme des folles.

Caroline m’a appris qu’elle s’appelait Manuella. Torture. Je dois avouer qu’elle était plutôt jolie.

Pascal qui discutait avec ses copains debout près du feu, a tourné la tête dans notre direction en nous entendant rire. J’ai pensé comme c’était affreux qu’il soit là, comme si de rien n’était, à bavarder avec ses potes, à rire comme s’il ne m’avait pas poignardé dans le dos la minute d’avant, de nous regarder en train de rire, comme si on ne savait pas ce qu’il venait de faire. C’était cruel.

Pascal nous a souri. Ça aussi c’était cruel. Comme si une main brulante s’était posée sur mon coeur.

Quant on s’est approché, Pascal m’a tendu la main en souriant et a passé mon bras autour de sa taille en gardant ma main dans la sienne. Quel bon acteur! Si je ne l’avais pas vu, je ne me serais doutée de rien. De rien du tout. C’était affreux. J’ai joué mon rôle; j’ai souri, ri, fait semblant de passer une bonne soirée, tout en ayant la tête dans un étouffant nuage gris. Mais j’ai gardé le sourire.

Caroline, trop sensible, restait à distance et fusillait Pascal des yeux par moment. J’avais peur qu’elle craque et finisse par se ruer sur lui et lui dire d’arrêter son cinéma, on avait tout vu. Alors j’ai prétendu être fatiguée et que je voulais rentrer. Pascal n’a pas insisté pour rester.

Dans la voiture, je me suis sentie plus détendue. Malgré la déception et la colère qui me grignotait de l’intérieur. Je ne l’ai pas repoussé quant il a voulu me faire l’amour en rentrant. J’étais déconnectée. Comment pouvait-il avoir envie de faire l'amour avec moi, alors qu’il semblait en pincer pour une autre?!? Mais là aussi, j’ai joué mon rôle. Je lui en ai donné pour son argent et j’ai été satisfaite quant épuisé, on s’est écroulé l’un à côté de l’autre et qu’il m’a serrée contre lui.

Etait-ce un sentiment de culpabilité de sa part de me serrer si fort? J’ai eu envie de lever la tête pour voir s’il avait les yeux fermés ou non, ou s’il regardait le plafond. Je me demandais s’il pensait à elle! Et je lui en ai voulu de me mettre dans une situation qui me faisait perdre ma confiance en moi. Et en lui.

Pendant qu’on faisait l’amour, je l’ai oubliée. Mais maintenant, elle était revenue me hanter, je les voyais s’embrasser, aussi nettement que quant j’étais plongée dans le buisson près du parking; chaque geste, imaginant leurs regards, et je crois que je le haïssais. J’avais envie de le blesser comme il m’avait blessée. De le griffer jusqu’à le défigurer, lui arracher les yeux. Mais je me suis serrée contre lui; « I Love You ». Il m’a embrassée sur la tête, m’a serrée un peu plus fort et dit qu’il m’aimait aussi.

Menteur.


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124/5/6/7- 2015 - Priorités

Publié le par JaneDo


Lundi - 4 mai 2015 - 124/15 - Priorités

Dîner en famille bien sûr. Rentrée tard, parce que ma frangine voulait que je l’aide avec un courrier. Je me suis couchée en rentrant, trop naze pour faire autre chose.


Mardi - 5 mai 2015 - 125/15

Repos géant. Je n’avais aucune envie de faire autre chose que peindre. Dès que Gis est partie à la Bibliothèque pour travailler, je me suis jetée dans le travail. C’est ce que j’appelle se reposer; faire quelque chose qu’on aime par dessus tout, comme peindre.


Mercredi - 6 mai 2015 - 126/2015

Mercredi 6 mai- Dol qui m’appelle mercredi soir pour me demander de la prendre à Morrens chez Eric. Ils s’étaient disputés. Minuit en pleine rue, la voilà qui hurle « Hou-houuuuu ». Elle oublie souvent qu’elle n’est pas seule au monde! Je rentrais à peine de l’anniv de ma soeur, j’étais raide, mais je ne me sentais pas le coeur de l’abandonner à son sort. Elle était complètement bourrée comme d’hab.


Jeudi - 7 mai 2015 - 127/15

Equitation; Rhooo... pauvre Ulysse, ce cheval est si beau. Majestueux.  Blessé, il saignait à l’entre-jambe. Ils l’ont un peu lavé, pour éviter une infection. Dol m’a appelé pour me demander de l’emmener rechercher ses affaires à Morrens. Elle voulait que ma nièce se débrouille pour aller à l’équitation toute seule, ou que je passe la chercher d’abord, et tant pis si la petite est en retard! Non mais, elle pensait quand même pas que j’allais abandonner ma nièce pour elle? Si? Elle me connait mal. Mes neveux et nièces passent avant tout le reste. Pour une fois, j’ai dis non.


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