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Samedi, 20 avril 2019 - Pas à Bali?

Publié le par JaneDo

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Samedi, 20 avril 2019 - Pas à Bali?

Comme hier c'était Vendredi Saint, donc tout était fermé, j'ai couru faire quelques courses avant mon adorable tranquille week-end. Dans le parking, j'ai entendu quelqu'un m'interpeler. Je ne me retourne jamais, parce que j'ai horreur de ça. Balancer le nom de quelqu'un à la volée m'agace. Si c'est quelqu'un que je connais, il ou elle n'a qu'à venir jusqu'à moi.

Et paf, dans la Migros, rebelote! Cette fois, j'ai regardé dans la direction, parce que ce n'était pas dans mon dos, mais en face. J'ai aussitôt détourné mon regard, n'ayant pas eu l'impression de savoir qui m'appelait.

Il a fallu quelques secondes pour que mon cerveau analyse ce que mes yeux avaient capturés; une silhouette blonde, qui, gênée parce qu'elle a cru que je voulais exprès l'ignorer, a encore regardé et s'est retournée vers le frigo. Et encore une fois dans ma direction quant j'ai relevé les yeux vers elle, interloquée.

Mais... c'est Mihane! Alors on se reparle? Je croyais qu'elle me faisait la gueule, parce que j'avais pris, il y a au moins 5ans, le parti de mon frère contre elle. Elle a vu mon air surprise. J'ai été lui faire la bise, en la serrant dans mes bras. Le fait est que, je l'ai toujours bien aimée.

Mais à l'époque, il y avait pas photo, c'était clair que j'allais prendre le parti de mon frère contre n'importe qui, même elle, la mère de mon neveu.

Elle aurait dû être en vacances à Bali avec ses enfants et son mec! Surprise de la trouver ici, bien chez nous, je lui ai posé la question. Elle m'a raconté qu'elle avait été refoulé à Singapour, parce qu'elle n'avait pas de Visa. L'agence de voyage lui avait dit qu'elle n'en avait pas besoin, et c'était faux, la preuve. Elle avait pleuré pendant les 2 jours de voyage de retour. Elle m'a dit que junior, mon neveu, lui aussi pleurait. Ils étaient tous dégoûté. Hum, tu parles, y avait de quoi!

Puis sa sœur, la guenon, nous a rejoint. Je ne sais pas pourquoi, ou peut-être parce que je sais à quel point elle est faux-jeton, mais je n'aime pas cette fille.

Ça m'a fait plaisir de voir Mihane et qu'elle ne soit plus fâchée. C'était stupide de toute façon, elle sait bien que, quoi qu'il arrive, j'aurais pris parti pour ma famille, envers et contre tous. Comme elle prendrait celui de sa sœur, la guenon. Je crois que la guenon lui a d'ailleurs demandé comment ça se faisait qu'elle me reparlait! Je les ai aperçu entre les rayons. D'ailleurs, à la caisse, j''en ai choisi une autre. Je ne voulais pas la mettre en grisbi avec sa guenon de sœur.

Tsss, après avoir passé le plus clair de la semaine  roupiller, Tchoy a été bosser aujourd'hui, un jour de congé, alors je me dépêchais de rentrer profiter de mon espace libre. Pourtant, je dois avouer qu'il est loin de me déranger plus que ça, il reste cloîtré dans ses appartements et ne descend que rarement. Et seulement pour utiliser la cuisine.

C'est pour ça que, s'il payait son loyer à temps et faisait les petits travaux autour de la maison, qu'il s'était engagé à faire, je serais la plus heureuse coloc de l'humanité. Je l'avais bien plus sur le dos quant j'habitais à Lausanne.

My God, Mimi n'est pas en vacances, elle n'est pas partie à Bali? What? Pauvre Junior, il est planté avec son plouk de mec à des kilomètres d'ici... Jeez, tu parles de vacances!!!

Je me demande si je devrais le dire à mon frangin? Bah, je pense que Junior a dû le faire. Je me demande aussi si je devrais demander à Nat comment elle va, ça ne fait pas longtemps qu'elle a perdu sa maman. Afff, non, je n'ai pas envie de remuer le couteau dans la plaie, au cas où elle ne veut pas y penser.

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Vendredi, 19 avril 2019 - Beau, mais frais

Publié le par JaneDo

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Vendredi, 19 avril 2019 - Beau, mais frais

J'ai passé une superbe journée de repos total. A ma surprise, Tchoy a été bosser. Donc, j'étais toute seule à la maison. C'est super de savoir que j'étais seule. Mais, une petite angoisse me tarabuste toute la journée. Je me demande parfois si je suis normale de tellement aimer être seule comme ça.

Affalée sur mon canapé, j'ai continué la lecture du livre que j'ai commencé hier; "I Am No One" de Patrick Flanery. J'aime bien, un peu trop de description par moment, mais l'histoire est passionnante. Je voulais faire une petite sieste dans l'après-midi, mais, le livre m'a retenue.

Pascal m'a appelée vers les minuit. Arhhh, ça m'a fait tellement plaisir. Il avait juste envie d'entendre ma voix. D'après le bruit, il devait être dans la rue. Probablement en route pour son appart. Il semblait en forme mon petit homme. Je l'adore. D'entendre sa voix m'a fait le plus grand bien.

Et j'ai manqué de courage pour lui parler de mes problèmes. L'excuse que je me suis trouvée; pas gâché ce petit plaisir. Maintenant, je crevais d'envie de le rappeler, aussi pour entendre sa voix. Faut que j'arrête ça. Rien ne va s'arranger si je continue à faire l'autruche.

En tous cas, tous les jours, à chaque nouvelle emmerde, je me rappelle de ce que je devrais faire. Je n'arrive même plus à dormir. Trop angoissée!

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Vendr, 12 avril 2019 - Elle s'appelait Rosemarie

Publié le par JaneDo

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Vendr, 12 avril 2019 - Elle s'appelait Rosemarie

(Ah non... je viens de flinguer tout ce que j'ai écris! Mauvaise manip... arhhh je suis verte!)

Récupéré mon neveu, hier soir, pour l'amener en France chez mon frère. On avait rendez-vous avec mon frangin et Nat chez son frère. La famille du papa était arrivé de Suisse Allemande et du Tessin. La femme du frère à Nat avait fait à manger pour toute la famille, avant de les raccompagner à l'hôtel.

C'est l'enterrement demain, donc, j'ai dormi chez mon frère.

Je suis toujours épatée que les gens, en l’occurrence ici, la famille, arrivent à trouver à rigoler et faire la fête. Moi, même si j'étais moins proche, je n'arrive pas. Mon esprit voyage jusqu'à la morgue et je l'imagine là-bas, toute seule, au froid... sans vie. Ça me rend triste.

On avait une longue journée aujourd'hui. L'enterrement avait lieu à 10h ce matin. Je l'avais toujours appelée Mamie, comme Nat sa fille. Je ne savais pas qu'elle s'appelait Rosemarie.

Toute la famille de Rosemarie et de son mari avait rendez-vous à la Chapelle à 9h pour la fermeture du cercueil. La famille de Rosemarie, son frère et ses 3 sœurs, tenaient à la voir une dernière fois. Nat a tenu à prendre son fils de 5ans, je ne trouvais pas que c'était une bonne idée, mais bon. Le fils à mon frère, Junior, ne tenait pas à la voir. Dans un cercueil. Il voulait se souvenir d'elle en vie.

Mon neveu ainsi que son demi-cousin, le frère de Nat et mon frère portaient le cercueil.

Il paraît que Rosemarie était une pointure au CERN avant son accident de cheval. J'ai dû faire appel à tous mes souvenirs d'école pour communiquer avec toutes les familles Suisse Allemande. La petite sœur de Rosemarie lui ressemble comme 2 gouttes d'eau. Elles auraient pu passer pour des jumelles. Ça m'a fait un pincement au cœur en la voyant. Sa grande sœur a beaucoup pleuré. Elles avaient déjà perdu une sœur l'année passée.

La cérémonie à l'église m'a positivement agacée.

Toutes ces conneries de "Dieu nous a créé", alors que c'est l’œuvre de nos parents, et "Dieu l'a rappelée à lui", m'énervent. Tous ces chants de glorifications d'un Dieu qui n'existe pas m'agace. Toutes les pratiques qui tendent à prendre les gens pour des cons, et réduire la volonté de certains en esclavage me tendent les golfes.

Voilà, je suis rentrée... Ce matin, mon père m'a appelée parce qu'il avait les yeux tout enflé. J'ai dû secouer les puces à mes frangines pour qu'elles se bougent le cul pour une fois et pas toujours se reposer sur moi. Non mais! J'étais en France, donc je ne pouvais rien faire de toute façon. J'ai vu que le maçon qui refait ma terrasse au-dessus du garage a pété la poignée de la porte de mon garage. Grrrh. Et flûte, j'ai oublié mon Mac chez mon frère...

Argh, je dois attendre dimanche pour le récupérer. Pas la force de refaire 1h30 de route pour aller le chercher. Donc, j'utilise un ordi Windows ce soir. Pas top.

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Lundi, 8 avril 2019 - Hécatombe

Publié le par JaneDo

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Lundi, 8 avril 2019 - Hécatombe
Par JaneDo dans 2019 - Mars le 8 Avril 2019 à 23:50

Horrible week-end pour certains!!! Une horrible hécatombe ce week-end; Nat, la femme à mon frère a perdu sa maman dans la nuit de vendredi à samedi. Et Carole, la copine à Dave, l'un de mes neveux a aussi perdu sa maman dimanche. J'ai appris ça ce matin, coup sur coup. Elles ont toutes les 2 perdus leurs mamans...

Il y a même pas un mois, j'avais vu la mom à Nat, et maintenant, elle est morte... Morte? Quel mot sordide finalement. Même si elles étaient toutes les 2 malades depuis des années, c'est quand même l'horreur de perdre sa maman. Pourquoi essaie-t-on de les garder à tous prix? Ce devrait être un soulagement de savoir que c'est mieux pour elles, non? Et pourtant non, on ne veut pas les voir nous quitter... même si elles n'étaient plus tout à fait là...

La mom à Nat avait eu un accident de cheval qui avait failli la tuer. Depuis, elle était lourdement handicapée. Elle ne pouvait plus parler correctement, mais seulement en faisant des sons, ou des non, oui, quelques mots décousus par-ci par-là. Même son visage montrait les signes de sa tragédie.

La mon à Carole était alitée depuis au moins 3 ans, et son état empirait. Sa maman avait ce qu'on appelle une maladie orpheline, des problèmes d'os. Elle ne pouvait plus marcher, ni utiliser ses mains, bref, un état végétatif. Si ça ne suffisait pas, il a fallut qu'elle ait aussi la maladie de l’Alzheimer, et ne reconnaissait même plus ses 2 enfants depuis presque 1an.

Elle est morte dans sa clinique privée, et maintenant, sa fille se culpabilise de n'avoir pas été la voir ce week-end...

Samedi, mon frère, sa femme et son fils, sont passés chercher la mom à Nat pour l'emmener faire quelques courses, vu que son papa était parti en Espagne pour quelques jours de vacances. Elle était seule à la maison. Ils ont frappés, appelés, mais comme ça ne répondait pas, ils ont pensés qu'elle était peut-être tombée et était peut-être blessée. Alors mon frère a enfoncé la porte.

Et elle était là, parterre, dans l'entrée. Toute crispée. Il a voulu empêcher Nat de voir sa maman comme ça, mais trop tard. Elle s'est mise à hurlé. Nat a essayé de la secouer pour qu'elle se réveille... mais c'était sans doute trop tard. Mon frère dit qu'il n'oubliera jamais la vue de son visage. De son expression. Mon frère était assez choqué. Nat m'a dit ce soir, qu'elle aussi, dès qu'elle ferme les yeux, c'est ce visage qu'elle voit.

Je suis tellement triste pour elles...

Quelqu'un m'a dit un jour, qu'aux enterrement, même si on ne connait pas la personne, on pleure... On pleure tous ceux qu'on a aimé et qui sont partis parfois trop tôt. On se remémore la peine et le chagrin qu'on avait éprouvé. Même si on avait fini par croire qu'on avait oublié. On a pas oublié, et on les pleure encore. Cette personne avait raison, parce que j'ai pleuré, et je sais que je pleurais ma mom, gran'ma, mon autre frère, mon neveu de 4 mois...

Ils me manquent tellement. Je me souviens de leurs sourires, de leurs présences... Oui, je les pleure encore et je me souviens. La douleur reste aussi forte, ancrée, aussi profonde qu'alors... Ils ne sont plus là. Ne le seront plus jamais...

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Mercredi 27 mars 2019 - Impasse

Publié le par JaneDo

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Mercredi, 27 mars 2019 - Impasse

J'ai su par Caro qu'ils s'étaient vu pour clore le chapitre avec elle. Elle a passé ces derniers jours à la maison. En congé maladie. Elle a beaucoup pleuré elle aussi. J'imagine que Pascal avait dû en faire autant avec cette connasse d'Olivia?? J'espère pour lui !

Tout de même, je suis déjà moins enchantée que je l'étais après l'appel de Pascal pour me dire d'oublier ce qu'il m'avait dit avant de quitter l'hôtel pour aller manger avant son départ.

Je n'avais pas tout de suite fait la connexion. Une panne mentale sans doute. Mais, je nage à nouveau dans les emmerdes de toutes sortes. Je n'en dors plus. Avant, ma famille avait été ciblée.

De mon côté, j'avais eu quelques déboires, mais pas autant que ma famille. Maintenant, à peine Pascal parti, en janvier, c'est une pluie d'emmerdes qui se suivent; poursuites, plaintes, etc. Ça n'arrête pas. Même des problèmes avec mon travail.

Je crois que c'est à cause du boulot que j'ai eu le déclic.

Sur le moment, je n'ai pas vraiment saisi; le patron m'avait appelé dans son bureau pour me dire qu'en fait, suite à une nécessité de restructuration, ils allaient de moins en moins travailler avec des artistes comme moi, que désormais, et qu'à partir de fin janvier, ils ne feraient plus appels à mes services. Choc.

Sacré coup dur! J'allais faire comment pour payer mon loyer et mes factures???

A l'annonce de cette catastrophe, j'avais pourtant gardé le sourire et remercier (tssshhh) pour m'avoir fait confiance jusque là et que j'avais eu beaucoup de plaisir à travailler librement pour eux. Mes méninges devaient être en panne, parce que je n'avais pas tilté.

C'est seulement dans la voiture en rentrant, le ventre noué, à réfléchir ce que je devais faire, que j'ai repensé à ce que Pascal m'avait dit, quant on avait enfin discuté, après qu'il m'ait larguée comme une vieille chaussette à Gstaad devant toute la clique. Pascal m'avait pourtant dit que son père avait le bras long, mais je n'avais pas vraiment capté je crois.

Là, je commençais clairement à capter. Surtout, je ressentais en place VIP ce que ma famille avait dû subir. J'enrageais. Et aussi complètement abattue...

J'avais été folle de joie que Pascal ne pensait pas un mot des horreurs qu'il m'avait dite, folle de joie qu'il ait eu la présence d'esprit de se rattraper devant presque les mêmes gens devant qui il m'avait humiliée... et j'avais oublié, ça ne m'avait même pas traversé l'esprit que son père finirait par le savoir. Ça avait l'air en fait théorique, je ne mesurais pas réellement les implications.

C'était mi-janvier quant j'ai été remerciée par l'Agence pour laquelle je travaillais.

J'ai aussitôt, malgré le moral à ras les pâquerettes, contacté d'autres agences. J'ai été reçu par 2 agences qui semblaient intéressées, pourtant, j'ai vite été mise à l'écart. Cette fois, j'étais la cible principale, ma famille secondaire.

Ils étaient dans la merde, mais cette fois, je sentais l'odeur de plus près. J'étais en 1ère ligne.

Désespérée, je me suis rendue compte que... même si je l'aimais, même si je crevais d'envie de le voir, que je voulais continuer à faire partie de sa vie... je ne pouvais pas détruire ma vie, ni foutre en l'air la vie de ma famille pour un homme! La réalisation de ce fait me foutais carrément la déprime. J'étais nouée et la tristesse m'a submergée comme une seconde peau épaisse et lourde.

J'ai même pensé que j'aimerai tellement que Pascal envoi chier son père et quitte la société pour revenir en Suisse. Puis, j'ai réalisé que lui non plus ne trouverait certainement pas de boulot ailleurs, tant qu'il n'obéirait pas à son père. Tant que je continuerai à le voir, je serais dans une merde financière noire.

Son père avait l'argent et le pouvoir de nous écraser. Non, nous écrabouiller.

Le mois de février, je me suis battue, j'ai cherché, je me suis démenée. J'ai même tenté d'envoyer des idées pour des projets dont j'avais eu vent, sous un autre nom. Mais, dès l'instant où j'ai été obligée de donner mon nom...

On refusait mes croquis. Partout, on refusait de travailler avec moi! C'était pareil sur Lausanne et Genève. En Suisse, dans le canton de Vaud, il n'existe pas des masses de sociétés dans mon domaine.

En mars, toujours au bout du rouleau, j'avais réussi à continuer à faire bonne figure. Mes économies ont fondus comme neige au soleil. Fin mars, je n'avais plus un rond. J'ai dû terminer le mois en comptant chaque centime.

Je n'étais pas sûre si je devais ou non en parler à Pascal.

Je pensais encore pouvoir m'en sortir, mais là, je suis carrément au fond du gouffre sans solutions. Je répugnais à en parler à Pascal, je n'aime pas pleurer dans le gilet de qui que ce soit. Mais là, je crois que je vais être obligée. Je dois arrêter de le voir... Arrêter complètement... Ça me déprime. Et je n'ai pas le courage de le faire.

Je n'ai jamais pensé un jour être obligée de sérieusement rompre avec Pascal. Rien que d'y penser, j'ai la boule à l'estomac. J'ai toujours pensé que ça viendrait de lui. Que je le laisserait prendre l'initiative. Je n'ai jamais aimé faire cette démarche, je n'ai jamais voulu avoir le mauvais rôle. Je me sens désespérée de devoir me séparer de lui. Son père à finalement gagné! Jess aussi!

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Dimanche, 31 mars 2019 - Anniversaire Papa

Nous, les 3 filles, on avait décidé d'inviter notre papa au restaurant pour son anniversaire. Hélas, le frangin, habitant en France, n'est pas là. Dommage. C'était sympa. On a été chez un copain qui a ouvert un restaurant sur les hauteurs de Moudon. Il nous a fait tout un spectacle.

Alain nous a fait rire, il n'imaginait pas que notre papa était blanc. Étant donné que dans les films, les parents sont un noir, un blanc, mais le gamin est tout noir. Ou un blanc et l'autre métisse, et le gamin est encore tout noir. Alors, il pensait que nos 2 parents étaient café au lait comme nous. Drôle.

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Ciel, je ne pensais pas que ça prenait tellement de ligne pour raconter des choses banales de la vie de tous les jours! Je devrais peut-être résumer beaucoup plus un peu tout ça.
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Mardi, 26 Mars 2019 - Je revis!

Publié le par JaneDo

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Mardi, 26 Mars 2019 - Je revis!

Mardi, Crevée, mais pas encore atterri depuis l'appel de Pascal. Il tenait toujours à moi, alors j'étais heureuse. Je sais bien que parfois il fait des trucs qui peuvent sembler impardonnable, mais je l'adore.

Dire que j'étais au fond du bac dimanche soir. J'avais cru que mon cœur ne battrait plus. J'avais tellement mal que respirer était difficile. J'avais été vidée, et pensais que ma vie était finie. Je ne pensais pas que je m'en remettrais et que je pourrais jamais oublier Pascal. La douleur était horriblement difficile à supporter.

Mais, ça m'avait donné une bonne leçon... je crois que je devrais me détacher de lui. Je n'aime pas être aussi dépendante. Et j'espère que ce n'est pas seulement une pensée furtive. La peur que cela se reproduise, me donnait l'envie de chercher à vivre autrement.

Qu'est-ce que je ferais s'il rencontre quelqu'un d'autre, ou s'il ne revient pas. On savait que la distance risquait d'être fatal à notre couple. J'avais pensé qu'on réussirait à maintenir le lien. Mais Pascal ne donne pas beaucoup de nouvelles.

Si Pascal me laisse trop longtemps sans m'appeler, je deviens hystérique et commence à imaginer le pire. C'était très difficile à vivre.

Je crois qu'il ne se rend pas compte de ce que j'endure. Pendant ce temps, il s'amuse avec ses amis, passe du bon temps avec sa femme, et moi je m'enlise, je sèche.

Hum... peut-être pas tout de suite, mais après son prochain coup de fils, je le laisserais appeler sans répondre. Je serais super adorable et ensuite, niet, nada, je le laisserais sans nouvelles, voir comment il réagirait. Ou peut-être que je ne devrais pas? S'il s'en fiche? Et si il le prenait plutôt bien, ça m'énerverait grave. Puis si à cause de ça, il se laisse séduire par une autre?

Wahhh... je sais plus... mais j'ai drôlement envie de lui faire "goûter à mon gâteau" et qu'il désespère de ne pas avoir de mes nouvelles. J'aimerai bien qu'il s'imagine le pire et se fasse des films comme moi!

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Lundi, 25 mars 2019 - (2) Oublie ce que j'ai dit...

Publié le par JaneDo

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Lundi, 25 mars 2019 - (2)  Oublie ce que j'ai dit...

J'ai pleuré en silence jusqu'à ce que je tombe dans un sommeil comateux. Le matin, j'avais les yeux de poissons frits et la tête dans le shlass. Pas de chance, je n'avais plus de "Coveram" pour ma pression, mais trop la flegme pour courir jusqu'à la pharmacie à 2mn d'ici.

Le lundi matin, je n'étais plus qu'un zombie, j'ai quand même trouvé la force de me faire à manger. J'ai mis mon natel sur sonnerie discrète. Rien que la sonnerie m'aurait fait exploser la tête. Je le baladais pourtant partout avec moi. Pourtant, je n'avais pas vraiment l'intention de répondre aux appels de qui que ce soit.


Les choses ont changés vers midi. Je suis sortie de mon état léthargique, et repris du poil de la bête. Vivante à nouveau.

Je ne connaissais pas le numéro, mais l'indicatif oui. C'était Londres. C'est un peu désespérant à dire, mais j'ai carrément plongé sur mon natel. Avant même de dire bonjour ou quoi que ce soit, il a dit; "Oublie tout ce que je t'ai dis avant qu'on quitte l'hôtel hier soir. Oublie".

J'étais trop surprise pour dire quoi que ce soit. Pascal s'est encore perdu dans les "...je sais que je n'aurais pas dû appeler, hahhh". Il n'avait pas réussi à fermer l’œil de la nuit.

Hun hun, moi pas trop non plus. Il n'avait pensé qu'à ça. Il ne voulait pas me demander de l'attendre, mais il le faisait quand même. Il ne voulait pas me faire croire qu'il était d'accord de fermer la porte sur nous. Au cas où je pensais la même chose. Mais, au cas où, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui, et il ne m'en voudra pas.

Juste après avoir dit ça, il a dit; "puis non, je serais complètement dévasté. Clair que je t'en voudrais, même si je sais que je n'en ai pas le droit". Il était adorable. Il ne pouvait pas deviner qu'il me redonnait la vie!

Il avait parlé à toute vitesse, comme s'il avait peur que je l'interrompt. Après avoir débité ce qu'il pensait, avec en plus une tonne de contradictions, il a expiré, avant de dire; "Voilà... Comme ça, tu sais ce que je pense. Je suis sûr que tu dois penser que je suis un monstre d'égoïsme. Alors d'accord, je suis égoïste".


Non, je ne pensais pas qu'il était égoïste. Je le lui ai dis. Je me suis enfin laissé aller et je lui ai dis que j'avais beaucoup pleuré. Que je n'arrivais pas à comprendre. Je lui ai dis ce que j'avais sur le cœur. Et que, malgré ce qu'il a imaginé, il m'avait soulagée. Je croyais que j'allais finir par me flétrir dans un coin de mon appartement. Que je m'étais demandé comment j'allais vivre sans lui.

C'est vrai qu'on ne s'était pas beaucoup vu depuis qu'il était au US, mais il y avait l'espoir, espoir qu'il avait écrabouillé hier soir. Que jusque là, j'avais été un zombie, complètement démotivée.

Quelqu'un est passé lui dire que Monsieur Davies l'attendait dans la salle de conférence.

Pascal devait retourner bosser ou en réunion, je ne sais pas, mais on était drôlement soulagé, l'un comme l'autre. Pascal a dit que, me connaissant, plus il aurait attendu pour me parler, me dire ce qu'il pensait vraiment, j'aurai commencé à construire un mûr. Un mûr qu'il n'aurait peut-être pas réussi à escalader ou casser.

Hum, c'est vrai que je suis comme ça. J'ai beaucoup de difficulté à pardonner une fois que j'ai fais mon mûr. En général, je me fais les questions et réponses. Puisque l'autre n'est pas là pour répondre, je réponds ce que je veux, à sa place.

Plus le temps passe, plus je m'éloigne de la personne qui est devenu mon pire ennemi. Quelqu'un qui m'a fait du mal parce qu'il l'a voulu. Et tout ce temps où je me suis fait mal toute seule, je le fais payer double ou triple. Et ça, c'est si j'en viens à pardonner.

Le reste de ma journée a été plus douce. J'ai enfin pu me remettre au travail. Avec quelques pauses dans la lune à rêves. C'était pour ça que je l'aimais, il me connait plutôt bien. Il ne m'a pas laissé mourir à petits feux jusqu'à perpète avant de m'appeler. Ou à me laisser plusieurs jours pour digérer qu'il ne m'aimait plus.

Je n'arrivais pas à croire que j'étais sortie de ce cauchemar... Merci Pascal. Pour ça, je t'aimerai jusqu'à la fin des temps. T'es trop chou. Chou avec moi en tous cas. Pascal ne pouvait pas m'appeler depuis l'aéroport, sa femme avait séquestré son natel... mais, qu'importe, je suis aux anges.

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Lundi, 25 mars 2019 - (1) Les larmes ne suffisent pas

Publié le par JaneDo

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Lundi, 25 mars 2019 - (1) Les larmes ne suffisent pas

Hier soir, Pascal est parti en me laissant le cœur plombé, plantée devant le restaurant où on avait eu notre dernier repas. Je ne vais pas mentir, c'était dur de le voir partir.

Tellement mal que j'avais même complètement occulté que j'étais plantée sur le trottoir et que ceux qui passaient, ou ceux du restaurant, pouvait me voir, là, debout, en train de pleurer comme une dinde. Au milieu de mes larmes, j'ai souri dépitée en pensant que c'était donc pour ça qu'il voulait m'inviter à passer le week-end avec lui à Londres??

Lamentable. Je préférais avoir les pieds sur le sol de mon pays plutôt qu'à l'étranger. J'aurai fait le voyage du retour en pleurnichant sur mon sort. Quelle horreur.

J'avais pensé qu'il était impatient de me voir, qu'il m'aimait toujours. J'y avais cru. Quelle désillusion! Le chauffeur de la voiture qui devait me ramener est venu confirmer mon identité et a ouvert la porte du véhicule.

Mon Dieu, c'était une Rolls!!! C'est la 1ère fois que j'en voyais une de si près. Fierté oblige, j'ai failli l'envoyer balader pour rentrer par mes propres moyens. Mais, ç’aurait été carrément stupide.

Alors j'ai pris place. Je me sentais toute petite. J'étais curieuse, mais j'avais toujours mal au cœur et je retenais avec peine mes larmes. Dès qu'il a fermé la vitre qui me séparait de l'avant, je me suis laissée aller, le plus silencieusement possible. Je suis sûre qu'il pouvait m'entendre s'il voulait.

Curieuse, parce que c'était la 1ère fois que je posais mon honorable postérieur dans une Rolls. Je crois que j'étais encore plus triste d'être assise là sans Pascal. J'avais l'impression que c'était comme s'il me laissait un dernier souvenir, ou un prix de consolation.

Mais j'avoue que la curiosité prenait le dessus et des tas de choses me passaient par la tête. La tête fonctionne beaucoup plus vite que la conscience, alors ça donnait un peu ça;

Ouahhh, alors c'est ça une Rolls! Diantre, c'est donc comme ça que ces gens là aiment se faire plaisir? Dire que je ne le verrais plus, je n'arrive pas à le croire. J'ai vraiment trop mal. Ciel, ça c'est vraiment du luxe. Comment est-ce qu'il  pu me faire ça? Est-ce que Jess l'avait obligé à mettre le holà?

Ça y est, je lui trouve encore des excuses. Purée, du Champagne? Je déteste le Champagne, mais je devais peut-être m'en offrir un coupe pour le trip! J'aurai dû lui demander de l'accompagner à l'aéroport, comme ça on aurait passé encore 1h ensemble. Pfff, pourquoi faire? Il m'avait carrément larguée, et j'allais le suivre encore à l'aéroport? Pfff, manquait plus que ça!

Bref, les larmes avaient fini par se tarir, mais ma tête était en pleine effervescence. C'est ce que j'appelle; se chier dans la tête ou se masturber le cerveau. J'imagine que je cherchais des raisons de le bannir, de le détester.

Puis, le chauffeur a ouvert la séparation pour me dire qu'il y avait un appel pour moi. Ha! C'était carrément comme Dallas ou The Bolt and The Beautiful (Top Model), j'allais me servir même du téléphone. Intérieurement, ça m'a fait rigoler; je jouais à la richto!! Diantre.

Je crois que quelque part, je savais que ce ne pouvait être que Pascal. Et c'était le cas. Ça m'a fait drôle. Triste? Contente? Tout se mélangeait. Que pouvait-il bien avoir encore à me dire? "Si tu l'as pas bien compris, je t'ai largué?" Pas besoin, j'avais eu le message 5 sur 5.

Mais, je pense que j'étais contente de l'entendre quand même. Tout ça se passait dans ma tête alors que je levais l'appareil téléphonique à ma disposition à l'arrière. Par discrétion, ou peut-être parce que c'était l'habitude, le chauffeur a refermé la vitre qui nous séparait.

Je pouvais entendre de l'embarras dans sa voix, et aussi une certaine urgence. Pascal disait qu'il savait qu'il n'aurait pas dû m'appeler, mais il avait envi de m'entendre. Qu'il aurait voulu me demander de l'accompagner à l'aéroport, mais il n'avait pas osé après ce qu'il m'avait dit.

  • Ça va toi? C'était un peu raide de se séparer comme ça je trouve...


 Il me demandait si j'allais bien? Franchement là? J'ai prétendu que oui. Plutôt mourir qu'il sache la vérité. Il m'a fait remarquer qu'il utilisait souvent ma manière de m'exprimer; "c'est un peu raide", ça c'était du Jane. Je ne sais pas si c'était drôle ou s'il fallait rigoler, alors je suis restée muette.

  • Moi, pas trop...


 Il y a eu un silence, que je n'ai pas interrompu,. Je n'aurai pas su quoi dire et j'étais à un doigt de me remettre à pleurer. Et je ne voulais pas me mettre à pleurnicher au téléphone.

  • Tu me manques déjà... Gros soupir. Tu me manques tellement...


 Les larmes ont à nouveau piquer mes yeux. Il me manquait aussi. Je ne voulais pas le lui dire et pourtant, je me suis entendu le faire des larmes pleins la voix. Je me suis rendue compte que lui aussi. Ou est-ce que je prenais mes rêves pour la réalité?

On avait des difficultés à se parler. Beaucoup de silence. Je crois la peur jouait un gros rôle là-dedans. Peut-être aussi, parce qu'on ne pouvait pas se dire certaines choses. Il a répété à plusieurs reprises qu'il n'aurait pas dû appeler. Il espérait que je ne lui en voulais pas trop, mais cela faisant plus de 10 ans qu'on était ensemble, alors ce n'était pas facile.

C'était vrai, j'avais beaucoup pleuré, mais les évènements autour de moi m'avait distrait pour un temps. Mais ça, je n'allais pas le lui dire. Je ne voulais pas qu'il sache que j'avais pleuré. Que dalle. J'étais une femme forte.

Pascal essayait de se convaincre de ne plus m'appeler (it's not fair), ce n'était pas juste. Pfff, je lui ai dis qu'il pouvait m'appeler quant il voulait, ça me ferait plaisir au contraire.

Quant les mots sont sortis de ma bouche, j'ai regretté aussi sec. Je ne crois pas que j'apprécierai qu'il continue à jouer avec moi comme ça; Un coup; je te veux, un coup; je te veux plus! Parce que je ne pourrais pas tourner la page et aller de l'avant. Hiiiihhh, mais c'était dit. Argh, j'aurai dû me mordre la langue. Heureusement, il insistait que ce ne serait pas correct. Qu'il ne le ferait pas.

Dans ma tête, je me suis dis qu'il n'avait juste pas envi de m'appeler et que lui aussi, ça avait dû lui échapper, alors maintenant, il essayait de se sortir de ce mauvais pas. Alors, je n'ai pas insisté.

Pascal était arrivé à l'aéroport, et devait cette fois raccrocher. Il ne pouvait pas prendre le téléphone de la voiture dans l'aéroport, ni dans l'avion. Le cœur serré, je savais que c'était nos derniers mots. J'avais à nouveau le cœur lourd. C'était atroce d'imaginer que je n'entendrais plus sa voix. J'aime tellement l'entendre. Et ses yeux verts... Ses yeux verts ne se poseront plus sur moi... mais sur quelqu'un d'autre... Argh...

J'entendais le chauffeur le presser. Il avait déjà sorti son bagage et il devait y aller. Les 2 minutes suivantes on a écouté nos silences et laissé échapper quelques mots de regrets. Il a été tellement chou. Il osait me dire que je lui manquais, qu'il n'avait pas envi de partir. Qu'il aurait voulu que le week-end soit plus long. Qu'il aurait voulu que je sois avec lui. Si j'avais été à Londres, on aurait pu passer encore la soirée ensemble et il aurait repoussé son départ de lundi pour passer encore la soirée avec moi.

Peut-être que je suis négative, mais j'ai pensé que ce n'était que des mots tout ça. Le fait est que je n'étais pas à Londres, que j'étais en route pour la maison, que dans quelques secondes, j'allais juste entendre le long biiiiip à l'autre bout quant il raccrochera.

Pourtant, je me suis dit que j'avais tellement de chose à lui dire encore, mais que c'était trop tard. J'aurai dû être plus adorable, plus ouverte. Peut-être insister qu'il me rappelle. Qu'il m'appelle quant il veut. Pascal devait y aller, encore 30 longues secondes où on est resté à espérer Dieu sait quoi, et il a dû raccrocher.

Les larmes ont bondis tout seul. J'ai écouté longtemps le biiiiiiiiip avant d'avoir le courage de raccrocher l'appareil. Mon cœur me faisait mal. Super mal. J'utilisais la respiration contrôlée des femmes sur le point d'accoucher pour essayer de diffuser la douleur. En tous cas, ça a toujours marché pour moi. Bon, je craquais entre 2, mais en arrivant chez moi, c'était fini, je ne pleurais plus.

Les 3 jours prochains, si j'arrive à être seule, je pleurerais de tout mon saoul, je pleurerais jusqu'à tomber dans les bras de Morphée, et après ça, je serais toute neuve. Je tournerais la page. Je sais bien qu'il y aura des moments où je penserais à lui, ou je flancherais, mais ça ne se verra pas. Petit à petit, je sortirais de ma bulle et je recommencerais à vivre.

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Dimanche, 24 Mars 2019 - Ne m'attends pas ?

Publié le par JaneDo

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Dimanche, 24 Mars 2019 - Ne m'attends pas ?

On a passé presque toute la journée entre les draps et en robes de chambre. J'ai décliné sa demande de prendre un bain avec lui. Ça va pas! Miss Banale et Adonis dans la même baignoire! Bon, je sais, il aime les petites rondes comme moi, mais moi je ne m'aime pas trop ces temps. J'avais perdu mes rondeurs, je travaillais pourtant à les regagner. Surtout, j'avais fini par attaquer mes jambes au rasoir, alors ma peau était légèrement irritée.


J'ai mal au cœur. Je l'aime tellement. Tout ce que je veux, c'est lui.

Mon état empirait tellement que je ne pouvais pas me contrôler. Je le couvais des yeux. Buvais ses paroles. Je me sentais fondre quant il souriait.

J'essayais de tout enregistrer quelque part dans mon cœur et dans ma tête. Lamentable. Je restais collée à lui comme une maladie. Je me lovais dans ses bras.

Ça faisait tellement longtemps que je ne l'avais pas vu, alors je pense que, je voulais, j'avais besoin de m'en mettre plein les yeux.

On a essayé d'éviter soigneusement d'aborder les sujets qui fâchent, ou qui amènent à des questions et ensuite aux doutes. Mais soyons sérieux, c'était plutôt difficile.

On a déjeuner en admirant la vue sur le beau lac Léman, nos deux fauteuils collés l'un à l'autre. Je ne pouvais m'empêcher de le bouffer des yeux dès que j'en avais l'occasion. Et toujours ce petit doute au fond de moi; pourquoi moi? pourquoi est-ce qu'il me fait croire qu'il m'aime? Est-ce possible que quelqu'un m'aime vraiment? Pourtant, ça fait longtemps que je ne me compare plus aux top models! Pourquoi est-il si tendre, si gentil avec moi?

J'avais une montagne de questions à lui poser... depuis le temps! Mais je n'arrivais à m'en rappeler aucune. Je voulais juste le regarder, juste profiter des quelques heures en sa compagnie.

Je lui ai fais la remarque qu'il ne m'appelait pratiquement jamais. Ça me faisait un peu de la peine. J'ai pas voulu appuyer sur le champignon et lui dire que ça me faisait grave chier et très très mal, sachant qu'il parlait souvent avec Caroline. Mais Pascal m'a fait remarqué que Caroline l'appelait, contrairement à moi. Je ne l'appelais quasi jamais.

Hum, je lui ai rappelé que je l'avais appelé mercredi en début de soirée, il avait dit qu'il me rappelait le lendemain et niet. On s'est expliqué. En fait, il n'avait pas eu le temps de me rappeler avant son départ pour l'Angleterre. Jess n'avait pas voulu qu'il prenne son téléphone, alors il a dû utiliser les téléphones à sa disposition.

Pascal m'avait même appelée depuis sa chambre, sachant pourtant qu'il se pourrait bien que sa femme vérifie la liste de ses appels. Il m'avait aussi appelée pendant la pause de sa réunion. Bref, il avait essayé non-stop pour que je le rejoigne à Londres.

Puis, il m'a montré le billet qu'il avait pris à mon nom. Billet qui n'aura servit à rien. Je n'en revenais pas. J'avais beau avoir le billet dans les mains, je n'y croyais pas. J'étais atterrée. Ça m'a fait chaud au cœur tout de même, je l'avoue. Ou plutôt, mon cœur s'est gonflé d'amour, l'envie de pleurer, et la chair de poule en même temps.

Et moi qui me suis fait des films total destruction! J'avais pleuré, pesté, l'avait même détesté...


Pascal a vu les larmes menacer de couler le long de mes joues, alors il m'a prise dans ses bras en me disant de ne pas être triste, on avait quand même réussi à se trouver.

Pascal m'a parlé de sa vie là-bas. Il avait retrouvé des tas d'amis perdus de vues depuis qu'il s'était installé en Suisse. Qu'il était content de les revoir. Pourtant, la Suisse lui manquait pas mal. Évidemment, il m'a parlé de Jess. Ça n'allait pas si mal. Elle, en tous cas, était heureuse là-bas, et n'avait pas envie de revenir habiter en Suisse.

Pascal ne devait rester que 3 mois aux States, donc, fin mars, j'espérais le voir rentrer... J'avais compter les jours, mais Pascal ne disait rien qui allait dans ce sens, ça m'inquiétait.

D'ailleurs, il a sous-entendu qu'il ne savait pas s'il reviendrait en Suisse ou pas. Pendant qu'il me racontait sa vie New-yorkaise, parfois l'ombre de l'angoisse voilait mon regard et me tordait l'estomac. Je sentais bien qu'il était heureux là-bas. Alors pourquoi reviendrait-il ici?

Il a parlé de quelque chose que je savais mais que j'avais oublié; là-bas, les femmes font le premier pas sans complexe. Quant un homme leur plaît, elle lui fait porter un verre ou l'aborde sans autre. Les femmes anglophones sont plus directs, plus... C'est pareil en Angleterre.

J'aurai voulu lui demander si les femmes à son travail étaient toutes mariées avec enfants, et toutes moches. J'espérais qu'elles soient toutes laides. Inintéressantes. J'espérais qu'elles soient de vrais pétasses pour qu'il ne m'oublie pas. J'avais peur que son cœur s'envole ailleurs et que peu à peu, il finisse par m'oublier. Oublier même à quoi je ressemble.

Je ne sais pas s'il s'en rendait compte, ou si comme moi, il voyait approcher à grands pas le moment où on devra se séparer...

Il devait être... environs 16-17h... On avait fait l'amour et on traînait au lit, à se demander si on mangeait dans la chambre ou sortait. Il devait partir d'ici vers les 20h. Donc, il ne restait plus beaucoup de temps. Pascal avait la tête dans mon cou et me serrait fort. Ses lèvres glissaient de petits bisous le long de ma nuque. On est resté comme ça au moins 20 minutes.

Puis, il s'est extirpé de mes bras pour s'asseoir au bord du lit. Je crois que j'ai senti comme un courant froid. Mais évidemment, j'ai pensé que c'était ma peur de le voir partir. Pascal a décidé qu'on irait manger au bord du lac et qu'il partirait du restaurant directement pour l'aéroport.

Sans même se retourner pour me regarder en face, Pascal a lâché une bombe; il me demandait de vivre ma vie, qu'il n'avait pas le droit de me demander de l'attendre. Que je ne devais pas l'attendre. Je devais vivre comme je l'entendais.

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J'ai été tétanisée. Comme si de rien, Pascal a été prendre une douche avant de se changer. On a pas échangé un mot quant je l'ai remplacé sous la douche. J'aurai bien voulu dire que je réfléchissais à ce qu'il m'avait balancé dans la gueule. Mais non. Il ne se passait rien dans ma tête. J'étais, je crois, en état de choc. Je crois que mon cerveau était en mode pause ou avait cessé de fonctionner.

Tout ce que je faisais, c'était par automatisme. J'étais choquée. Je ne comprenais rien. De toute façon, je ne voulais pas faire de scène, ni poser de questions. Depuis la salle de bains, je l'ai entendu faire les arrangements avec son chauffeur.

C'était le plus triste repas de ma vie je crois. Je n'avais même pas faim. On se regardait, se souriait, mais n'avions rien à dire. J'avais le cœur lourd. Je voyais les minutes passer à la vitesse grand V. J'étais au bord des larmes. Malgré ce qu'il avait dit un peu plus tôt, je ne voulais pas le voir partir. J'étais mortifiée d'être celle qui devait le voir s'éloigner.

Il me fallait toute l'énergie du monde pour ne pas pleurer. Pour ne pas me jeter à ses pieds et le supplier de rester. De toute façon, il ne pouvait pas, il avait une réunion de boulot demain matin à 9h. Après ses 2 réunions du matin, il s'envolait pour New-York.

Donc, inutile de faire des choses qui ne servaient strictement à rien! Inutile d'agir de manière ridicule et demander quelque chose que je n'avais aucune chance d'obtenir!

Pascal n'avait pas manger non plus. Il avait seulement pousser la nourriture d'un coin à l'autre de son assiette. J'avais l'impression qu'il faisait des efforts pour sourire. Ou peut-être que je me la raconte encore. Il a attrapé mes mains au milieu de la table. Là, j'ai cru que c'était foutu et que j'allais me mettre à pleurer. Mais j'ai tenu le coup.

Avec un sourire triste, il m'a dit qu'il allait devoir partir. En me faisant un bisous dans la paume, il a dit que j'allais atrocement lui manquer. Mais, je crois que je savais que c'était du pipo. Ce devait être un gros mensonge, mais c'était bizarrement agréable à entendre.

Du coin de l’œil, j'ai vu la voiture se parquer devant l'entrée du Restaurant. Pascal a fait un signe de tête au chauffeur. Mon coeur battait à toute allure. La boule à l'estomac, je continuais à le fixer. Il allait disparaître de ma vue, je me sentais mal. J'aurai tant voulu qu'il reste que j'étais à deux doigts de faire un pacte avec le Diable. Ou avec Dieu. C'était à celui qui m'accordait mon vœux.

Pascal s'est levé et le charme a été rompu. Mon cœur a failli cesser de battre.

Cette fois, il n'y avait rien à faire. C'était foutu. Je crois bien avoir ironiquement fait la remarque à moi-même que, comme ni l'un ni l'autre n'existait, aucun ne pouvait m'accorder mon vœux. Forcément.


Je me suis forcée à sourire, comme si on allait se revoir le lendemain. Je l'ai accompagné dehors, on s'est embrassé encore une dernière fois et il a grimpé à l'arrière de la voiture. Le chauffeur a démarré aussitôt. J'imagine que c'était Pascal qui le lui a demandé.

Je suis restée je crois une bonne minute sur place, ne sachant quoi faire de moi. De toute façon, je n'aurais pas pu faire un pas, j'étais aveuglée par les larmes et mes jambes était scellés dans le béton du trottoir.

Maintenant, je pouvais me laisser aller, plus besoin de faire la brave; Pascal était parti. Il était loin. Dans 2h, il serait dans l'avion pour Londres. Je ne le reverrais plus. Afff, la douleur me brisait, commençait à s'étaler dans tout mon être. J'avais de la peine à respirer.

Comment pouvait-on avoir si mal pour quelque chose qui ne se voyait même pas!

Il n'avait pas dû m'aimer pour me faire un coup pareil. Je me suis sentie un peu mieux en me disant que, je ne pouvais pas non plus rester là à l'attendre. Il ne reviendrait pas. C'était pour le mieux. Mais, ce n'était qu'un millième de seconde, les larmes coulaient toujours et j'avais mal.

Pascal me manquait déjà. Comment vivre sans avoir l'espoir de le revoir. Jamais? Ce mot ne pouvait pas exister. Je ne pouvais pas exister sans lui. Je ne voulais pas vivre sans lui, ou sans l'espoir de l'apercevoir. Je me suis sentie malade.

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Sam, 23 Mars 2019 - La Tête à l'Envers

Publié le par JaneDo

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Sam, 23 Mars 2019 - La Tête à l'Envers

Argh, je me suis trompée! J'étais déjà fâchée avec Pascal, mais je me suis rendue compte après coup que c'était sans raison. Alors mea-culpa. Je m'enflamme un peu vite parfois!

Enragée de savoir que Pascal avait vu Caro et ne m'avait pas même appelée, j'avais décidé que même s'il essayait de me joindre, j'ignorerais ses appels. Il n'y avait personne chez moi pour le voir; mais je faisais la gueule. Je lui faisais la gueule. Folle de jalousie, mais aussi passablement emprisonnée par une angoisse qui grandissait à mesure que les heures passaient, alors j'ai enterré mon esprit dans le travail.

Aux environs de midi et demi, quant j'ai vu le nom de Caroline sur mon natel, j'ai regretté de ne pas l'avoir mis sous silence. C'est ce que j'ai fait. Heureusement par moment, on peut remercier le ciel, la nature fait que, la tête fonctionne quand même, même si on aimerait l'éteindre.

Caroline devait être avec Pascal à l'heure qu'il est, alors pourquoi m'appelait-elle? Bizarre. Je crois que quelque part, tout au fond des méandres de ma caboche, quelque chose me disait de répondre. S'ils étaient ensemble et qu'elle m'appelle, c'était sûrement parce qu'il le lui a demandé, non?

Puis, tout de suite, une horde de doutes sont venus perturber les 2 secondes et demi de soulagement et de joie; oui, mais... pourquoi lui avoir demandé de m'appeler, hein??

Ho, ho, si c'est pour me demander d'aller les rejoindre, alors il pourra aller se faire voir chez les Grecs! La colère recommençait à me monter au nez. Mon natel, sur discret, a recommencé à grésillé. Encore Caro.

Verte de colère contenu, j'ai décidé de répondre à ma copine...

Ah! Pattes coupées. C'était Pascal à l'autre bout du fil, pas Caroline. Mon cerveau bouillant s'est vidé d'un coup. Je ne savais plus ce que je voulais dire, ni ce que je devais faire. J'ai raccroché. Hhhhhhh, surprise, j'ai raccroché. J'y croyait pas. Nulle. Ça me laissait un moment pour me ressaisir. J'avais les joues en feu. Mon natel s'est remis à sonner.

  • Tu as raccroché?
  • Ah! Tu crois?
  • Peste. Tu aurais pu rappeler droit derrière. Enfin... Comment vas-tu?
  • Tu m'appelle avec le téléphone de Caro, pour me demander comment je vais?


Houhouhou, c'était reparti, j'avais retrouvé ma stupidité et ma langue.

  • Non, tu as raison. Dis, tu réponds jamais à ton natel ! Ça fait 3 semaines que j'essaie de te joindre. Je t'ai appelé avant de partir pour Londres aussi. Et niet.
  • Ah bon... ça m'étonne...
  • Depuis mercredi, j'ai essayé plusieurs fois par jour, rien. Depuis le boulot, depuis l'hôtel. Je commençais à croire que tu avais changé de numéro.

Ha! Mon œil. Hum, il ne pouvait même pas penser que je ne voulais peut-être pas le voir, mais seulement que j'avais changé de numéro. Wahhh.

  • Bah, j'ai rien vu en tous cas...


Puis, je me suis souvenue de ces étranges appels de numéros que je ne connaissais pas. Se pourrait-il? Ahhh!

  • Oh! Ooooh... je crois... heum, c'était des numéros que je ne connaissais pas, alors je n'ai pas répondu. Je les ai même bloqué. Hu-hun (rire jaune).
  • Ben, ce n'était que moi. Je voulais te dire que j'étais à Londres, savoir si tu voulais venir me rejoindre, mais voilà... Alors, j'ai fait un crochet par la Suisse... Il a rigolé gêné... J'espérais te voir, mais comme tu ne répondais pas, j'ai bien cru que j'allais repartir sans...

Chique coupée, je ne savais pas quoi dire. Mon cerveau était en burn-out. Les pensées se chevauchaient en vrac avec les questions et les doutes. Pascal avait essayé à l'avance, espérant me convaincre de le rejoindre pour passer le week-end et peut-être le lundi avec lui à Londres. Mais, comme il n'avait jamais réussi à m'avoir au téléphone, il avait changé ses plans pour venir à Lausanne.

Bien sûr, il avait du coup vu quelques amis. Amis qu'il n'aurait pas eu l'occasion de voir s'il était resté à Londres. J'imagine qu'Olivia faisait partie de ce qu'il appelait "quelques amis". Ça me foutait en pétard. Il me disait être content d'avoir vu Caro, parce que du coup, il avait pu utiliser son natel pour m'avoir au bout du fils. Il commençait à désespérer.

Désespérer? Je pouvais difficilement y croire. Ou est-ce que je suis si compliquée? Quant je dois me méfier, je passe carrément à côté, quant on me tend la perche, je ne la vois pas.

Ce soir, il avait rendez-vous avec ses copains. Je notais au passage qu'il ne me proposait pas de le rejoindre!!! Il avait voulu savoir comment j'allais, si je faisais quelque chose ce week-end, si j'avais prévu de sortir... et avec qui. Bref, désenchantée, je voyais la conversation se terminer sans pour autant qu'il me propose un rendez-vous quelconque.

Puis au moment où j'allais effectivement raccrocher en lui disant que je devais y aller. Subterfuge pour ne pas fondre en larmes au téléphone. Ça, je pouvais me le réserver en privé. Pascal a presque crié ; "mais, attends... tu... tu ne veux pas qu'on se voit?". Tu? Moi? J'aurais voulu entendre "Je" ou "On", comme dans "on pourrait se voir un moment?".

Oh la la, je frise le code moi. Ça va pas dans ma tête. Je trouve toujours des raisons de baliser, au lieu d'être contente du peu qu'on m'offre, je jette. Je me suis calmée.

  • Si je veux? Attends, c'est ton voyage, je sais pas ce que t'as prévu. Je crois pas être une priorité. Si t'as des amis à voir, fait. Qui je suis moi...
  • Arrête ça! Est-ce qu'on peut se voir? J'aurai aimé passé le week-end avec toi, mais... comme c'est un peu à la der, je sais pas si tu as déjà quelque chose. Mais bon, je vois que tu n'en as pas envie.



Wahhh, j'ai fondu d'un coup. Une vraie chiffe molle. Je me suis encoublée dans mes mots et je me suis étalée comme une vraie serpillère.

Bien sûr, j'avais envie de le voir. Mais, je ne voulais pas être un boulet ou une corvée. Pascal m'a aussitôt rassurée, que s'il était venu jusqu'à Lausanne, c'était bien pour me voir et pas pour visiter la ville. Du moment qu'il était là, il était bien obligé de voir un peu tout le monde. C'est pour ça qu'il avait rendez-vous avec ses copains ce soir. Quant Thomas a su, il a tout de suite organisé une bastringue chez lui avec les potes.

Il avait presque failli se retrouver à devoir dormir chez Thomas!

Pascal pensait ne pas faire trop tard. Impatient de se retrouver en tête à tête. Peut-être que Thomas m'avait aussi invitée? Ben non. Alors Pascal m'a dit qu'il avertirait la réception du Royal (j'avais eu raison, il était bel et bien là-bas), et que je n'avais qu'à passer quant je voulais... si ça ne me gênait pas de l'attendre un peu. Ou, il pouvait toujours passer me chercher?

Ça ne me gênait pas du tout de l'attendre à l'hôtel . Bien au contraire.

Oh la la! Ce n'est qu'après avoir raccroché que je me suis rendue compte de la merde dans laquelle j'étais. Comme je n'avais pas de nouvelles, j'avais tout annulé; le rendez-vous avec ma coiffeuse, la podologue, et tout ça à la dernière minute.

Ça m'avait fait chier de courir toute la journée comme une dingue pour me faire une tête pour des prunes. J'étais dans le caca. Les cheveux à la Einstein le retour, et je pouvais sans complexe faire un concours de jambes, aisselles et bikini poilu avec Big Foot.

Arhhh. J'étais dans la merde. Je ne pouvais pas passer le samedi soir et dimanche avec Pascal sans risquer de passer à la casserole. Bon, pas le choix; donc rassoir. Pour les cheveux, arh, je devais faire mon brushing moi-même.

Tout ça allait me prendre plusieurs heures, donc ce n'était pas si mal que Pascal soit occupé.

Franchement, je n'aurais pas dû accepter de le voir ce soir. Surtout si je voulais qu'il essaie plus fort la prochaine fois. Déjà, Je n'aurai pas dû répondre à l'appel de Caro sachant qu'elle était en compagnie de Pascal. Tsss. Peut-être qu'inconsciemment, j'espérais qu'elle me le passe ou quelque chose. Certes, je ne m'attendais pas à l'avoir directement en ligne.

Pourquoi est-ce que j'aimais tellement cet homme jusqu'à en oublier ma fierté! Une vraie mollasse.

Mort de rire; pendant que je me préparais, Pascal a appelé pour être sûr que je n'avais pas changer d'avis, et juste pour m'entendre. Débarquer à l'hôtel, toute seule, ça fera un peu "Call Girl" non? Comme une vraie pimbêche, je n'ai pas pu m'empêcher de lui demander s'il cherchait à en être sûr parce qu'il avait une remplaçante au cas où. Futile et étalage ridicule de mon manque de confiance en moi.

Pascal ne me connaissait pas vraiment comme ça. J'étais trop nerveuse...

A l'hôtel, dans sa chambre, je me suis jetée sur son lit pour renifler son odeur. Hélas, je pense que les draps avaient été changés. Alors, comme un chien, j'ai reniflé le pull qu'il avait porté aujourd'hui, et qui était posé sur le dos du fauteuil au coin de la chambre. J'avais besoin de sentir sa présence.

Pascal ne doute vraiment de rien, je pourrais fouiller ses affaires de fond en comble. Mais, je ne l'ai pas fait. D'abord, parce qu'il aurait peut-être pu s'en rendre compte. Je n'avais pas pris d'affaires pour dormir ici. Cela aurait paru présomptueux de ma part. Je pense que je rentrerais dormir à la maison.

Je n'étais pas trop contente avec mes cheveux. Grrr. J'étais persuadée que je tiendrais bon et que je ne le laisserais pas me coucher. Mais, quant je l'ai vu passer la porte, toutes mes bonnes résolutions ont pris la fuite par les fenêtres.


Il a souri... et mon cœur a fondu.

Quant j'ai entendu la porte, je me suis levée précipitamment. En entrant, il s'est arrêté et a plongé ses magnifiques yeux verts au fond de mon âme. J'avais dû oublier à quel point cet homme m'attirait et me plaisait. Mais mon cœur, lui, n'avait pas dû oublier. Tout me revenait.

Pascal a jeté la clé sur la tablette près de la porte et a penché la tête. Mes pieds avaient été coulés dans une masse de béton. Je ne pouvais pas les bouger. Trop lourd. Pascal a enlevé sa veste et est venu me prendre dans ses bras. Son petit bisou dans mon cou m'a fait perdre pieds. Tout ce qui m'avait énervé, au point d'avoir envie de lui tordre le cou, tout le chagrin que j'avais éprouvé et toutes les larmes que j'avais versé, la colère aussi de savoir qu'il avait vu Caroline avant moi... oublié.

Je me suis agrippée à lui de toutes mes forces. J'étais si si contente de le voir. Mon cœur était en fête et battait si fort, que je risquais la crise cardiaque. Je suis sûre que ma tension avait aussi dû grimper de manière alarmante quant il m'a embrassée.

Quant il a essayé d'aller plus loin, je me suis rappelée que j'avais mis ma tenue de combat; slip de grand-mère, vieux soutien-gorge de sport. Hum, je ne pouvais pas le laisser voir ça. Au moins qu'il puisse repartir en ayant que des bons souvenirs et belles images de moi. Et pas de ma tenue anti-viol.

Non non et non. On s'en tiendra aux baisers.

Ciel que c'était dur... Je fondais dans ses bras et je devais faire de gros efforts pour m'en extirper. La vérité, c'est que j'avais envie de lui. Et comment. Mais je manquais totalement de confiance en moi. Je ne voulais pas n'être qu'un bouche-trou d'un petit voyage d'affaires à l'étranger. De plus, Pascal repartait pour Londres dimanche soir, il avait un meeting lundi matin et repartait pour les États-Unis le jour même.

Je dois dire qu'on a beaucoup parlé...

J'ai honte, mais finalement, j'ai dormi à l'hôtel avec lui. Avant, j'ai dû faire un aller-retour chez moi pour me changer, surtout me débarrasser de ma tenue anti-viol, et prendre les affaires que j'avais préparé au cas où. Avant, je suis vite rentrée pour aller chercher les affaires que j'avais déjà préparé à l'avance. J'aurais dû prendre mes affaires et les laisser dans la voiture, ça m'aurait évité le déplacement.

De retour au Savoy, Pascal semblait dormir tout habillé, couché sur la couverture.

Je pense qu'il avait dû s'endormir peu après mon départ. Après avoir posé mes affaires, je me suis couchée sur lui et posé ma tête sur son torse. Ses bras se sont refermés autour de moi et je me suis laissée entraînée par la passion. Parce que je l'aimais avec passion, une passion dévastatrice qui emporte tout sur son passage.

Toute ma peine, les rivières de larmes, les angoisses à répétitions, tout à été effacé dans ces quelques heures dans ses bras. Tout avait disparu. Mon corps et mon âme ont repris vie. J'étais à nouveau au paradis dans les bras de mon amour.

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