Caro voulait quand même aller à New York. Quitte à devoir payer son billet elle-même. Elle voulait le voir. Pour l'hôtel, ce serait dur, parce qu'elle n'avait pas les moyens de payer les 2. Et elle ne voulait pas qu'ils se retrouvent dans un boui-boui de merde. Alors elle l'a rappelé et l'a presque supplié.
Elle ne savait pas qu'entre temps, Pascal avait encore tenté de m'appeler et m'avait laissé une tonne de messages désespérés; Pascal voulait savoir s'il avait fait quelque chose qui m'avait déplu? S'il avait fait quelque de mal, quoi? Ou est-ce que c'était parce qu'il avait invité Caro? Si c'était ça,il annule tout. Il voulait juste que je lui réponde, que je lui dise ce qu'il y avait.
Serrant mon natel, les yeux fixé sur les touches, je crevais d'envie d'appeler Pascal, ou au moins lui envoyer un sms...
Arf, je ne pouvais pas craquer aussi vite. Cela ne faisait que quelques jours que j'avais cessé tout contact avec Pascal, et il suffisait que Caro me dise qu'il semblait inquiet pour que je craque? Non, je ne devais pas, et pourtant, je continuais à fixer mon natel comme si une réponse allait en sortir. J'ai sursauté quant il a bipé. Un message de Pascal; il me suppliait de lui dire ce qui se passait.
Mon coeur s'est fendu. Il me fallait me changer les idées pour ne pas me laisser aller à sauter sur ce foutu natel et bombarder Pascal de messages. J'étais à 2 doigts de lui demander de me pardonner de l'avoir ignoré, que je regrettais et que je voulais entendre sa voix.
J'ai coupé mon natel et l'ai planqué dans ma chambre pour ne pas l'avoir sous les yeux. Je me suis lancé dans une série; Ozark. Rien ne pouvait me changer les idées... le natel sous mon coussin continuait à me traverser l'esprit, et la vision de Pascal désemparé aussi. Pfff, non non et non, je ne devais pas craquer.
Un long week-end en vue. J'ai pris zéro rendez-vous et je pense ne rien faire de tout le week-end, à part peindre, lire et me gaver de télé. Je m'en réjouis d'avance. Petites promenades avec le chien de temps en temps, training pourri de rigueur. Aussi, je dois faire les courses aujourd'hui, pour éviter à avoir à sortir et être obligée de me mêler à la foule en folie des achats de dernières minutes pour le week-end.
Pourquoi... Comment ça se fait que tu réponds... Comment? Caro semblait perturbée.
Pourquoi tu me demandes ça? Je veux dire, on s'est parlé, quoi, dimanche, non? Tu appelles à cause de ce soir?
J'avais annulé notre rendez-vous de ce soir. J'avais envie de ralentir un peu et d'avoir du temps pour moi. Je ne m'attendais pas à ce que Caro me rappelle Pascal. Savoir qu'il avait pensé passer par Caro pour me joindre me faisait plaisir, mais me chamboulait aussi. Je ne voulais pas craquer, mais chaque fois que j'entends son nom, son image souriante apparaît et je me sens flancher.
Non. Pascal essaie de te joindre depuis plusieurs jours... et comme tu ne répondais pas, ben, il a cru que tu avais un problème de natel ou je sais pas. Il m'a demandé de prendre de tes nouvelles. Il était assez inquiet. T'as pas vu ses appels?
Si... heum... je ne voulais pas répondre...
Whaaat? Qu'est-ce... T'es malade?
Afff, Pascal a demandé à Caro de m'appeler... J'ai été assez bête de ne pas m'en douter. Quant j'ai vu son appel, j'ai automatiquement répondu. Caro n'a pas tourné autour du pot. Elle a tout de suite voulu savoir pourquoi je ne répondais pas à Pascal. De devoir parler de lui ou même entendre son nom me faisait encore mal. Alors je lui ai expliqué en gros. Caro a cru que j'avais perdu la tête.
Je lui ai avoué que je l'aimais toujours, mais, je n'avais pas la force, ni le courage de continuer à subir les foudre de son paternel. J'en avais assez. De toute façon, il était bien loin, alors c'était plus facile et mieux comme ça. Si Pascal avait été ici, je n'aurai pas réussi à le faire, j'aurai craqué, dès que je l'aurai vu.
La conversation avec Caro m'a un peu plombé mon début de week-end. Elle a appelé Pascal après notre discussion. J'avais oublié de lui dire de dire qu'elle n'avait pas réussi à me joindre. Je pensais qu'elle choisirais cette explication, pour ne pas le perturber, au lieu de lui avouer la vérité.
Hélas ou pas, Caro a choisi de lui rapporter notre conversation. Pascal a cru d'abord que Caro blaguait, qu'elle lui faisait une farce. Il n'arrivait pas à croire que je ne lui répondais pas délibérément.
Pascal m'avait dit qu'il avait aussi invité Caro à venir à New York. Lors de sa visite en Suisse, la dernière fois, il avait réalisé qu'il l'avait négligée, n'avait même pas pris le temps d'aller manger avec elle, ou prendre un verre en tête à tête. Je lui ai rappelé qu'il était avec elle en tête à tête quant il m'avait appelé avec son téléphone. Ha, il avait oublié ce détail.
Peut-être qu'il se sentait obligé de trouver une excuse, vis-à-vis de moi, pour l'avoir invitée elle aussi. J'étais rassurée qu'il me le dise, mais il n'était pas obligé de chercher à se justifier. Ce n'était pas nécessaire. Au contraire, se sentir tellement obligé de se justifier, me donnait l'impression qu'il voulait cacher le fait qu'il avait envi de la voir.
Pascal a annulé le voyage de Caro. Elle dit l'avoir senti choqué et déprimé. Ça me sape le moral.
20h50, le téléphone sonne, c'est mon neveu Marl, tsss... Ben, il me demande d'aller chercher son frère à l'aéroport. Il me demande si ça ne me dérange pas, parce qu'il fête son anniversaire avec son pote Romain. Et je m'entends dire; "bien sûr que non. Ça ne me dérange pas du tout".
Qu'est-ce que je suis tarte. Maintenant ma soirée est... fichue! Pourquoi est-ce que je réponds au téléphone quant je devine déjà que ça va être quelque chose qui me fera chier! Pourquoi est-ce que je n'écoute pas mon 6ème sens!
C'est jeudi bordel, et j'avais prévu de faire tout autre chose, comme prendre un verre avec Caro, mais j'ai annulé. Peut-être que ça m'évitera la déprime. Avec Caro, c'est sûr qu'on aurait parlé de Pascal.
Wahhh, j'ai eu Dol au téléphone vers 1h du matin!!! Woooow, elle était bourrée comme d'habitude, à me répéter les choses. Elle m'a demandé comment j'allais au moins 10x. Je sais que ça ne venait pas du cœur, elle sait qu'elle doit penser à demander c'est tout. Après 20 mn, j'en avais un peu marre. J'ai trouvé une excuse bidon pour raccrocher.
Elle a essayé de me garder en ligne, mais j'en avais assez d'entendre sa voix de bourrée, à se marcher dessus et se répéter.
Vraiment chiant d'avoir une pochtronne au bout du fils. C'est casse pieds. Je pense qu'elle voulait me demander des nouvelles de Tchoy, mais elle n'a pas osé. Je me demande si je lui aurai dit que je l'avais foutu dehors!!! Non, sinon, ça n'aurait fait que prolonger l'appel et je n'avais plus envie de l'entendre.
Emilio m'a laissé un message pour que je le rappelle. Hum... Encore un qui veut un service j'imagine. Ben, je ne me suis pas trompée; il voulait savoir si je pourrais l'héberger chez moi quelques temps, au cas où il devra quitter son appart sans avoir trouvé autre chose. Mouais! J'ai accepté.
Après tout, s'il ne m'emmerde pas, ça ira. Je lui ai dis que je n'aimais pas être dérangée et que j'aime vivre seule. Il a dit que lui aussi. On verra bien.
Ce soir, souper chez la frangine pour l'anniversaire de Marco. Carbonara. C'est son plat préféré. Jeez, César ne peut pas s'empêcher de l'emmerder dans la cuisine!!! On fait si comme ça, ça comme si... Non mais, fais le toi-même. Je sais pas pourquoi elle lui répond encore!!!
En rentrant, vers 22h20, j'ai eu un message de Maria. J'étais sensée aller chez elle demain pour ses albums. Peux pas. On a quand même parlé au téléphone un moment. On était toutes les 2 raides, donc on va pas faire long pour aller se coucher.
Je suis toujours angoissée à mort. Un poids sur le cœur et la tête qui me suit partout, tout le temps. Demain faut absolument que je me lance dans la paperasserie administrative encore. Ça me fout en rogne. Bon, je ne peux pas en vouloir à Pascal, c'est son père qui m'emmerde.
Pascal a essayé de m'appeler 3 fois aujourd'hui... Je n'ai pas répondu. Ça me fait mal de lui faire ça.
Quant j'étais là-bas, Pascal et moi avions tellement discuté pour savoir ce qu'on allait faire, comment et tout. Trouver des combines pour ne plus se faire prendre. Et maintenant je ne lui réponds plus? Pascal doit se demander ce qui se passe. Je me sens horrible et coupable aussi. J'aurai peut-être dû lui dire ce que son père fabrique? Afff, je dois tenir. Ne pas lui répondre.
C'est horrible ce qu'il peut me manquer. C'est peut-être pour ça que je me sens si déprimée, angoissée...
Pfffouh, les ennuis continuent. Pourtant, je pensais que ça s'arrêterait puisque Pascal est aux States et qu'on ne se voit plus. Peut-être que son père sait qu'on s'appelle ou qu'on se voit toujours? Ou est-ce parce que Pascal insiste toujours pour revenir en Suisse?
Wahh, je ne dois pas y penser, je ne dois plus le voir, point. J'ai encore mal au cœur quant je pense à lui. Bizarrement, je préfère qu'il reste aux US, parce que s'il était là, je souffrirais trop de ne pas pouvoir le voir ou l'approcher. Et encore pire, ce serait l'enfer de le voir avec une autre femme.
J'ai envoyé un message à Pascal pour son anniversaire. Pas les moyens de lui envoyer un cadeau overseas. Caro, elle, lui a envoyé un pull qu'elle a fait elle-même. Elle m'a montré la photo. J'ai tiré la gueule de n'avoir pas pensé lui envoyer quelque chose. J'aurai aussi pu lui envoyer un tableau, ça lui aurait sûrement fait plaisir. Caro m'a battu à l'arrivée encore une fois.
Je suis une petite amie lamentable... Quant je lui ai dis ça, Pascal a éclaté de rire. Il m'a dit que le pull passera sûrement inaperçu, mais un tableau? Jess risquait de le mettre en pièce, alors j'avais bien fait. Il a dit qu'il préfèrerait m'avoir en vrai comme cadeau. J'ai souri. Je sais qu'il essayait seulement de me rassurer. Du coup, il a reparlé de son envie que je vienne à New-York. Il voulait me montrer l'endroit où il vit.
Hum, moche à dire, mais j'ai été contente d'apprendre par Caro elle-même qu'elle avait aussi des ennuis. Elle s'est faite virée de son boulot elle aussi. J'ai été d'une certaine manière contente de savoir que les problèmes n'étaient pas seulement pour moi et ma famille, et qu'on était dans le même bateau.
Elle a eu le courage, elle au moins, d'en parler à Pascal. J'ai compris que c'était une mauvaise idée, parce que Pascal a fait un foin pas possible, et les problèmes de Caro n'ont fait que s'empirer.
J'ai dû changer de voiture, l'ancienne a rendu l'âme. Une dépense inattendu. Et les emmerdent administratives ne font que s'accumuler. J'en ai ras la casquettes. Littéralement. On pourrait presque penser que je tiens un bureau, toutes les lettres, courrier à trier, choses à faire et autres, que je dois faire tous les jours, je me demande ce que je ferais si en plus je travaillais à plein temps dans un bureau!
Caro a reçu une tonne de poursuites, injustifiées, mais d'ici que les choses rentrent dans l'ordre, beaucoup d'eau aura coulé sous les ponts, et elle sera elle aussi dans la dèche financière. Ici, dans ce beau pays, qui n'en ont que pour les riches, tous les frais pour rétablir la situation sont à la charge des pauvres pékins emmerdés par l'administration.
Pascal m'a invitée à aller le rejoindre à New-York. Arf, je ne sais pas... C'est lui qui m'offre le billet et tout, mais, j'ai quand même pas les moyens d'aller dépenser là-bas, l'argent que je n'ai pas, alors que j'ai des trucs à payer avec cet argent ici. Je dois au moins prendre 500CHF, et ce n'est pas grand chose. En général, je prévois beaucoup plus quant je voyage. Je ne sais pas quoi lui dire.
Pour gagner du temps, je lui ai dis que plus tard ok, mais que ce mois-ci, j'avais des tonnes de trucs à faire avec ma famille, surtout m'occuper de mon papa et de ses rendez-vous à Lausanne. Pascal m'a demandé si une de mes sœurs ne pourraient pas prendre le relai, juste une semaine? Non. Elles trouveront des excuses pour ne pas avoir à se sortir les pouces du cul. Comme d'habitude. Je ne peux pas leurs faire confiance.
Pascal a dit qu'il s'arrangerait alors pour organiser quelque chose vers la fin août. Il doit aller 3 jours à Houston. Il aimerait que je le retrouve là-bas, ensuite, il me ramène à New-York avec lui. Il veut me montrer la ville et son appartement, si je veux. Jess travaille la journée, donc ça ne posera pas de problème.
Je trouve un peu risqué, mais une chose est sûre, c'est pas là-bas que son père le surveille. D'un côté, c'est peut-être une bonne idée New-York. En quittant le boulot, Pascal pourra passer à mon hôtel, ni vu ni connu, et on pourra passer une bonne partie de la soirée ensemble. De temps en temps, il pourra même dormi avec moi. Ce serait trop cool. Jess ne se doutera de rien.
Mais, l'idée d'aller tout là-bas m'angoisse. J'ai l'impression que ce sera un gros test. Pascal risque de se rendre compte que je ne cadre pas dans sa vie... alors j'ai peur.
Lundi, 29 avril 2019 - Virer mon squatteur... bientôt
Le maçon est passé. Mon paiement n'était pas passé. Le versement est revenu en retour, parce que j'ai mis le nom de sa société, au lieu de mettre son nom et prénom. Un compte privé? Je pense qu'il déclare son travail, puisqu'il fourni des factures en bonnes et dues formes.
Travail de sa copine sans doute, parce que son français à lui, c'est pas encore ça. Il comprend si on répète, ou s'il peut voir la personne qui parle. Il est Italien.
C'est déjà pas mal, il se débrouille plutôt bien avec une langue qui n'est pas la sienne...
Tchoy est arrivé vers 23h, avec encore un bobard concernant son loyer. Bon, demain, vers 13h, je pourrais passer vers lui si je veux l'argent dans la journée. Sinon, faudra attendre jusqu'au soir. Ça ne me dit rien, parce que d'ici le soir, il inventera une connerie pour garder ce qu'il me doit.
J'ai annulé avec Slavika. Elle voulait qu'on aille manger avec sa fille, au bord du lac sur une terrasse. Sorry, il fait que moche. Je n'avais pas envie d'y aller en plus. Je me sens coupable. Je l'aime beaucoup et elle dit que je suis sa seule amie en Suisse, et je pense qu'elle avais envie de me pavaner devant sa fille.
Toujours le nœud à l'estomac. C'est peut-être plus grave que je ne veux bien le croire. Ce qui me retient d'aller vérifier à l'hôpital d'ailleurs. J'ai dû être une Autruche dans ma vie passée. J'espère que dans ma prochaine vie, je serais un mec et pas une nana. Beau et riche aussi.
----------------------------------------------------------------------------------------------------- Mardi, 30 avril 2019 - Comme la pluie
Il pleut, et il pleut encore. Il fait moche et froid en plus. Je suis comme le temps; déprimée! Je n'ai même pas eu le courage de parler à Pascal de ce qui se passe. C'est lourd à porter toute seule.
Dimanche, 28 avril 2019 - Bali c'est pas pour moi... non merci
Wah, mon neveu est déjà de retour de Bali??? Jeeez, tout ce voyage pour seulement 7 jours? La vache! Trop court. Il nous a posté des photos. Mon natel a giclé direct quant je l'ai vu avec une horreur de reptile sur les épaules. J'ai horreur de tout ce qui n'a pas de pattes. Un dégoût viral.
Bali n'est définitivement pas un endroit où j'irai promener!!! Beurk. Dégueulasse.
Trop de singes partout dans les rues, jusque dans les maisons. Des espèces de grosses bestioles, genre alligator, qui semblent être moins dangereux, mais je pense que c'est seulement une impression. Bon, ils ne courent peut-être pas trop vite, mais... rien qu'à regarder, ces bestioles sont plutôt répugnantes.
Hier, c'était mon anniversaire, et je n'ai pas eu envie de le fêter comme d'habitude. J'ai eu une pensée pour Pascal et en début d'après-midi quant on m'a livré un paquet, même si cela venait de Genève, je savais que c'était de Pascal. Les fleurs le matin, c'était de Thomas, donc ça ne pouvait être que Pascal.
Trop chou... Un magnifique bracelet que je ne suis pas sûre que je le porterais pour l'instant. Je n'ai pas trop l'occasion de porter des bijoux aussi luxueux dans mon environnement. Pour aller au souper en famille? Pas trop. Dans mes sorties en boîte? Pas trop non plus. Je ne vais dans des soirées de Gala ou autre qu'avec Pascal ou Thomas, jamais autrement.
Je l'ai laissée dans ma boîte à bijoux... il va dormir là... peut-être indéfiniment...
J'ai su par Caro qu'ils s'étaient vu pour clore le chapitre avec elle. Elle a passé ces derniers jours à la maison. En congé maladie. Elle a beaucoup pleuré elle aussi. J'imagine que Pascal avait dû en faire autant avec cette connasse d'Olivia?? J'espère pour lui !
Tout de même, je suis déjà moins enchantée que je l'étais après l'appel de Pascal pour me dire d'oublier ce qu'il m'avait dit avant de quitter l'hôtel pour aller manger avant son départ.
Je n'avais pas tout de suite fait la connexion. Une panne mentale sans doute. Mais, je nage à nouveau dans les emmerdes de toutes sortes. Je n'en dors plus. Avant, ma famille avait été ciblée.
De mon côté, j'avais eu quelques déboires, mais pas autant que ma famille. Maintenant, à peine Pascal parti, en janvier, c'est une pluie d'emmerdes qui se suivent; poursuites, plaintes, etc. Ça n'arrête pas. Même des problèmes avec mon travail.
Je crois que c'est à cause du boulot que j'ai eu le déclic.
Sur le moment, je n'ai pas vraiment saisi; le patron m'avait appelé dans son bureau pour me dire qu'en fait, suite à une nécessité de restructuration, ils allaient de moins en moins travailler avec des artistes comme moi, que désormais, et qu'à partir de fin janvier, ils ne feraient plus appels à mes services. Choc.
Sacré coup dur! J'allais faire comment pour payer mon loyer et mes factures???
A l'annonce de cette catastrophe, j'avais pourtant gardé le sourire et remercier (tssshhh) pour m'avoir fait confiance jusque là et que j'avais eu beaucoup de plaisir à travailler librement pour eux. Mes méninges devaient être en panne, parce que je n'avais pas tilté.
C'est seulement dans la voiture en rentrant, le ventre noué, à réfléchir ce que je devais faire, que j'ai repensé à ce que Pascal m'avait dit, quant on avait enfin discuté, après qu'il m'ait larguée comme une vieille chaussette à Gstaad devant toute la clique. Pascal m'avait pourtant dit que son père avait le bras long, mais je n'avais pas vraiment capté je crois.
Là, je commençais clairement à capter. Surtout, je ressentais en place VIP ce que ma famille avait dû subir. J'enrageais. Et aussi complètement abattue...
J'avais été folle de joie que Pascal ne pensait pas un mot des horreurs qu'il m'avait dite, folle de joie qu'il ait eu la présence d'esprit de se rattraper devant presque les mêmes gens devant qui il m'avait humiliée... et j'avais oublié, ça ne m'avait même pas traversé l'esprit que son père finirait par le savoir. Ça avait l'air en fait théorique, je ne mesurais pas réellement les implications.
C'était mi-janvier quant j'ai été remerciée par l'Agence pour laquelle je travaillais.
J'ai aussitôt, malgré le moral à ras les pâquerettes, contacté d'autres agences. J'ai été reçu par 2 agences qui semblaient intéressées, pourtant, j'ai vite été mise à l'écart. Cette fois, j'étais la cible principale, ma famille secondaire.
Ils étaient dans la merde, mais cette fois, je sentais l'odeur de plus près. J'étais en 1ère ligne.
Désespérée, je me suis rendue compte que... même si je l'aimais, même si je crevais d'envie de le voir, que je voulais continuer à faire partie de sa vie... je ne pouvais pas détruire ma vie, ni foutre en l'air la vie de ma famille pour un homme! La réalisation de ce fait me foutais carrément la déprime. J'étais nouée et la tristesse m'a submergée comme une seconde peau épaisse et lourde.
J'ai même pensé que j'aimerai tellement que Pascal envoi chier son père et quitte la société pour revenir en Suisse. Puis, j'ai réalisé que lui non plus ne trouverait certainement pas de boulot ailleurs, tant qu'il n'obéirait pas à son père. Tant que je continuerai à le voir, je serais dans une merde financière noire.
Son père avait l'argent et le pouvoir de nous écraser. Non, nous écrabouiller.
Le mois de février, je me suis battue, j'ai cherché, je me suis démenée. J'ai même tenté d'envoyer des idées pour des projets dont j'avais eu vent, sous un autre nom. Mais, dès l'instant où j'ai été obligée de donner mon nom...
On refusait mes croquis. Partout, on refusait de travailler avec moi! C'était pareil sur Lausanne et Genève. En Suisse, dans le canton de Vaud, il n'existe pas des masses de sociétés dans mon domaine.
En mars, toujours au bout du rouleau, j'avais réussi à continuer à faire bonne figure. Mes économies ont fondus comme neige au soleil. Fin mars, je n'avais plus un rond. J'ai dû terminer le mois en comptant chaque centime.
Je n'étais pas sûre si je devais ou non en parler à Pascal.
Je pensais encore pouvoir m'en sortir, mais là, je suis carrément au fond du gouffre sans solutions. Je répugnais à en parler à Pascal, je n'aime pas pleurer dans le gilet de qui que ce soit. Mais là, je crois que je vais être obligée. Je dois arrêter de le voir... Arrêter complètement... Ça me déprime. Et je n'ai pas le courage de le faire.
Je n'ai jamais pensé un jour être obligée de sérieusement rompre avec Pascal. Rien que d'y penser, j'ai la boule à l'estomac. J'ai toujours pensé que ça viendrait de lui. Que je le laisserait prendre l'initiative. Je n'ai jamais aimé faire cette démarche, je n'ai jamais voulu avoir le mauvais rôle. Je me sens désespérée de devoir me séparer de lui. Son père à finalement gagné! Jess aussi!
----------------------------------------------------------------------------------------------------- Dimanche, 31 mars 2019 - Anniversaire Papa
Nous, les 3 filles, on avait décidé d'inviter notre papa au restaurant pour son anniversaire. Hélas, le frangin, habitant en France, n'est pas là. Dommage. C'était sympa. On a été chez un copain qui a ouvert un restaurant sur les hauteurs de Moudon. Il nous a fait tout un spectacle.
Alain nous a fait rire, il n'imaginait pas que notre papa était blanc. Étant donné que dans les films, les parents sont un noir, un blanc, mais le gamin est tout noir. Ou un blanc et l'autre métisse, et le gamin est encore tout noir. Alors, il pensait que nos 2 parents étaient café au lait comme nous. Drôle.
Ciel, je ne pensais pas que ça prenait tellement de ligne pour raconter des choses banales de la vie de tous les jours! Je devrais peut-être résumer beaucoup plus un peu tout ça.
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Mardi, Crevée, mais pas encore atterri depuis l'appel de Pascal. Il tenait toujours à moi, alors j'étais heureuse. Je sais bien que parfois il fait des trucs qui peuvent sembler impardonnable, mais je l'adore.
Dire que j'étais au fond du bac dimanche soir. J'avais cru que mon cœur ne battrait plus. J'avais tellement mal que respirer était difficile. J'avais été vidée, et pensais que ma vie était finie. Je ne pensais pas que je m'en remettrais et que je pourrais jamais oublier Pascal. La douleur était horriblement difficile à supporter.
Mais, ça m'avait donné une bonne leçon... je crois que je devrais me détacher de lui. Je n'aime pas être aussi dépendante. Et j'espère que ce n'est pas seulement une pensée furtive. La peur que cela se reproduise, me donnait l'envie de chercher à vivre autrement.
Qu'est-ce que je ferais s'il rencontre quelqu'un d'autre, ou s'il ne revient pas. On savait que la distance risquait d'être fatal à notre couple. J'avais pensé qu'on réussirait à maintenir le lien. Mais Pascal ne donne pas beaucoup de nouvelles.
Si Pascal me laisse trop longtemps sans m'appeler, je deviens hystérique et commence à imaginer le pire. C'était très difficile à vivre.
Je crois qu'il ne se rend pas compte de ce que j'endure. Pendant ce temps, il s'amuse avec ses amis, passe du bon temps avec sa femme, et moi je m'enlise, je sèche.
Hum... peut-être pas tout de suite, mais après son prochain coup de fils, je le laisserais appeler sans répondre. Je serais super adorable et ensuite, niet, nada, je le laisserais sans nouvelles, voir comment il réagirait. Ou peut-être que je ne devrais pas? S'il s'en fiche? Et si il le prenait plutôt bien, ça m'énerverait grave. Puis si à cause de ça, il se laisse séduire par une autre?
Wahhh... je sais plus... mais j'ai drôlement envie de lui faire "goûter à mon gâteau" et qu'il désespère de ne pas avoir de mes nouvelles. J'aimerai bien qu'il s'imagine le pire et se fasse des films comme moi!
Lundi, 25 mars 2019 - (2) Oublie ce que j'ai dit...
J'ai pleuré en silence jusqu'à ce que je tombe dans un sommeil comateux. Le matin, j'avais les yeux de poissons frits et la tête dans le shlass. Pas de chance, je n'avais plus de "Coveram" pour ma pression, mais trop la flegme pour courir jusqu'à la pharmacie à 2mn d'ici.
Le lundi matin, je n'étais plus qu'un zombie, j'ai quand même trouvé la force de me faire à manger. J'ai mis mon natel sur sonnerie discrète. Rien que la sonnerie m'aurait fait exploser la tête. Je le baladais pourtant partout avec moi. Pourtant, je n'avais pas vraiment l'intention de répondre aux appels de qui que ce soit.
Les choses ont changés vers midi. Je suis sortie de mon état léthargique, et repris du poil de la bête. Vivante à nouveau.
Je ne connaissais pas le numéro, mais l'indicatif oui. C'était Londres. C'est un peu désespérant à dire, mais j'ai carrément plongé sur mon natel. Avant même de dire bonjour ou quoi que ce soit, il a dit; "Oublie tout ce que je t'ai dis avant qu'on quitte l'hôtel hier soir. Oublie".
J'étais trop surprise pour dire quoi que ce soit. Pascal s'est encore perdu dans les "...je sais que je n'aurais pas dû appeler, hahhh". Il n'avait pas réussi à fermer l’œil de la nuit.
Hun hun, moi pas trop non plus. Il n'avait pensé qu'à ça. Il ne voulait pas me demander de l'attendre, mais il le faisait quand même. Il ne voulait pas me faire croire qu'il était d'accord de fermer la porte sur nous. Au cas où je pensais la même chose. Mais, au cas où, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui, et il ne m'en voudra pas.
Juste après avoir dit ça, il a dit; "puis non, je serais complètement dévasté. Clair que je t'en voudrais, même si je sais que je n'en ai pas le droit". Il était adorable. Il ne pouvait pas deviner qu'il me redonnait la vie!
Il avait parlé à toute vitesse, comme s'il avait peur que je l'interrompt. Après avoir débité ce qu'il pensait, avec en plus une tonne de contradictions, il a expiré, avant de dire; "Voilà... Comme ça, tu sais ce que je pense. Je suis sûr que tu dois penser que je suis un monstre d'égoïsme. Alors d'accord, je suis égoïste".
Non, je ne pensais pas qu'il était égoïste. Je le lui ai dis. Je me suis enfin laissé aller et je lui ai dis que j'avais beaucoup pleuré. Que je n'arrivais pas à comprendre. Je lui ai dis ce que j'avais sur le cœur. Et que, malgré ce qu'il a imaginé, il m'avait soulagée. Je croyais que j'allais finir par me flétrir dans un coin de mon appartement. Que je m'étais demandé comment j'allais vivre sans lui.
C'est vrai qu'on ne s'était pas beaucoup vu depuis qu'il était au US, mais il y avait l'espoir, espoir qu'il avait écrabouillé hier soir. Que jusque là, j'avais été un zombie, complètement démotivée.
Quelqu'un est passé lui dire que Monsieur Davies l'attendait dans la salle de conférence.
Pascal devait retourner bosser ou en réunion, je ne sais pas, mais on était drôlement soulagé, l'un comme l'autre. Pascal a dit que, me connaissant, plus il aurait attendu pour me parler, me dire ce qu'il pensait vraiment, j'aurai commencé à construire un mûr. Un mûr qu'il n'aurait peut-être pas réussi à escalader ou casser.
Hum, c'est vrai que je suis comme ça. J'ai beaucoup de difficulté à pardonner une fois que j'ai fais mon mûr. En général, je me fais les questions et réponses. Puisque l'autre n'est pas là pour répondre, je réponds ce que je veux, à sa place.
Plus le temps passe, plus je m'éloigne de la personne qui est devenu mon pire ennemi. Quelqu'un qui m'a fait du mal parce qu'il l'a voulu. Et tout ce temps où je me suis fait mal toute seule, je le fais payer double ou triple. Et ça, c'est si j'en viens à pardonner.
Le reste de ma journée a été plus douce. J'ai enfin pu me remettre au travail. Avec quelques pauses dans la lune à rêves. C'était pour ça que je l'aimais, il me connait plutôt bien. Il ne m'a pas laissé mourir à petits feux jusqu'à perpète avant de m'appeler. Ou à me laisser plusieurs jours pour digérer qu'il ne m'aimait plus.
Je n'arrivais pas à croire que j'étais sortie de ce cauchemar... Merci Pascal. Pour ça, je t'aimerai jusqu'à la fin des temps. T'es trop chou. Chou avec moi en tous cas. Pascal ne pouvait pas m'appeler depuis l'aéroport, sa femme avait séquestré son natel... mais, qu'importe, je suis aux anges.
Toujours pas un seul coup de fils de ce satané mec. Non mais, il se fout de ma gueule là. Par contre, Pascal n'est pas si handicapé quant il s'agit d'appeler Caroline. J'enrage. Ils ont rendez-vous samedi à midi au Royal Savoy. C'est un hôtel. On se demande pourquoi Pascal lui donne rendez-vous dans un hôtel. Je suis sûre qu'il a aussi appelé la pétasse d'Olivia. Et moi, rien. J'ai le cœur dans les pompes. L'envie de pleurer dès que je pense à lui.
Je me fais pitié à courir quand même pour trouver un rendez-vous chez ma coiffeuse (ma nièce). J'ai lamentablement insisté, allant jusqu'à supplier la podologue pour qu'elle me prenne entre 2 rendez-vous. Ça n'a pas marché avec l’esthéticienne, qui était sur-booker.
Honteusement, j'avais demandé à Caroline où elle avait rendez-vous avec Pascal. C'est comme ça que j'ai su pour le Royal Savoy. J'ai bien senti son hésitation. Elle n'a pas pu s'empêcher de me dire de ne pas essayer de venir les épier, parce qu'en pleine journée, je ne passerais pas inaperçue dans un restaurant aussi chic. Tsss, elle n'avait pas besoin de me le dire, je l'avais deviné toute seule. Mais rien ne m'empêchait d'être dans les parages, planquée dans ma voiture, pour le voir arriver.
C'est là que j'ai deviné que Pascal résidait au Savoy pendant son séjour ici. Son appartement était loué à des amis à lui pendant son absence. C'est rassurant, parce que ça voulait dire qu'il allait un jour prochain revenir en Suisse. Le jour que j'apprendrais qu'il le vend, là, je risque d'avoir une crise cardiaque. Là, je saurais qu'il reste au États-Unis pour de bon.
Qu'est-ce que j'allais faire de mes jambes et bikini? Au rasoir? Iaaak. Ce n'était pas une bonne idée, comme j'ai la peau sensible, je risque d'être attaquée par une horrible irritation. Flûte. Bon ben, il ne me restait plus qu'à remettre mon slip de grand-mère qui me monte sous les bras, et mettre un vieux soutien-gorge. Au moins comme ça, je suis sûre que je ne risquais pas de me laisser emballer. Aucune chance que je me laisse coucher.
Encore fallait-il que Pascal m'appelle! S'il ne le fait pas... je ne sais pas ce que je ferais... Le gouffre de ma déprime risque d'être sans fond!!! Je ne crois pas que je pourrais le lui pardonner cette fois. Impossible.