307 - Il ne l'avait pas touchée
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Layne n'était pas le genre à accepter qu'on lui dise non, mais plutôt; je prends ce que je veux que ça te plaise ou non. J'avais mal partout, mais ce n'était sûrement pas le moment de lui rappeler que quelqu'un d'autre avait passé par là avant. Alors je l'ai bouclé et j'ai souffert en silence. Layne ne fait pas dans la dentelle et est beaucoup plus brusque que Pascal, qui lui est plus tendre, attentif et passionné.
Ma peau ne marque pas facilement, mais là, j'avais des bleus partout. Heureusement l'hiver, avec les cols roulés et autres, c'est facile à masquer.
Après déjeuner, on a décidé d'aller se baigner dans la magnifique piscine, mais, j'ai préféré passer pour cette fois. Je me suis posée sur une des chaises longues avec un bouquin et les ais regardé s'amuser dans l'eau. Je les enviais un peu.
Comme je l'avais remarqué le soir d'avant, Alexia et Layne batifolaient un peu trop souvent ensemble et passaient leur temps à se chuchoter des trucs à l'oreille. Ça me rendait nerveuse, et je crois bien, je l'avoue, un tantinet jalouse. Grrrr. Pascal n'avait pas l'air beaucoup plus enclin à la baignade, et avait gardé son t-shirt sur le dos.
Thomas a lancé le match de Waterpolo, ils ont tous sauté à la flotte. Ciel, j'aurai bien voulu jouer aussi, mais hors de questions que j'expose mes bleus.
Pascal a refusé d'enlever son t-shirt, mais des traces de griffures se voyaient au travers. Si c'était pour ménager mes sentiments, c'était pas la peine. Il portait les traces de ses ébats avec Jess jusque sur la nuque. Cela se voyait à travers son t-shirt mouillé et ses copains ne se gênaient pas pour le charrier. Il a jeté un regard embarrassé en direction de Jess, qui s'est levée et a quitté la piscine, rouge comme une pivoine. J'aurai bien voulu en faire autant mais je n'ai pas osé. Ouais, j'étais jalouse et, détestablement, j'en voulais à Pascal.
J'ai plongé le nez dans mon livre.
Jess avait dû filer dans leur chambre, parce que quant on est remonté pour manger, elle était introuvable. Pascal le visage fermé est parti à sa recherche. Sans doute pour lui faire un câlin en passant. Traitre.
D'ailleurs, ils ne sont pas descendu tout de suite, on a eu le temps de dîner et on était au café quant Pascal est revenu seul. Thomas a essayé de comprendre par le regard qu'ils se sont échangés, mais Pascal a juste secoué la tête. Thomas a été retrouver sa sœur et ils sont revenus presque qu'une demi heure plus tard. Je trouvais le comportement de Jess plutôt curieux, mais j'ai été vite distraite, préoccupée par ce qui se passait entre Alexia et Layne. Je me sentais un peu abandonnée.
Zut, il allait falloir bientôt rentrer, et malgré tout, je n'en avais pas très envie. J'aimais bien l'atmosphère du chalet. Le fait d'être toute une équipe me permettait de m'isoler quant j'en avais envie. Dans l'après-midi, j'en ai d'ailleurs profité pour sortir marcher un peu avec mon chien. Pascal est venu me rejoindre, et j'ai été en dessous de tout;
- Tu n'avais pas besoin de garder ton t-shirt à la piscine, tu sais... Une fois mouillé, on voyait les griffures de Jess.
Pascal a fait la grimace et me dévisageait en fronçant les sourcils. La jalousie est une vilaine maladie, ça vous bouffe de l'intérieur et ça rend complètement stupide. Et j'étais stupide, mon cerveau ne fonctionnait plus correctement. La honte.
- Ce ne sont pas les griffures de Jess...
Il me scrutait un peu surpris par ma petite crise. Je me suis sentis petite de la taille d'une tête d'épingle.
- Je ne l'avais pas touchée depuis qu'on était ensemble, qu'est-ce que tu imagines!
Il a hésité, puis;
- Je n'aime pas trop parler de mes relations avec Jess, c'est pas trop cool pour elle et ça me gêne. Je trouve que je lui en fais voir déjà de toutes les couleurs, et je n'en suis pas très fier.
Je me sentais petite de la taille d'une tête d'épingle et j'avais rougis de la tête au pieds. Je cherchais comment faire oublier ma ridicule crise quant ses mots ont commencés à pénétrer mon cortex cérébrale en repoussant "l'aveugléïsme" de la jalousie; "Je ne l'ai pas touchée depuis qu'on est ensemble..." Hein? Je devais sûrement avoir mal compris? Je n'avais pas écouté ses mots, mais rougi à cause de l'expression de son visage. Maintenant seulement les mots prenaient un sens dans le champ dévasté de mon cerveau. Pas touchée? Mais alors... Arf, j'osais quand même pas lui poser la question et j'aurais l'air idiote de lui demander de répéter?!? Bah... tant pis, au point ou j'en étais de l'idiotie...
- Tu peux répéter? J'ai pas compris.
J'ai dit, que je n'aimais pas beaucoup parler de se qui se passe avec Jess, ça me gêne beaucoup.- Non... avant ça?
Il a froncé les sourcils, il ne voyait pas où je voulais en venir, alors j'ai dû carrément lui demander, poisse!
- Que tu ne l'avais pas bougée?
J'avais préféré changer un peu ce que j'avais cru comprendre pour lui montrer que je n'avais pas compris, et au cas où il avait dit autre chose, mon honneur était sauf!!! Il a souri;
- Je ne l'avais pas touchée depuis qu'on était ensemble? Comment crois-tu qu'elle ait deviné que je voyais quelqu'un?
- Mais... Jess nous a dit... enfin... le jour où on est resté entre filles... elle nous a dit que...
Pascal a baissé la tête, il avait l'air triste et j'avais envie de lui sauter dans les bras et de le couvrir de bisous pour effacer la tristesse sur son visage, mais ça je ne pouvais pas. Ç’aurait été déplacé, et on pouvait nous voir depuis le chalet.
- Je n'aime pas parler de ça. Si on changeait de sujet, tu veux?
On a marcher en silence jusqu'au chalet. Les choses se bousculaient dans ma tête. Alors Jess nous avait menti? Est-ce que c'était possible ça? Ou est-ce qu'il me disait ça pour me faire plaisir? En marchant, je regardais discrètement son profil, il avait l'air préoccupé. En rentrant chez moi, je prendrais le temps de penser à tout ça. Pour l'instant, c'était trop dur de me concentrer.
Une partie de l'équipe avait été au village pour louer des équipements pour l'hiver, comme on pensait remonter vers les fêtes de Noël-Nouvel An. Moi, je savais que même si je venais, je n'irais certainement pas sur les pistes noires de monde. Je détestais ça. A part le monde, il fallait aussi qu'il fasse hyper beau, soleil et tout, sinon niet. Peut-être le jour de nouvel an, mais j'avais déjà mon propre équipement.
Je me suis lovée près de la cheminée en faisant semblant de lire, mais ça tourbillonnait trop dans ma tête pour que je puis lire plus de 2 phrases et Layne est venu m'embarquer pour aller prendre un verre au pub. Les autres nous ont rejoint après la fermeture des magasins et on a été manger à la pizzéria avant d'aller rechercher nos affaires au chalet et prendre la route.
J'étais claquée. Nostalgique aussi. Je n'avais pas envie de rentrer... Rentrer voulait dire retrouver tous les petits problèmes du quotidien... et faire face à Cindy. Je me sentais coupable, j'aurais pu les prévenir du danger, et je n'avais rien fait paralysée par la peur. Fallait aussi que j'essaie de les aider, elle et sa petite sœur, et si je ne trouvais pas d'autres solutions, je les prendrais chez moi. Ce serait une façon de me racheter de ma lâcheté.
Layne me trouvait bien silencieuse au retour.
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J'avais la honte pour hier soir, arf. J'aurai dû aller chez Brian comme je l'avais prévu, il m'a déjà vu dans des états pareils, voir pire. Et d'avoir eu Jess qui me voit comme ça... pffff.
Et j'ai appris pourquoi Layne et Pascal ne s'entendait pas...

















