Mes fesses commençaient à prendre la forme du siège. Je tremblais légèrement, mais ce n’était pas de froid. J’éprouvais les mêmes sentiments que cette fameuse nuit où je me suis pointée pour la 1ère fois chez Pascal, avec en plus, la trouille qu’il me demande, cette fois, de rentrer chez moi.
Avec peine, j’essayais de me convaincre qu’il ne le ferait pas malgré ce qu’il m’avait dit au téléphone.
Mais aussi, la trouille qu’il ne rentre pas de la nuit et que mon imagination se mette en mode-débile. Je me frappait mentalement pour ne pas imaginer le pire. Qu’est-ce que je serais déçue, en plus ça voudrait dire qu’il m’aurait menti ses derniers temps et qu’il cherchait cherchait un bon prétexte pour couper les ponts. Rien que d’y penser, j’en avais des larmes aux yeux.
Ouais... je fonctionnais déjà en mode-débile.
Non, non et non. Il fallait que j’arrête ça. Il faut que je pense à autre chose. Rien à faire. Pourquoi l’humain n’a pas été créé avec un bouton ON-OFF? Ce serait tellement pratique. J’en pouvais plus d’attendre, je n’osais pas mettre la musique, je n’osais pas sortir de la voiture et l’attente me rendait dingue. Peut-être qu’il n’était pas à Lausanne?
Finalement, 2h du matin, samedi, sa voiture est apparu dans le chemin, enfin...
Mais il n’était pas seul, une autre voiture est venue se parquer à côté de la sienne. Glups, boule à l’estomac et consœurs. Ouf, ce n’était que des copains à lui, 2 copains. J’avais emprunté la voiture à ma copine, alors aucune chance qu’il remarque ma présence.
Arf, j’espère que ses copains n’allaient pas trop traîner parce que je commençais vraiment à m’ennuyer ferme et les sièges de voitures ne sont pas des plus confortable. Mais aussi, j’étais vachement soulagée.
Une demi heure plus tard, j’en pouvais plus. J’avais quand même envie de le voir même s’il m’avait dit ne pas vouloir me voir tant que je n’avais rien décidé. J’avais juste envi de le voir, à bas ma fierté, à bas ma timidité, à bas ma réserve, je ne pouvais pas partir sans le voir.
Je me dirigeais vers sa maison quant la porte s’est ouverte. Iiiiiiiiiaaahhhh, j’avais pas fini de répéter ce que j’allais lui dire.... Ses copains partaient, hum, impossible de me planquer, je me suis retrouvée nez à nez avec eux. Pascal se tenait dans l’encadrement de sa porte et je n’arrivais pas à lire l’expression de son visage. C’était des copains de basket. Ils m’ont jetés un petit regard amusé. C’était un peu gênant, mais qu’importe.
Une fois ses potes partis, on est entré mais on est resté dans l’entrée, Pascal me dévisageait sans rien dire. Et moi, j’avais oublié tout ce que j’aurai voulu dire. Je n’avais qu’une envie, c’était qu’il me prenne dans ses bras.
Après un moment, qui m’a semblé durer une éternité, il m’a répété que je n’aurai pas dû venir, redemandé si je savais ce que j’allais faire. J’ai juste secoué la tête. J’avais une grosse patate en travers de la gorge qui m’empêchait de parler. Je savais déjà que je le voulais, lui, et personne d’autre.
Pascal, I Love You, et je n’ai pas envie d’être avec quelqu’un d’autre...
Il ne m’a pas jeté dehors, ni repoussée non plus. Je l’adore...
Alors pourquoi tu ne mets pas les choses au clair avec Layne?
Parce que je n’en ai pas le courage. Et j’aime aller au bowling avec lui, ou prendre des verres avec lui, danser av...
Arrête. Je ne veux pas que tu me racontes des trucs pareils. Je ne veux rien savoir. Mon imagination est assez fertile, pas besoin d’en rajouter.
Glups, c’était je crois la 1ère fois qu’il me coupait la parole, et en plus, il n’avait pas l’air de bonne humeur. Et il a fallu que j’en rajoute en plus!
Comme tu aimes faire des trucs avec Jess...
Tu n’es quand même pas venue jusqu’ici pour me faire la pub de ton petit ami, si? Pour Jess, ce n’est pas la même chose. La plupart sont des obligations. On est ami avant tout, mais ce n’est plus tellement pareil parce que les choses ont changés, on a de la peine à trouver nos marques...
Je crois que je ne veux pas non plus que tu me parles de ça.
Dead End. On s’est regardé. Clairement, il y avait des tas de trucs dont on préférait ne pas parler ou qu’on ne voulait pas entendre.
Ouais... on est mal.
Silence complet.
Très bien. Je crois qu’on a pas tellement le choix que de parler de ce qui nous préoccupe, hein?
On ne pouvait pas continuer à faire semblant que certaines choses n’existent pas ou à essayer d’éviter d’en parler. Alors, on a essayé, mais ce n’était pas facile. Certaines choses, même si ça n’était que la simple vérité, faisait mal à entendre.
Je lui ai expliqué que même si on était plus ensemble, malgré tout, je considérerais Layne comme un ami, donc forcément, il nous arrivera de traîner ensemble. Je savais que ça l’agacerait, mais il ne pouvait pas m’en vouloir de vivre pendant que lui en faisait autant. Il m’a demandé si Layne était au courant que je n’étais plus sa petite amie. Hum, je n’avais pas osé dire à Layne qu’il n’était pas question qu’on ressorte ensemble et j’ai expliqué à Pascal que, Layne n’étant pas très fidèle, cela m’évitait une relation exclusive et que je pourrais le voir quand même. Là, il m’a regardée en levant les sourcils, l’air de dire “tu te fou de ma gueule?”, mais il m’a laissé continuer à parler sans m’interrompre.
Pascal n’a pas dit grand chose après, à part qu’il semblait noter que j’avais envie de recommencer avec Layne et qu’il ne supporterait pas de nous voir ensemble. Sans prendre de gants, il m’a clairement dit que si je ressortais avec Layne, entre nous ce serait terminé.
Aoutch. Ça avait le mérite d’être clair, injuste, mais clair. Je savais à quoi m’en tenir.
Après une discussion aussi tendue, on avait, sans avoir besoin de se consulter, fait une trêve. On n’avait plus envi de parler de ça. Il nous a fallu un petit moment pour faire le vide, et je suis sûre que comme moi, tout ce qu’on s’était dit nous trottait dans la tête.
On a passé tout le samedi ensemble; à promener le chien, faire les magasins, manger au resto, traîner au bord du lac et beaucoup à la maison.
S’il n’y avait pas de mariage et pas de Jess, je serais heureuse de l’aimer toujours. J’aime trop trop être avec lui. Pascal est tendre, attentionné, passionné et passionnant, doux, attentif, calme, reposant, mais il est aussi indépendant, concentré et il a un sourire à damné un saint, des yeux à faire pâlir la lumière, un corps de rêve, solide et il est d’une résistance incroyable. Je l’adore de tout mon coeur et ça, ça me fait vraiment peur. Normalement, c’est là que je me mets à fuir, à courir aussi vite que possible pour m’échapper, parce qu’aimer quelqu’un d’autre plus que soi-même c’est se perdre et on devient faible. Mais Pascal était comme un aimant, je n’arrivais pas à me détaché de lui.
Rien que de le voir, et mon coeur se met à perdre le rythme et à battre dans tous les sens. Et j’ai toujours la boule à l’estomac d’anticipation avant de le voir. C’était hallucinant.
Brian m’a appelée dans la soirée, et j’ai tout de suite senti qu’il n’avait pas le moral. Je ne pouvais pas faire autrement que d’aller le rejoindre. Je n’en avais aucune envie, j’avais envie de rester avec Pascal. Mais combien de fois, Brian avait tout laissé tombé pour moi, je pouvais donc difficilement lui faire faux-bond.
Brian était dans une de ses petites phases de doutes, celle où l’on se demande ce qu’on fabrique et si la vie vaut vraiment la peine d’être vécue. Je savais qu’il avait besoin d’une oreille et de câlins, alors on a beaucoup parlé. J’avais peur de ne pas pouvoir retourner chez Pascal et de devoir rester auprès de Brian. Pour moi, il le fait toujours. Je me rendais compte que jamais, je ne m’étais posé de questions, que je m’étais imposée comme si ça allait de soit. Horrible. Lui aussi devait parfois avoir autre chose et les avait laissé de côté pour moi. Chiotte. Je me suis promise de ne plus lui faire ce genre de plan, parce que c’était vraiment pas cool.
J’ai réussi à le convaincre de sortir manger un truc, en espérant croiser des copains à lui et que peut-être ça changerait son humeur et qu’il partirait faire la fête. Un peu moche, parce que je voulais me débarrasser de lui pour courir rejoindre Pascal.
On a effectivement rencontré des copains et on a pris un verre ensemble. Pendant tout ce temps, une angoisse grandissante au creux du ventre me rendait chagrine, il commençait à se faire tard, et j’avais vraiment envie d’être avec Pascal. Ça tombait juste trop mal son cafard, comme les miens ont dû souvent aussi.
Pascal m’avait avertie que Caroline était passée chez lui, donc je ne pouvais pas débarquer comme ça. Super. Mon angoisse a augmenté d’un cran supplémentaire. Je n’arrivais même pas à donner le change avec un faux sourire. à 2 balles, et je ne pouvais pas partir, parce que Brian ne m’avait jamais plantée en cours de soirée pour aller Dieu sait où! J’étais coincée.
Alors, malgré mes mains tremblantes, malgré mon angoisse, j’ai envoyé un message à Pascal pour lui dire de ne pas m’attendre, ensuite, j’ai essayé de me faire une raison et passer une bonne soirée. Mais c’était difficile, J’étais encore plus down que Brian ne l’avait été quant il m’avait appelé.
Brian s’en est aperçu presqu’immédiatement. C’était pas de chance. Moi qui était sensée lui remonter le moral...
Finalement, notre sortie lui avait bien changé les idées. Il était redevenu mon Brian des bons jours. Avec ses copains, ils ont décidés d’aller chez lui jouer à des jeux vidéos entre mecs. Ça m’arrangeait plutôt bien, mais pas les 2 filles qui étaient venues s’incruster à notre table. J’ai enfin réussi à décrocher quelque chose qui devait ressembler à un visage rassurant pour lui dire que ça allait très bien, que j’étais juste un peu down, mais que j’étais contente parce qu’il allait mieux.
J’ai filé sans demander mon reste en avertissant Pascal que j’étais en route.
La voiture à Miss Caroline était toujours chez Pascal. Chiant. Je me suis installée confortablement dans ma voiture pour commencer ma longue attente quant ils sont sortis sur le palier. Ils se parlaient presque collé. Caroline lui chuchotait des trucs à l’oreille et je voyais Pascal sourire. Caroline n’avait pas envie de partir, ça se voyait même à cette distance. Sa robe était très moulante, un peu trop, avec un décolleté plongeant. Elle était habillée un peu trop sexy pour passer chez un mec aussi tard dans la nuit, je trouve. Ou était-ce une once de mauvaise foi? Puis elle s’est mise sur la pointe des pieds pour lui faire la bise, mais au lieu de cela, elle l’a embrassé sur la bouche. J’ai vu Pascal faire les gros yeux puis se gratter la tête en lui marmonnant quelque chose avec un petit sourire gêné.
Grrr. Un de ces 4, je vais lui arracher les yeux à celle-là.
J’ai dit à Pascal que je les avais vu. Il le savait... il avait vu ma voiture.
Pascal m’a très vite fait oublier tous les désagréments de la soirée. Même s’il était déjà hyper tard, on avait pas envi d’aller se coucher tout de suite, pour se donner l’impression d’avoir toute la soirée à nous.
Pascal a été super doux et tendre, même s’il flottait un parfum de nostalgie. On ne savait plus très bien où l’on en était ou plutôt, on était en attente. Ce week-end était comme une petite paranthèse. Je sentais comme une certaine détermination chez lui, et je crois bien que j’avais un peu la trouille de ce que l’avenir me réservait.
C'était Pascal qui me sortait de ma torpeur et de ma grosse déprime. Je les imaginais tous en plein préparatifs pour ce long week-end au chalet. J’avais essayé de ne pas y penser, mais rien n’y faisait. Ça me faisait trop plaisir que Pascal s’était finalement décidé à appeler.
Non. Thomas me l’a bien proposé, mais, ça ne me disait rien.
J’aurai pu ajouter; "que ça ne me dit rien de regarder sa petite danse d’amour avec Jess tout au long de ce loooong week-end!"
Ben, moi non plus...
Yipiii, il restait là aussi, alors on allait pouvoir se voir et passer tout le week-end ensemble, yipiii. Petite accélération des battements de mon coeur.
C’est vrai?
Si je n’avais pas appelé, tu n’aurais pas appelé, hein?
Non.
Ouais, c’est ce que je pensais. Est-ce que tu as pris une décision?
Glups.
Comme s’il avait deviné ce que je pensais, il m’a coupé l’herbe sous les pieds. Non, je n’avais pas pris de décision, je laissais les choses se faire, j’étais bien trop lâche pour décider quoi que ce soit.
Heu-eum, pas vraiment.
C’est bête, on aurait pu passer le week-end ensemble...
Iiiiiah, le rat. Il m’avait coincée.
Tu ne veux pas me voir?
J’ai envi de te voir qu’est-ce que tu crois, mais je préfère m’abstenir jusqu’à ce que tu te sois décidée.
Tu te rend compte que tu me mets une sorte de pression?
Suis désolé, Ce n’était pas mon intention, mais tu dois faire un choix Jane, y pas photo.
On ne pourra même pas se voir pour aller prendre un verre?
Il a eu un léger rire.
-Comme si ça pouvait en rester là... Je préfère pas. Tu crois quand même pas que j’ai envi de partager la même femme avec Layne, non?
Grrrr...
-Ça va me faire drôle de savoir qu’on est tous les 2 ici, et qu’on ne se verra pas.
-Mouais... Décide toi. Si tu préfère recommencer avec Layne, je comprendrais, je l’accepterais, je te ficherai la paix et y aura pas de problème. On pourra même aller prendre un verre pendant ces congés.
-Et si je te saute dessus? Tu me repoussera?
-Alors, peut-être pas de verres ensemble. Ce serait peut-être mieux de se laisser un peu d’espace pendant quelques temps.
-J’ai compris. Ce serait ma punition.
Pascal a gardé le silence un moment avant de rajouter;
-Non. Je t’assure que non. Mais... j’ai peur de... Écoute, je crois... En fait, ça me fera trop mal de te voir c’est tout. Il me faudra juste quelques jours... ensuite, je pourrais sûrement affronter les choses plus sereinement.
Cette fois, c’était moi qui restait sans voix. J’essayais de trouver une phrase, des mots, quelque chose qui puisse lui faire changer d’avis. Et j’avais la tête comme une coquille vide, le néant total.
Jane? Les hommes aussi pleurent parfois, ils ont mal aussi, tu sais...
Pascal a soupiré. De mon coté, j’essayais de trouver -vite- quelque chose à répondre à ça, mais niet encore.
Si tu hésites autant, c’est que tu as envie d’être avec Layne. Ou tu as déjà pris ta décision, mais tu n’oses pas me la dire.
Après on aurait dit que le téléphone lui brûlait les doigts, avant que j’aie pu comprendre ce qui se passait, la conversation était terminée. Plus de Pascal à l’autre bout. J’étais mal. Je regardais cet appareil bizarre par lequel, je ne pouvais pas passer la main pour essayer de le retenir. J’étais hyper down. Il ne voulait pas me voir tant que je n’avais pas décidé et, il semblait persuadé que j’avais choisi Layne!!!
Prostrée, je suis restée un long moment, assise droite comme un I, à regarder dans le vide; “Les hommes aussi pleurent parfois...”. Je l’imaginais mal pleurer, et si c’était le cas, ça me briserait le coeur. Est-ce que je l’avais fait souffrir? Quant? Aïe.
Je ne pouvais quand même pas lui expliquer qu’il me fallait laisser un peu de temps, parce que j’avais peur de ne pas pouvoir supporter “Lui et Jess”. Que moi non plus, je ne voulais pas le partager. Et pourtant, je lui avais assuré le contraire quant on avait commencé à se voir... J’avais juste peur aussi de me sentir un peu coupable vis-à-vis de Layne, parce que je n’avais pas fait de réel effort pour que ça marche, j’avais été un poids mort dans notre relation. J’avais utilisé Layne comme bouche-trou pour ne pas subir le temps quant je n’étais pas avec lui.
C'était vrai que j’avais pensé lui forcer la main. Puisqu’on restait tous les 2 sur Lausanne je pensais me pointer chez lui. Même s’il m’avait dit le contraire, j’étais presque sûr qu’il ne me repousserait pas. Je suis sûr qu’il s’en était douté, alors il m’a fait clairement comprendre qu’il n’aimerait vraiment pas me voir tant que je ne pourrais pas lui dire ce que j’avais décidé.
“Oh Pascal, ce n’est pas si facile que ça, et j’aimerai bien t’y voir...”
Plus tard ce soir là, je suis passée chez lui. Il n’y était pas. Il avait dû sortir, ou... malheur, damnation, il avait finalement décidé, pour m’éviter, d’aller rejoindre Jess au chalet? Merde. Au bord du traumatisme, j’ai décidé d’attendre chez. Le voir rentrer ferait disparaître la grosse boule qui grandissait dans mon ventre.
Je n’avais toujourspas de signe de vie de Pascal, mais ça je m’y attendais. Étant occupée avec les enfants mardi et mercredi, je n’avais pas eu le temps de trop ressentir le manque.
Layne, égal à lui-même, continuait à se comporter comme si on était toujours ensemble. Il m’a même proposé de partir les 4 jours de congé de Pâques avec lui. Ma 1ère réaction aurait été d’accepter, mais... je ne savais pas si j’avais des chances de les passer avec Pascal... Si je ne le voyais pas pendant ces jours de congé, j’allais plonger dans la déprime. Afff, je ne pouvais quand même pas m’abaisser à l’appeler, il penserait que j’avais pris une décision, ce qui était loin d’être le cas. Voilà... j’étais la caricature déplaisante de ces bonnes femmes qui restent plongés dans l’abstrait et qui attendent en vain un coup de fils qui ne viendrait pas. Lamentable.
Mince... il devrait comprendre que je ne pouvais pas passer mon temps à attendre son bon vouloir quand même...
J’ai fini par dire “oui” à Layne, mais quant j’ai appris que c’était pour aller rejoindre Thomas, Pascal et les autres au chalet... glups... tous les poils de mon corps se sont mis au garde à vous... Euhm, non, ben ça, je ne pouvais franchement pas y aller avec Layne, Pascal sera là, etc'était sûr, il le prendrait mal... heu... très mal. Mais pour essayer de me trouver une excuse, je me suis dit qu’après tout, il aurait dû m’inviter aussi, non? Arf. Je ne pouvais pas faire ça. Maintenant, le tout était de trouver une minable excuse pour annuler. Et j’ai pas été fortiche; je lui ai dit que je n’avais pas envie de voir les autres.
Bidon! C’était hyper bidon. Mais c’est la seule chose qui me soit venue spontanément!
J’étais vraiment mal barré! Je sentais que j’allais passer mes vacances de Pâques à la maison toute seule pendant que Pascal serait en train de s'amuser à la montagne avec sa femme. J’enrageais carrément. Je serais bien montée avec Layne, parce que ça me permettait de voir Pascal... Pour Layne; se serait lui faire croire qu’on était à nouveau ensemble... Pour Pascal; que j’avais décidé de recommencer avec Layne. Quelle galère le rôle de la maîtresse! Layne avait voulu annuler pour rester là avec moi, mais ça non plus je ne pouvais pas accepter. Il a encore une fois insisté pour avoir une réponse et on s’est disputé. Il y avait pas à dire, le long week-end férié s’annonçait bien :(
De toute façon, j’avais raison de lui dire que je ne pouvais pas sortir avec un type qui ne sait pas quoi faire quant une nana lui met la main sur la cuisse, en plus, pire, en la présence de sa copine. La mauvaise foi de Layne m’a presque fait rire; il ne voyait pas ce que ça pouvait faire, puisqu’on était pas ensemble. Hahaha, lui alors !!! Mais bon, je riais seulement intérieurement parce qu’il était hors de question qu’il pense que ce n’était pas grave et que je prenais ça à la rigolade.
Bref, il a décidé qu’il irait dont au chalet avec les autres, et si je changeais d’avis, je savais comment le joindre. Le rat. J’étais de mauvais poil, et j’aurai bien continué notre petite séance de prise de tête, ça m’aurait défoulé. Mais, il est parti bien trop vite!
Thomas avait dû apprendre par Layne que je ne montais pas au chalet finalement, alors il me l’a proposé. J’ai refusé aussi. Je savais que je ne pourrais pas supporter de voir Pascal avec Jess tout le week-end. Non, je ne pouvais pas, j’étais bien trop à cran et je risquais de péter un câble et de faire une bêtise. Valait mieux, même si j’allais morfler, rester tranquillement chez moi.
Je savais bien que Pascal me manquerait, que je lui en voudrais à mort d’avoir passé le week-end avec Jess, que j’allais me sentir abandonnée et seule sans lui. Mais s’il fallait ça pour que je me décide à reprendre ma vie en main; “so be it”.
Pour l’heure, c’était jeudi soir, et je devinais que toute l’équipe allait se retrouver au Tiger pour prendre un verre, mais j’avais décidé de briller par mon absence. J’étais décidée à m’accorder une bonne séance de “boudage” à la maison. Voilà!
Mes 3 neveux et Vicky, la fille de la copine à mon frère, sont venus dormir à la maison. Ça avait été initialisé par le petit Markus qui voulait absolument me voir et dormir chez moi. Du coup, j’ai invité les 2 autres, Dylan et Katchouka aussi, pour qu’il puisse avoir ses cousins pour jouer. Évidemment, la fille de la copine à mon frère voulait aussi venir, donc j’avais 4 petits monstres pour la nuit. Évidemment, qu’ils ont sautés partout, évidemment ils ont démontés mon appart, mais je m’y attendais.
Pour Markus, je suis comme sa petite mère. Il a pratiquement grandi dans mes bras. Dès qu’il a su marcher, comme mon frère et sa femme vivaient au rez, ses premiers pas hésitants ont pris le chemin des escaliers pour venir chez moi.
Quant j’y pense, mon coeur se rempli d’amour pour ce petit bout de chou. Que ne fût ma surprise, un matin avant 8h de trouver ce petit bout d’affaire frappant à ma porte. La sonnette était encore trop haute. Ses petites tapes à ma porte n’était pas très sonores, mais on dirait que les femmes ont un 6ème sens, qui nous sort immédiatement du sommeil le plus profond et nous alerte quant il s’agit d’un enfant. On est très proche. Forcément, j’ai eu la chance de ses 1ers mots, ses premiers petits pas. Le rassurer dans son sommeil. Il a eu aussi malheureusement droit à mes chants de berceuses, hihihihi.
Dans tous les cas, Markus n’aura aucun problème avec les filles plus tard.
Avec mes 4 petits monstres, j’ai aussi invité le petit Roméo du rez à venir jouer avec les garçons. La petite Vicky a été défigurée par un chien, donc elle devient hystérique en présence de tous les chiens maintenant et j’avais dû laisser Maxou chez mon frère. Pauvre Maxou, il a pleuré longtemps et n’a arrêté qu’au retour de mon frère. Je pensais en profiter pour m’occuper de mes 2 nanas, mais c'était pas possible, les garçons voulaient jouer avec les filles. Roméo est venu avec Laura, une de ses copine de classe, pour se joindre à ma troupe. J’ai remarqué que mes 2 petits bonhommes la trouvaient jolie. Et là, chapeau, Markus du haut de ses 6ans m’a épatée, et j’ai su qu’il aura beaucoup de succès avec les filles. Dylan par contre, ça sera dur, il se fera jeter souvent :( Ouais... on dit que les garçons copient leur père, ben j’avais une miniature de mon beau-frère devant les yeux, et c’est un manche avec les filles!
J’avais prévu du matériel pour que les enfants puissent préparer et peindre des œufs pour Pâques avec de petits paniers pour qu'ils puissent les ramener chez eux. Les enfants ont vraiment adoré. Quant ma voisine, Marie, a appelé pour demander à son fils de descendre pour le dîner du soir avec Laura, les gamins ne voulaient pas partir. Comme j’avais prévu pas mal d’oeufs, ils voulaient manger les œufs ensembles.
Mercredi, après avoir ramené tout ce petit monde, passé un moment chez chacune de mes sœurs à coup de renfort en café, j’ai mis le turbo pour rentrer chez moi. J’étais impatience de profiter un peu de mon espace puisque que Patricia n’était pas là.
J’étais raide morte crevée!
* * * * * Et 4 Petits Monstres! (98-mer-08.avril.09)
Mon week-end avait été plutôt mouvementé, donc j’était bien décidée à ne rien faire de la semaine et me reposer. Du mardi au mercredi, les enfants voulaient venir dormir chez tati et j’ai pas eu le coeur de refuser. D’avance, je savais j’allais être sur les rotules, donc le lundi exclu que je me bouge. Dire que je voulais me reposer, ne rien faire, mais il n’y avait pas moyen, ma tête ne me laissait pas tranquille. Catastrophique, j’avais le moral dans les tongues.
La discussion que j'avais eu dimanche soir avec Pascal me tarabustaient sans cesse. Je pouvais très bien comprendre sa position et j’essayais d’imaginer ce qu’il pouvait ressentir. Ciel, quant je pense à la manière que je lui ai balancé tout ça, ça me tordait le ventre. Mais pour ma défense, j’avais eu peur de ne pas avoir le courage de parler de Layne ou de trouver encore de bonnes excuses pour remettre à plus tard, et j’ai manqué de tact.
Je ne veux pas me mêler de ce que tu décide concernant Layne. Ce n’est pas à moi de te dire ce que tu dois faire ou pas.
Je ne voulais pas qu’il me dise ce que je devais faire, mais plutôt ce qu’il allait faire, lui, suivant ce que je décide. J’avais un peu la trouille qu’il choisisse de me jeter aux oubliettes. J’ai été assez stupide pour continuer à le harceler pour avoir une réponse et pour finir, il me l’a donnée, mais ça ne m’a pas aidée.
Je veux que tu me parle, que tu me dise si ça te poserait vraiment un problème.
Pour me rattraper, j’avais enfin trouvé une phrase, qui, me semble, sonnait plutôt bien, et qui pouvait me fournir les réponses que je cherchais. Glups, mais il m’a regardé avec de gros yeux et il a hésité un temps qui m’a semblé interminable.
Si ça me poserait un problème? Comment oses-tu même me demander ça?
Il s’était levé pour regarder par la fenêtre, et dans ma tête je hurlais quelque chose comme; “Et alors???” Quant il s’est retourné vers moi, la couleur de ses yeux avaient brusquement changé et le froncement de ses sourcils ne me disait rien qui vaille.
Très bien. Si tu veux savoir, je ne veux pas que tu sortes avec Layne... carrément avec personne d’autre. Ça me dérange même que tu continue à voir Layne. Voilà, t’es contente? Je suis extrêmement jaloux même si je ne le montre pas. L’idée que tu puisse dormir dans les bras d’un autre me rend malade et hyper nerveux. Tu sais Jane, des fois, tu fais des trucs que je n’aurai jamais accepté de personne d’autre. D’ailleurs, je ne sais même pas pourquoi je laisse passer.
Il a soupiré en baissant la tête.
C’est peut-être pas ce que tu voulais entendre... Tu sais que je t’aime, tu n’as pas à en douter et je sais, je suis marié aussi. Je n’ai absolument pas le droit de t’interdire de voir quelqu’un d’autre. Mais voilà... Tu ne pouvais pas imaginer que je te dise que... “ça me va... sort avec qui tu veux, que tu as le droit d’être heureuse”? Oublie, je ne pourrais jamais dire ça. Et même si je le disais, je ne le penserais pas vraiment. Ce sont des foutaises qu’on entend dans les films, des conneries que personnes ne pensent dans la vie réelle.
Bien sûr que j’aimerai que tu sois heureuse. Je ne sais pas si tu es heureuse, je ne sais pas si j’arrive à te rendre heureuse, ou si j’arriverai à te rendre heureuse. Je... La plupart du temps, je ne sais même pas où je vais, ni ce que je fais... Je ne m’étais jamais senti aussi perturbé de toute ma vie... C’est... Je déteste assez ça.
Pascal m’a serré dans ses bras en soupirant. Soulagement? Lassitude? Je crois qu’il tremblait un peu, ou... c’était peut-être moi?
J’ai peur que tu sois toujours amoureuse de Layne. Ça me rend nerveux. C’est justement, le fait que je sois avec Jess qui me rend mal à l’aise pour te dire ce que j’en pense ou ce que je ressens, ou souvent, à fermer les yeux. Mais, en même temps... je crois que tu le devine très bien.
Et je fais quoi moi de tout ce temps quant tu es avec “elle”?
Il m’a lâchée et il s’est assis. Moi aussi. Et j’ai attendu... C’était vachement long. Je m’attendais à quelque chose comme “Je comprends. Je ne peux pas t’obliger à poireauter à m’attendre. Tu dois faire ce qui est mieux pour toi” ou encore “C’est vrai, je comprends, tu as raison. Je ne peux pas, vu ma situation, t’obliger à rester célibataire”... En fait, si je voulais être honnête avec moi même, je voulais me justifier pour pouvoir faire ce que je veux, donc ressortir avec Layne. et qu’il ne puisse pas me le reprocher.
Ok. Pour faire simple, pas question que tu sorte avec Layne et avec moi. Tu dois choisir. Je n’ai peut-être pas le droit de dire ça, mais je regrette, tu ne peux nous avoir tous les 2. T’es ma copine ou tu l’es pas. Pas question d’accepter de te partager avec qui que ce soit. Voilà... C’est assez clair comme ça?
Je le regardais, à mon tour, avec de gros yeux. Je ne m’attendais pas à celle-là. Toute la conversation que j’avais eu avec lui, dans ma tête, ne ressemblait pas à ça! D’un côté, c’était chou; il ne veut pas me partager, donc il me veut à lui tout seul. Oui, mais... moi, je ne l’avais pas à moi toute seule?
Je ne voulais pas te mettre une pression quelconque, ni te forcer à choisir entre nous 2, et pourtant... Tu dois bien faire un choix. Tu ne pouvais pas espérer nous avoir tous les 2! Je ne sais pas pour Layne, mais moi, ça ne me va pas. Et ça m’enrage de devoir parler de cet abruti quant on est ensemble. Une petite question? Est-ce que tu as déjà eu cette conversation avec... l’autre?
Ce n’était pas le moment, maisj’ai failli rire de la manière qu’il avait dit “l’autre”? Non, je n’avais pas parler de ça avec Layne. J’avais peur des réactions à Pascal; il pouvait me couper de sa vie du jour au lendemain, ce serait nettement plus dur. Pascal était plus important pour moi. Enfin, je crois, alors c’était plus vital pour moi d’en parler avec lui en 1er. Ensuite, je verrais ce que je ferais. Mais, j’avais un peu gâché l’ambiance de notre petit tête-à-tête dimanche soir. Il nous a fallu un moment pour essayer de faire semblant d’oublier tout ça pour profiter du peu de temps qu’on avait.
Pascal avait gardé ses distances le reste de la semaine. Il attendait sans doute que je fasse le 1er pas. Pas, qui signifierait que j’avais pris une décision. J’était un peu perdue, je ne savais pas quoi faire. J’avais envie d’être avec Pascal, je n’avais pas envie de le perdre du tout.
Layne, lui, savait s’insinuer assez efficacement dans ma sphère. Il m’avait proposé de sortir manger un truc ensemble lundi soir. J’avais trouvé tout un tas d’excuses pour refuser. Malin, il s’était pointé chez moi, et s’était bien rendu compte que mes excuses étaient bidons.
On en était au café quant 2 de ses copains se sont pointés avec Alexia. Intérieurement, j’ai un peu tiqué. Avec alexia, c’était marrant de voir qu’on discutait avec tout le monde, sauf ensemble. On avait collé 2 tables, et comme on était là pour dîner, Layne et moi étions face à face, Alexia en a profité pour s’asseoir à côté de Layne et j’avais l’impression qu’elle avait la main sur ses genoux. Ça me faisait enrager, mais dignité oblige, avec le sourire. Ce qui m’énervait était que Layne ne faisait rien pour lui enlever la main.
Sur le chemin du retour, je ne tenais plus et je lui ai posé la question. Effectivement, elle avait posé sa main sur sa cuisse, mais, soi-disant, qu’il n’avait rien fait parce qu'il ne voulait pas que ça fasse des histoires, et pour éviter que je m’en aperçoive, il avait préféré ne pas réagir. Il ne voulait pas qu’elle nous gâche la soirée. Il ne voulait pas que les manigances d’Alexia m’atteignent. Mouais... Il me prend pour une conne ou... il ME prend pour une CONNE??? Pas question que je fasse une scène ou qu’on se prenne la tête. J’avais d’autres chats à fouetter.
En rentrant, je me suis roulée en boule sur le canapé, j’avais drôlement envi de pleurer, mais avant ça... valait mieux que je réfléchisse, que je fasse ma petite liste de “Pour & Contre”, après on verra!
* * * * * Le Moral dans les Tongues (96-lun-06.avril.09)
J’ai profité que Pascal se soit endormi pour m’éclipser en douce. Je ne voulais pas qu’il ait à me demander de partir, ni qu'il me raccompagne à ma voiture sinon je n’aurai plus envie de partir.
Et comme d’habitude, une fois sur le chemin du retour, je regrettais déjà d’être partie. Je ne voulais pas lui coller aux pattes non plus parce qu’après tout, quant j’étais arrivée hier soir, il m’avait assez clairement fait comprendre qu’il fallait que je rentre après. Je pouvais comprendre qu’il préfère attendre de savoir ce que j’allais faire avec Layne. En plus, j’avais laissé mon pauvre chien à la maison, tout seul. Je ne savais pas si ma copine était là où pas.
Maxou dormait derrière la porte. Il avait été tout seul toute la soirée, ma copine n’était pas là. Il m’a attrapée par la manche comme il le fait souvent pour me faire la fête et il m’a traînée à la cuisine pour la peine. Il n’avait plus rien à boire. Pauvre chou. J’suis vraiment une mère indigne! Après l’avoir promené, je me suis écroulée dans mon lit. Pour me faire pardonner de l’avoir abandonné toute la soirée, je l’ai laissé grimper sur le lit et se rouler en boule à mes pieds.
Ne recevant pas de réponses à ses messages Layne a débarqué chez moi vers les midi.
Arf, j’suis pas du tonnerre au saut du lit. J’ai besoin d’une tonne de café avant de fonctionner normalement. Pour me laisser le temps d’émerger, Layne a sorti Maxou. Dès qu’il a passé la porte, telle une tornade, j’ai sauté du lit pour me préparer. Ça me fichait le tournis de me lever si précipitamment.
Quant, Layne et Maxou sont revenu de la promenade, j’étais assise au salon et j’en étais à ma 2ème tasse de café. On a été mangé un petit truc au bord du lac. Layne avait faim, moi pas encore.
Je trouvais un peu bizarre que Layne me colle aux basques comme ça. Connaissant Layne, je suis sûre qu’il avait des tonnes de trucs prévus. Et c’était bien le cas. On a été rejoindre des copains à lui pour faire une partie de bowling. Moi je n’ai fait que regarder, je n’avais pas envie de me bouger, c’était dimanche et normalement, j’aime rester sous la couette.
Je me demandais ce que pouvais bien faire Pascal en ce moment...
J’étais bien là avec Layne, mais j’aimais aussi être avec Pascal? Plus? Arf, si seulement j’arrivais à voir clair dans le labyrinthe de mes sentiments ou dans ma tête... Pascal m’avait envoyé un petit sms pour me dire que je lui manquais, qu’il aurait bien aimé que je reste. Il me demandait aussi ce que je faisais et proposait de passer me chercher. Hum! Je ne pouvais pas lui dire que j’étais avec Layne, ça lui aurait fichu en l’air sa journée, donc pour ne pas mentir, je lui ai seulement répondu que j’étais au bowling.
Pascal m’a invitée à manger chez lui le soir. L’air de rien, j’étais gagnée par l’anticipation... très impatiente de le voir! Pourtant, j’étais là avec Layne, et j’étais très bien. Je ne pense pas que j’aurai eu envie d’être ailleurs si Pascal ne m’avait pas proposer de passer du temps avec lui. Ça finissait par me perturber.
On a été prendre un verre, toute l'équipe, après le bowling...
Layne, ne se doutant pas de ce qui pouvait se passer dans ma tête, souriait détendu tout en passant ses doigts dans mes cheveux, comme il le faisait toujours ou en me caressant la nuque. En d’autres circonstances, c’était un geste qui me calmait, mais là... il n’y avait pas moyen. J’avais envie de rentrer chez moi.
Ce n’était pas facile de trouver une excuse pour me débarrasser de Layne après avoi passé une chouette après-midi avec lui, il avait été adorable et charmant. Mais j’avais envie de me couler dans un bain, lire un peu, peut-être aussi m’affaler un moment sur le canapé de mon sanctuaire et regarder la télé. Tout ça, question de profiter un peu de mon dimanche et d’un moment de solitude bien mérité avant de rejoindre Pascal pour dîner.
Si Pascal n’était pas aussi adorablement "lui"; si mignon, si sexy, sans petits travers détestables et le meilleur partenaire sexuel de la planète, rien que pour sa cuisine, ça valait le détour. J’allais finir par ressembler à un hippopotame!
On a voulu profité d’un des derniers feu de cheminée et on a mangé devant en batifolant comme des enfants tout en savourant les délicieux plats qu’ils avaient préparés rien que pour moi. Miam.
On a fait l’amour toute la soirée... Je n’ai pas trouvé le courage de lui dire que j’avais passé l’après-midi avec Layne...
* * * * * Entre les 2 mon coeur balance! (95-dim-05.avril.09)
En rentrant, j’ai eu de la peine à m’endormir, j’avais la peur au ventre. Je ne voulais absolument pas perdre Pascal et pourtant... c’était peut-être déjà fait. Il avait un truc sportif alors je ne voulais pas le déranger mais j’aurai bien voulu l’appeler pour lui demander s’il était fâché, mieux, j’avais envi de retrouver la sécurité de ses bras.
Je n’avais pas envie de sortir le soir, pour éviter de croiser Layne, mais j’avais trop envie de voir Pascal.
Thomas m’a invitée à une petite pré-soirée chez lui. Cela faisait un moment que je n’y allais pas. Il avait déjà pas le moral parce que Pascal ne venait pas, il voulait savoir s’il pouvait compter sur moi. J’ai accepté. Puis après de longues réflexions, j’ai décidé d’envoyer un petit message à Pascal pour lui dire que e serais à la petite fête chez Thomas. C’était une manière d’entrer en contact avec lui et en même temps pour voir s’il n’était pas trop fâché. Je m’attendais à un message en retour pour me dire qu’il n’y allait pas ou s’il avait changé d’avis. Niet. Désespoir total. Ça devait être plus sérieux que je ne le pensais.
Rien de la journée, j’avais le moral à zéro...
J’étais contente d’aller chez Thomas parce que d’une certaine manière bizarre c’était comme un trait d’union avec Pascal. Savoir que Pascal n’allait pas être là, je savais que j’allais trouver la soirée ennuyeuse.Jess était, je pense, ravie de me voir, cela signifiait que je n’étais pas avec Pascal. Je remarquais qu’elle était légèrement cul-et-chemise avec Caroline, ça m’a un peu contrariée. Elle a quand même été très agréable, Thomas n’aurait pas toléré autre chose.
Il y avait une fille que je n’avais jamais vue auparavant; les cheveux courts, assez grande, athlétique voir musclée. Elle avait l’air plutôt renfermée, mais il était difficile de ne pas la remarquer. Je me demandais d’où elle sortait. Elle n’était pas une des copine à Caroline, ni à Jess, et semblait plutôt se plaire en la compagnie des garçons. J’ai fini par demander à Thomas; c’était une nouvelle, une fille qu’ils avaient rencontrés dernièrement. Il était évident qu’elle était sportive et je n’ai pas été surprise d’apprendre qu’elle faisait du basket.
J’ai dû détourné le regard parce qu’elle avait remarqué que je l’observais.
Puis les battements de mon cœurs se sont accélérés dangereusement; Pascal venait de passer la porte. "Iaaaah, il est venu??" Peut-être que... c’était... parce que j’étais là. En tous cas, je l’espère. Nos regards se sont croisés, et il m’a souri et ça ne s’est pas arrangé quant il est passé me dire bonjour. J’ai eu de la peine à me replonger dans la discussion avec ceux qui m’entouraient.
Évidemment, ne pas le regarder, c’était trop dur, alors je le suivais discrètement du regard par le biais des baies vitrées.
On a pas pu discuter, et je ne savais pas s’il était fâché où pas. Un des rares moments où il était à porté de mains, il y avait trop de monde. Il était venu s'asseoir sur le bord du canapé et participait à la discussion, mais il était aussi à côté de moi et je ne pouvais pas vraiment tourner vers lui sans que cela se remarque. Je ne trouvais rien à dire pour engager la conversation qu’avec lui, et en plus, les autres m’auraient entendu, rhhhh... poisse.
Quant le groupe allait se séparer pour sortir, Pascal était justement assis sur le bras du canapé, et comme je savais pas quoi faire d'autre que partir, il m’a attrapé par la main pour me faire rester. Ouffff, sinon, j’aurai été hurlé ma connerie dans la voiture sur le chemin du retour.
Pascal n’avait pas l’intention de sortir ce soir, mais avait changé d'avis en recevant mon message. S’il voulait me voir, il n’avait plus qu’à venir chez Thomas. J’ai trouvé ça chouky et je lui aurais sauté au cou si on avait été que les 2. Même s'il était fâché avec moi, il était quand même venu, c'était bon signe!!!
C’est le moment qu'a choisi Layne pour faire son apparition. Même si je parlais à Pascal, Layne s’est pointé comme un grand. Ils se sont salués et Pascal s’est éclipsé. Zut, je n’étais pas préparée à voir Layne et je ne savais pas si Pascal allait en boîte ou non. Zut et re-zut.
Je n’avais pas l’intention d’aller en boîte, je ne voulais que rentrer chez moi et Layne voulait discuter. Il avait deviné que je n’avais pas répondu, exprès, à ses coups de fils, il voulait qu’on aille ailleurs pour parler. Non, non, je n’avais pas envie de le laisser me coincé où que ce soit et pas envie de parler. Comme il insistait, je lui ai dit que je ne savais pas encore quoi lui répondre, qu'il me fallait plus de temps. J’ai pensé lui mentir et lui dire que j’allais le retrouver en boîte, mais finalement, je ne l’ai pas fait. Je rentrais, pourquoi le lui cacher? Ben, peut-être pour éviter qu’il me suive comme il a voulu le faire.
Je mentirais si je disais que je n’étais pas sensible au charme de Layne, parce qu’il savait être tout à fait chouky et adorable. C’était difficile de lui dire n aussi, il finissait toujours à obtenir ce qu’il voulait.
On a été prendre un verre ensemble dans un petit bar tout près de chez Thomas, etc’était sympa! Il attendait toujours ma réponse mais, ça ne l’empêchait pas d’être adorable en attendant. J’aurai peut-être dû lui dire carrément que je ne pensais pas que ce soit possible de ressortir ensemble, mais je suis trop lâche. Et je dois reconnaître que j’aime être avec lui malgré tous ses travers. Je suis loin d’être parfaite alors je ne pouvais pas lui lancer la pierre!
En rentrant, j’ai réalisé qu’il me suivait. J’imagine que c’était pour s’assurer que je n’allais pas ailleurs, où rejoindre Pascal, où... pour se sentir tranquille sachant que j’étais bel et bien chez moi??? Hum!
C’était vrai que j’avais drôlement envie de voir Pascal. On avait gardé nos distances toute la soirée. Si j’étais raisonnable, je devrais lui laissé un peu d’espace mais, après avoir tourné en rond comme une hélice chez moi, je n’arrivais pas à me raisonner. J'imagine qu'il pourrait difficilement me demander de partir si je me pointais chez lui même s'il était fâché.
Je ne pouvais quand même pas, ne pas profiter du week-end, alors qu’il était à son appartement, sans Jess, sans toute la faune qui l’entoure toujours, ç’aurait été trop bête.
En arrivant chez Pascal, j’ai d’abord vérifié si sa voiture était bien là, puis ses fenêtres depuis le parc, en espérant qu’il soit toujours réveillé. Pas de lumière. Zut. Avant de sonner, j’ai préféré l’appeler sur son portable. Il était tout ensommeillé, il dormait déjà. Bon d’accord, c’était quand même très tard!
Jane, écoute moi... Je n’aime pas trop me retrouver entre 2. Écoute, peut-être qu’on ferait mieux de se laisser un peu d’espace et réfléchir un peu, tu crois pas?
Aïe, ça fait toujours mal d’entendre ça. Pascal pensait que ce n’était pas une bonne idée de passer chez lui tant que je n’avais pas pris une décision concernant Layne. J’avais envie de le voir, alors qu’importe, j’avais laissé ma fierté au vestiaire, alors j’ai insisté. S’il aurait fallu, j’aurai même supplié. Iaaak, et Dieu c’est que je déteste ça. Je l’ai entendu soupirer, hésité, puis sa voix s’est radoucie pour se transformer en câlins. Ça lui avait fait plaisir mon message et aussi de me voir chez Thomas même si on ne s’était pas beaucoup parlé.
Puis brusquement Pascal avait changé d'avis et a décidé de passer me chercher (pour éviter que ma voiture ne traîne devant chez lui). Mais j’étais déjà là. J’ai été donc parquer ma voiture dans un parking un peu plus loin et Pascal est passé me prendre là-bas.
Qu’est-ce que tu me fais pas faire toi alors...
Pascal avait juste enfilé un sweat sur un jogging, il était chou avec ses cheveux qui lui tombaient devant les yeux. J’avais envie de lui sauter au cou, mais valait mieux attendre d’être chez lui.
A peine entré, Pascal m’a plaquée doucement contre la porte fermée, avec un de ses petits sourires qui me faisait perdre le nord. Tout en me déshabillant, il m’embrassait dans le cou, ce qui me faisait frissonner jusqu’à la pointe des cheveux. Le bruit des battements désordonnés de mon coeur m’assourdissait. J’ai voulu tenter de me justifier ma présence à une heure pareille, mais il m’a fait taire en me posant un doigt sur les lèvres. Tout en m’embrassant, il a murmuré qu’il n’avait pas envi de parler. Je fondais sous les caresses de ses mains chaudes et douces. J’aurai été incapable d’aligner 2 mots à ce moment là de toute façon. Puis, il s’est interrompu en plongeant son regard vert dans le brouillard du mien.
Tu veux que j’arrête? Tu préfère parler?
J’ai secoué la tête; “Non”. Quelle idée, bien sûr que non. Mais il le savait bien d’ailleurs. De ce côté là, il me connaissait par coeur. Je lui avais manqué, je le sentais. Il m’avait manqué aussi. Tout en passant mes doigts dans ses cheveux et en m’agrippant à lui, je me demandais comment j’avais eu la force de passer le week-end dernier loin de lui. J'aimais trop être dans ses bras, trop trop faire l'amour avec lui. C'était comme un aller direct au paradis en 1ère classe, au paradis de la sensualité, de la communion, ne former qu'un. Il était tendrement fort, tendrement doux, tendrement câlin et tellement passionné... Ciel, après tout ce temps, je ressentais les mêmes émotions que la 1ère fois. Jamais je n'arriverais à supporter de ne plus être avec lui comme en ce moment. Impossible. Il savait transformer les moments les plus anodins en palpitations et faisait augmenter mes pulsations.
Et dire que je m’étais promise de ne pas passer la nuit chez lui. Juste le voir et rentrer... J’étais perdue. C’était fichu pour moi, ma tête n’était déjà plus au commande. Pourtant, il m'a bien fait comprendre que c'était préférable que je rentre après...
C’était un peu tard pour aller faire ce que j’avais prévue... hum... Ils devaient tous être dehors à faire la fête. Forcément, c’était vendredi soir et samedi était congé! Mais qu’importe, j’avais la bougeotte tout à coup.
Mon 1er passage a été chez Layne;
Comme de bien entendu, il n’était pas là. Il était sûrement à traîner dans un des nombreux bars qu’il avait l’habitude de fréquenter, lui et ses copains. J’irai voir ça après avoir fait un tour du côté de chez Miss Tennis et Alexia. Il n’était pas chez l’une d’elle, quoique, normal s’ils étaient déjà en boîte ou ailleurs.
Mon 2ème petit passage a été chez Pascal;
J’avais prévu de passer chez Jess après aussi. Persuadée que Pascal n'était pas là non plus, je n’avais pas été très discrète en faisant le tour pour aller dans le parc. Surprise de voir de la lumière, je ne m’attendais pas à ce que Pascal soit chez lui, j’ai grimpé sur le toboggan pour voir à l’intérieur. Il y était et jouait de la guitare. La télé était allumée mais il ne la regardait pas.
Qu’est-ce qu’il était mignon! Même à distance en le regardant j’avais le coeur qui s’affolait. Mince. Il me fallait toute la raison du monde pour ne pas courir vers lui. Diable. J’aurai pu passer des heures là à le contempler si je n’avais pas peur de me faire surprendre, où qu’en m’apercevant un des voisins appelle la police. J’aurai l’air maligne!!!
Pourquoi est-ce qu’il n’était pas sorti avec les autres? Pourquoi être rentré après le verre chez Thomas? Ou est-ce qu’il n’y avait pas été? J’adorais carrément le regarder comme s’il était un film et pourtant il ne faisait rien de spécial; il grattait seulement une guitare!!! Mais au moins là, dans le noir, personne ne pouvait voir à quel point j’étais folle de ce mec. Je pouvais le dévorer des yeux avec un sourire bêbête, personne ne pouvait le remarquer.
Ensuite j’ai fait un truc complètement barge... je l’ai appelé. Depuis le parc, je l’ai regardé s’emparer avec empressement de son natel qu’il avait à portée de main. Je n’étais donc pas la seule à faire ce genre de conneries. En voyant mon nom, je l’ai vu sourire et poser sa guitare sur le canapé. Je n’avais absolument aucune idée de ce que j’allais lui dire, mais j’avais trop envie d’entendre sa voix.
Pascal voulait savoir où j’étais et si je pensais passer? Arf, du coup, comment y résister? J’ai dit que j’avais envie de le voir, mais que j’avais un truc à faire avant. Il voulait savoir quoi, mais je pouvais pas lui dire que je voulais aller voir ce que faisait Layne et savoir s’il était sérieux quant il m’a demandé de ressortir avec lui. Que ça allait m’aider à prendre une décision... Finalement, et là, je ne sais pas pourquoi, je lui ai dit que j’étais dans le parc et que je pouvais le voir d’où j’étais.
Qu’est-ce qui m’a pris... suis cinglée ou quoi?
Pascal est sorti sur son balcon et il m’a vu. Je lui ai fais signe. Il voulait que j’aille chez lui, comme je ne voulais pas, il voulait venir me rejoindre, mais j’ai refusé. J’avais encore des choses à faire et que j’étais encore fâchée avec lui. J’ai osé lui avoué que je regrettais presque de l’avoir appelé mais j’avais envie d’entendre sa voix. Il souriait sûrement, mais comme il était sur sa terrasse, je ne pouvais pas voir son visage, mais je l’entendais dans sa voix. Et je lui ai avoué que j’avais envie de le voir... de loin comme ça.
On a bavardé un moment comme ça, en se regardant à distance. C’était assez chouette finalement.
Pascal voulait savoir si j’allais vraiment passer après où si j’allais le fuir comme le week-end passé. Mais j’allais passer, j’en étais presque sûre, même si j’étais, je crois, encore fâchée. Je ne pouvais pas résister à l’envie d’être dans ses bras.
Je suis donc repartie en quête de ma réponse... à propos de Layne!
J’ai fini par trouver la voiture de Layne près d’une des boîte qu’on fréquentait. Je ne pouvais pas décemment y entrer pour voir avec qui il était, ni vraiment attendre de le voir sortir, j’étais impatiente de retourner vers Pascal. Est-ce que c’était vraiment raisonnable? Sûrement pas. Finalement, en attendant de me décider, je suis restée dans le parking et j'en ai profité pour réfléchir un peu.
Ce n’était peut-être pas une bonne idée de dormir chez Pascal, qui penserait que je passerais le week-end avec lui et minimiserait ce que je pouvais ressentir après qu’il ait annulé notre week-end. En même temps, ciel, j’avais envie de passer la nuit avec lui, d’être dans ses bras, de faire l’amour avec lui. Envie de l’entendre murmurer à mes oreilles que j’en frissonnais. Ridicule. Je ne devrais sûrement pas faire ça. Pascal avait un match dans la matinée, il était déjà passé 3h samedi matin, devrais-je l’avertir de ne pas m'attendre?
Je ne pouvais pas résister à l’envie de voir Pascal, alors je suis partie. J’avais décidé de ne pas passer la nuit chez lui, alors j’ai été me poster dans le parc à nouveau. Après l’avoir regardé un moment, je l’ai rappelé et lui ai dit où j’étais, que je ne voulais pas aller chez lui sinon, je n’aurai plus envie de repartir.
-Alors tu es encore fâchée avec moi? Tu m’en veux beaucoup.
C'était juste un murmure en me prenant dans ses bras, mais arffff, comment lui en vouloir... après ça. Pffff, j’étais cuite. Non, non, non, je ne voulais pas me laisser avoir si facilement, ou... peut-être me laisser couler dans ses bras juste une petite minute et après je pourrais... re-être fâchée... arffff, ses lèvres si douces, ses baisers si tendres... arfff... j’étais fichue.
Après un effort surhumain, je l’ai repoussé (sans trop de conviction, ce qui le faisait sourire).
-Oui, suis hyper toujours fâchée. En fait, je suis pas sûre que je suis vraiment fâchée, je sais seulement qu’il faut que je fasse attention de ne pas trop... m’attacher, de garder un peu mes distances.
-Aïe. Je vois!
Après quelques bisous-bisous, je ne savais même plus comment je m’appelais, fallait que je me sauve avant de me laisser entraîner chez lui.
-Donc, tu m’évitais vraiment le week-end passé. Tu pouvais venir quant tu voulais, mais... tu ne voulais pas me voir? C’est ça?
-J’ai passé le week-end avec Layne.
Ben voilà... Si je voulais le refroidir, j’avais réussi. Il m’a lâchée, son sourire avait disparu et il a reculé d’un pas pour me regarder en grimaçant.
-Je croyais que c’était un poisson d’avril. J’avais tord?
-Layne m’a demandé de ressortir avec lui.
-Tu lui as dit non j’espère?
-Je n’ai rien répondu. Mais j’avoue qu’avec toute la semaine que je passe seule, tous les week-end que tu passera avec Jess... Je ne sais pas...
Pascal a hoché la tête, son regard c’était assombri. Aïe, je crois que j’avais manqué singulièrement de tact en lui balançant ça de cette manière. J’ai essayé de lui dire que j’avais juste parlé en vrac, je ne savais pas comment le lui dire. Je n’avais pas pu lui en parler au téléphone et on avait pas vraiment eu l’occasion de se parler alors!
Pascal ne disait rien. Il restait là, le regard fuyant et il contractait sa mâchoire. Je pense qu’il devait être perplexe ou fâché, je ne savais pas bien. J’aurai préféré qu’il me parle, qu’il pose des questions, je ne sais pas, quelque chose pour qu’on puisse s’expliquer. Mais au lieu de ça, il a passé la main dans ses cheveux, et m’a dit qu’il préférait rentrer. Il ne pouvait pas m’aider et n’en avait pas envi. Que je savais où le trouver quant j’aurai décidé ce que je voulais.
C’était pas bon. Et voilà que je me mettais à parler comme lui... Je ne pouvais rien faire de plus que de le regarder partir. Mais... je ne voulais pas le voir partir...
-Pascal?
Il s’est arrêté mais sans se retourner. Il n’avait pas envi de me regarder. Il était sûrement très fâché et en colère.
-Est-ce que t’as couché avec lui?
Glups... hein? C’était quoi cette question? Zut, ça ne le regardait pas vraiment. C'est pas lui qui était marié là? Pas moi... Il n’avait pas le droit de me poser ce genre de question?
-Et toi? Avec Jess?
On était dans une impasse. A voir comme il a baissé la tête, je n’avais pas envie d’entendre la réponse, je la connaissais déjà. J’ai reçu un coup de poignard en plein coeur, et pourtant... je n’avais pas à lui poser ce genre de question parce que je connaissais très bien la situation et je l’avais acceptée...
-Tu devrais rentrer, c’est pas prudent de traîner dehors comme ça, aussi tard...
Arfff, le néant complet. Je ne savais pas quoi faire et mes pieds pesaient une tonne. J’avais envie de dormir et de remonter le temps ou me réveiller en ayant perdu la mémoire.
-Viens, je t’accompagne à ta voiture.
On a marché en silence. J'avais envie de me frapper la tête contre les mûrs, de me suicider en me pendant avec ma langue. J’avais envie de pleurer. Comment avait-on réussi à tout foutre en l’air... Non, comment j’avais réussi en une demi minute à foutre en l’air la soirée. Stupide. Tout ça pour ne pas fondre, pour ne pas me laisser aller? C’était stupide. Je tremblais de trouille. Est-ce que j’avais tout gâché? Est-ce que je l’avais perdu? Avec quelques mots stupidement dites? C’était vraiment trop bête.
Je crois bien que je l’avais perdu. Je me sentais drôlement vide... et triste.
* * * * * * Je ne fais que des bêtises... quant tu n'es pas là! - (94-sam-04avr09) part 1
Après avoir jeté Layne dehors, j'ai dormi comme un bébé. J'étais crevée.
J'ai passé la journée à regarder mon natel sonner. Je n'avais pas l'intention de répondre, je faisais la grève. Na! Je me torturais le cerveau pour savoir si j'allais sortir avec Layne ou pas... Je n'étais pas sûr que je devrais.
Layne s'était fâché en me sentant indécise, il devinait que cela avait quelque chose à voir avec Pascal. Hier soir, Layne m'a demandé de ressortir avec lui. Il ne voulait pas que ce soit terminé. Il tient à moi (je me demande pourquoi, suis une vrai peste) plus qu je ne l'imagine et voulait qu'on reprenne à zéro. Je n'avais pas dit grand chose à part qu'il me fallait y penser. J'étais perturbée par les "hypothétiques week-end avec Pascal". Alors, Layne m'a posé un ultimatum; il voulait ma réponse ce soir.
Alors... je ne répondais plus au téléphone!
Il me fallait voir Pascal, mais ça fichait en l'air mon besoin de lui faire comprendre que je lui en voulais d'annuler nos week-end. J'étais dans une impasse, et lâche comme je suis, je n'avais qu'une envie; me couvrir la tête avec mon coussin et dormir jusqu'à tout oublier. Je n'arrivais pas à me résourdre à voir Pascal, je ne savais pas comment lui parler. Je ne pouvais pas non plus prendre le risque de sortir, si je croise Layne, je fais quoi?
C'était horrible... je n'avais pas répondu à Pascal et je l'imaginais essayant de me joindre sans succès. Il devait se poser des tas de questions. Tant pis, le week-end passé, c'était moi. Et Layne? Il devait commencer à s'énerver de ne pas savoir si on se voyait ce soir. Je suis une horrible personne, trop lâche, trop faible, incapable de me décider. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire?
Non. Je n'avais pas le choix, j'allais rester assise en boule sur le canapé avec mon natel à porter de mains à le regarder sonner sans regarder qui c'était... à bouder!
Finalement vers les minuit et demi, j'ai décidé d'aller espionner Layne et Pascal pour voir comment je leur manquais... J'espère que ça m'aidera à me décider!!!
Pascal avait tendance à se laisser emporter parfois par ses sentiments ou par des élans de tendresses sans penser une seconde aux conséquences, mais fallait avouer que c’était une des choses que j’adorais chez lui. Contrairement à lui, je passais trop de temps à brouter dans ma tête, qu’hélas, je ne laissais pas assez ma spontanéité parler. Probablement parce que ça m’avait joué des tours dans le passé...
Après lui avoir rendu la monnaie de sa pièce pour le 1er avril, on est parti marcher un peu au bord du lac. C’était surtout un prétexte pour pouvoir se prendre la main, s’embrasser et se serrer l’un contre l’autre.
En rentrant, j’ai fait un peu la grimace parce que j’avais oublié que j’étais sensée être encore fâchée avec lui à cause du week-end passé. On se voyait épisodiquement, ce qui fait qu’il était parfois difficile d’aborder certains sujets qui fâchent peut-être, parce qu’on aurait pas le temps de les régler. Les seuls vrais moments qu’on avait pour ça, c’était le week-end, et même ça, ça ne marchait pas vraiment. Pascal avait voulu faire autre chose le week-end passé, alors quant on a quelque chose sur le coeur, on était obligé d'attendre, attendre encore, attendre le bon moment... C’était chiant.
Je n’avais pas pu lui dire que j’avais passé le week-end passé avec Layne, j’avais oublié que c’était ce fichu 1er avril. Du coup, après ma petite blague, je ne pouvais pas corriger le tir. Je crois que Pascal pense que ce n’était qu’une blague, alors quant je lui dirais que tout n’était pas faux, il allait mailler. Zut.
Il fallait que je lui le dise avant qu’il ne l’apprenne par quelqu’un d’autre parce que là, il m’en voudra. Il est patient et compréhensif, mais faut pas pousser non plus. Je ne pouvais non plus pas le lui dire par email, parce que je ne serais pas là pour voir sa réaction et m’expliquer au cas où. En plus, il n’avait pas dû remarquer que je pouvais même être fâchée pour le week-end, comme je l’avais oublié moi-même. Zut, zut et re-zut.
Ce soir, Thomas invitait des copains chez lui pour un verre avant de sortir prendre encore un verre au Tiger. Je n’avais pas envie d’y aller. Pascal allait sûrement être présent et je ne pourrais pas lui parler, et plus le temps passait, plus cela devenait difficile d’en parler. Et, j’allais prendre un verre avec Layne!
Je n’avais pas vraiment envie de sortir ces temps, je crois que j’étais denouveau dans une de mes périodes antisocial...
Layne et moi avons été mangé une pizza. Il était toujours aussi plein de charme que par moments, j’oubliais qu’on était plus ensemble. Une des choses qui me dérangeait chez Layne était sa manière remarquer le regard des autres femmes et de leur sourire. C’était agaçant, et ça me rappelait que j’avais eu la bonne inspiration de ne plus être sa nana. Mais bon, même ça c’était charmant chez lui et je me détestais de le penser. Quant on sort avec un mec pareil, on se sent vite insécure et c’était loin d’être cool.
A cause de ça, il était facilement abordable par les autres filles qui ne se gênait pas pour lui adresser la parole... (après tout, il leur avait bien souri, non?). Elle ne se gênait pas malgré la présence de son, évidente, petite amie, de lui donner leur numéro de téléphone. C’était difficile et même gênant de courir vers lui et lui arracher les billets et rabrouer la fille. Agaçant!
Layne m’a proposé de retourner chez lui pour prendre un dernier verre, mais je n’avais pas envie de prendre le risque ce soir. Il a proposé demain soir, et je lui ai dit que je le rappellerais. Je n’étais pas allée chez Thomas et Pascal me manquait, j’étais trop vulnérable. Même si c’était un crève-coeur, et que ça allait être très dur, je ne pensais pas sortir du week-end, ni voir Pascal non plus. C’était ma manière de lui faire savoir que j’étais toujours un peu fâchée.
J’espérais lui manquer...
Layne m’a accompagnée à ma porte. On s’est embrassé pour se dire bonne nuit, mais, c’était toujours encore une, une dernière, et encore une autre petite dernière... Layne n’avait pas l’air de vouloir rentrer chez lui, ni de me laisser rentrer chez moi. J’avoue que je me laissais charmer et après un de ses petits sourires dont il avait le secret, j’ai fini par le laisser entrer. On a traîné jusque tard, à bavarder, à flirter, et avant de partir, il a réussi à me soutirer la promesse de sortir avec lui vendredi soir.
Après tout, pourquoi pas... Ça m’éviterait de trop penser à Pascal...