112/14 - Lâcher prise?
Mardi 22, avril 2014 - 112/14 - Lâcher prise?
Vers minuit, voilà que Caroline m’appelait! Elle n’arrivait pas à trouver le sommeil. Caroline cherchait le moyen de prolonger le week-end, quelqu’un avec qui discuter. Bref, elle s’ennuyait. Moi, j’étais étalée sur mon canapé, dans mon training le plus pourri, avec une bonne paire de chaussettes bariolées au pieds, à taquiner mon ordi, tout en regardant distraitement la télé. Aucune envie de rester des heures au téléphone, et encore moins envie de me bouger.

- Rhhh, t’es folle, demain tu vas être crevée. Avale un thé avec du lait, et va te coucher!
- Allééééé… on sort prendre un dernier verre alors, si tu veux pas que je vienne chez toi.
- Caroooo! Ça me dit rien de m’habiller et tout, pour aller m’engouffrer dans un truc où je pourrais même pas fumer. J’ai pas envie de sortir, j’suis crevée là!
- Allé Jane! Un petit effort pour ta pauvre copine qui se fait chier… qui n’arrive pas à dormir!
- Ouais, tu fais chier!
- Alors tu viens à la maison? Allé, s’il-te-plaît.
- On s’est vu tout le week-end, tu pousses là!
- Fais pas ta chieuse! Fait moi pas insister pendant 1h alors qu’on pourrait être… Viens à la maison. Comme ça tu viens comme t’es, et comme t’as pas besoin de te lever demain, tu peux même dormir ici.
Rhhh, et me voilà en train d’enfiler mes baskets, et d’enfourcher mon sac pour rouler à passer minuit pour aller chez Caroline. J’aurai dû refuser net. Drôle, mais je ne devais pas être la seule à être crevée, il n’y avait pas foule sur les routes. J’ai peut-être croisé 5 voitures au grand max. La musique à fond, j’écoutais un morceau que Pascal m’avait enregistré. Je chantais à m’en décrocher les cordes vocales. Ce qui m’évitait de réfléchir à la folie d’être sortie!
Caroline, tout sourire, dans le training le moins sexy que j’ai jamais vu, ses cheveux blonds, ramenés sur le dessus de sa tête dans un chignon bizarre, est venu m’ouvrir. J’avais sonné, je n’aurais pas dû, cela risquait de réveiller Alexia. Les épaules voutées, trainant exprès les pieds, j’ai été m’effondrer dans le canapé. Je me suis redressée, les yeux un peu plus pétillants, à la vue du mug de café fumant. Ok, après tout, je pouvais bien faire quelques kilomètres pour ma copine! Surtout pour un bon café.
Evidemment, le sujet de la discussion était; Pascal et le week-end qu’on venait de passer ensemble, tous les 3.
Caroline s’est confondue en remerciements. J’ai trouvé ça déplacé, et je ne me suis pas gênée pour le dire. Je lui ai dit que c’était Pascal qui avait pensé à elle, moi, j’étais trop contente d’être avec lui, au chalet, rien que les deux, pour penser à quoi que ce soit d’autre. Apparemment, Pascal lui aurait dit le contraire.
- Et tu aurais très bien pu dire non quant je t’ai demandé de passer après ton dîner avec lui!
- Ouais, j’aurai pu… mais j’aurai eu l’air méchante. Puis, lui aussi avait envi de te voir.
- C’est vrai?
- C’est vrai.
Elle était toute contente, et sautillait comme une bille. Son pantalon de training trop long, était retenu par les élastiques aux chevilles, donc bouffant, ce qui lui donnait des allures de danseuse du ventre. Elle posa des biscuits devant mon nez. Graouh, ça non, pas de biscuits. Je ne pouvais rien avaler… heu… peut-être encore un peu de son rôti? Avant que Pascal ne rentre, elle nous avait gavé avec un délicieux rôti roulé, sauce champignon et de la purée. J’avais trop mangé.
- Alors c’est que vous m’aimez bien!
Oui, je l’aimais bien, et Pascal aussi. En plus, on s’entendait plutôt bien dans tous les domaines, même si on n’avait pas le même caractère. J’admire sa ténacité. Sa façon de s’accrocher quant tout semble perdu, m’épate carrément.
- Tu sais, je réfléchissais à quelque chose ce soir. Et je crois que c’est assez important. Je voulais absolument partager ça avec toi. Je crois que c’est s’qui m’a empêché de dormir!!!
Elle est venue s’asseoir avec des airs de conspiratrices. J’avais l’oeil éteint, je rêvais de mon canapé, de ma télé. Et si elle cherchait un truc pour espionner Pascal, c’était mort. Il n’appréciera pas du tout.
- Quant on sort les deux, ou entre nanas, qu’est-ce qu’on fait? On reste ensemble, tout prêt les unes des autres, on se met ensemble au bar, ou à une table, non? Mais en même temps, on est libre de draguer qui on veut, de ramener des amis à la table, des mecs, aucune copine ne se permettrait de nous faire une scène, c’est vrai non?
- Ouais… mais je vois pas où tu veux en venir?
- Attend… je recommence. On se connaît depuis longtemps maintenant pour savoir comment on est. Si on sortait quelque part, on reste toujours ensemble. Enfin… sauf une fois, t’es partie sans rien me dire. Et justement, le lendemain, tu t’es excusée, parce que tu ne fais normalement jamais ça. En général, on arrive ensemble, et on part ensemble. T’es d’accord?
Tel le chat qui avait avalé la souris, Caroline me sondait de ses yeux bleus, pour voir si j’avais compris. Hum, non, pas vraiment. Toujours excitée comme une puce, elle a été jusqu’à la cuisine pour me ramener du café chaud.
- Oui, mais…
- Laisse moi finir. En général, on reste ensemble, ou l’une près de l’autre, jamais loin. On garde toujours un oeil sur la copine avec qui on est sorti. Et on sait, même si on n’était pas avec Pascal par exemple, si on rencontre un mec, on ne disparaitrait pas dans un coin, en plantant sa copine toute seule. On ne viendrait pas non plus, se lécher la gueule avec un mec, en laissant sa copine se faire chier à côté. On est d’accord là-dessus?
- Oui. C’est normal.
- Exactement.
- Mais, alors? Pourquoi tu me dis tout ça? J’ai fait un truc contraire ou quoi?
- Non. Non pas du tout. Ce que j’essaie de dire, c’est que… Je crois qu’on devrait être la même chose avec Pascal. Attend, j’t’explique.
Comme un petit chat qui fait son trou avant de s’installer, elle s’installait sur son coussin, les yeux pétillants, cherchant à capter mon attention avant de me parler. Comme j’avais plongé mon regard au fond de mon mug, elle a attendu que je la regarde pour continuer.
- J’ai pensé qu’on devrait agir comme ça quant on sort avec Pascal. On devrait le lui faire comprendre, comprendre les règles. Entre filles, c’est-à-dire, avec les copines, c’est comme ça qu’on fait, alors on devrait faire pareil avec Pascal. Et Pascal devrait apprendre comment on agit quant on est entre amis.
- Y a juste un petit problème à ton truc… Il n’est pas mon petit copain, je n’ai pas d’ordre à lui donner.
- Justement… Justement. Ecoute moi bien, réfléchi, et essaie de voir les choses comme moi. Quant on sort avec l’équipe, il n’empêche qu’on couche toujours ensemble avec Pascal, donc, il ne peut pas prétendre qu’on est rien d’autre que des connaissances!
- Les règles sont différents entre mecs! Je sais pas si t’as remarqué… Ils viennent peut-être ensemble, mais dès qu’il y en a un qui tombe sur une nana qui l’intéresse, il se fiche pas mal de ses copains. Il se tire dans son coin et ignore le reste du groupe.
- Oui, mais il y en a d’autres, qui ont plus de plombs dans la tête, qui la ramène, la présente à tout le monde, l’intègre au groupe, quitte à partir ensuite avec elle. J’en ai jamais vu, qui se rapplique vers le groupe et qui se lèche la gueule tout le reste de la soirée à côté de ses potes!
- T’as raison. C’est vrai. Donc ils ont quand même quelques règles… Ouais…
Caroline me fixait de ses yeux clairs. Bon, oui, je voyais ce qu’elle essayait de m’expliquer. Seulement, je ne voyais pas très bien comment on réussirait à appliquer sa théorie, surtout s’agissant de Pascal. Il est libre comme l’air, et on avait déjà bien de la chance qu’il continue à vouloir nous voir aussi souvent. C’était un miracle. Je ne voudrais pas tout gâcher avec des “supposés règles”.
- Tu comprends?
- Venant de toi, ça me visse à mon fauteuil! Si je comprends… Je crois que oui!
- Ce qui fait, qu’on ne devrait pas lui en tenir rigueur de discuter avec d’autres filles. Elle a pris une grande inspiration. Ce qui va être pas mal dur pour moi, mais, si c’était une copine, est-ce qu’on se mettrait à lui faire la gueule parce qu’elle discute avec quelqu’un d’autre que nous? Non. Par contre, il faudrait qu’il arrête de filer je ne sais où, ou disparaître sans nous prévenir.
- Ça vois-tu, c’est justement où je vois un problème. S’il part comme ça, je ne vois pas comment l’en empêcher. De plus, c’est parce qu’il sait qu’on est pas tout seul. (hum, sauf l’autre jour dans le jardin, il m’avait plantée, toute seule.) Comme ferait n’importe quelle copine. Du moment qu’on ne laisse par l’autre toute seule dans son coin, ça nous arrive de prendre un peu de distance, mais on revient toujours assez rapidement. Parce que, ça ne se fait pas de prendre une table et de tous s’éparpiller ailleurs. Sinon, autant ne pas avoir de table. C’est d’ailleurs pour ça qu’on ramène toujours les gens à la table je pense.
- Oui, c’est ça. Tout le monde bouge pendant la soirée, mais personne ne disparaît pendant plus de 15mn. Ou ils restent toujours à proximité, voir debout à côté de la table pour discuter avec les connaissances qui passent. T’es d’accord? alors, on devrait essayer de se comporter avec Pascal, comme on se comporterait si on était avec une copine.
On ne peut pas l’interdire de discuter avec d’autres gens, on n’en prendrait pas ombrage non plus. Du moment qu’une copine décide de rentrer avec un mec qu’elle rencontre au cours de la soirée, elle ne le fait que si on est sorti à plusieurs, et pas autrement. Si on sort à deux, jamais l’une ne plantera l’autre, toute seule, pour filer à l’anglaise.
Hum! Plus facile à dire qu’à faire!!! Parce que, dès que Pascal se met à parler avec une fille, ou passe trop de temps avec ses copains, on se met à baliser, à se ronger les ongles, ou à se ronger tout court. C’est vrai qu’on ne réagirait pas comme ça si c’était une copine!
Notre petite psychanalyse, ou thérapie nous a occupé un moment. Oublié la fatigue, oublié l’heure. Quant on a commencé à sentir le poids de la fatigue, il était déjà 4h du matin. Et il me fallait encore rentrer. Caroline m’avait bien proposé de dormir sur place, mais je voulais dormir dans mon lit, et toute seule. Même si elle a un grand lit, 180x200 ou plus, elle bouge énormément.
J’étais fatiguée. J’avais passé un super week-end, et j’avais un peu le cafard que ce soit fini. J’avais adoré tous les moments passé avec Pascal. Je n’avais aucune énergie et aucune envie de sortir de la maison, ni de faire les courses, ni peindre, ni rien. Je suis restée toute la journée au lit.
En milieu d’après-midi, j’ai eu envie d’entendre la voix de Pascal, alors je l’ai appelé. Il n’a pas pu parler longtemps au téléphone, il était occupé. J’étais tout de même contente qu’il ait pris le temps de me répondre. J’adore trop l’entendre. Thomas m’a raconté un peu ses frasques par sms. J’ai répondu à ses messages.
Steven m’a envoyé quelques coucous, j’ai aussi répondu, en laissant bien 30 minutes entre son message et ma réponse. Je ne voulais pas qu’il tente de me parler, parce que, s’il me demande ce que j’avais fait de mon week-end, hum… Même que je ne lui dois aucune explication.
Et je suis en train d’attendre le week-end prochain avec impatience… Je me fais déjà des films, rêvant de ce qui pourrait être? Espérant contre toute attente, que Pascal me propose de filer quelque part pour le week-end! Je rêve trop fort je crois. Est-ce que je verrais Pascal autant? Je ne veux pas seulement le croiser…
Est-ce que Pascal se souviendra de mon anniversaire dimanche?

Pascal n’était pas encore arrivé, et il n’y avait pas de lumière chez lui. Tant mieux. J’avais froid. Je me suis assise sur la balancelle et j’ai patienté. J’essayais de trouver une entrée en matière, une raison d’être là, mais 
C’était un long week-end, on aurait pu partir quelques jours, prévoir des trucs avec nos propres amis, mais non, on reste là, comme des cruches à attendre!!! Elle était aussi frustrée de ne pas avoir été invitée. Caroline nous attendra au Time-Out. Je lui ai promis qu’on irait y faire un tour.


Dès qu’ils sont sortis, je me suis forcée à bondir de ma chaise;
On était donc prêt à partir. Nos affaires étaient prêt. J’ai quand même dit à Pascal que j’aurai aimé être au courant qu’il avait prévu de quitter Gstaad aujourd’hui. Il s’est excusé. Il m’a prise à l’écart pour me dire qu’il n’avait pas vraiment prévu de partir, au début, avant de se l’entendre dire. Il ne voulait juste
Pascal a préféré s’occuper des chambres habituellement occupées par les mecs, et nous les nanas. Hum! Certaines filles ne sont vraiment pas très propres! Des strings, des tampons enroulés dans du papier. Parfois même pas. Les chargeurs de natel, des trucs de maquillages, bref, il y en avait pour tous les goûts, et de tout.
Pascal avait aussi dû deviner ceux qui me plaisaient ou non, parce qu’il m’a offert un nouveau foulard à ajouter à ma collection. Une qui pouvait me servir aussi de paréo. 



Donc, après