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Lun. 9 Mars.2020 - Épine dans le pied
Pascal avait rendez-vous avec Caro vers les 19h ;) Je lui ai fais la surprise de débarquer. J'ai attendu de le voir rentrer, puis me voici, me voilà. Il se préparait à prendre une douche et se changer pour son petit rendez-vous. Pas de chance de me voir lui tomber dessus. Il ne pouvait même pas l'avertir. Ça m'a fait un bien fou.
Comme Pascal ne savait pas que je savais, il m'a simplement menti. Je pense qu'il ne voulait pas décevoir la pauvre Caroline, qui l'attendait.
Pascal ne savait pas comment se débarrasser de moi, alors il a dit qu'il devait sortir retrouver un copain. Alors, je lui ai fais croire que j'attendrais tranquillement son retour, no stress.
Huh huh, mais, j'avais prévu de gâcher son petit RV; il n'était pas question que je reste comme une poire à l'attendre.
Quoi que... j'aurai peut-être pu vérifier s'il l'aurait juste avertie, pour pas qu'elle attende dans le vide? Pour rentrer me retrouver? Ou s'il aurait fait sa soirée sans scrupule? Mais bon, je n'avais pas envie de prendre ce risque.
Mais au moment de partir, je lui ai dis que finalement, je l'accompagnais et que je l'attendrais dans la voiture. Pascal a changé de couleur. Intérieurement, je riais de le voir si emprunté. Un gros "poisse" s'était dessiné sur son si beau visage. Il n'avait pas prévu que j'allais être une telle épine dans son pied.
Alors? Allait-il m'avouer? Ou non? Ben, il a choisi de continuer la partie de cache-cache, je te mens! Tant pis pour lui!
Comme il n'avait pas prévu ma réaction, moi, toujours avec un grand sourire confiant, il était embarrassé. Et clairement il n'osait pas m'avouer la vérité, surtout après m'avoir menti 2 fois de suite. J'avais lu leurs récents échanges, même si Pascal ne répondait pas souvent, préférant sans doute appeler.
Ses messages à elle étaient remplis d'amour, avec des "Je t'aime" et des "Tu me manques trop fort"...
Quant il a compris que j'allais avec lui, une fois que j'étais dans la voiture, Pascal a prétendu avoir oublié quelque chose à la maison. J'avais prévu cette parade. J'étais fière de moi. Alors je lui ai demandé de me prêter son natel, que je devais appeler ma sœur, pour avertir que je ne pourrais pas aller au souper de famille.
Hum, il a encore changé de couleur. Il est devenu tout rouge cette fois. Ça l'a tellement pris de court, qu'il n'a pas pu faire autrement que de me laisser son natel, qui était déjà sur le main libre.
Pour ne pas montrer qu'il avait été pris en train de mentir, surtout devant mon sourire innocent et pleine de confiance aveugle en lui, il a débloqué son natel et me l'a tendu. Je ne suis pas née d'hier, je connaissais son code. Je l'ai vu hésité à aller chez lui ou rester. Mais il n'a pas su quoi faire ou dire.
Il a fait quelques pas, en se tapotant les poches, puis demi-tour. Pascal a prétendu qu'il pensait avoir oublié son portefeuille, alors qu'il l'avait sur lui. Je pense qu'il a eu peur que je fouille son natel. Mais ça, c'était déjà fait, et ça, il ne le savait pas. Vicieuse, j'ai adoré le voir flipper à fond.
Est-ce qu'il allait franchement continuer à mentir? Ou choisir de se mettre à table? Ben, que dalle.
On a donc été jusqu'à St-Sulpice. J'ai tout de suite pensé qu'il avait parqué assez loin de ce qui pouvait ressembler à un restaurant. Sans doute avec l'idée de me planter dans la voiture, aller vite appeler Caro, pour ensuite me dire, que son copain ne pouvait pas venir. Niet "mon petit cœur", j'avais aussi prévu cette parade.
Sous la pression, mon cerveau à tendance à mettre les bouchées double et fonctionner à plein régime. Donc, je suis sortie aussi de la voiture pour l'accompagner. C'était jouissif de le voir pâlir d'angoisses. Faisant l'adorable copine, je lui ai pris le bras en disant que;
"Je retournerais à la voiture une fois son copain arrivé. Je ne pouvais quand même pas le laisser attendre tout seul".
Là, j'ai bien cru qu'il allait finalement laisser tomber la charade et m'avouer qu'il avait rendez-vous avec Caro. Mais non. On a été attendre devant le restaurant. Après 10mn, il a fait semblant de regarder son natel, surpris que son pote ne soit pas encore là. 5mn de plus, et il voulait l'appeler.
Là aussi, j'ai pensé que c'était une manière d'avertir Caro, alors je me suis penchée pour regarder son écran. Mais, il n'y avait que des messages et appels en absences de Caro. Pas de chance, il ne pouvait pas rappeler devant moi, ni répondre à ses messages. Je jubilais d'avoir eu l'idée de lui tomber dessus ce soir.
J'ai même poussé le culot en relevant "Wahh, Caro est une maniaque du téléphone on dirait! Ce n'est pas que le week-end le bombardement, hein?". Pascal n'a rien répondu.
Après 20mn d'attente, il a dit qu'il devait avoir eu un empêchement, ou qu'il était arrivé quelque chose. Qu'il en avait assez d'attendre. Il m'a alors proposé d'aller manger les 2, dans le fameux resto, au cas où son pote arriverait. Si à la fin du repas, il n'était toujours pas là, on rentre.
Hum hum, j'imagine que Pascal voulait retarder le moment de rentrer. Caro risquait de débarquer chez lui, et avec moi là, ça risquait de mal se passer. Parce que je risquais sans doute de piger qu'ils avaient rendez-vous. Je prétendais toujours avoir oublié mon natel.
Une fois à table, je lui ai à nouveau emprunté son natel pour appeler ma sœur. Celle-ci n'avait pas répondu plus tôt, sans doute occupée dans la cuisine. Et elle ne risquait pas de rappeler un numéro qu'elle ne connaissait pas. Donc, je voulais encore essayer de l'avertir.
C'était surtout pour reposer son natel, bien en vue, sur la table.
C'était aussi pour prévenir, au cas où il prétendrait avec besoin d'utiliser les toilettes pour en profiter pour appeler Caro. Je voyais son natel clignoter après des appels et messages. C'était Caro qui essayait de le joindre. Elle devait être dans tous ses états, la pauvre.
Cynique, je ne manquais pas de regarder son natel à chaque fois que l'écran s'allumait. Il a fini par l'éteindre. Bien! C'en était fini de Caro pour la soirée. Il n'a pas réussi à l'appeler. Si elle est passé chez lui, elle a dû voir ma voiture. Je l'avais parquée bien en évidence côté jardin.
Je donnerais ma main à couper que Caro avait dû aller voir chez Pascal. Sans lumière, elle a dû comprendre qu'on était pas là. Plus tard, avec lumière, elle a dû comprendre; j'étais avec lui. Elle a certainement dû se sentir plutôt frustrée. Hihihi, ça a dû la faire pester contre moi aussi.
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