Lundi, 29 avril 2019 - Virer mon squatteur... bientôt
Le maçon est passé. Mon paiement n'était pas passé. Le versement est revenu en retour, parce que j'ai mis le nom de sa société, au lieu de mettre son nom et prénom. Un compte privé? Je pense qu'il déclare son travail, puisqu'il fourni des factures en bonnes et dues formes.
Travail de sa copine sans doute, parce que son français à lui, c'est pas encore ça. Il comprend si on répète, ou s'il peut voir la personne qui parle. Il est Italien.
C'est déjà pas mal, il se débrouille plutôt bien avec une langue qui n'est pas la sienne...
Tchoy est arrivé vers 23h, avec encore un bobard concernant son loyer. Bon, demain, vers 13h, je pourrais passer vers lui si je veux l'argent dans la journée. Sinon, faudra attendre jusqu'au soir. Ça ne me dit rien, parce que d'ici le soir, il inventera une connerie pour garder ce qu'il me doit.
J'ai annulé avec Slavika. Elle voulait qu'on aille manger avec sa fille, au bord du lac sur une terrasse. Sorry, il fait que moche. Je n'avais pas envie d'y aller en plus. Je me sens coupable. Je l'aime beaucoup et elle dit que je suis sa seule amie en Suisse, et je pense qu'elle avais envie de me pavaner devant sa fille.
Toujours le nœud à l'estomac. C'est peut-être plus grave que je ne veux bien le croire. Ce qui me retient d'aller vérifier à l'hôpital d'ailleurs. J'ai dû être une Autruche dans ma vie passée. J'espère que dans ma prochaine vie, je serais un mec et pas une nana. Beau et riche aussi.
----------------------------------------------------------------------------------------------------- Mardi, 30 avril 2019 - Comme la pluie
Il pleut, et il pleut encore. Il fait moche et froid en plus. Je suis comme le temps; déprimée! Je n'ai même pas eu le courage de parler à Pascal de ce qui se passe. C'est lourd à porter toute seule.
Dimanche, 28 avril 2019 - Bali c'est pas pour moi... non merci
Wah, mon neveu est déjà de retour de Bali??? Jeeez, tout ce voyage pour seulement 7 jours? La vache! Trop court. Il nous a posté des photos. Mon natel a giclé direct quant je l'ai vu avec une horreur de reptile sur les épaules. J'ai horreur de tout ce qui n'a pas de pattes. Un dégoût viral.
Bali n'est définitivement pas un endroit où j'irai promener!!! Beurk. Dégueulasse.
Trop de singes partout dans les rues, jusque dans les maisons. Des espèces de grosses bestioles, genre alligator, qui semblent être moins dangereux, mais je pense que c'est seulement une impression. Bon, ils ne courent peut-être pas trop vite, mais... rien qu'à regarder, ces bestioles sont plutôt répugnantes.
Hier, c'était mon anniversaire, et je n'ai pas eu envie de le fêter comme d'habitude. J'ai eu une pensée pour Pascal et en début d'après-midi quant on m'a livré un paquet, même si cela venait de Genève, je savais que c'était de Pascal. Les fleurs le matin, c'était de Thomas, donc ça ne pouvait être que Pascal.
Trop chou... Un magnifique bracelet que je ne suis pas sûre que je le porterais pour l'instant. Je n'ai pas trop l'occasion de porter des bijoux aussi luxueux dans mon environnement. Pour aller au souper en famille? Pas trop. Dans mes sorties en boîte? Pas trop non plus. Je ne vais dans des soirées de Gala ou autre qu'avec Pascal ou Thomas, jamais autrement.
Je l'ai laissée dans ma boîte à bijoux... il va dormir là... peut-être indéfiniment...
Il fait beau, le printemps a enfin posé le pied dans notre petit univers. Hélas, je ne peux même pas profiter de mon jardin. Mon coloc et squatteur, Tchoy, pour profiter du loyer bas que je lui fais, est responsable à s'occuper des extérieurs, donc du jardin, et passer la tondeuse ne lui viendrait pas à l'esprit, si je ne le lui rappel pas. Je fulmine.
J'aurai pu me larver sur la terrasse au-dessus du garage, mais... comme il a bousiller le couvert de ma tonnelle, je ne peux même pas profiter de ça non plus. Hahhh, je commence à saturer avec ce connard. Depuis le temps, le mois d'avril a été le seul et unique mois où j'ai reçu son loyer à temps. Il a cassé une de mes assiettes, et l'a caché dans sa salle-de-bains.
C'est la femme de ménage qui l'a vue et me l'a rapportée, il y a 2 semaines.
J'ai attendu toute une semaine pour qu'il m'en parle. Que dalle. Quant je lui ai posé la question, il a dit que c'était son fils. Pffff, et je suis Jean-Paul II bien sûr.
Faudra que je lui dise que je ne suis quand même pas dupe de ses bobards. Il me prend vraiment pour une teubé!
Ah oui, hier encore une fois, il s'est enfilé mon lait. Je lui ai déjà dit de ne pas toucher à mes courses, s'il veut tellement boire du lait, alors il n'avait qu'à l'acheter.
Avant hier matin, je lui ai dis que j'avais remarqué qu'il s'était servi de mon lait. Le plouk a osé me mentir dans la face; "Non, j'ai pas touché ton lait, je t'assure". Ben voyons, je suis biglo ou carrément aveugle. J'ai laissé passé, et paf, le lendemain, il l'a fini et n'avait pas le choix que de l'avouer. Mais crois-tu qu'il l'aurait dit avant que je ne le remarque???
Pfff... Et il a le culot de me balancer; "Je te le rachèterai ton lait !"
En attendant, je fais pas les courses pour ta face vieux. Vu que ce crétin avait avalé mon lait, je ne pouvais pas faire ce que j'avais prévu de faire. Pas de mousse au chocolat. J'étais furax. Il rachètera mon lait? Oui? Quand? A la Saint-Glin-Glin? En attendant j'en avais besoin ce soir, pas demain ou après demain. Je lui ai demandé si ça l'arrangerait que j'ingurgite le peu qu'il achète le week-end pour son fils?
Genre, m'enfiler les pizzas? Ou les chips? Il m'a dit de ne pas me gêner. Donc, il va voir!
Comme hier c'était Vendredi Saint, donc tout était fermé, j'ai couru faire quelques courses avant mon adorable tranquille week-end. Dans le parking, j'ai entendu quelqu'un m'interpeler. Je ne me retourne jamais, parce que j'ai horreur de ça. Balancer le nom de quelqu'un à la volée m'agace. Si c'est quelqu'un que je connais, il ou elle n'a qu'à venir jusqu'à moi.
Et paf, dans la Migros, rebelote! Cette fois, j'ai regardé dans la direction, parce que ce n'était pas dans mon dos, mais en face. J'ai aussitôt détourné mon regard, n'ayant pas eu l'impression de savoir qui m'appelait.
Il a fallu quelques secondes pour que mon cerveau analyse ce que mes yeux avaient capturés; une silhouette blonde, qui, gênée parce qu'elle a cru que je voulais exprès l'ignorer, a encore regardé et s'est retournée vers le frigo. Et encore une fois dans ma direction quant j'ai relevé les yeux vers elle, interloquée.
Mais... c'est Mihane! Alors on se reparle? Je croyais qu'elle me faisait la gueule, parce que j'avais pris, il y a au moins 5ans, le parti de mon frère contre elle. Elle a vu mon air surprise. J'ai été lui faire la bise, en la serrant dans mes bras. Le fait est que, je l'ai toujours bien aimée.
Mais à l'époque, il y avait pas photo, c'était clair que j'allais prendre le parti de mon frère contre n'importe qui, même elle, la mère de mon neveu.
Elle aurait dû être en vacances à Bali avec ses enfants et son mec! Surprise de la trouver ici, bien chez nous, je lui ai posé la question. Elle m'a raconté qu'elle avait été refoulé à Singapour, parce qu'elle n'avait pas de Visa. L'agence de voyage lui avait dit qu'elle n'en avait pas besoin, et c'était faux, la preuve. Elle avait pleuré pendant les 2 jours de voyage de retour. Elle m'a dit que junior, mon neveu, lui aussi pleurait. Ils étaient tous dégoûté. Hum, tu parles, y avait de quoi!
Puis sa sœur, la guenon, nous a rejoint. Je ne sais pas pourquoi, ou peut-être parce que je sais à quel point elle est faux-jeton, mais je n'aime pas cette fille.
Ça m'a fait plaisir de voir Mihane et qu'elle ne soit plus fâchée. C'était stupide de toute façon, elle sait bien que, quoi qu'il arrive, j'aurais pris parti pour ma famille, envers et contre tous. Comme elle prendrait celui de sa sœur, la guenon. Je crois que la guenon lui a d'ailleurs demandé comment ça se faisait qu'elle me reparlait! Je les ai aperçu entre les rayons. D'ailleurs, à la caisse, j''en ai choisi une autre. Je ne voulais pas la mettre en grisbi avec sa guenon de sœur.
Tsss, après avoir passé le plus clair de la semaine roupiller, Tchoy a été bosser aujourd'hui, un jour de congé, alors je me dépêchais de rentrer profiter de mon espace libre. Pourtant, je dois avouer qu'il est loin de me déranger plus que ça, il reste cloîtré dans ses appartements et ne descend que rarement. Et seulement pour utiliser la cuisine.
C'est pour ça que, s'il payait son loyer à temps et faisait les petits travaux autour de la maison, qu'il s'était engagé à faire, je serais la plus heureuse coloc de l'humanité. Je l'avais bien plus sur le dos quant j'habitais à Lausanne.
My God, Mimi n'est pas en vacances, elle n'est pas partie à Bali? What? Pauvre Junior, il est planté avec son plouk de mec à des kilomètres d'ici... Jeez, tu parles de vacances!!!
Je me demande si je devrais le dire à mon frangin? Bah, je pense que Junior a dû le faire. Je me demande aussi si je devrais demander à Nat comment elle va, ça ne fait pas longtemps qu'elle a perdu sa maman. Afff, non, je n'ai pas envie de remuer le couteau dans la plaie, au cas où elle ne veut pas y penser.
J'ai passé une superbe journée de repos total. A ma surprise, Tchoy a été bosser. Donc, j'étais toute seule à la maison. C'est super de savoir que j'étais seule. Mais, une petite angoisse me tarabuste toute la journée. Je me demande parfois si je suis normale de tellement aimer être seule comme ça.
Affalée sur mon canapé, j'ai continué la lecture du livre que j'ai commencé hier; "I Am No One" de Patrick Flanery. J'aime bien, un peu trop de description par moment, mais l'histoire est passionnante. Je voulais faire une petite sieste dans l'après-midi, mais, le livre m'a retenue.
Pascal m'a appelée vers les minuit. Arhhh, ça m'a fait tellement plaisir. Il avait juste envie d'entendre ma voix. D'après le bruit, il devait être dans la rue. Probablement en route pour son appart. Il semblait en forme mon petit homme. Je l'adore. D'entendre sa voix m'a fait le plus grand bien.
Et j'ai manqué de courage pour lui parler de mes problèmes. L'excuse que je me suis trouvée; pas gâché ce petit plaisir. Maintenant, je crevais d'envie de le rappeler, aussi pour entendre sa voix. Faut que j'arrête ça. Rien ne va s'arranger si je continue à faire l'autruche.
En tous cas, tous les jours, à chaque nouvelle emmerde, je me rappelle de ce que je devrais faire. Je n'arrive même plus à dormir. Trop angoissée!
(Ah non... je viens de flinguer tout ce que j'ai écris! Mauvaise manip... arhhh je suis verte!)
Récupéré mon neveu, hier soir, pour l'amener en France chez mon frère. On avait rendez-vous avec mon frangin et Nat chez son frère. La famille du papa était arrivé de Suisse Allemande et du Tessin. La femme du frère à Nat avait fait à manger pour toute la famille, avant de les raccompagner à l'hôtel.
C'est l'enterrement demain, donc, j'ai dormi chez mon frère.
Je suis toujours épatée que les gens, en l’occurrence ici, la famille, arrivent à trouver à rigoler et faire la fête. Moi, même si j'étais moins proche, je n'arrive pas. Mon esprit voyage jusqu'à la morgue et je l'imagine là-bas, toute seule, au froid... sans vie. Ça me rend triste.
On avait une longue journée aujourd'hui. L'enterrement avait lieu à 10h ce matin. Je l'avais toujours appelée Mamie, comme Nat sa fille. Je ne savais pas qu'elle s'appelait Rosemarie.
Toute la famille de Rosemarie et de son mari avait rendez-vous à la Chapelle à 9h pour la fermeture du cercueil. La famille de Rosemarie, son frère et ses 3 sœurs, tenaient à la voir une dernière fois. Nat a tenu à prendre son fils de 5ans, je ne trouvais pas que c'était une bonne idée, mais bon. Le fils à mon frère, Junior, ne tenait pas à la voir. Dans un cercueil. Il voulait se souvenir d'elle en vie.
Mon neveu ainsi que son demi-cousin, le frère de Nat et mon frère portaient le cercueil.
Il paraît que Rosemarie était une pointure au CERN avant son accident de cheval. J'ai dû faire appel à tous mes souvenirs d'école pour communiquer avec toutes les familles Suisse Allemande. La petite sœur de Rosemarie lui ressemble comme 2 gouttes d'eau. Elles auraient pu passer pour des jumelles. Ça m'a fait un pincement au cœur en la voyant. Sa grande sœur a beaucoup pleuré. Elles avaient déjà perdu une sœur l'année passée.
La cérémonie à l'église m'a positivement agacée.
Toutes ces conneries de "Dieu nous a créé", alors que c'est l’œuvre de nos parents, et "Dieu l'a rappelée à lui", m'énervent. Tous ces chants de glorifications d'un Dieu qui n'existe pas m'agace. Toutes les pratiques qui tendent à prendre les gens pour des cons, et réduire la volonté de certains en esclavage me tendent les golfes.
Voilà, je suis rentrée... Ce matin, mon père m'a appelée parce qu'il avait les yeux tout enflé. J'ai dû secouer les puces à mes frangines pour qu'elles se bougent le cul pour une fois et pas toujours se reposer sur moi. Non mais! J'étais en France, donc je ne pouvais rien faire de toute façon. J'ai vu que le maçon qui refait ma terrasse au-dessus du garage a pété la poignée de la porte de mon garage. Grrrh. Et flûte, j'ai oublié mon Mac chez mon frère...
Argh, je dois attendre dimanche pour le récupérer. Pas la force de refaire 1h30 de route pour aller le chercher. Donc, j'utilise un ordi Windows ce soir. Pas top.
Lundi, 8 avril 2019 - Hécatombe Par JaneDo dans 2019 - Mars le 8 Avril 2019 à 23:50
Horrible week-end pour certains!!! Une horrible hécatombe ce week-end; Nat, la femme à mon frère a perdu sa maman dans la nuit de vendredi à samedi. Et Carole, la copine à Dave, l'un de mes neveux a aussi perdu sa maman dimanche. J'ai appris ça ce matin, coup sur coup. Elles ont toutes les 2 perdus leurs mamans...
Il y a même pas un mois, j'avais vu la mom à Nat, et maintenant, elle est morte... Morte? Quel mot sordide finalement. Même si elles étaient toutes les 2 malades depuis des années, c'est quand même l'horreur de perdre sa maman. Pourquoi essaie-t-on de les garder à tous prix? Ce devrait être un soulagement de savoir que c'est mieux pour elles, non? Et pourtant non, on ne veut pas les voir nous quitter... même si elles n'étaient plus tout à fait là...
La mom à Nat avait eu un accident de cheval qui avait failli la tuer. Depuis, elle était lourdement handicapée. Elle ne pouvait plus parler correctement, mais seulement en faisant des sons, ou des non, oui, quelques mots décousus par-ci par-là. Même son visage montrait les signes de sa tragédie.
La mon à Carole était alitée depuis au moins 3 ans, et son état empirait. Sa maman avait ce qu'on appelle une maladie orpheline, des problèmes d'os. Elle ne pouvait plus marcher, ni utiliser ses mains, bref, un état végétatif. Si ça ne suffisait pas, il a fallut qu'elle ait aussi la maladie de l’Alzheimer, et ne reconnaissait même plus ses 2 enfants depuis presque 1an.
Elle est morte dans sa clinique privée, et maintenant, sa fille se culpabilise de n'avoir pas été la voir ce week-end...
Samedi, mon frère, sa femme et son fils, sont passés chercher la mom à Nat pour l'emmener faire quelques courses, vu que son papa était parti en Espagne pour quelques jours de vacances. Elle était seule à la maison. Ils ont frappés, appelés, mais comme ça ne répondait pas, ils ont pensés qu'elle était peut-être tombée et était peut-être blessée. Alors mon frère a enfoncé la porte.
Et elle était là, parterre, dans l'entrée. Toute crispée. Il a voulu empêcher Nat de voir sa maman comme ça, mais trop tard. Elle s'est mise à hurlé. Nat a essayé de la secouer pour qu'elle se réveille... mais c'était sans doute trop tard. Mon frère dit qu'il n'oubliera jamais la vue de son visage. De son expression. Mon frère était assez choqué. Nat m'a dit ce soir, qu'elle aussi, dès qu'elle ferme les yeux, c'est ce visage qu'elle voit.
Je suis tellement triste pour elles...
Quelqu'un m'a dit un jour, qu'aux enterrement, même si on ne connait pas la personne, on pleure... On pleure tous ceux qu'on a aimé et qui sont partis parfois trop tôt. On se remémore la peine et le chagrin qu'on avait éprouvé. Même si on avait fini par croire qu'on avait oublié. On a pas oublié, et on les pleure encore. Cette personne avait raison, parce que j'ai pleuré, et je sais que je pleurais ma mom, gran'ma, mon autre frère, mon neveu de 4 mois...
Ils me manquent tellement. Je me souviens de leurs sourires, de leurs présences... Oui, je les pleure encore et je me souviens. La douleur reste aussi forte, ancrée, aussi profonde qu'alors... Ils ne sont plus là. Ne le seront plus jamais...
J'ai su par Caro qu'ils s'étaient vu pour clore le chapitre avec elle. Elle a passé ces derniers jours à la maison. En congé maladie. Elle a beaucoup pleuré elle aussi. J'imagine que Pascal avait dû en faire autant avec cette connasse d'Olivia?? J'espère pour lui !
Tout de même, je suis déjà moins enchantée que je l'étais après l'appel de Pascal pour me dire d'oublier ce qu'il m'avait dit avant de quitter l'hôtel pour aller manger avant son départ.
Je n'avais pas tout de suite fait la connexion. Une panne mentale sans doute. Mais, je nage à nouveau dans les emmerdes de toutes sortes. Je n'en dors plus. Avant, ma famille avait été ciblée.
De mon côté, j'avais eu quelques déboires, mais pas autant que ma famille. Maintenant, à peine Pascal parti, en janvier, c'est une pluie d'emmerdes qui se suivent; poursuites, plaintes, etc. Ça n'arrête pas. Même des problèmes avec mon travail.
Je crois que c'est à cause du boulot que j'ai eu le déclic.
Sur le moment, je n'ai pas vraiment saisi; le patron m'avait appelé dans son bureau pour me dire qu'en fait, suite à une nécessité de restructuration, ils allaient de moins en moins travailler avec des artistes comme moi, que désormais, et qu'à partir de fin janvier, ils ne feraient plus appels à mes services. Choc.
Sacré coup dur! J'allais faire comment pour payer mon loyer et mes factures???
A l'annonce de cette catastrophe, j'avais pourtant gardé le sourire et remercier (tssshhh) pour m'avoir fait confiance jusque là et que j'avais eu beaucoup de plaisir à travailler librement pour eux. Mes méninges devaient être en panne, parce que je n'avais pas tilté.
C'est seulement dans la voiture en rentrant, le ventre noué, à réfléchir ce que je devais faire, que j'ai repensé à ce que Pascal m'avait dit, quant on avait enfin discuté, après qu'il m'ait larguée comme une vieille chaussette à Gstaad devant toute la clique. Pascal m'avait pourtant dit que son père avait le bras long, mais je n'avais pas vraiment capté je crois.
Là, je commençais clairement à capter. Surtout, je ressentais en place VIP ce que ma famille avait dû subir. J'enrageais. Et aussi complètement abattue...
J'avais été folle de joie que Pascal ne pensait pas un mot des horreurs qu'il m'avait dite, folle de joie qu'il ait eu la présence d'esprit de se rattraper devant presque les mêmes gens devant qui il m'avait humiliée... et j'avais oublié, ça ne m'avait même pas traversé l'esprit que son père finirait par le savoir. Ça avait l'air en fait théorique, je ne mesurais pas réellement les implications.
C'était mi-janvier quant j'ai été remerciée par l'Agence pour laquelle je travaillais.
J'ai aussitôt, malgré le moral à ras les pâquerettes, contacté d'autres agences. J'ai été reçu par 2 agences qui semblaient intéressées, pourtant, j'ai vite été mise à l'écart. Cette fois, j'étais la cible principale, ma famille secondaire.
Ils étaient dans la merde, mais cette fois, je sentais l'odeur de plus près. J'étais en 1ère ligne.
Désespérée, je me suis rendue compte que... même si je l'aimais, même si je crevais d'envie de le voir, que je voulais continuer à faire partie de sa vie... je ne pouvais pas détruire ma vie, ni foutre en l'air la vie de ma famille pour un homme! La réalisation de ce fait me foutais carrément la déprime. J'étais nouée et la tristesse m'a submergée comme une seconde peau épaisse et lourde.
J'ai même pensé que j'aimerai tellement que Pascal envoi chier son père et quitte la société pour revenir en Suisse. Puis, j'ai réalisé que lui non plus ne trouverait certainement pas de boulot ailleurs, tant qu'il n'obéirait pas à son père. Tant que je continuerai à le voir, je serais dans une merde financière noire.
Son père avait l'argent et le pouvoir de nous écraser. Non, nous écrabouiller.
Le mois de février, je me suis battue, j'ai cherché, je me suis démenée. J'ai même tenté d'envoyer des idées pour des projets dont j'avais eu vent, sous un autre nom. Mais, dès l'instant où j'ai été obligée de donner mon nom...
On refusait mes croquis. Partout, on refusait de travailler avec moi! C'était pareil sur Lausanne et Genève. En Suisse, dans le canton de Vaud, il n'existe pas des masses de sociétés dans mon domaine.
En mars, toujours au bout du rouleau, j'avais réussi à continuer à faire bonne figure. Mes économies ont fondus comme neige au soleil. Fin mars, je n'avais plus un rond. J'ai dû terminer le mois en comptant chaque centime.
Je n'étais pas sûre si je devais ou non en parler à Pascal.
Je pensais encore pouvoir m'en sortir, mais là, je suis carrément au fond du gouffre sans solutions. Je répugnais à en parler à Pascal, je n'aime pas pleurer dans le gilet de qui que ce soit. Mais là, je crois que je vais être obligée. Je dois arrêter de le voir... Arrêter complètement... Ça me déprime. Et je n'ai pas le courage de le faire.
Je n'ai jamais pensé un jour être obligée de sérieusement rompre avec Pascal. Rien que d'y penser, j'ai la boule à l'estomac. J'ai toujours pensé que ça viendrait de lui. Que je le laisserait prendre l'initiative. Je n'ai jamais aimé faire cette démarche, je n'ai jamais voulu avoir le mauvais rôle. Je me sens désespérée de devoir me séparer de lui. Son père à finalement gagné! Jess aussi!
----------------------------------------------------------------------------------------------------- Dimanche, 31 mars 2019 - Anniversaire Papa
Nous, les 3 filles, on avait décidé d'inviter notre papa au restaurant pour son anniversaire. Hélas, le frangin, habitant en France, n'est pas là. Dommage. C'était sympa. On a été chez un copain qui a ouvert un restaurant sur les hauteurs de Moudon. Il nous a fait tout un spectacle.
Alain nous a fait rire, il n'imaginait pas que notre papa était blanc. Étant donné que dans les films, les parents sont un noir, un blanc, mais le gamin est tout noir. Ou un blanc et l'autre métisse, et le gamin est encore tout noir. Alors, il pensait que nos 2 parents étaient café au lait comme nous. Drôle.
Ciel, je ne pensais pas que ça prenait tellement de ligne pour raconter des choses banales de la vie de tous les jours! Je devrais peut-être résumer beaucoup plus un peu tout ça.
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Mardi, Crevée, mais pas encore atterri depuis l'appel de Pascal. Il tenait toujours à moi, alors j'étais heureuse. Je sais bien que parfois il fait des trucs qui peuvent sembler impardonnable, mais je l'adore.
Dire que j'étais au fond du bac dimanche soir. J'avais cru que mon cœur ne battrait plus. J'avais tellement mal que respirer était difficile. J'avais été vidée, et pensais que ma vie était finie. Je ne pensais pas que je m'en remettrais et que je pourrais jamais oublier Pascal. La douleur était horriblement difficile à supporter.
Mais, ça m'avait donné une bonne leçon... je crois que je devrais me détacher de lui. Je n'aime pas être aussi dépendante. Et j'espère que ce n'est pas seulement une pensée furtive. La peur que cela se reproduise, me donnait l'envie de chercher à vivre autrement.
Qu'est-ce que je ferais s'il rencontre quelqu'un d'autre, ou s'il ne revient pas. On savait que la distance risquait d'être fatal à notre couple. J'avais pensé qu'on réussirait à maintenir le lien. Mais Pascal ne donne pas beaucoup de nouvelles.
Si Pascal me laisse trop longtemps sans m'appeler, je deviens hystérique et commence à imaginer le pire. C'était très difficile à vivre.
Je crois qu'il ne se rend pas compte de ce que j'endure. Pendant ce temps, il s'amuse avec ses amis, passe du bon temps avec sa femme, et moi je m'enlise, je sèche.
Hum... peut-être pas tout de suite, mais après son prochain coup de fils, je le laisserais appeler sans répondre. Je serais super adorable et ensuite, niet, nada, je le laisserais sans nouvelles, voir comment il réagirait. Ou peut-être que je ne devrais pas? S'il s'en fiche? Et si il le prenait plutôt bien, ça m'énerverait grave. Puis si à cause de ça, il se laisse séduire par une autre?
Wahhh... je sais plus... mais j'ai drôlement envie de lui faire "goûter à mon gâteau" et qu'il désespère de ne pas avoir de mes nouvelles. J'aimerai bien qu'il s'imagine le pire et se fasse des films comme moi!
Lundi, 25 mars 2019 - (2) Oublie ce que j'ai dit...
J'ai pleuré en silence jusqu'à ce que je tombe dans un sommeil comateux. Le matin, j'avais les yeux de poissons frits et la tête dans le shlass. Pas de chance, je n'avais plus de "Coveram" pour ma pression, mais trop la flegme pour courir jusqu'à la pharmacie à 2mn d'ici.
Le lundi matin, je n'étais plus qu'un zombie, j'ai quand même trouvé la force de me faire à manger. J'ai mis mon natel sur sonnerie discrète. Rien que la sonnerie m'aurait fait exploser la tête. Je le baladais pourtant partout avec moi. Pourtant, je n'avais pas vraiment l'intention de répondre aux appels de qui que ce soit.
Les choses ont changés vers midi. Je suis sortie de mon état léthargique, et repris du poil de la bête. Vivante à nouveau.
Je ne connaissais pas le numéro, mais l'indicatif oui. C'était Londres. C'est un peu désespérant à dire, mais j'ai carrément plongé sur mon natel. Avant même de dire bonjour ou quoi que ce soit, il a dit; "Oublie tout ce que je t'ai dis avant qu'on quitte l'hôtel hier soir. Oublie".
J'étais trop surprise pour dire quoi que ce soit. Pascal s'est encore perdu dans les "...je sais que je n'aurais pas dû appeler, hahhh". Il n'avait pas réussi à fermer l’œil de la nuit.
Hun hun, moi pas trop non plus. Il n'avait pensé qu'à ça. Il ne voulait pas me demander de l'attendre, mais il le faisait quand même. Il ne voulait pas me faire croire qu'il était d'accord de fermer la porte sur nous. Au cas où je pensais la même chose. Mais, au cas où, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui, et il ne m'en voudra pas.
Juste après avoir dit ça, il a dit; "puis non, je serais complètement dévasté. Clair que je t'en voudrais, même si je sais que je n'en ai pas le droit". Il était adorable. Il ne pouvait pas deviner qu'il me redonnait la vie!
Il avait parlé à toute vitesse, comme s'il avait peur que je l'interrompt. Après avoir débité ce qu'il pensait, avec en plus une tonne de contradictions, il a expiré, avant de dire; "Voilà... Comme ça, tu sais ce que je pense. Je suis sûr que tu dois penser que je suis un monstre d'égoïsme. Alors d'accord, je suis égoïste".
Non, je ne pensais pas qu'il était égoïste. Je le lui ai dis. Je me suis enfin laissé aller et je lui ai dis que j'avais beaucoup pleuré. Que je n'arrivais pas à comprendre. Je lui ai dis ce que j'avais sur le cœur. Et que, malgré ce qu'il a imaginé, il m'avait soulagée. Je croyais que j'allais finir par me flétrir dans un coin de mon appartement. Que je m'étais demandé comment j'allais vivre sans lui.
C'est vrai qu'on ne s'était pas beaucoup vu depuis qu'il était au US, mais il y avait l'espoir, espoir qu'il avait écrabouillé hier soir. Que jusque là, j'avais été un zombie, complètement démotivée.
Quelqu'un est passé lui dire que Monsieur Davies l'attendait dans la salle de conférence.
Pascal devait retourner bosser ou en réunion, je ne sais pas, mais on était drôlement soulagé, l'un comme l'autre. Pascal a dit que, me connaissant, plus il aurait attendu pour me parler, me dire ce qu'il pensait vraiment, j'aurai commencé à construire un mûr. Un mûr qu'il n'aurait peut-être pas réussi à escalader ou casser.
Hum, c'est vrai que je suis comme ça. J'ai beaucoup de difficulté à pardonner une fois que j'ai fais mon mûr. En général, je me fais les questions et réponses. Puisque l'autre n'est pas là pour répondre, je réponds ce que je veux, à sa place.
Plus le temps passe, plus je m'éloigne de la personne qui est devenu mon pire ennemi. Quelqu'un qui m'a fait du mal parce qu'il l'a voulu. Et tout ce temps où je me suis fait mal toute seule, je le fais payer double ou triple. Et ça, c'est si j'en viens à pardonner.
Le reste de ma journée a été plus douce. J'ai enfin pu me remettre au travail. Avec quelques pauses dans la lune à rêves. C'était pour ça que je l'aimais, il me connait plutôt bien. Il ne m'a pas laissé mourir à petits feux jusqu'à perpète avant de m'appeler. Ou à me laisser plusieurs jours pour digérer qu'il ne m'aimait plus.
Je n'arrivais pas à croire que j'étais sortie de ce cauchemar... Merci Pascal. Pour ça, je t'aimerai jusqu'à la fin des temps. T'es trop chou. Chou avec moi en tous cas. Pascal ne pouvait pas m'appeler depuis l'aéroport, sa femme avait séquestré son natel... mais, qu'importe, je suis aux anges.