Arh, j'avais baissé ma garde. Pascal voyait toujours cette Julia. Je pensais qu'avec la présence de sa femme, cette histoire s'était résorbé toute seule. J'avais tord. Mince. J'ai essayé de savoir ce que lui voulait cette femme hier, mais Pascal n'a rien balancé. Il a dit qu'elle voulait juste discuter de choses et d'autres en tête à tête.
Caro, ma comparse, avait posé les questions et moi j'écoutais, quand on était dans la chambre. Elle ne faisait pas partie de ses élèves. Ils s'étaient juste croisé dans les couloir ou à la cafète. Il ne l'avait pas remarquée. Si elle ne lui avait pas parlé de ça, il ne l'aurait jamais deviné.
Ou peut-être si elle l'avait apostrophé dans les couloirs après ce week-end, il l'aurait peut-être reconnue parce qu'ils s'étaient parlé. Caro a voulu savoir avec qui il mangeait. J'avais l'oreille tendu et j'écoutais même si je faisais semblant d'être occupée à ranger et me préparer pour aller au lit. L'interro s'est terminé avec l'arrivée de Natacha.
Pascal avait fini par lâcher qu'elle voulait lui dire qu'elle l'avait remarqué, qu'il lui plaisait et qu'elle aimerait bien qu'ils aillent prendre un verre une fois, rien que les 2. Il ne savait pas comment éviter ça sans que ça jette un froid.
Pascal lui a pourtant rappeler qu'il était en couple, donc pas libre. Mais, ça ne lui posait pas de problèmes. Il aime avoir l'air du type sympa avec tout le monde, avec qui on peut discuter facilement. Et pas du sale con. Bon, j'ai noté que cette bonne femme ne m'approche pas, ne me regarde pas non plus. Peut-être que c'est juste le "pas de contact avec sa rivale potentielle".
Wah, voilà que je me considère comme une rivale! Je me glorifie! Peut-être que personne ne me considère comme une rivale. Je suis juste là, comme un meuble, c'est tout. Je tiens le rôle de "protection" contre ces femmes. Peut-être se moque-t-on de moi derrière mon dos. Peut-être que personne ne prend notre petit couple au sérieux.
Une chance terrible, Jess ne nous a pas causé d'embarras en apparaissant par surprise d'apparaître par surprise. Pascal était sur les pistes toute la journée, et moi, j'ai pu lire près de la cheminée. J'ai décidé, que le week-end prochain, j'irai skier aussi. Après tout, il m'a acheté tout un tas d'affaires, faut que je les utilise.
Aujourd'hui, wafff, il neigeait. Un temps pareil pour trainer sur les pistes? Je déteste. On voit pas le bout de ses skis, et on est vite frigorifié. Non, je nageais dans le bonheur d'être seule au chalet. Vers l'heure du retour des skieurs, j'irai au bar en bas. Débarrassé des affaires de skis, Pascal m'a prise dans ses bras pour un bisou.
On a pris une tasse de thé chaud. Ils étaient congelés pour la plupart. Pascal avait envie de faire une petite sieste avant le dîner, alors on est monté. Nolan a essayé de le retenir, en demandant qu'il se mette au piano. Pascal a promis que s'ils en avaient envie, il le ferait tout à l'heure. Caro nous a suivi, donc pas de sieste crapuleuse.
Je me suis calée dans ses bras en position fœtale. J'ai eu le bras de Caro, donc je savais qu'elle s'était collée à lui par derrière. Waf, j'ai dormi en un clin d'oeil. Ce devait être parce qu'on était bien au chaud, alors que ça frisait le code à l'extérieur.
Ceux qui avaient été aux bains sont arrivé juste à temps pour le dîner. Ils ont voulu chanter autour du Piano, donc Pascal s'y est collé. Une partie de l'équipe sortait après, pour aller à une petite sauterie chez un des habitants de la colonie. Vraiment, Loèche n'est pas une station très marrante. Ça manque terriblement d'activités nocturnes.
Wah, j'ai entendu que les personnes qui ont souffert du feu à Cran ont reçu en dédommagement, 10'000CHF par personne. La Suisse devrait avoir honte. Et ce n'est même pas les assurances qui ont payé. Non. Ils ont fait payé chaque habitant de Cran un montant de 130CHF pour réunir la somme. Non mais, imaginez ça? C'est à vomir.
J'avais remarqué qu'une nana avait l'air de suivre Pascal et de rire à tout ce qu'il disait. Elle devait avoir dans les 30 ans, Mignonne, un peu ronde, Elle suivait des cours à l'Uni, et l'avait croisé 1 ou 2 fois. Apparemment, il n'avait pas fait attention à elle. D'une oreille, je l'ai entendu dire qu'elle l'avait croisé Pascal qui dinait avec Julia à la cafette.
Pascal était accoudé au bar et discutait avec ses potes, et cette femme s'est approché pour demander si elle pouvait lui parler.
Ils se sont sortis sous le couvert de l'entrée pour parler.
Pascal l'écoutait attentivement, il a sourit, a pointé la main en direction de l'intérieur. Je sentais que Pascal était sur ses gardes. Je le connaissais assez pour reconnaître les signes.
Je me demande de quoi ils pouvaient bien parler.
Je sais que si je ne demande rien, il ne dira rien. Je suis d'une indécrottable curiosité. Je trouve qu'elle le touchait un peu trop souvent. Je ne pense pas qu'ils se connaissent assez pour ça. Non, ça y est, je recommençais avec ma jalousie déplacée. J'ai décidé de penser à autre chose et discuter avec mon entourage. Donc, Pascal continuait à fréquenter cette Julia de l'Uni. Cela me perturbait...
Prête, j'étais embarrassée de me pointer chez Pascal. On avait prévu de partir pour Loèche vers les 17h. J'avais envoyé un message à Pascal pour dire que je l'attendrais chez Caro. Après tout, on voyageait toujours ensemble. Inutile d'aller me frotter dans la figure de sa femme. En fait, je me sentais légèrement gênée. Je n'avais pas envie de voir Jess.
J'étais toujours chez moi, j'attendais la der des ders pour partir chez Caro. Alors quand mon téléphone a sonné, et que j'ai vu que c'était Pascal, j'ai sursauté. Il appelait pour annuler, je m'y attendais je crois, et me dire qu'il restait là avec ses gosses et sa femme. Forcément. Oui, je m'y attendais, mais quand même ça m'a serré le cœur.
Je m'y étais préparée. Malgré ma déception, j'étais préparée à me montrée compréhensive. J'étais contente de ne pas être déjà chez Caro. Je n'aurai pas pu cacher ma déception à ma copine. Je n'aurai pas voulu pleurer devant qui que ce soit. Alors quand Pascal m'a dit qu'il serait chez Caro d'ici une 1/2h, j'ai eu les larmes aux yeux.
Mon cœur battait dans mes oreilles. Pascal avait pris ma main pour la poser sur sa cuisse. Cette cuisse musclée. Miam. Il serrait mes doigts et de temps à autre portait ma main à ses lèvres sensuelles pour y déposer un bisou. Je l'adore. J'ai appuyé sa main contre ma joue 1 ou 2 fois.
Je voulais qu'il sente à travers ce geste, que j'étais heureuse et que je l'aime.
Une fois sur place, on ne pouvait évidemment pas resté collé l'un à l'autre. Mais je restais quand même tout près de lui. Pourquoi laisser Caro ou Natacha profiter de sa compagnie, alors que je traine comme une âme en peine à chercher un groupe ou un autre à qui me coller. Quelques copains lui disait que depuis l'arrivée de Jess, ils ne le voyaient plus. qu'il ne sortait plus.
Pascal a juste souri sans répondre. C'est vrai qu'il n'allait presque plus dans les salles de sports, parce qu'il devait rentrer pour voir les enfants avant qu'ils soient couché. Parfois après, il sortait courir un peu. J'ai l'impression qu'il finissait chez Caro plutôt. Pascal passe plus de temps avec Caro qu'avec moi. Normal, elle est à côté.
Ce soir, il y avait des nouveaux visages. Ou peut-être que je n'y avais pas fait attention avant. J'ai réalisé que j'observais beaucoup Pascal. J'essayais de deviner ce qui se passait dans sa tête. J'observais son entourage, et je me demandais encore ce qu'il pouvait bien me trouver! J'aimais tellement ses rires, ses sourires. Je le love, il est tellement chou.
Je le regardais interagir avec les autres, de temps à autre, je sentais sa main chercher la mienne. Nos regards se croisaient et il me faisait un petit sourire. Je suis une nana tellement coincée. Nolan a essayé 1 ou 2 fois de s’interposer entre mon épaule et celle de mon homme. J'ai serré les rangs. Pas question que je le laisse me pousser dans le caniveau.
Je n'ai pas besoin d'avoir peur tout le temps. De toute façon, dès le départ, je savais que ce serait la rançon pour sortir avec un type trop bien pour moi. D'un homme trop tout. D'avoir entendu Jess ce matin, m'a rappelée qu'il y avait peut-être quelque chose que je ne comprendrais jamais. Quelque chose que j'oublie parfois. Ce n'est pas pour autant que je dois vivre sur mes lauriers.
Ce matin en partant, je suis tombée sur Jess assise au bar de la cuisine. On s'est regardé les yeux dans les yeux. Ne sachant pas quoi dire, j'ai juste fait un signe de la main et j'ai filé.
Pascal se levait 1h plus tard. Alors, dès que je suis rentrée, je me suis branchée. Je pensais qu'elle allait lui faire une scène. Mais non rien. Alors que faisait-elle debout à 6h du matin? Elle n'avait pas réussi à s'endormir?
Bref, je ne voulais pas me faire de soucis pour elle, c'est une grande fille. Mais, j'étais un peu inquiète de ce qui allait se passer avec Pascal. Et je pensais qu'elle lui ferait une scène.
Aussi, qu'elle allait lui dire qu'elle nous avait vu, parce qu'elle s'était cachée dans sa chambre. Après avoir retourné tout dans ma tête, je n'avais rien dit sur eux qui puissent me faire rougir.
Bien au contraire. On avait parlé d'eux, et je lui ai dit que je comprenais très bien. Qu'il ne devait pas se comporter de manière ambiguë, et qu'il n'avait pas à être mal à l'aise, surtout pas pour moi. C'est pas comme si je ne savais pas qu'il avait des enfants. Ses enfants sont adorables, ils ont droit à une part de lui. qu'il fallait qu'il fasse comme il pense. S'il y avait un problème, on en parlera.
Jess lui a fait son café. Il a eu l'air surpris de la trouver debout. Il n'a rien demandé de plus. Elle savait que j'avais passé un bout de la nuit là, vu qu'il lui a demandé de dormir dans une des autres chambres.
Dès que Pascal a passé la porte, elle a appelé Sophie;
Je n'arrive pas à le croire, mais… il l'aime... Ils discutent, et tout à coup, sorti de nul part, il lui balance des "i love you". Après tout ce temps, il lui dit encore qu'il l'aime.
Jess semblait fatiguée et découragée. Sa copine lui disait de se ressaisir. Jess soupirait…
Tu as dis quelque chose à Pace?
Non. Je n'ai pas osé. Il avait cet air satisfait et heureux. Normal, ils ont passé plus d'1h à faire l'amour. Mais c'est même pas ça qui me fait mal, c'est… comme il est avec elle. Ses "je t'aime".
En tous cas, ne lui dis rien. S'il sait que tu t'es cachée dans sa chambre, ça va mal passer. Tu dois garder ça pour toi. Ne lui dis jamais, tu m'entends?
Je dirais rien, ne t'inquiète pas. Il ne voulait pas la laisser partir... Qu'est-ce que je vais faire?
Reste calme, arrête de lui prendre la tête. Fais comme si tu n'avais rien vu. que tu ne sais rien. D'ailleurs, tu te fais peut-être juste des idées. Les hommes sont capables de tous les mensonges s'il veulent baiser!
Non, non, c'est pas ça du tout… D'abord, il n'a pas besoin de ça pour coucher avec elle. Non, c'est dans le ton… sa façon de la chérir. C'est le ton, le son de sa voix… Ça me rend malade. Mince, je te rappelle plus tard, les enfants se réveillent…
Jess se trompe surement. J'ai toujours pensé que Pascal faisait ça, parce qu'il savait que ça me coupait la chique. Il savait alors que je lui passerais tout. Qu'il pouvait faire ce qu'il veut. Il savait que ses petits "je t'aime" par-ci par-là, briserait toute résistance de ma part. Donc, de l'extérieur, on dirait qu'il m'aime? Mais qu'est-ce qu'il peut bien aimer chez moi?
Moi, c'est normal que je l'aime… Il est beau, il a du fric, il est jeune… Il est gentil avec moi, me passe tous mes caprices, me supporte comme je suis… Comment ne pas aimer un homme pareil. Sans oublier que ses baisers me font fondre, et au plume, il n'a pas son pareil. J'aime faire l'amour avec lui. Ça aussi, ça me fait juste fondre.
J'oublie même qui je suis dans ses moments là… Dès qu'il me prend dans ses bras, je fonds…
En tous cas, Jess ne pourra pas me reprocher d'essayer de l'évincer. Au contraire, je la défends presque. Je joue la douce, gentille bonne femme compréhensive. j'ai vu que ça marchait très bien avec Pascal. Du coup, il fait tout pour me préserver, pour me protéger. J'aime bien ça. Même si j'aurai pu, je n'ai jamais dénigrer Jess.
Ne le sachant pas, chaque fois que Jess ou quelqu'un d'autre me critique, Pascal se transforme en chevalier blanc, et me défend. C'est mon armure. Il me protège, et quoi que les autres puissent dire, ça lui coule dessus. Ça a le mérite de nous rapprocher encore plus. Ce qui fait que Pascal et la plupart des gens pensent que je suis si adorable…
Mais, je crois que je préfère qu'on aille à l'hôtel… je ne veux pas aller chez lui tant qu'elle est là. L'air de rien, ça m'a rassurée et remis un peu les idées en place. C'est vrai, Pascal est adorable, je devrais lui faire confiance. Je devrais avoir plus confiance en nous.
C'est bien parce que Pascal a insisté que j'ai été dormir chez lui. Je devais attendre que les enfants et sa femme soient couché. Évidemment, Jess a su que je venais. C'en est suivi une bonne prise de tête. Je fais la gentille, la petite victime, je le laisse insisté, mais en fait, c'était ce que je voulais. Je suis méchante. C'était en représailles parce qu'ils ont couché ensemble.
Arh, je ne voulais pas me coucher dans son lit, mais c'était pas le moment de faire ma sale tronche.
Bien entendu je voulais qu'elle sache que j'étais là. Pascal lui a bien rappelé que c'était elle l'intruse, pas moi. Ce qui m'a fait danser de joie; la danse de "Joe" de Friends. Et je voulais qu'elle puisse tout à fait deviner ce qu'on faisait. On a filé dans sa chambre sur la pointe des pieds, j'ai quand même jeté un œil dans la direction une des chambres des visites.
Je pensais trouver la porte entre-ouverte, et qu'elle était derrière à nous espionner. Pace a dû poser sa main sur ma bouche pour éviter qu'on puisse nous entendre. Sauf que je faisais exprès. Il était prévu que je détale 2h plus tard, mais Pascal voulait que je reste. Alors, j'ai mis mon alarme pour 6h du matin, et je filerai en douce, avant que Jess ou les enfants se réveillent.
Lovée entre ses bras, j'allais sombrer quand j'ai vu un fantôme traverser la chambre depuis le dressing. Je crois que j'ai sursauté, mais la surprise m'a tétanisée. C'était Jess. Elle s'était cachée dans le dressing, et à tout vu et entendu. What? J'ai essayé de me rappeler ce que j'avais pu dire, et j'espérais n'avoir rien laissé transparaître qui puisse montrer mon côté sombre…
J'étais sonnée qu'elle ait assisté à nos ébats. Je ne suis pas exhibitionniste! Mais je n'ai rien dis à Pascal.
J'espérais avoir des nouvelles de Pascal, alors j'étais contente qu'il m'appelle. Ça me bouffe de le voir jouer les pères de famille. Il s'est quand même rendu compte que c'était délicat d'être parti avec Jess, au lieu de nous ramener Caro et moi. Mais, il ne pouvait pas se partager en 2. Il a dû faire un choix. Pascal a envie de créer des bons souvenirs pour les enfants.
Les ramener, c'était surtout pour qu'ils aient l'impression qu'il était là avec eux. Qu'ils étaient une famille normale. Il savait que ça allait me faire de la peine. Il ne m'avait pas appelée hier, parce qu'il ne savait pas quoi dire.
Il s'était senti obligé de m'appeler aujourd'hui, parce que sinon, ç'aurait fait 2 jours, et là, j'aurais eu le droit d'être très énervée.
Étant donné la situation, Pascal devrait être tout le temps pendu au téléphone avec moi dès qu'il peut. Il devrait tout faire pour que je me sente rassurée. Bon, vrai, on est pas fortiche pour ce qui est "téléphone".
On déteste ça tous les 2. J'ai bien cru qu'il n'allait pas m'appeler de la journée. Heureusement pour lui, il l'a fait avant que ce jour s'achève. Je commençais à me sentir un peu… je crois que je l'aurais tondu s'il avait attendu 1 jour de plus. Le soir, Jess était près de lui quand il m'a appelée.
J'ai bien entendu? Tu l'as appelée par obligation?
Pascal n'a même pas répondu. Jess riait. Je pense qu'elle avait fait exprès de lui demander de les ramener.
Et nous? Tu nous as ramené, ou tu es avec nous par obligation ou par amour?
Par obligation.
Wow, t'aurais pu prendre une seconde pour réfléchir avant de répondre.
Pas besoin.
Pascal s'est retiré à la salle à manger pour consulter des dossiers. Jess lui tourne autour. Elle lui parle, et il lui répond avec des mono syllabes. Vers les 23h, ils ont parlés avec ses parents. Ses parents savaient que les enfants étaient couchés. Ils voulaient juste voir comment ils allaient, ils étaient contents qu'ils aient passé le week-end avec les enfants.
Hier soir, ils avaient couché ensemble. Quand elle lui a grimpé dessus, se mettant à califourchon sur lui, Pascal ne l'a pas repoussée. Il a peut-être hésité 1mn, mais c'était une courte minute. Elle s'est penché pour l'embrasser, et il a pris son visage dans ses mains. Les baisers étaient partagés. Pas pu regarder, ni écouter les gémissements et petits cris d'extases de sa femme.
Ce soir, j'étais un peu tendue qu'ils remettent ça. Je priais que non. Hier soir, c'était déjà trop pour moi.
Si Pascal avait toujours des sentiments pour moi, ne serait-il pas en train de m'appeler non-stop? Un homme amoureux est impulsif, il ne supporte pas la séparation, il a besoin d'être sans arrêt en contact avec l'objet de ses désirs… Alors, que se passe-t-il? Est-ce que je suis toujours sa priorité? Ou est-ce Jess et les enfants? Arh, peut-être que je suis un peu folle!
Il suffit d'un rien, comme Jess qui débarque, pour que je perde les pédales. Je suis du genre plutôt anxieuse, vite déstabilisé pour un rien, même si je ne montre rien. Et pas très sûre de moi. Aux yeux de mon entourage, je suis quelqu'un qui ne craint personne, que je suis sure de moi et tout. Mais, c'est une façade c'est tout. Je n'aime pas montrer mes faiblesses. Ça me rend vulnérable.
Pascal me manque. Et je sais bien que c'est parce que Jess est là. D'habitude, j'ai besoin de mon espace, et avant le jeudi soir, j'aime qu'on me fiche la paix. Mais pas depuis que Jess est là, je suis sur la brèche. Je m'inquiète, je suis nerveuse, et surtout ce qui est difficile, c'est de contenir mes sautes d'humeurs. Rhhh, trop sourire commence à me fiche des crampes.
Je ne vais plus laisser Pascal aller aux States sans mi. Plus. Jess est juste trop magnifique. D'après mon goût, moins que Natacha, mais tout aussi palpitante et attirante. Juste fabuleuse. En plus, c'est la mère de ses enfants, alors ça va me stresser s'il part là-bas sans moi. Je vais devoir sortir de ma zone de confort pour protéger mes biens. Et Pascal fait partie de mes biens.
Ses enfants sont aussi absolument magnifique. Alors si tu fais le calcul; belle femme, beaux enfants, et à côtés, t'as une baleine, pas très sociable, renfermée… ben, sine qua non, à tous les coups je serais la perdante. Ou, Pascal a franchement besoin de lunettes, même de loupes. Mais, il dit que l'apparence ne veut pas dire grand chose, le caractère compte mille fois plus.
Il a dit que Jess peut avoir l'air jolie, mais sa personnalité casse tout. Elle regarde les autres de hauts, elle est méprisante. Elle utilise ceux qui l'entoure pour arriver à ses fins. Pas la petite amie idéale, elle traite mal ses compagnons. Il m'a rappelé que quand il était encore tout innocent, elle l'avait trompé, ça l'a plus que blessé. Pascal les avait surpris ensemble, dans son lit!
Ça me fait un peu rire, parce qu'il ne connaît pas le fond de mon caractère. Je suis une emmerdeuse de 1ère, et je passe mon temps à critiquer les autres (dans ma tête, le plus souvent). Je sais bien que je suis méchante et égocentrique, sauf avec ma famille, qui du coup me bouffe. Du coup, je suis encore plus égoïste et incisive avec les autres. C'est encore pire avec mon mec.
Ce soir, au lieu de laisser Jess rentrer comme elle était venue, Pascal a préféré nous jeter, Caro et moi, et rentrer avec Jess et les gosses. Ça m'a tordu l'estomac. J'étais plutôt dégoûtée.
Comment a-t-il pu me faire ça? Comment a-t-il pu me croire quand il m'a demandé si ça ne me dérangeait pas, et que j'ai secoué la tête pour dire oui. Encore une fois, on a dû rentrer avec Paul. Pascal aurait dû réaliser que franchement, c'était dérangeant. Qu'il n'aurait pas dû faire ça… J'étais verte! On est venu ensemble, et le voilà qui fout le camp sans nous!
C'est horrible à dire, mais c'est rageant de les voir ensemble. J'ai trouvé aussi gênant le fait qu'il nous plante là. Les autres ne savaient peut-être pas pourquoi, mais je pense qu'ils s'en doute. Pascal n'avait pas skier avec ses potes de tout le week-end. La journée, il n'était pas là, mais avec sa famille. Ouais, on peut dire que sa femme et ses gosses, c'est sa famille.
A vrai dire, j'ai envie de rentrer. J'en ai marre de faire semblant de participer, d'être contente, de me sentir bien. Comme si le fait que Pascal soit parti rejoindre sa femme ne me gêne pas. Ok, c'est pas que ça m'ennuyait vraiment, parce que quand il va skier, il est loin toute la journée la même chose. C'est de le savoir avec Jess qui me dérangeait. De savoir qu'il joue les papas modèles.
Et j'aurai aimé être une mouche pour voir comment ça se passe. Et j'en veux à Jess de tout faire pour gâcher nos week-ends. Elle fait tout pour bousiller les moments que je pourrais passer avec Pascal. Ça m'agace à fond.
Mais, je me retiens, je ne veux pas que Pascal aperçoive ce côté minable et anxieux de ma personnalité. Et j'ai failli attaquer un des mecs ici en début de soirée... Un espèce de crétin mal élevé, qui pense que les femmes sont ses jouets! Crétin.
On avait choisi ce qu'on voulait manger, il faillait qu'on descende pour aller commander au bar en bas. Et t'as ce type, qui se tourne vers nous, en fait, j'avais vu qu'il s'était tourné vers moi, et il dit; "On y va", en s'adressant à moi. A moi! Crétin. On le regardait, je faisais celle qui n'avait pas compris ou pas entendu. Et il aggravé son cas en ouvrant la bouche pour dire encore "Hey… on y va".
Quel malotrus! Là, c'était évident qu'il s'adressait à moi. C'était plus un ordre qu'une question.
Heu… je ne m'appelle pas "Hey". Et… c'était quoi ce "on y va"? C'était pour moi?
Ouais, pour descendre commander pour tout le monde.
Ah, alors tout simplement… on n'y va pas! Cherche quelqu'un d'autre à qui donner des ordres.
J'ai quitté le groupe et aller me préparer un café. Je l'entendais s'exciter, parce que monsieur pense qu'il peut s'adresser à une femme de cette manière et qu'elle va lui obéir. Ce genre de mec me débecte. Je ne les fréquente pas. C'est la 1ère fois qu'on a un "péwé" pareil dans l'équipe. Il vient d'où et par qui celui-là? Non mais pour qui se prend-t-il! Quel culot ce machin!
Caro et moi avons été prendre un café dans un Tea-Room cet après-midi. On voulait fuir le chalet et fuir ceux qui nous scrutait en se demandant comment on allait. Ou si on morflait à fond!
Ou nous regardait avec pitié, ravi que Pascal soit parti rejoindre sa femme et ses gosses. Assise devant nos cafés à ventiler nos frustrations, qui on voit passer devant le Tea-Room… Pascal et sa petite famille.
Pascal avait la petite dans les bras, Jess et Patrick. Pascal plaisantait avec sa femme. Ils avaient tous les 2 le sourires. Les enfants avaient l'air de bien s'amuser et heureux. Comme toujours, ça me fait un choc de réaliser que Pascal est vraiment père. Je ne sais pas si ça me dérange ou pas, mais ça me terrasse toujours. Je n'arrive pas à le croire, et pourtant, je le sais.
J'ai le cœur lourd de l'avoir vu avec Jess et les enfants. Ici à Loèche. Il a l'air à l'aise, heureux. Et ça me serre le cœur encore plus en me disant que je devrais peut-être lui rendre sa liberté. Le laisser avec sa famille. Je me sentais égoïste. Horrible peut-être, mais j'ai de la peine à être aussi généreuse et le laisser sortir de ma vie. Il va falloir que ce soit sa décision et son choix. Moi je peux pas.
A le voir avec Jess et les enfants, on n'aurait jamais dit que Pace avait une autre femme dans sa vie!
L'estomac à l'envers, j'avais un gros nœud dedans, comme au niveau de la poitrine, l'image de Pascal et sa petite famille ne quittait pas mon esprit. Je me sentais stressée. Cet homme que j'aime tenait sa fille dans ses bras et son fils sautillait à côté en tenant la main de sa mère. Arh, ces images me poursuivaient. Heureusement, ils ne nous ont pas vu. Gros gros silence à regarder dans le vide.
Pascal est rentré après avoir mangé… avec femme et enfants… et après avoir couché les enfants.
Ok, je devrais lui en vouloir, non? Mais non, j'en voulais à Jess. Elle avait passé une super journée en famille. Pascal aurait pu y mettre fin s'il avait envie d'être avec moi, non?
Arh, je ne suis pas très juste. J'avais dis que je ne lui en voulais pas. Qu'il soit au ski ou avec ses enfants, c'était du pareil au même. Rien que de le voir quand il est rentré, j'avais des papillons dans le ventre.
Je me suis collée à lui comme une glu. Une glu discrète quand même. Sa réponse à mon contact était important.
Discrètement, quand je cherchais sa main, s'il l'avait retirée, ça aurait voulu dire que sa tête était encore avec Jess et les petits. Mais non, il serrait ma main dans la sienne. Quand il le pouvait il me volait un bisou au passage. Mon cœur battait dans mes oreilles. On a été se coucher avant les autres, c'est-à-dire Caro et Natacha, pour avoir un moment à nous.
J'étais un peu gênée de me pointer chez Pascal comme vendredi passé. Donc, Caro et moi l'attendions chez elle. J'avais des sueurs froides, de l'anxiété, parce que je m'attendais à ce qu'il annule au dernier moment. Mon natel était sur mes genoux, redoutant son appel. Je le voyais mal partir, et planter ses gamins. Mais Jess n'était pas prête à se laisser faire…
Caro m'a dit qu'hier soir, Pascal était avec elle. Elle avait un souper en famille et lui avait demandé de l'accompagner. Elle s'attendait à ce qu'il annule. Mais non.
Est-ce qu'elle ne serait pas gênée que quelqu'un de sa famille le croise avec sa femme et ses gosses? Ou avec une autre femme, main dans la main. Ne serait-elle pas embarrassée?
La soirée se passait très bien. Pascal et moi étions plus proche que d'habitude. Comme on ne se voyait plus très souvent, Pascal me gardait collée à lui, me tenait la main, petits bisous...
J'étais aux anges assise sur ses genoux, les bras autour de ses épaules. Mon cœur tapait la mesure. J'étais dans les nuages, trop heureuse. On discutait. Ok, quand je dis; on discutait, je veux dire lui. Moi, je n'arrive jamais à interagir avec les gens. Alors je laisse ça à Caro.
Et voilà que Jess se pointe au milieu de notre tranquillité, de note soirée… On était soufflé…
Alors celle-là, on s'y attendait pas. Pascal avait été clair avec elle. Mais, Jessica n'a jamais été vraiment bonne à se retenir de faire ce qui lui chantait. Qu'est-ce qu'elle foutait? Et où était les enfants? Pascal l'a prise par la main et ils ont été discutés dans une autre pièce. Peut-être même notre chambre. J'ai détourné la tête, comme si je n'étais pas concerne par ce qui se passe,
Mais j'avais un nœud à l'estomac. Pascal allait encore m’abandonner ici et rentrer avec Jess. C'est fou, elle savait exactement comment le mener par le bout du nez. Je faisais semblant de sourire, et j'écoutais la conversation pour rire au bon moment, ou sourire. Je ne trouvais jamais de quoi répliquer ou quoi dire. Caro, elle, y arrivait sans effort. C'est une qualité que je lui envie.
Caro m'a fait un coup de coude quand Pascal et Jess sont ressorti de la chambre. Pascal prise à l'écart pour me dire qu'il l'a raccompagnait. Elle avait laissé les gamins à l'hôtel, avec une nounou fourni par l'hôtel. Qu'il n'allait pas tardé. J'en doutais, mais j'ai fait comme si je le croyais. Jess lui a pris la main pour sortir, mais Pascal l'a éjectée. Jess a lancé un "à demain".
J'avais envie de la mordre jusqu'au sang. Elle me prenait mon homme, même si ce n'était que 15 minutes, elle me le prenait quand même. Je souriais comme si de rien, mais j'étais tendue.
Pascal est effectivement revenu en moins de 20mn. Il était tendu et de mauvaise humeur, mais il a su le cacher. Il me l'a dit quand on a été se coucher. Demain, il ira faire de la luge avec ses enfants. Il l'avait promis à Jess. C'était comme un coup de poing dans l'estomac. Bien sûr, il fallait s'y attendre. J'aurai dû deviner que Jess avait un plan. C'était un bon plan!!! Je la déteste.