208.1 - samedi
Pascal avait passé la soirée d'hier à m'éviter
. Ce qu'un coeur brisé peut faire mal quand même. Difficile de dormir sans imaginer Pascal dans des scènes délirantes avec d'autres filles. A travers mes cauchemars, j'avais espéré que peut-être, peut-être, il reviendrait chez moi ou qu'il tenterait quelque chose...
Il n'est pas venu 
J’avais passé la journée chez mon papa à l’aider à peindre des lamelles de bois pour le plafond de sa maison. Pascal n’a pas quitté mes pensées. Je pense à lui quasi tout le temps. Je me dis que si les choses allaient mieux, au moins, je ne penserais pas à lui tout le temps comme ça. Là, c’est avec le coeur un peu lourd. Pascal me manque. Il me manque à en crever.
De retour à la maison, j’ai jeté un coup d’oeil à mon natel, des tas d’appels en absence, mais aucun de Pascal, alors sans intérêts. Je n’avais pas envi de répondre à mes potes, parce que je ne voulais pas sortir. Hors de question de vivre le calvaire d’hier soir.
Et puis, zut... j’avais trop envie au moins de l’apercevoir, un petit moment au moins? Alors j’ai pris une douche, j’avais de la peinture partout et j’ai fait mes petits téléphones. Pas de stress, j’suis tout le temps en retard, sauf quant on vient me chercher, ce qui est rare. Je préfère prendre ma voiture, comme ça je rentre quant ça me chante. Il fallait que je sorte Maxou avant de sortir.
En rentrant de la ballade avec le chien, appuyé contre sa voiture, que j’ai immédiatement reconnu, le coeur battant, Pascal. Je n’en croyais pas mes yeux. Toutes les peines du monde que je ressentais encore avant cette minute, envolées. De le trouver là, m’a carrément fait fondre sur place. Je ne pensais jamais le revoir ici, en tous cas, pas de si tôt. Et je me suis rendu compte que c’était pour toutes ces petites choses qu’il fait qui font que je l’adore tellement.
- Je ne devrais pas être ici. Je m’en veux de te faire ça et je m’en veux d’être ici... mais j’avais envi de te voir... juste être avec toi... en ami... pas se toucher rien, juste te voir... si tu veux bien?
J’ai rien dit, trop heureuse, mais j’étais aussi au bord des larmes... Alors il a continué;
- Je ne veux pas monter et on peut quand même pas rester planter ici devant chez toi... alors heum... marcher un peu au bord du lac? Ça te dit?
Si ça me dit? A ton avis? Je devais monter le chien et je n’avais pas l’allure des grands jours. J’étais en training, baskets. Je voulais aller me changer, mais il trouvait que j’étais très bien comme ça... Harhhh ça m’embêtais un peu, mais bon!
Je l’ai suivi en voiture. J’avais le coeur en fête, j’étais heureuse. Une petite voix me disait que s’il a bravé tous ses interdits pour venir chez moi, c’était qu’il tenait à moi. Illusion quant tu nous tiens!!!
Après avoir parqué les voitures, on s’est retrouvé. Je voyais qu’il essayait de sourire, mais apparemment, il n’y arrivait pas. Pas grave. J’avais un peu les boules, mais j’étais trop heureuse. Je ne voulais pas rompre le charme en parlant alors, je n’ai rien dit. Pourtant, aucun malaise. Alors on a marché en silence, et il m’a pris la main. J’aurai pu faire une petite danse du ventre pour l’occas, mais c’était peut-être pas le moment. Quant il a réalisé son geste, il m’a lâché doucement la main en marmonnant avec une petite mou que j’adore carrément ; “En ami... hun... ça commence mal...”.
J’aime quant il me prend la main. J’ai rien dit. Mince, je suis muette ou quoi? Je me rend compte que je ne parle pas beaucoup. Bizarrement, je me suis demandée depuis quand j’avais réduit mon temps de parole... 16ans? 20? je ne me souvenais plus. Mais c’est vrai que la plupart du temps, je préfère garder mes réflexions pour moi. Alors j’ai voulu faire un effort. Je lui ai demandé comment on a fait pour en arriver là? Il a grimacer;
- C’est peut-être mieux comme ça. C’est ce qui pouvait m’arriver de mieux. Ce n’était pas très correct ni pour toi, ni pour Jess, ni pour moi d’ailleurs. Je me suis rendu compte à quel point ça aurait pu être difficile pour toi. Je ne peux pas te demander ça. Tu as le droit de... dormir avec qui tu veux. La seule différence peut-être, est, que je le connais.
What? Qu'est-ce qu'il raconte?
- Je n’ai aucune idée de quoi tu parles... Tu le connais? Qu’est-ce que tu veux dire? Tu parles de quoi?
- Thomas. Thomas? De toute façon, c’est vrai que ça ne me regarde pas.
- Thomas??? Je comprends pas.
- Toi et Thomas.
- Mais moi et Thomas, rien du tout !
C’est vrai, je ne comprenais rien. Qu’est-ce qu’il me raconte? Bien sûr, qu’il connaît Thomas, moi aussi depuis peu, mais je ne voyais vraiment pas ce que ça venait faire là ou encore avec ce qui se passait entre lui et moi!?!? Qu’est-ce que Thomas venait faire là dedans. J’avais rien dit à Thomas moi!
- Si tu pouvais m’expliquer? Parce que moi là, je nage. Je ne sais pas de quoi tu parles.
Il a détourné les yeux. Ca se voyait, il n'avait pas envi de parler!
- Tu sais... J’ai pas très envi d’en parler...
Oh non, non, non, pas question, je voulais savoir pourquoi tout à coup, il a essayé de couper les ponts. S’il croyait que j’en ai parlé à Thomas sûrement pas. C’était le plus sûr moyen de le perdre, et ça, je le savais. J’allais sûrement pas en parler à Thomas. D’ailleurs, j’en ai parlé à personne.... heum... sauf à mon blog!
Pascal était un peu ennuyé, je le voyais bien. Mais non, on avait l’occasion de se parler enfin, pas question que je loupe cette chance. Elle ne se représentera peut-être plus alors... Je pense qu’il devait regretté d’être venu me chercher du coup. Petit pincement. Mais bon, tellement de jours à me noyer dans mes larmes. Fallait que je sache. J’ai pris un ton qui ne faisait pas grande inquisition, et j’ai insisté. On était assez loin de la voiture pour qu’il ne prenne pas la fuite, en tous cas pas avant d’avoir vider son sac.
- -Écoute...
Il est drôle, il commence souvent ses phrases par; “écoute”.
- -Thomas m’a dit pour l’autre soir. Je sais que tu as... passé la nuit chez lui...
Il serrait les dents, les mots avaient de la peine à sortir de sa bouche. Une fois que c’était fait, il a haussé les épaules et m’a “fourni” une sorte de sourire gêné. Pffffff... Thomas le lui avait dit, quelle poisse. Bon...
- -Oui, je me suis endormi chez lui... c'était nul, je sais. J’étais pas en état de conduire. Il m’avait..
- -Écoute, je ne veux pas le savoir. Je ne veux juste pas en parler.
Non, non, je ne vais pas le laisser s’en tirer comme ça.
- -STP, ce n’était vraiment rien. On avait bu des cocktails...
- -Jane je t’en prie, je ne veux vraiment pas en parler. STP?
- C’est vrai. Il ne s’est rien passé d’autre. Bon oui, à part, qu’il a essayé de m’embrasser, c’est tout. Je l’ai repoussé et j’ai voulu partir. C’est là que tu nous as vu. Il savait que je n’étais pas en état de conduire...
Là, je savais que j’allais un peu loin. Je commençais à voir des signes d’envi de fuite, je crois. Alors je l’ai bouclé, mais c’était déjà un peu tard...
- -On devrait peut-être... rentrer.
Je ne voulais pas rentrer, pas encore, alors je me suis assise au bord de l’eau. Il est venu me rejoindre. On est resté comme ça, longtemps. J’ai pas osé lui prendre la main, lui non plus. Peut-être qu’il n’en avait pas envi? SNIF.
J’avais envie de lui dire que je savais que ça allait être dur quant Jess sera là, et que tant pis. Mieux vaut un petit bout de lui que pas de bout du tout. Que même si ça allait faire mal, je préférais ça, que rien du tout. Alors je l’ai dit.
Il m’a regardé en fronçant les sourcils, mais il n’a rien répondu. On est resté assis l’un contre l’autre un long moment. C’était chouette et Pascal a brisé le charme.
- On devrait peut-être...
- Je n’ai pas envie de rentrer...
- Vaut mieux faire des petit pas à la fois., tu ne crois pas?
Non, non... moi les grands pas, j’aime bien. Au lieu de ça, j’ai dit; "T'as raison". Évidemment, je n’en pensais pas un mot !
Vers les voitures, j'ai eu l'impression qu'il n’avait peut-être pas envi de rentrer non plus? Et il m’a pris les mains. Peut-être comme barrière? Il a dû deviner que j’avais envie de l’embrasser?
- Tu sais, quelque part, tu as raison, je suis encore un peu fâché. Je sais pas exactement ce que je ressens... mais c’est vrai, je suis toujours un peu en colère par moment. Ça passera j’en suis sûr et on pourra à nouveau être ami?
Bahhhh... ami... je voulais un peu plus qu’être une pote pour lui. Je ne voulais pas être sa "pote". J'aimais trop ses élans de tendresse, j'aimais faire l'amour avec lui, j'aimais ses baisers, j'aimais... non, je ne voulais certainement pas être sa "pote".
- Est-ce que je dois te demander la permission pour voir mes amis, ou Thomas?
C’était un peu ironique et plaisantin. C'était pour détendre l'atmosphère quoi. Il m’a regardé avec un drôle d’air.
- Non. Non, bien sûr... Je... Non.
J’’adorais aussi quant il se mettait à s’embrouiller.. hihihi.
J’ai juste souri et j’ai passé par dessus nos mains pour lui faire une bise rempli de tendresses. Je l’ai senti frémir un peu, j’espérais que ce soit par plaisir et non pas autre chose! Il m’a prise par la taille et m’a tirée contre lui et serrée très fort, et c’est moi qui ai frissonné cette fois. C’est clair, je l’adore. Je suis carrément amoureuse de lui.
Après, il a filé vite. Je l’ai regardé partir. Je me sentais un peu vide. Heureuse, mais vide.












Stupide, j’aurai dû refuser.



.On a essayé de ne pas parler pendant toute la soirée des peurs et 




