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164/2015 - Je voulais voir Manuella souffrir

 - Jeudi - 13 juin 2015

Publié le par JaneDo


Jeudi - 13 juin 2015 - 164/2015 - Je voulais voir Manuella souffrir



Pascal m’a invitée à manger au restaurant ce soir. D’abord, j’avais accepté, puis au dernier moment, je me suis dégonflée. Je ne me sentais pas le courage de le voir, ni surtout de discuter avec lui. Au lieu de le lui dire en face, j’ai préféré lui envoyer un message sur son natel. Pascal a tenté aussitôt de m’appeler. Je n’ai pas répondu la 1ère fois, mais j’ai pas résisté la 2ème fois. J’ai bien fait en fait.

Depuis le début de la semaine,   Manuella n’avait pas arrêté de l’appeler   ou lui laisser des messages. Comme je lui avais dis que c’était fini s’il lui parlait, il n’avait pas osé répondre. Par contre, il était presque sûr qu’elle trouvera le moyen d’être sur son chemin ce soir, soit après le match ou s’il avait le malheur d’aller prendre un verre avec l’équipe après.

Alors il n’avait qu’à pas aller boire un verre... ouais, je ne pouvais pas lui dire ça quand même. Hum, Pascal voulait que j’aille voir son match pour m’utiliser comme bouclier! Pas envie. Après avoir raccroché, j’ai réfléchi et je me rendais compte que, blessée ou pas, la vie continue, et Pascal ne pourra pas éviter Manuella. Il allait bien falloir qu’il lui parle. J’étais mortifiée, je me sentais impuissante, je ne pouvais rien faire pour l’éviter.

Est-ce que j’espérais qu’il l’envoi balader? Je n’en sais rien. Tant que je n’ai pas discuter avec Pascal, je ne pourrais pas me prononcer. Il allait falloir que je me fasse violence et que j’affronte mes peurs! Et je n’en avais tellement pas envi. Je ne voulais pas le voir, ni lui parler, ni parler de la grognasse, ni me rappeler ce qui m’avait fait tellement mal; penser à lui et elle. Chiotte.

J’ai rappeler Pascal et je voulais lui dire que j’étais d’accord pour aller à son match. Mais une fois que je l’ai eu en ligne, en une millième de seconde, je me suis dis qu’il n’avait qu’à se débrouiller tout seul. Pascal a dit que je n’étais pas cool, s’il fait des conneries, j’allais encore lui en vouloir. Constat; Pascal savait aussi qu’il ne pourrait pas éviter Manuella indéternum. Et le connaissant, il risquait de l’envoyer chier, juste pour ne pas avoir d’ennuis avec moi. Je ne lui demande pas ça non plus!

Pourtant, je voulais qu’elle souffre! Je voulais la voir souffrir le martyre! Si Pascal l'envoit balader, je risque de passer à côté de ma vengeance contre elle!

Pascal m’a appelé après son match. Ils allaient prendre un verre dans un bistro que je ne connaissais pas. Il m’a dit que c’était une chance, Manuella n’était pas venue au match, et elle n’avait aucune chance de le trouver dans le troquet où ils allaient. J’ai eu l’impression qu’il utilisait cette histoire pour garder le contact. Hum, ça marchait, parce que... ça me donnait envie de le voir!

Caroline n’a aucune idée de ce qui se passe. Je ne lui ai rien dit. Pascal non plus. Quant je lui ai parlé, elle m’a dit qu’il était bizarre. Renfermé. Comme s’il avait des soucis. Elle avait bien tenté de le faire parlé, mais il semblait ne pas vouloir rester seul. D’ailleurs, elle m’a demandé si je lui avais parlé, si j’avais remarqué quelque chose. J’ai fait l’innocente.

Par contre, je sais par Caro, qu’hier soir, Manuella était passée chez Pascal. Donc ils se sont parlé, et ça, il s’est bien abstenu de me le dire!!! Le hic, c’est que, ça ne m’a pas fait péter un câble. Je n’ai rien ressenti. Le vide total d’émotion. J’ai juste noté l’info dans un coin de ma tête et basta.


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160/2015 - Effondrement - Mardi, 9 juin 2015

Publié le par JaneDo


Mercredi - 10 juin 2015 - 161/2015 - Effondrement

L’idée de prendre le café avec Pascal le lundi matin m’était insupportable. Hélas, je n’avais pas eu la bonne idée de filer durant la nuit. Lundi matin, à notre réveil, j’ai attendu qu’il aille prendre sa douche pour m’habiller et filer. Je n'avais aucune envie de lui parler. Ni même de le voir. Le regarder me faisait aussitôt penser à Manuella.

En fait, je ne suis pas partie. J’ai préféré me mettre hors d’atteinte, cachée dans la chambre d’amis. La porte était souvent entre-ouverte, comme celle du bureau d’ailleurs. Pascal est sorti de la chambre en se séchant les cheveux et a regardé dans le salon pour voir si j’étais là. Au cas où il aurait l’idée d’aller dans la chambre d’amis, je m’y étais préparée; je m’assieds sur le lit et je lui dis que je n'avais pas envie de lui parler. Il comprendrait.

Quant il a vu que je n’étais pas vers la machine a café, il a été regarder par la fenêtre. Il est revenu au milieu du salon, la tête basse et est resté un moment là, une moue de déception sur la figure. Il a secoué la tête et est retourné s’habiller. Le café avait déjà coulé, comme programmé, il s’est servi une tasse, puis a changé d’avis et a tout renversé dans l’évier et il est parti au boulot.

L’idiot! Il n’avait même pas pensé à me demander sa clé! Après avoir pris une douche, j’ai fermé derrière moi et jeté la clé dans la boîte aux lettres. Le taxi que j’avais appelé m’attendait déjà.

Lundi, j’ai passé par tous les stades de la dépression; larmes, rire jaune, silence total, essayé de dormir par pu, essayé de travailler sans réussir. Bref, une journée avec la tête perdue dans le fond de mes pompes, avec de petits lancements alarmants côté coeur. Mardi, c’était pas mieux. J’ai été contente de voir Gis foutre le camp à son cours pour avoir la paix.

Mercredi, j’ai rien foutu non plus. Mon corps pesait une tonne et demi, j’étais épuisée, et je n’arrivais pas à dormir plus de 3 à 4h d’affilée. Pascal me bombardait de messages, me demandant d’aller chez lui, qu’il fallait qu’on se dise ce qu’on avait sur le coeur. Que c’était mieux de tout mettre à plat, au lieu de faire la tête.

Les « Je t’aime » à la fin de ses messages avaient un goût amer et me foutait en rogne.

C’est fou, mais je suis tellement à cran que j’ai des envies de courir. Le hic, c’est qu’il n’y a pas vraiment de coins par ici pour faire du jogging. J’avais besoin d’un truc pour me défouler, me fatiguer au point de ne plus penser à ce qui me pesait sur la poitrine.

Et je ne savais toujours pas comment réagir vis-à-vis de lui... Je savais que je devrais trouver le moyen de tourner les choses et faire en sorte que ce soit avec moi qu’il complote, et pas avec Manuella. Hélas, j’étais encore trop retournée et furax pour réfléchir au moyen d’y parvenir.


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159/2015 - Perdante

Publié le par JaneDo


Lundi - 8 juin 2015 - 159/2015 - Perdante

Pascal est rentré entre 3 et 4h du matin. Je lui avais envoyé un message pour qu’il passe par l’appart de Thomas, parce que j’allais me coucher. Pascal est venu vérifier si je dormais. Il a caressé mes cheveux, et est resté un moment assis sur le lit, avant de repartir au salon. Non, je ne dormais pas. Peut-être voulait-il me raconter avant de tout oublier?

J’ai hésité. Il était assis sur le canapé, la tête entre ses mains et semblait troublé. Ça m’a tordu l’estomac et fichu la chair de poule. Peut-être que j’avais eu tord de l’envoyer dans les bras de cette fille? Non, non, non, je ne voulais pas commencer à me faire des films. Pascal est revenu dans la chambre, et j’ai continué à faire semblant de dormir.

Il semblait préoccupé, nerveux... Pourquoi? On dirait qu’il avait de la peine à se résoudre à se coucher. Owh, parce que j’étais là? Non. J’espère que ce n’est pas ça.

A force d’attendre que Pascal vienne se coucher, j’ai fini par m’endormir. Quelque chose m’a réveillé, et j’ai réalisé qu’il était au téléphone. Au téléphone avec Manuella.

Il se passait quelque chose de franchement inquiétant. Au sens propre, j’ai commencé à transpirer, à bouillir de l’intérieur. J’avais si chaud que même mon coussin me paraissait brûlant. Je croulais de chaleur.

J’aurai voulu aller jusqu’à la porte pour écouter, mais s’il revenait brusquement, je me ferais surprendre. Mauvais. Alors je suis restée couchée et continué à faire semblant de dormir quant il s’est enfin décidé à venir se coucher. Pascal m’a prise dans ses bras et j’ai dû me faire violence pour ne pas le repousser, tellement j’avais chaud. Il s’en ai rendu compte, alors il a monté l’air conditionné.

Dimanche, Pascal était tendu, même s’il essayait de le masquer. J’ai tenté de lui demander comment ça c’était passé avec Shandra, il a juste répondu qu’il n’y avait rien eu de spécial. Clairement, il ne voulait pas en parler. Je me suis sentie frustrée. Pourquoi donc? C’était-il passé quelque chose qu’il ne voulait pas me dire?

J’ai passé la journée avec une buche dans la poitrine. Pascal évitait de me regarder dans les yeux, et je ne savais pas pourquoi. Cela m’a inquiété. Du coup, je n’ai pas osé revenir sur le sujet. Je ne sais pas si j’étais plus déçue que fâchée, ou inversement. Ce devait être un savant mélange du tout; frustration, déception, colère, trahison et j’en passe. Cela m’a rendu plutôt silencieuse et distante à mon tour.

Je me suis dis que peut-être, quant je l’ai entendu au téléphone, qu’il avait fini par se décider à répondre aux multiples coups de fils de Manuella. Rien de spécial. Elle avait dû lui faire une scène. C’était tant mieux.

En fin d’après-midi, je n’ai pas tenu, je lui ai reposé la question pour hier soir (la nuit de samedi à dimanche).  Pascal a finir par se décider. Il a voulu que je m’asseye en face de lui et a pris mes mains entre les siennes. Ma température a viré au rouge. Il fuyait mon regard.

Avant tout, il voulait que je sache qu’il m’aime, et que je n’avais rien à craindre.... malgré ce qu’il s’apprêtait à me dire. Le sang dans mes veines s'est changé en acide brûlant. Ça ne sentait pas bon tout ça. Le fait qu’il évite mon regard, qu’il m’ait fait asseoir et même qu’il tienne à ce que je me souvienne qu’il m’aime, c’était pas bon. Tous mes sens clignotait au rouge.

Il voulait parler sans être interrompu. Ça ne signifiait qu’une chose; que c’était grave. J’ai eu peur.

Pascal a été ramené Shandra. Il est monté chez elle, mais n’est pas resté. Il a prétendu que c’était l’anniversaire d’un copain, et que lui et d’autres copains avaient décidé de lui faire une surprise en débarquant chez lui à l'improviste, c’est pour ça qu’il devait partir. Elle a semblé très bien comprendre et ils ont remis ça pour une autre fois.

Rouge, il a dit qu’elle avait juste voulu un baiser avant qu’il s’en aille et il l’a embrassée. Après, il s’était traité d’idiot, et s’était dit qu’il aurait peut-être dû rester. J’ai demandé si elle embrassait bien. Mais il m’a fait taire. Ça avait dû lui coûter d’avouer qu’il avait eu envi de rester, je comprends.

C’est ensuite que j’ai perdu mon envie de blaguer et que la moutarde m’ait monté au nez. J’avais retrouvé mon calme, quant il a dit qu’il n’avait pas voulu coucher avec elle. Mais la suite m’a transformée en Pulsar!

Pascal m’a avoué qu’il avait rencontré quelqu’un. Les battements de mon coeur ont viré. Le sang tapait dans mes oreilles, j’avais la chair de poule.

Rencontré quelqu’un? C’est pas un truc qu’on dit à la légère ça! J’avais les mains moites, et l'envie de les lui arracher. A ce moment précis, je ne supportais pas son contact.

Alors il avait rencontré quelqu’un.... !!!

Pascal a continué; cela faisait un moment qu’ils se voyaient. En partant de chez Shandra, il avait roulé au hasard un long moment. Elle était là ce soir, et elle l’avait vu partir avec une autre fille. Elle devait lui en vouloir ou être déçue. Quoi??? Et moi alors???  J’aurai préféré être sourde que de l’entendre me parler d’elle. Pascal voulait aller la rassurer, lui expliquer, et en même temps, il savait qu’il devait probablement m’en parler. Il n’avait pas su quoi faire. Alors il a tourné en rond pour essayer de s’éclaircir les idées.

Pfff, à voir, ça n’avait pas dû être très efficace son petit tour en voiture!

Pascal m’a rappelée que je lui avais demandé s’il me trompait. Il a aussitôt pensé à son histoire avec Manuella. Voilà, il l’avait nommée!  Il a prononcé son nom comme si je devais savoir qui c’est. J’avais du mal à respirer. Il a pensé que c’était pas le moment de parler de ça, là-bas, avec nos amis qui nous attendaient à l’intérieur. Je crois bien que j’avais les joues en feu. Je pense que je devais avoir rougi, et cette fois, ce n’était pas seulement des oreilles.

Pascal a continué, en me tenant toujours les mains et en évitant toujours de croiser mon regard. Il y aurait vu des flammes géantes. Je devais faire appel à toute ma volonté pour rester calme et pas lui lancer quelque chose à la tête. C’était vraiment le monde à l’envers; il pensait à ses sentiments à elle? Et les miens alors?

Après presque 1h à rouler sans but, il a donc été chez Manuella...

Là, je lui ai arraché mes mains. Je ne voulais plus le toucher. Il me faisait horreur. Je me sentais comme la dernière des perdantes. Manuella avait dû bien rigoler à mes dépens. Pascal a voulu me retenir. Je l’ai sauvagement repoussé. Je ne voulais plus l’entendre, ni même le voir.

Je me suis calmée quant il a dit qu’elle n’était pas chez elle. Elle était chez sa meilleure amie. Sa copine lui avait laissé un message pour lui dire que, s’il voulait venir la chercher, Manuella était chez elle, qu’elle était en larmes, et attendait son appel. Il n’a pas osé appelé et encore moins aller la chercher là-bas.

Le ton acide, je lui ai dis que c’était tant mieux, sinon, je lui aurais arraché la tête... Que là, c’aurait été le plus sale coup bas qu’il aurait pu me faire.

Les lèvres pincées, furax. Je lui ai demandé s’il connaissait la copine à Manuella, s’il savait où elle habitait. Donc, il avait été chez elle avec Manuella. Il a confirmé que oui. J’avais envie de le frapper. Mais même ça ne me soulagerait pas. Je transpirait de rage. Tellement furax, que toute mon énergie était bouffée pour contenir ma colère.

Nos regards se sont enfin croisés, et il a pu lire à quel point il me décevait. Qu’il ne dise ou ne fasse rien pour me calmer m’énervait encore plus. Il restait là, sans rien faire. Lamentable. Aucune idée ce qu’il aurait pu faire d’ailleurs.

Je crois que j’étais hors champs. Et trop furieuse pour pouvoir émettre quoi que ce soit de concret sans l’envoyer se faire cuire des oeufs sur Mars. Avant de dire quoi que ce soit de regrettable, je crois que je ferais mieux de partir.

Pascal voulait que je me rappelle ce qu’il avait dit au début; qu’il m’aimait et que je n’avais rien à craindre. Pfff! Ces mots dans sa bouche sonnaient comme des insultes. Je le lui ai dis. J’ai demandé s’il lui avait parlé depuis. Hé oui. Là j’ai foncé en direction de la porte, furax. En lui jetant à la tête que ça, son comportement avec cette Manuella, était la pire des trahisons.

Avant de passer la porte, Je lui ai aussi demandé, s’il comptait courir la consoler en la baisant au passage, dès que j’aurai tourné les talons. Rouge, il m’a demandé de rester, qu’on devait parlé. Que bien sûr qu’il n’irait pas chez elle. Alors je lui ai dis que rien que de lui parler au téléphone, dans mon dos, c'était une trahison. Que je me demandais s’il avait la moindre idée de ce que je pouvais ressentir

Les derniers mots que je lui ai dis, c’est que quoi qu’il fasse, ça m’était égal, mais s’il lui reparlait par téléphone ou nuage de fumée, ou allait la voir, ou la recevait chez lui, c’était fini. Que je n’admettrais aucune excuse. Il n’avait qu’à être en contact avec elle, et couper le contact avec moi. Point final.

Pascal m’a couru après, a bloqué la porte de ma voiture pour m’empêcher de monter. Il m’a supplié de revenir dedans. J’étais épuisée. Je ne voulais pas pleurer devant lui. Je me sentais lourde, comme si on avait remplacé l’intérieur de mon corps avec des pierres. J’étais trop trop enragée et la tête vidée.

On est resté assis sans rien dire un long moment. C’était relaxant. Je n’aurais pas supporté de l’entendre encore parler. Je ne pouvais même pas le regarder tellement qu’il me sortait par les yeux. Dans ma tête, il ne se passait rien, c’était tout vide. J’étais juste fatiguée. Là, je ressentais la gravité, mon corps semblait attiré lourdement vers le sol, prêt à se tasser en flaque. Pascal a voulu me prendre la main, je l’ai retirée vite fait, et je me suis éloignée de lui.

Pascal a voulu me prendre la main, je l’ai retirée vite fait, et je me suis éloignée de lui.

Amusant, mais cette conne a essayé de l’appeler 3x de suite, puis lui a laissé un message. Quant il a voulu le lire, je l’ai fusillé du regard. Pascal a aussitôt posé son natel. Je l’ai pris et j’ai effacé son message. Pascal n’a rien dit.

1h plus tard, quant elle a essayé a nouveau, il m’a demandé si je voulais répondre à sa place. Je l’ai encore fusillé au bazooka. Puis quoi encore? Pour qu’elle sache qu’il m’avait parlé d’elle? Qu’on se disputait? Chacun dans notre coin du canapé, on restait là sans se parler, sans bouger, sans même la télé. Juste 2 âmes perdus dans d’immenses fauteuils en cuir blancs. Incapable de communiquer.

On a fini par se décider, d’un commun accord, à aller se coucher. Mais, lui, sur le canapé. Je ne supporterais pas de l’avoir à côté de moi.

Il m’a entendu pleurer, et il a voulu venir vers moi. Je l’ai renvoyé aussi sec. Qu’il aille se faire voir.

Zut, j’aurai peut-être dû lui parler, lui expliquer ce qui n’allait pas.

Au lieu de ça, j’avais éclaté. J'ai vu rouge. Pas très rationnelle! Du coup, j’ai peut-être coupé son envie de se confier à moi. J’aurai pu réagir autrement. Je l’avais coupé dans son élan, c’était stupide.

Mais qui a dit que j’étais intelligente? Son image m’a traversé l’esprit; il me regardait paniqué, les yeux hagards, les bras ballants, hésitant, il ne savait pas quoi faire ou dire. Le pauvre... Non, pas question que je me laisse attendrir.

J’ai pensé que je n’arriverais pas à fermer l’oeil, mais, je devais être si épuisée que j’ai presque sombrer dans le sommeil direct. Tant mieux, ça m’évitait de me torturer.


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158/2015 - Soustraire Manuella

Publié le par JaneDo


Dimanche - 7 juin 2015 - 158/2015 - Soustraire Manuella

Nuit de samedi à dimanche

Et Pascal continue de rire. Rire comme s’il était innocent. Comme s’il n’avait rien à se reprocher. Sa main se pose sur sa hanche, il se penche à nouveau vers elle et chuchote à son oreille. Et elle rit. Seraient-ils en train de se moquer de moi?

Je voudrais la voir souffrir autant que moi en ce moment. J'ai envie de voir disparaître son petit air supérieur et suffisant quant elle me regarde. D'effacer son petit sourire. J'ai envie qu'elle ait mal, la voir dégringoler de son petit pied d’estale sur lequel elle s'était mise.

C'est pourquoi quant cette fille, avec qui Pascal discutait, lui a dit qu'elle voulait coucher avec, je lui ai dis qu'il pouvait y aller. J'étais juste à côté, et je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre ce qu'elle lui murmurait à l'oreille. Elle ne savait pas que j'étais avec lui, que j'étais sa copine. Manuella fera moins la fière de le voir partir avec une autre fille.

Comme pour se faire pardonner, ou pour endormir ma méfiance après son petit flirt avec Manuella, Pascal est arrivé par derrière, a posé son menton sur mon épaule en passant ses bras autour. Mon coeur s’est affolé aussitôt. Non, je ne voulais pas me laisser troubler.

Chaque fois que nos regards se touchaient, Manuella détournait la tête, comme si j’étais une quantité négligeable. Son regard était hautain, presque méprisant. Cette fois, ce n’était pas moi qu’elle regardait, elle regardait ce que faisait Pascal. Je crois que ce petit cirque avait assez duré.

Pascal frottait sa joue contre la mienne. C’était doux, intense, adorable. J’ai passé ma main derrière sa tête, et j’ai voulu l’embrasser. Il m’a tendu la joue. La moutarde est montée direct. Je me suis sentie comme un boxeur dans un ring; prête à cogner.

Adrénaline coulant à flot, le sang dans les oreilles, je l’ai pris par la main pour l’entrainer dehors. Pascal a enlevé sa main, m’a arrêtée pour me retourner vers lui;

  • Qu’est-ce qu’il y a?
  • Dehors.. Trop de bruits ici.

Mon sourire avait disparu et mes yeux lançaient des éclairs. J’étais sérieuse. Pascal m’a suivie. Mais sans me donner la main comme il le faisait d’habitude. Et je ne voulais pas tenter de la lui prendre et qu’il me la refuse. Devant l’entrée, il y avait du monde, alors j’ai continué pour qu’on s’éloigne.

En jetant un oeil derrière pour voir si on était seuls et assez loin des autres, j’ai vu que Manuella et une de ses copines étaient sorties. Elles nous observaient. Je pense qu’elle s’attendait à nous voir nous disputer, et elle devait sûrement s’en lécher les babines d’avance. J’avais envie de me plier en deux pour récupérer. J’avais le souffle court, comme si j’avais couru un marathon.

  • Qu’est-ce que tu as? Qu’est-ce qui se passe?
  • Pascal, est-ce que tu me trompes?

Pascal a violemment rougi, sous le choc, il est resté quelques secondes interloqué, à me regarder les yeux écarquillés;

  • Mais non voyons! T’es dingue ou quoi? Heu... j’ai vu Caro jeudi soir, c’est ça?
  • Bien sûr que non. C’est pas Caro. Est-ce que tu me trompes?
  • Non. Je t’ai dis, NON.
  • Alors pourquoi quant je veux te donner un bisou, tu me tends la joues? Pourquoi tu es si distant quant on sort? Est-ce qu’il y a une nana ici ce soir qui fait que tu gardes tes distances?
  • Mais non voyons! J’ai... Je ne me suis pas rendu compte... Je... J’ai pas remarqué que tu voulais me faire un bisou. Je suis désolé Jane. J’ai pas fait attention... Désolé.

Malgré l'obscurité, je voyais que Pascal était tout rouge. Il était embarrassé, presque paniqué.

  • Tu viens pourtant de me faire le coup, y a même pas 1 minute.
  • Mon coeur, je suis désolé. Je n’ai pas voulu...

Pascal m’a entouré de ses bras et m’a attirée à lui. Il s’est un peu raidi. Je crois qu’il venait d’apercevoir Manuella devant l’entrée. Mais il me serrait toujours contre lui. Sous ma joue son coeur battait plus calmement, Il m’a fait un bisou sur la tête, puis sur les yeux, le nez, puis sur les lèvres en prenant mon visage entre ses mains chaudes et douces.

J’étais perturbée d’avoir rompu le pacte que j’avais fait avec Caroline! Pourtant, je me suis sentie rassurée. Mais, je savais parfaitement que Pascal m’avait menti. Je ne suis pas conne, je sais que c’était bien le parfum de Manuella que j’avais senti sur lui vendredi soir!

Pascal m’a bercée un moment dans ses bras, puis on est retourné à l’intérieur. Il a dit qu’il ne s’était pas rendu compte qu’il agissait comme ça. Il a même voulu me faire croire que je me faisais des idées et j’ai accepté l’idée. Mais, je savais qu’il ferait plus attention.

Hummm, il sent si bon. Le sentir si près me trouble toujours. Je retiens mon souffle. Ses cheveux me chatouille la joue, je passe mes bras autour de son cou et passe la main dans ses cheveux. Après un petit bisou sur ma joue, il m’ébouriffe en souriant; « ça va mieux? ». Il souri et la petite fossette sur sa joue se creuse. J’adore sa fossette.

Pascal passe son bras autour de mes épaules et on se met en marche pour retourner à l’intérieur. Près de la porte, mon regard croise celui de Manuella, toute fière, comme si elle savait tout. Comme si mon temps était compté, comme si Pascal lui appartenait. Avant d’entrer, je sais qu’il s’est retourné pour la regarder, mais je m’en fiche.

On voulait que personne ne soupçonne notre « petit différent ». J’y tenais. Je voulais qu’on continue comme avant. Je voulais que personne ne soupçonne qu’on ait failli se disputer, ou quoi que ce soit. Ni les copains de Pascal. Surtout, je voulais que personne ne sache de quoi on avait parlé. Qu’on ne sache pas qu’il m’avait menti. Pascal a promis de ne pas en parlé à quiconque. Et surtout pas Manuella, mais ça, je ne pouvais pas le lui dire.

Avec Caro, on s’est rapprochée de Pascal, sans pour autant lui coller aux basques. Manuella a eu le culot de venir enfilé sa main sous son bras. Pascal s’est aussitôt braqué, s’est redressé et lui a lancé un regard qui n’avait rien de chaleureux. Il n’a pas osé regardé dans ma direction, mais il était tendu. Pascal a marmonné quelque chose entre ses dents que je n’ai pas capté.

Manuella, les lèvres pincées, a eu la bonne idée de s’en aller sans demander son reste, après lui avoir lancé un regard furibond. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire.

Dès que Manuella a tourné les talons, une fille avec qui j’avais vu Pascal discuter plus tôt, Shandra, est revenue se coller à lui. Elle avait croisé Manuella et l’avait regardée bizarrement. Elle lui a donné un petit coup de coude pour signaler sa présence, parce que Pascal s’était détourné. Je me demande si c’est parce qu’il ne voulait pas voir Manuella partir?

Peut-être que ça allait bardé avec elle ou, c’était peut-être fini? J’espère!

J’ai baissé les yeux comme si je n’avais pas été témoin de ce qui venait de se passer et j’ai continué à faire semblant d’écouter ce que me racontait Caro. En tous cas, tout comme moi, elle avait le sourire. Et ce n’était pas à cause de ce qu’elle me racontait à propos de son boulot. D’ailleurs, je crois qu’elle parlait pour meubler.

Intérieurement, je jubilais de la petite défaite de la miss Manuella. Chaque victoire, même minuscule, est une victoire.

Epaule contre épaule, à cause du bruit de la musique, Pascal et Shandra se chuchotait à l’oreille l’un de l’autre et riaient. Pascal avait l'air détendu et j'aimais le voir rire comme ça. Nos regards se sont croisés, j’ai souri. Il a compris que tout allait bien. J’allais bien. On aurait dit que l’épisode Manuella était oublié.

Lui et Shandra semblaient s’entendre comme larrons en foire. De petits pincements de jalousie me picotait le visage. Instinctivement, je me suis rapprochée. Ce n’était pas pour l’empêcher de parler avec elle et qu’il s’occupe de moi, non. Pascal le savait bien. Juste qu’il se rappelle qu’il a une copine, qu’elle était là, et qu’il devait toujours faire attention à ce qu’il faisait en public.

Epaule contre épaule, ils continuaient à folâtrer ensemble. J’évitais de les regarder, parce que je ne voulais pas le mettre mal à l’aise ou qu’il pense que j’étais... jalouse. Ou qu’il faisait quelque chose de mal à discuter avec ses copines. Lui tournant le dos, je continuais à donner l’impression de m’amuser, d’être plongée dans les discussions avec ceux qui m’entouraient; Michael, Caro, JD (Jean-Daniel) et Christiane.

Il était tard, le groupe commençait à se disperser. Certains allaient encore chez Michael pour finir la soirée en beauté. Quant Michael lui a demandé s’il venait aussi, Pascal m’a consulté du regard. J’ai haussé les épaules. Aucune idée, rentrer m’allait aussi.

Shandra a posé sa main sur son épaule, Pascal s’est penché, lui tendant l’oreille. Pas de chance, ils ont baissé le volume de la musique en changeant de morçeau à ce moment là, et j’ai entendu ce qu’elle disait; « J’ai envie de coucher avec toi ».

Interloqué, Pascal a rougi et m’a lancé un coup d’oeil en baissant la tête. Je l’avais entendue.

Pascal a légèrement rougi quant Shandra lui a encore murmuré autre chose, avant de filer vers ses copines en lui lançant un regard velouté. Je me suis détournée. Cette fois, je n’avais pas entendu. Pascal a essayé de masquer sa gêne en rigolant. Il a passé son bras autour de mes épaules. Mon regard a croisé celui de Manuella, ça m’a piquée au vif.

Elle avait je ne sais quoi de suffisant, mon sang n’a fait qu’un tour. Les mots sont sortis tout seul de ma bouche avant de percuter la partie de mon cerveau qui raisonne; « Vas-y! ».

Comme s’il ne m’avait pas entendu, Pascal s’est alors penché pour s’excuser pour Shandra. Il a dit qu’elle avait peut-être un peu forcé sur les cocktails. Souriante, je lui ai demandé ce qu’elle avait bien pu lui chuchoter pour qu’il rougisse autant. Il a secoué la tête toujours gêné.

Elle lui avait demandé de la raccompagner chez elle, et qu’elle... heum... il a hésité, qu’elle a dit qu’elle était sérieuse, elle avait vraiment envie de coucher avec lui.

Je me suis demandée pourquoi il ne lui avait pas dit qu’il avait une copine, moi! Et que j’étais juste là!!! Mais bon. Pendant qu’on y était, il aurait pu lui dire de me demander ce que j’en pensais!

Manuella cherchait toujours à capter un regard de la part de Pascal, elle savait qu’on était sur le point de rentrer. Pascal a rigolé, moi aussi. Comme Shandra quelques instants plus tôt, j’ai fait en sorte qu’il se penche pour lui parler à l’oreille; "Vas-y si tu veux... Vas-y! J’espère seulement que tu ne restera pas dormir et que tu rentrera vite à la maison après.".

Pascal me regardait avec de gros yeux; "T’es folle! Je n’en ai pas envi". Je lui ai demandé s’il déconnait? Pascal a secoué la tête et tenté de prétendre que ça ne lui disant rien.

Mais moi, je voulais que Manuella le voit partir avec une autre fille. Tellement que j’en avais la chair de poule. Rien ne me ferait plus plaisir que de la voir se disloquer dans son coin. Alors j’ai été persuasive; Quel mec n’en aurait pas envi? Un eunuque, pas un mec normalement constitué.

Pascal a rougi jusqu’aux oreilles. Shandra nous avait vu parler et elle nous a jeté quelques coups d’oeil inquiets. Pascal a voulu noyer tout ça en me serrant contre lui. J’ai dû gentiment le repousser. Je voulais vite demander à Thomas de me ramener, sinon, je prendrais un taxi et c’est tout.

De petites flammes se sont allumés dans mes yeux et j’ai ajouté que j’étais impatiente qu’il me raconte comment c’était. Je crois que, ça me faisait méchamment plaisir de le voir ignorer Manuella. Même, en quelque sorte, la tromper.

Ensuite, je lui ai dis que je voulais juste qu’il se rappelle que ce n’était qu’une aventure, rien de plus.

  • Rappelle toi que ce n’est qu’une aventure. Une parenthèse. Tu es mon petit ami, pas le sien.

Je pensais plus à Manuella en disant ça qu’à Shandra.

  • Ha... est-ce que j’ai bien entendu? Je suis ton petit ami alors?

Sa remarque m’a fait violemment rougir. Enfin, non, mes oreilles seulement. Je lui ai encore murmuré à l’oreille que, c’était même moi qui le poussait à se faire plaisir. Que j’avais bien remarqué qu’elle lui plaisait bien. Qu’il avait raison, elle était jolie et plutôt sexy! Après avoir pris la clé de son appart, je me suis distancée de lui. Pascal m’a lancé un bref regard, j’ai souri, complice.

Thomas était sur un coup lui aussi, alors il ne rentrait pas directement à la maison. J’ai donc choisi de rentrer avec Caro. C’était encore mieux. Ça m’évitait les questions indiscrètes de Thomas tiens! Mais bon, à ceux de Caro, complètement estomaquée, je n’y couperais pas. Pendant tout le trajet de retour elle n'a pas arrêté de me rabattre les oreilles comme quoi j'avais tord.

Shandra était revenu vers Pascal les yeux remplis d'espour. Ils ont discutés en se parlant à l’oreille. Une ou deux fois, Pascal m’a fixé. Comme pour voir si je n’avais pas changé d’avis. Je lui ai souri en faisant un clin d’oeil. Ils ont donc fini leur verre et Shandra a précédé Pascal vers la sortie.

J’ai vu Manuella tenté de fendre la foule pour l’intercepter. Il avait aussi dû la voir. Je crois qu’elle avait deviné ce qui se passait. Ça m’a fait rudement plaisir de voir qu’ils avaient disparu avant qu’elle ne puisse même faire la moitié de la traversée du bar encore bondé.

Caroline et moi suivions derrière. Dehors, Manuella les cherchait du regard. La voiture de Pascal nous a passé devant. Il n’a pas regardé dans notre direction. Je pense que c’était parce qu’il savait que Manuella était probablement dehors à le guetter. Manuella bidulait furieusement son natel, les joues en feu. Bien fait pour ta tête ma petite! Je pourrais parier qu’elle essayait de joindre Pascal, qui ne répondait pas.

Contrairement à moi, Caroline était mortifiée que j’aie pu encourager Pascal. Moi non. Elle ne comprenait pas que je puisse faire une chose pareille. J'aurai pu lui rappeler que je l'avais fait pour elle aussi! La défaite de Manuella était trop plaisante pour que je culpabilise ou éprouve un quelconque remord pour le moment.


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157/2015 - Une chance contre Manuella - Samedi - 6 juin 2015

Publié le par JaneDo


Samedi - 6 juin 2015 - 157/2015 - Peut-être 1 chance sur Manuella? (1)

Caroline a été voir chez Michael. Pascal n’y était pas. Ce n’était presque pas une surprise. Je crois que quelque part au fond de moi, je l’avais soupçonné. Caroline a fait un tour du côté de chez Manuella, Pascal n’y était pas non plus. Je voulais rester sereine, mais, les larmes ont inondés mes yeux. J’avais perdu le contrôle.

J’ai eu envie de partir, qu’il retrouve son appartement vide en rentrant. Et peut-être qu’il ne rentrerait pas avant demain matin? Peut-être q’inconsciemment, Pascal cherchait à me provoquer, provoquer la rupture? Il pourrait alors tranquillement voguer dans son histoire avec l’autre? Non, je ne pouvais croire qu’il soit aussi méchant. Pas avec moi.

Impossible de me concentrer sur mon livre. Triste, angoissée au max, j’ai commencé à prier pour le voir arriver. Je crois que j’aurais le coeur brisé s’il ne rentrait pas. Pourtant, je savais d’avance que je ne lui ferais pas de scène, que je ne dirais rien. Même, je ferais semblant de dormir.

Cela faisait plus de 2h que Pascal m’avait plantée là, une demi-heure que Caroline m’avait confirmé son mensonge, je commençais à baliser. Persuadée qu’il ne rentrerait plus, je suis sortie sur la terrasse, dans le noir et j’ai laissé mes larmes couler librement sans chercher à les essuyer, quant j’ai entendu je l’ai entendu arriver.

Je ne peux même pas exprimer le sentiment de soulagement que j’ai ressenti. Toute la peine, le ressentiment, le désespoir s’est envolé. J’ai séché mes larmes en espérant que Pascal ne s’apercevrait de rien. Pour couvrir mes éventuels yeux rouges, j’ai éternué quant Pascal est descendu de voiture. Je l’ai attendu près des escaliers.

Ça l’a fait sourire de me voir là, à l’attendre. Je ne savais même plus pourquoi j’avais pleuré quelques instants plus tôt, j’étais juste heureuse de le voir c’est tout. Folle de joie qu’il soit rentré.

La tête posée sur son torse, je savourais le bonheur d’être dans ses bras. D’être avec lui. J’écoutais le rythme de son coeur qui bat et je me sentais en sécurité et heureuse. Il avait mis un film, mais ça ne m’intéressait pas. Tout ce que je voulais c’était rester comme ça sur lui, jusqu’à la fin des temps. Pascal me caressait la tête, me racontait ce dont il avait parlé avec Michael.

TILT! Là, je me suis rappelée pourquoi j’avais été triste, et qu’il était peut-être en train de me mentir, ou d’étoffer son mensonge en me rapportant des trucs qu’ils avaient peut-être discuté il y a des lustres.

Mais, je me suis trompée, Pascal était bien avec Michael et 2 autres copains; ils essayent d’organiser une surprise pour l’anniversaire de Thomas. Voilà donc pourquoi il s’était absenté. Michael avait choisi une salle et ils devaient mettre au point encore quelques détails.

Pascal n’a pas voulu m’en dire plus, pour ne pas gâcher la surprise. Il m’a demandé de ne rien dire à Thomas. C’était évident. Il n’avait pas rendez-vous chez Michael, donc Caro ne pouvait pas y trouver sa voiture. Heureuse de savoir qu’il ne m’avait pas menti, je l’ai embrassé. Encore et encore. Plus amoureuse que jamais, j’avais envie de lui, et je ne lui ai pas caché.

Surpris, mais heureux, il m’a aussitôt transportée jusqu’à sa chambre. Les bras autour de son cou, je continuais à l’embrasser. J’adore les lueurs qui s’allument dans ses pupilles quant le désir l’enflamme. J’aime que ce soit moi qui les provoquent. Et pas une autre.

...rhhh, toujours quelqu'un dans les pattes!...


Samedi - 6 juin 2015 - 157/2015 - Peut-être 1 chance sur Manuella? - (2)

Couché sur le dos, Pascal dort, un bras replié sur les yeux. De l’autre, il me serre contre lui. Sous ma joue, j’entends son coeur battre et sa respiration profonde, calme et rassurante. J’ai la poitrine comprimée, je ressens des bouffées d'amour. La seule chose qui me vient à l’esprit, c’est que je l’aime.

Mes doigts se glissent lentement, tendrement sous son t-shirt. C’est dingue comme son corps est doux et tout en muscles. Il bouge et m’embrasse sur la tête, dans les cheveux sans se réveiller. Hum, heureusement que je les avais lavés, sinon il aurait eu l’impression de plonger le nez dans un gros cendrier.

Pascal ouvre un oeil et me sourit. L’espace temps se dérobe, son sourire me fait fondre. Je le regarde se lever et disparaître dans la salle de bain. Arf, j’ai envie de lui, de me fondre en lui. Il se lave les dents et revient se jeter dans le lit à côté de moi. Il soulève mon t-shirt et ses lèvres se pose sur mon ventre, remonte lentement. Je frisonne.

Mes mains s’agrippent à ses cheveux qui me chatouillent, effleurent son dos, sa nuque. Nos lèvres se cherchent, se trouvent, se confondent. Ses mains chaudes me réaniment, je palpite, ses yeux me dévorent. Nos souffles, nos baisers, nos corps, tout s’emmêle et le temps s’évanoui. Nous ne formons plus qu’un. Epuisé, on s’endort.

Midi, l’odeur du café et des pancakes me réveille. Je me traîne jusqu’à la cuisine avec le t-shirt de Pascal, bien trop grand pour moi. Il est appuyé au bar de la cuisine et lit le journal. Il me sourit. Argh je fonds encore. Pascal me sert un café, je me hisse sur un des tabourets et lui retourne son sourire, avant de me plonger dans ma tasse.

Pascal allait voir le match d’un copain cet après-midi, il m’a proposé de l’accompagner. Je ne pouvais pas; je devais servir de chauffeur pour ma frangine. Elle avait prêté sa voiture au petit copain de sa fille aînée. Ils font une fête pour César, alors elle voulait aller tôt pour tout préparer. Les invités arrivaient en fin d’après-midi.

Habillé d’un jean et d’un simple débardeur blanc, à travers lequel on voyait son torse, ses abdos bien dessinés, Pascal est passé me prendre à 21h. Je me suis sentie trop habillée, alors je suis remontée me changer en vitesse pour enfiler moi aussi un jean.

Pascal me tenait par la main et quant on est entré dans le restaurant. Beaucoup de têtes se sont retournés. Hum, il devait se demander ce que faisait ce type magnifique avec un petit boudin comme moi. J’ai rougi et baissé les yeux. Pascal n’avait pas l’air d'être préoccupé par les regards ou ce que les gens pouvaient penser.

Ce petit dîner en tête à tête m’a comblée. On a rigolé, parlé, encore rigolé. Pascal voulait rentrer et passer une soirée tranquille, en amoureux. Mais, je n’avais pas passé tout ce temps à me préparer pour rentrer, me foutre en training et flâner devant la télé. J’avais envie de sortir. Ciel... j’aurais peut-être dû l’écouter...

On a retrouvé nos potes au Bleu. Ils étaient presque tous bien parti pour faire la fête jusqu’au matin. J’ai éclaté de rire. Thomas nous racontait un des moments les plus gênant. Pascal était à l’autre bout du bar avec quelques copains, dont Michael et Paul.

Nos regards se sont croisés, et Pascal a souri, les yeux pleins d’étoiles. Ça faisait longtemps que je n’avais pas ris. Pascal aime mon rire. Ce qui me gêne parce que j’ai l’impression de l’avoir fait exprès pour qu’il me remarque. Qu’importe. Et pourquoi je n’aurai pas le droit d’essayer d’attirer son attention moi?

En remontant des toilettes, j’ai croisé une grande fille, athlétique, de longs cheveux ondulés bruns comme ses yeux, la peau bronzée. On a failli se rentrer dedans. Je regardais seulement où j’allais, mais j’avais noté qu’elle était jolie. Elle a balancé ses cheveux d’une épaule à l’autre, laissant dans son sillage l’odeur de son parfum.

Caroline me dit que je venais de croiser Manuella, et ça fait Tilt... La grande brune... Manuella...

Je crois que je ne l’avais jamais vue de si près. Caroline me parle, sa bouche forme des mots que je ne comprends pas, je vois son front se froisser. Je comprends que c’est important, mais sa voix me parvient à travers un voile de coton. Je réussis à sourire, mais une buche vient de m’écraser le coeur comme une crêpe. La douleur est immense et me tétanise.

Comment n’ai-je pas compris hier soir? Comment ai-je pu ne rien remarquer? Ce parfum. Son parfum. J’ai senti son parfum sur Pascal. Comment n’ai-je pas réalisé qu’il me mentait? Qu’il l’avait vue? Comment ai-je pu être si idiote?

Tous les signes clignotaient devant mes yeux, dans ma tête, et j’ai été aveugle comme une taupe. J’enregistre une suites d’images; sa tête qui se penche vers sa bouche, sa main qui encadre son visage, le baiser qu’il pose dans le creux de sa nuque. Mon estomac se révulse. Troublée, j’essaie de bloquer mes pensées. Je ne veux pas mettre le doigt sur quelque chose que mon esprit a réalisé, mais que je refuse d’admettre. Je regarde Pascal et il me souri.

Mon regard s'aggrippe à celui de Manuella quant elle passe devant Caroline et moi. Elle tourne aussitôt la tête pour regarder ailleurs. Après avoir fait la bise à Jonas, Manuella s’approche de Pascal et pose la main sur son dos. Il se penche vers elle, ils se font la bise et elle lui chuchote à l’oreille. Il rit.

Ses yeux verts tendrement posés sur elle me brûlent comme au fer rouge. Le sourire qu’il lui adresse est comme une trahison. Mon estomac se noue et je me détourne.

La rage monte, j’ai les oreilles en feu, mes joues me picotent. J’ai envie de le frapper, de le mordre pour m’avoir prise pour une conne. Comment a-t-il osé? Me faire ça à moi? Une vague de chaleur me submerge, me fait bouillir de l’intérieur. Ma respiration se bloque, j’étouffe.

Et Pascal continue de rire. Rire comme s’il était innocent. Comme s’il n’avait rien à se reprocher. Sa main se pose sur sa hanche, il se penche à nouveau vers elle et chuchote à son oreille. Et elle rit. Seraient-ils en train de se moquer de moi?

J’ai envie de la voir souffrir autant que moi en ce moment. J'ai envie de voir disparaître son petit air supérieur et suffisant quant elle me regarde. D'effacer son petit sourire. J'ai envie qu'elle ait mal, la voir dégringoler de son petit pied d'estale sur lequel elle s'était mise.

C'est pourquoi quant cette fille, avec qui Pascal discutait, lui a dit qu'elle voulait coucher avec, je lui ai dis qu'il pouvait y aller. J'étais juste à côté, et je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre ce qu'elle lui murmurait à l'oreille. Elle ne savait pas que j'étais avec lui, que j'étais sa copine. Manuella fera moins la fière de le voir partir avec une autre fille.


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156/2015 - More Lies - Vendredi - 5 juin 2015

Publié le par JaneDo


Vendredi - 5 juin 2015 - 156/2015 - More Lies...

Arhhh, enfin le week-end, et hélas, Gis allait squatter (mieux si ça s’écrivait; scouater, mais bon) ici tout le week-end. Grrrh. Pas de tranquillité, donc, j’allais m’arranger pour être ici le moins possible. Son côté bordélique, sans respect, sale, peu soigneuse m’agace carrément. Au moins, depuis qu’on s’est pris la tête parce qu'elle me casse les pieds toute la journée à trainer ici, elle fait l’effort de partir toutes les après-midis. Ce qui me permet de bosser.

J’ai fait un saut chez mon papa avant midi, juste pour faire coucou. Je l’aime mon papa. Il travaillait dans le jardin. Ma visite lui a donné l’occasion de faire une pause. Il faisait une chaleur mortelle aujourd’hui.

  • Arhh, tu veux vraiment sortir? Franchement?
  • Ben, c’est vendredi... J’avais envie de faire la fête, sortir, boire, danser...
  • Arhhh! Pour moi c’était une longue semaine. Crevé. Je rêvais d’une petite soirée tranquille à la maison, avachi devant la télé!

Pascal n’avait pas envi de sortir. Il ne voulait voir personne. Même pas sortir prendre un petit verre. Je me suis demandée si c’était seulement parce que c’était avec moi! Hier soir, il était sorti tard avec l’équipe de natation.

  • Ha! Donc, si c’était avec quelqu’un d’autre, tu serais partant, mais c’est juste parce que c’est moi?
  • Qu’est-ce que tu racontes? C’est n’importe quoi! C’est justement parce que t’es ma nana que je n’ai pas besoin de prétendre et que je peux te dire que j’aimerai qu’on passe la soirée à la maison rien que les deux. Ne dis pas des trucs pareils.
  • Ha!
  • C’est quoi ces « Ha »?
  • Rien. D’accord. Alors à toute. Heum... Je pense que Caroline veut aussi venir?
  • Quoi? Caroline? Qu’est-ce qu’elle vient faire là-dedans?
  • Ben... chaque fois qu’on passe une soirée à la maison, elle appelle comme par hasard pour venir scouater ton canapé et la télé avec nous.
  • Je l’ai vue hier soir, c’est bon. Je pense qu’elle nous fichera la paix. Bon, on fait un marché; ce soir, on reste à la maison, et demain soir, on fait ce que tu veux. D’accord?

J’avais l’impression qu’il disait ça pour me rassurer. En même temps, il venait de se planter en m’informant qu’il l’avait vue hier. Hum! Qui d’autre avait-il vu cette semaine? On a encore discuter un moment, chacun essayant de convaincre l’autre. Pour finir j’ai capitulé.

Argh, j’aime sa voix, je pourrais passer des heures à discuter avec lui, même s’il me lisait le bottin. Mais le voir, c’était encore mieux. Impatiente, après le coup de fils, je me suis mise à me préparer. J’ai pris quelques affaires pour passer le week-end chez Pascal.

Bon, je savais que je ferais quelques escapades chez moi, question de me reposer, baisser ma garde et ne pas être en représentation tout le temps. Surtout si Pascal avait envi de faire du sport, trotter à droite et à gauche, je rentrerais me cacher chez moi et me la couler douce.

Puis Pascal a détruit d’un coup de baguette mes illusions...

Quant je suis arrivée chez lui vers 20h, il se préparait à sortir. Il avait essayé de me joindre sur mon natel. J’écoute toujours la musique à plein tube, alors je n’ai rien entendu. Je me suis arrêtée pour acheter des clopes pour nous, je n’avais pas pensé vérifier mon natel. Michael lui aurait demandé de passer. Ça semblait important. Il ne m’a pas dit pourquoi.

J’étais tellement désappointée! Après tout ce qu’on avait discuté, il me prouvait que j’avais raison. J’ai commencé à tirer la gueule. Pascal m’a coulé un petit regard énigmatique. Hum, je crois qu’il avait compris à quoi je pensais. J’ai changé faire la gueule en bouderie souriante. Je ne voulais pas lui donner cette image de moi. Surtout pas avant son départ je ne sais où.

Une fois seule, je me suis jetée sur le canapé pour regarder la télé. Je me sentais seule et triste. Ma tête a commencé à me trahir en s’aventurant dans un vaste pays d’idées noires. Une main glacée me vrillait l’estomac; et si Pascal m’avait menti pour aller retrouver Manuella? Ça m’a donné envie de pleurer.

Je tremblais à l’idée d’avoir été aussi facile à berner, si c’était le cas. Le regard qu’il m’a lancé m’a traversé l’esprit, et j’ai essayé de le décortiquer pour voir si je m’étais trompée. J’espère qu’il n’avait pas osé me faire ça, ce serait très moche.

Pour me sortir de là, j’ai appelé Caro. Elle était à la maison. Elle savait que Pascal ne sortait pas, et elle savait que je serais chez lui. Je lui ai raconté ce que Pascal m’avait dit et lui ai proposé de venir chez Pascal pour me tenir compagnie. Elle voulait tenter de le retrouver. Elle voulait que je l’accompagne, mais je ne voulais pas.

J’ai cherché à la raisonner de ne pas le suivre, fait celle qui cherchait à la faire changer d’avis. Je crois que je savais qu’elle ferait ça, qu'elle le chercherait, et je crois que c’était pour ça que je l’avais appelée; pour faire le sale boulot à ma place.

Pour ne plus penser, j’ai essayé de me plonger dans mon livre. Le premier quart d’heure, ce n’était pas ça. Après, j’ai oublié le temps, jusqu’à ce que Caroline me rappelle. Pascal m’avait menti. J’étais déçue. Ce n’était pas une surprise, mais ça m’a fait vraiment beaucoup de peine.


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155/2015 - Nlle prof d équitation - Jeudi, 4 juin 2015

Publié le par JaneDo


Jeudi - 4 juin 2015 - 155/2015 - Nlle prof d’équitation

Equitation comme d’hab. à 18h. Pedro est parti, ils ont une nouvelle prof. Léticia. Kaya semble l’apprécier. C’est une très jolie blonde, corps de cavalière. Elle fait connaissance avec ses nouveaux élèves. Elle a une voix calme. Ma nièce avait l'air heureuse après son cours. Pédro leur manque à tous, mais la nouvelle ne semble pas trop mal.

C'est triste de voir le box d'Ulysse occupé par un autre cheval. De savoir qu'il a été incinéré... jeté aux ordures. Comme les gens oublient vite. Quant on approchait de son box, il avait l'habitude de tendre le museau pour un câlin. Il ne le fera plus. Il est parti.

J'en veux un peu aux patrons du manège de l'avoir fait piquer parce qu'il ne pouvait plus leur rapporter d'argent.

Après, il y avait une petite grillade chez César, alors j’ai dû aller chercher Lilice, et on est descendue toutes les 3 manger se joindre à la troupe pour manger. On était quand même 8, et ça, c’est une petite table. Ma soeur avait invité Dacy, la copine à Daivy, et son fils aussi. Argh, elle a parlé religion; elle est Evangéliste.

Ça me fait toujours sourire ce genre de naïveté. Ceux qui croient en un Dieu me font un peu pitié. Un Dieu qui n'existe pas. Je crois même que je ressens une sorte de mépris. Pour moi, ils ne sont pas très perspicace, et sont fragiles. Tout à fait le genre à faire partie de n'importe quelle secte. Candidat volontaire à l'esclavege quoi!

Je lui ai demandé si, sachant comment est l'univers, elle arrivait encore à croire ce genre d'absurdité! Mais bien sûr, notre état de, milliard et milliard de fois plus petit qu'un grain de poussière à l'échelle de l'univers, est une inconnu pour elle. Elle ne connait rien à; système solaire, étoiles, voie lactée... et pas assez éveillée pour se poser des questions.


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154/2015 - Calme en eaux troubles - 1/2/3 juin 2015

Publié le par JaneDo


Lundi - 1er juin 2015 - 152/2015 - Calme en eaux troubles

Souper de famille. 12 à table. La soirée s’est un peu prolongée, avec les histoires de la copine à Daivy. J’étais contente en fin de soirée de partir enfin pour rentrer chez moi. Il était plus de 23h. Pascal m’avait laissé plusieurs messages, déçu de ne pas me trouver à son réveil; « Pas de café avec ma chérie ce matin? Sad ». Je n’avais pas eu le temps de lui répondre. Mais ça, il en avait l’habitude.


Mardi - 2 juin 2015 - 153/2015 - Calme en eaux troubles

Seul jour de tranquillité, alors j’en ai profité. Mais j’ai toujours le coeur lourd. Je joue les funambules et marche au bord du précipite de la déprime. Elle menace à chaque instant, je la sens prête à surgir et m’anéantir. Je survis en projetant une image calme et sereine, mais rien n’est vrai. Intérieurement, c’est le désastre.


Mercredi - 3 juin 2015 - 154/2015 - Calme en eaux troubles

Tout le monde sur le dos; baby-sitting, courses en long et en large pour emmener Roméo au conservatoire, chez le médecin, faire du courrier pour Maria. Bref, une journée fichue. Ma voiture n’a pas cesser de faire des bips alarmants. Vue que Gis a perdu ses clés, j’ai dû partir en l’enfermant dans l’appartement. Quant je suis rentrée vers 17h, et elle dormait encore! Elle a rien foutu de la journée.


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151/15 - Le faux innocent - (2) - Dimanche - 31 mai 2015

Publié le par JaneDo


Dimanche - 31 mai 2015 - 151/15 - Le faux innocent - (2)

Après la fête chez Thomas, quant j’ai vu Manuella se pointer chez Pascal, la gueule enfarinée, je crois que de la fumée me sortait par les oreilles! J’aurai voulu arracher les rideaux, les piétiner, lui sauter à la gorge, lui arracher les yeux, utiliser le cordon pour la frapper avec les bouts durs. Au passage, donner un direct dans la face à Pascal pour l’avoir laissée entrer... sur mon territoire. J’aurai voulu lui couper les mains pour avoir oser les poser sur mon Pascal. C’est le mien, pas le sien.

Pascal n’était pas très à l’aise. Elle l’a assuré que personne ne l’avait vue revenir sur ses pas. Apparemment, Manuella savait par Pascal lui même que j’étais au Tessin. Comme moi, elle pensait que s’il lui en avait parlé, c’était parce que secrètement, il espérait qu’elle ferait exactement ce qu’elle venait de faire.

  • Tu as dis qu’elle était au Tessin, donc,  aucune chance qu’elle débarque. Je peux enfin voir ton appart.

Elle s’apprêtait à visiter l’appartement, Pascal l’a saisie par la taille pour la ramener vers lui. Ils se sont embrassés, lui avec ce petit sourire qui me faisait tellement craquer. Il a dégagé son visage en replaçant une mèche derrière l’oreille tout en l’embrassant encore. Sur les yeux, le nez, tout autour de la bouche avant de prendre ses lèvres. Je fulminais. Des pincements de jalousies électrifiaient tout mon corps et me faisaient trembler.

Pascal a jeté un oeil vers la porte du haut. En direction de chez Thomas. Il a dit qu’il ne se sentait pas rassuré, comme si d’un instant à l’autre, je pourrais débarqué. Manuella lui a rappelé que j’étais au Tessin, bien trop loin pour faire ça. Pascal a quand même vérifié que la porte qui séparait les 2 appartements étaient bien verrouillés, il a ensuite jeté un oeil dans le bureau. Comme j’étais contente d’avoir choisi de me planquer dans mon coin habituel.

  • J’ai l’impression que son parfum flotte... je me fais des idées!

La porte de la chambre d’amis était fermée, Pascal l’a ouverte, un regard circulaire et l’a refermée. Pas très  prudent ça! Et si j’étais cachée dans la chambre? Les bras autour de son cou, Manuella souriait et demandait s’il se sentait enfin rassuré. Pascal a haussé les épaules. Les yeux plongés dans les siens, il lui a rendu son sourire, puis hypnotisé, il l’a soulevée. Les bras autour de son cou, elle a passé ses jambes autour de ses hanches.

  • On ne sait jamais... elle pourrait être là dans la matinée, ce qui ne m’étonnerait pas. Tu ne peux pas dormir ici.

Manuella a perdu son grand sourire. Elle s’est détachée de lui pour se laisser tomber sur le canapé face à la télé dans une posture des plus suggestive.

  • Arrête de flipper. Au pire, ce sera l’occasion de la mettre au courant pour nous. Pascal s’est retourné d’un bloc et la fixait. De toute façon, je t’ai dis qu’elle sait. Je l’ai vu dans son regard. Elle sait.
  • Tais toi. Je ne veux pas que tu parles d’elle.
  • Pourquoi tu refuses...
  • Arrête. Je refuse de parler d’elle avec toi, ok.

Fini la pose sexy, son sourire disparu, elle a pris un air "crâne"; « Tu n’as pas l’intention de lui parler? Alors tu m’as menti? ».

  • Je n’ai jamais dis que je lui parlerais de quoi que ce soit. On était d’accord, non? Pas d’attache. Chacun sa vie. On a bien été d’accord; ne rien faire qui pourrait éveiller des soupçons ou bousiller la vie de l’autre.

Manuella le fixait dubitative; « On n'avait pas prévu qu'on tomberait amoureux non plus? Alors on fait quoi? ».

  • Rien. Pascal s’est passé la main dans les cheveux. Ecoute, je n’ai pas envi de parler de ça.

Manuella a dû comprendre que si elle continuait sur cette voie, les choses allaient tourner à son désavantage. Elle a changé son fusil d’épaule.

 

  •  Tu as l'intention de me laisser mourir de soif, ou tu m’offres quelque chose à boire? 

 

Pascal a semblé soulagé de changer de sujet. Pourtant, à son attitude, son expression, je voyais bien qu’il était toujours mal à l’aise. Il restait plongé dans ses pensées. Manuella l’a suivi dans le coin cuisine, et s’est juchée sur un des tabourets. La tête dans les nuages, Pascal était en train de préparer un café.

Manuella a essayé de l’interrompre pour lui dire qu’il était tard pour un café, qu’elle ne voulait pas de café. Pascal a fini par sortir de sa torpeur. L’atmosphère s’est détendu. Elle a tout de suite saisi la balle au bond. Elle a fait le tour du bar et s’est lovée dans les bras d’un Pascal encore un peu sur la défensive. Ou c'est ce que je voulais croire.

Pascal a fini par passer ses bras autour d’elle. Il avait semble-t-il oublié leur discussion. Ils s’embrassaient à n’en plus finir, flirtaient, se cherchaient, se chauffaient. Je tremblais de partout. Pascal l’a soulevée pour la poser sur la table et là... J’ai fermé les yeux. Comme je ne pouvais pas bouger, je ne pouvais pas me boucher les oreilles. J’avais envie de crier, d’hurler.

Je ne voulais pas voir ça. Ils s’étaient déjà vu hier soir, avaient déjà passé la nuit ensemble, et là, je tourne le dos et ils remettent ça? Moi qui espérait lui manquer! A voir... pas du tout! J’étais un peu dégoûtée. Je ne pensais pas, je n’aurais jamais pensé qu’il aurait eu le culot de la faire venir chez lui. Même si elle s’était invitée. Ça me faisait mal de ne pas lui manquer. De ne pas lui manquer du tout.

J’ai réalisé que mes larmes coulaient et commençaient à me chatouiller le nez. Ils étaient trop occupés pour faire attention si le rideau bougeait un peu. Alors j’ai séché mes larmes de la main, de même que mon nez qui coulait avec mon t-shirt. Beurk, mais pas le choix.

Ils se sont ensuite effondré sur le canapé. Elle, calfeutrée contre lui, la tête au creux de son épaule. Lui comme d’habitude, un bras sur les yeux. Mes joues étaient brulantes, au point que j’ai cru avoir de la fièvre. Elle voulait rester, dormir chez lui. Pascal ne voulait pas. Il préférait qu’elle rentre. Il ne voulait pas prendre le risque que je rentre à l’improviste durant la nuit et que je vienne sonner.

Manuella avait déjà repéré le fait qu’il y avait 2 entrées. Elle a suggéré que si ça arrivait, elle pourrait filer par l’autre porte. Hum, donc, elle savait que je n’avais plus les clés!!! Qui avait bien pu le lui dire à part Pascal??? Ça m’a fâchée. Il parlait de moi dans mon dos, lui donnait pleins d’infos, alors que je ne savais rien sur elle.

La moutarde me montait au nez... Il fallait que j’inverse la vapeur... et vite! Non mais attend! Je ne vais pas la laisser continuer à se moquer de moi. Mais... si elle le faisait, c’était la faute à Pascal. C’est à cause de lui qu’elle se donnait le droit de le faire. J’étais tellement furax que je suis sûre que la chaleur de ma rage devait se propager dans l’appart et jusqu’au canapé.

Pascal voulait qu’elle s’en aille, il voulait prendre une douche. Manuella ne voulait pas partir encore. Elle a demandé s’il voulait de la compagnie. Il a rigolé. Non, il ne voulait pas de compagnie. Manuella flânait dans l’appartement. Elle a vu son natel. Après avoir jeté un regard en direction de la chambre, entendu le bruit de la douche, elle a essayé de regarder ses messages. Bien fait, elle ne connaissait pas son mot de passe.

J’ai crié victoire trop vite. Après 2 tentatives, elle a réussi à débloquer l’écran d’accueil. Sans doute l’avait-elle vu le composer plus d’une fois. Je l’ai vu lire des messages, tout en surveillant la chambre. Elle a noté quelque chose qu’elle a vite caché dans son sac à main.

Pascal est sorti de la chambre en boxer, se séchant la tête. Sans gêne, ce qui montrait qu’ils ne se connaissaient pas d’hier, elle a voulu réchauffer la flamme qu’ils venaient de calmer quelques instants plus tôt, sur la table à manger du salon, le poussant en direction de son lit.

Manuella s’est braquée. Elle avait senti sa résistance, Pascal n'avait pas l'intention de la laisser entrer dans sa chambre. Maigre consolation, mais ça m’a fait plaisir.

Oui, cela m’a fait très plaisir de la voir tout gâcher en une fraction de seconde. Fâchée de constater que Pascal lui bloquait l’accès à sa chambre, Manuella a éclaté. Elle a compris que Pascal ne voulait pas qu’elle se couche dans son lit. Elle a deviné que cela avait un rapport avec moi et cela semblait lui faire de la peine.

Sa peine était mon ravissement, me réjouissait. De toute façon, c'était du cinéma tout ça. A mes yeux, elle n’avait aucun droit à s’autoriser à éprouver du chagrin, parce que Pascal ne la traitait pas comme moi.

Manuella s’est permise de laisser tomber quelques larmes et j’ai été furieuse de voir Pascal la prendre dans ses bras et tenter de la consoler. Par contre, ravie de la voir le repousser et décider d’enfin partir comme il le lui avait demandé; « Tu n’as pas l’intention de la quitter n’est-ce pas? ».

Il n’a pas répondu. Elle a secoué la tête et est partie en courant.

Pascal a tenté de la retenir, et ça m’a fichue encore en pétard. Parce que je me suis rappelée des fois où Pascal n’avait pas cherché à me retenir. Alors pourquoi elle? Est-ce qu’il l’aimait tant que ça?

Léger réconfort de voir qu’il ne l’a pas poursuivie dehors. Il l’a juste appelée tout en restant sur le pas de sa porte. Elle n’a pas répondu. Pascal a haussé les épaules et a fermé derrière lui.

Il a ensuite jeté un oeil sur son natel. Heureusement que je ne lui avais donné aucune nouvelle, sinon, j’aurai été furibonde de voir qu’il ne consultait ses messages que maintenant. Seulement après qu’il avait fini de culbuter l’autre connasse. Celle qui essayait de prendre ma place. Avant ça ne l’intéressait pas!

Pascal a pianoté sur son natel. Jeeez, ne me dis pas qu’il envoi un message à Manuella là? La colère me picotait le visage. Et pourtant, ce qui me mettait le plus en colère, c’est que je l’aimais malgré tout. J’avais envie de sentir ses bras rassurant autour de moi, d’entendre le battement de son coeur contre mon oreille, sentir la chaleur de sa présence.

Après avoir éteint partout, sauf dans sa chambre, Pascal s’est servi un grand verre de lait, son natel s’est mis à sonner. Il a regardé l’écran mais n’a pas répondu. Il a éteint la sonnerie et lancé son natel sur le fauteuil pour retourner prendre son verre sur le bar de la cuisine. Je me demandais qui ça pouvait bien être. J’espérais secrètement que ce soit Manuella. Et c’était bien elle.

Pascal a enfilé le t-shirt qu’il avait balancé sur son épaule après le départ de Manuella. Il s’est allumé une clope et son verre à la main, il est sorti sur la terrasse s’assoir dans la balancelle. De côté, je pouvais le voir se balancer la tête rejeté en arrière. Je le voyais nettement avec la peur qu’il puisse lui aussi me voir. Mais je savais que c’était impossible, même s’il regardait dans la bonne direction.

Son natel s’est remis à sonner, il n’a pas bougé. Pourtant, il l’entendait très bien. Après sa cigarette, il a verrouillé la porte d’entrée. Son natel a recommencé à sonner. Pascal a éteint à nouveau la sonnerie sans répondre. Après avoir vérifier qu’il avait tout éteint, il est entré dans sa chambre et a fermé derrière lui.

J’allais pouvoir bientôt partir et laisser exploser ma colère et mon chagrin une fois seule. Moi au moins, c'était légitime contrairement à l’autre grognasse. Je pourrais pleurer de tout mon saoul.

Tout le monde dormait le coeur au repos, et moi, j’étais triste à mourir, le coeur déchiqueté, laminé. Avec l’impression d’être la seule au monde à être aussi triste et abattue. Caroline dormait surement depuis des heures. Pascal certainement aussi bientôt. Tout le monde était heureux, sauf moi. Je me sentais perdue et seule.

Une demi heure après, j’osais à peine bouger. Sur la pointe des pieds, sans bruit, je me suis dirigée vers la porte. Avec précaution, j’ai sorti mes clés de ma poche arrière et enfilé le plus lentement et doucement possible dans la serrure. Millimètre après millimètre j’ai tourné la clé et ouvert après ce qui m’a semblé être une éternité.

(Argh, je devrais apprendre à raccourcir: "Une fois Pascal endormi, je suis partie." C’est pas difficile pourtant! )

Enfin à l’air libre, j’ai pris une grosse bouffée d’air... J’étais sur le point de prendre le chemin qui longe les haies pour déboucher sur la route plus loin quant j’ai entendu et senti le danger; une voiture venait dans ma direction. J’ai pensé que c’était Thomas, mais je me trompais; c’était encore Manuella.

J’ai sauté dans les fourrés, sans prendre le temps de regarder où je mettais les pieds.

Elle a sonné, et une minute après Pascal lui ouvrait. Ils n’ont pas parlé. Pascal l’a prise dans ses bras, une main dans ses cheveux, il a posé le menton contre sa tête. Un geste des plus tendre. Ils sont entrés, fermé la porte. Et moi, j’étais dehors. Je groummais, la poitrine compressée.

Ça allait être larmes, consolations et tendresses. Non, je ne pouvais pas le supporter. Mais, je ne pouvais rien y faire. Me voilà plantée dans un buisson, probablement avec des bestioles qui se baladaient partout, à greloter de froid, alors qu’une autre est bien au chaud dans les bras de mon mec. L’enfer.

Prise de panique, j’ai appelé son numéro. Pas de réponse. J’ai insisté. Toujours pas de réponses. Ma tête ne pouvait plus réfléchir, j’étais complètement ravagée. Je ne supportais pas l’idée que Pascal allait consoler une autre alors que je me sentais délaissée. Pourtant, je m’étais promise de ne pas intervenir dans sa relation avec cette fille, mais là, les plombs avaient sauté dans ma tête, j’étais incapable de raisonner ou d’être raisonnable.

J’ai fait encore une dernière tentative. Cette fois, Pascal a répondu. Désolée Caro, j’ai failli à notre promesse.

  • Coucou... je suis à 2 pas de chez toi... Tu me manquais trop, alors je suis rentrée.

Je me rendais compte que ma voix tremblais. J’avais couru vers ma voiture. J’étais déjà dans le chemin qui menait chez lui. Méchante, j’ai bloqué exprès la voiture de l’autre qui était parquée devant chez lui. Je savais pertinemment qu’elle sortirait de l’autre côté.

A moins que Pascal n’ait décidé de me mettre devant le fait accompli comme elle le lui avait suggéré? C’est un mec, et les mecs sont souvent trop stupides et se font facilement manipuler par ce genre de petites midinettes. Quelques petites larmes et ils marchent sur la femme qui a fait partie de leur vie. Les salauds.

En sortant pour me lancer sur les marches de la maison, j’ai regardé avec insistance la voiture que je venais de bloquer. Pour répondre à ma question, Pascal m’a dit que c’était peut-être un des invités à Thomas qui avait dû laisser sa voiture sur place. Hé oui, explication facile, simple, croyable. Et moi qui pensait le coincé!

Manuella avait disparue.

Pascal faisait des efforts pour me montrer qu’il était content de me voir. Je suis sûre qu’il pensait aussi à elle. Au fait que la roulure était toute triste, en larmes et qu’il n’avait pas pu la consoler comme il faut. Ça m’enrageait. Pascal me semblait un peu distant. Moins chaleureux que d’habitude. Pourtant, il faisait comme si, mais ça sonnait faux.

Enfin, c’était peut-être seulement dans ma tête...

J’ai prétendu avoir passé des heures sur la route, alors j’avais besoin de prendre une douche. Et j’ai pleuré. L’eau dispersait mes larmes et apaisait mon âme. L’idée qu’il pensait sans doute à l’autre potache me bouleversait.

Après ma douche Pascal m’a prise dans ses bras. Il était redevenu tendre et empressé. Je n’avais aucune envie de le laisser aller trop loin. J’avais l’impression qu’il voulait nous comparer. Je ne voulais pas me retrouver les 4 fers en l’air, alors que quelques heures plus tôt, il faisait des galipettes avec une autre.

Je n’aurai pas dû venir. Maintenant que j’étais là, j’étais trop enragée pour apprécier quoi que ce soit. Quant il m’approchait, mes poils se mettaient au rgarde à vous. J’avais envie de le frapper, de le repousser et prendre la fuite pour retrouver la sécurité et le désert de mon appartement.

Mais j’ai apprécié dormir tout contre lui. Le dimanche, j’ai écouté ses messages vocaux. Il y en avait plusieurs de Manuella, en larmes, riant, lui demandant de la rappeler dès qu’il pourrait. Qu’elle espérait le voir ce soir. J’ai résisté à ma furieuse envie d’effacer tous ses messages.

On a passé une journée tranquille et douce. Petite promenade main dans la main au bord du lac. Même si je savais que je n’aurais pas dû, je suis restée dormir dimanche soir, juste pour être sûre qu’il n’irait pas la rejoindre. C’était nul, mais je n’ai pas pu me résoudre à être raisonnable.

Le soir, Pascal nous a préparé des salades et on a fait des grillades avec Thomas et Paul qui était passé en fin de journée. J’étais distante et froide avec Pascal, parce que je devinais que tous ses copains, et sans aucun doute Paul et Thomas, étaient au courant de sa liaison avec Manuella.

J’avais le coeur lourd, l’envie de pleurer tout le temps. De le griffer aussi. Pascal lui me couvait, me couvrait de bisous, mais je restais sur la défensive.

Je me suis détendue quant on s’est retrouvé enfin seul. Pascal faisait tout pour m’apprivoiser, il sentait bien qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. On a quand même passé une bonne soirée. J’étais contente d’être auprès de lui même si je le détestais en même temps. Le souvenir de ses ébats avec la greluche sur la table à manger me faisait plonger dans une déprime noire.

Dès qu’il s’est endormi dimanche soir, j’ai filé. Je suis sûre qu’il devinera qu’il y avait un problème. Je n’étais pas comme d’habitude, Pascal avait bien dû se rendre compte que quelque chose n’allait pas.

 


Résumé ;
(samedi à dimanche  &  dimanche)

Je me suis cachée chez Pascal alors qu’il était chez Thomas. Il avait dit qu’il n’avait aucune envie de faire tard. Je n’y ai pas cru. Pourtant, 1h après, il était de retour sur son canapé. Caroline est descendu vers lui. Elle aurait aimé rester et passer la nuit avec lui, mais il a dit vouloir rester seul. Qu’il était crevé.

Fatigué? Et pour cause! Je suis sûre que Caro a pensé à la même chose que moi; crevé d’avoir passé la nuit à culbuter l’autre grognasse oui!

Une fois que tout le monde était parti pour poursuivre leur soirée dans les bars et boîtes, j’ai été désagréablement surprise de voir Manuella se rappliquer. Elle savait que j’étais au Tessin et que je n’avais plus la clé de chez Pascal.

Qui aurait pu le lui raconter à part lui???

Ça ne m’a pas fait très plaisir de savoir qu’il parle à ce point de nos petites affaires avec elle. Elle pensait que s’il lui avait dit tout ça, c’était pour qu’elle sache qu’elle pouvait passer la nuit chez lui. Moi aussi! Sinon pourquoi le lui raconter???

J’ai été malade de le voir l’inviter à entrer alors qu’il avait renvoyé Caro! Pascal avait vérifié dans le bureau, et rapidement dans la chambre d’amis. J’étais contente d’en être restée à ma cachette habituelle.

J’ai passé par tous les stades de déprimes, d’angoisses et traumatismes en le regardant la baiser sur la table à manger du salon. Sur la table sur laquelle on mange! Encore plus malade de remarquer les mêmes gestes qu’il avait avec moi, les bisous le long du bras, sur son ventre. Pascal avait l’air amoureux. Il la regardait avec des yeux d'un amoureux. Il était empressé, passionné.

J’avais la chair de poule, mon pouls s’est accélérer, j’étais au bord de la crise d’apoplexie. Chaque coup de reins, chaque baiser était comme autant de poignards qu’il me plantaient directement dans le coeur. Il semblait amoureux et ça me blessait. Je l’ai détestée, elle. Peut-être un peu lui aussi. Rien ne m’a été épargné.

Petit soulagement, il ne l’avait pas entraînée dans, ce que je considérais comme, notre lit. Manuella l’a senti et ça l’a un peu énervée. Elle pensait dormir avec lui, mais il redoutait ma subite apparition et préférait la voir rentrer chez elle. J’ai été ravie de voir qu’elle a tout gâché en se révoltant. Elle est partie en larmes.

Pascal ne l’a pas suivie. Elle a tenté de le rappelé, mais il n’a pas répondu à ses appels. Il lui avait rappelé qu’ils avaient convenu d’être discret et de ne jamais faire quoi que ce soit qui risquait de provoquer des problèmes dans la vie de l’autre. Manuella pensait qu’ils avaient dépassé ce stade et étaient amoureux.

Moi aussi... !

Pascal est sorti fumer un clope sur sa terrasse. Manuella continuait à l’appeler, espérant obtenir une réponse. Après sa clope et un verre de lait, Pascal s’est lavé les dents a été se coucher. 1h après, Manuella revenait à la charge. Elle a sonné à sa porte.

J’avais réussi à sortir et étais sur le point de partir quant j’ai entendu sa voiture dans l’allée. J’ai juste eu le temps de me dissimuler dans les bosquets sous la terrasse. Dieu sait quelles genres de bestioles tourniquaient par là autour, brrrh.

Pascal lui a ouvert et sans un mot l’a prise dans ses bras. J’ai pété un câble et oublié toutes mes bonnes résolutions. L’idée qu’elle passe la nuit dans ses bras, dans mon lit, à se faire consoler, alors que je me sentais délaissée et seule m’était insupportable.

J’ai aussitôt tenté de le joindre sur son natel. Pas de réponse. L’image de lui jetant son natel sans répondre, alors qu’il avait vu que c’était Manuella m’a traversé l’esprit. Il en faisait autant avec mes appels, j’en étais sûre. J’ai rappelé. Toujours pas de réponse. Tant pis pour lui alors.

Après avoir couru prendre ma voiture, j’ai déboulé et je me suis parquée directement derrière la voiture à Manuella, un petit coupé sport Mercedes. Je pensais la coincer, le coincer lui aussi. Hélas, il avait réponse à tout; c’était probablement un des invités de Thomas qui avait laissé sa voiture. Crédible.

A moins de dire que je savais que ce n’était pas le cas, je ne pouvais le contredire. Je savais que Manuella avait dû sortir par l’autre entrée. Hélas, difficile d’être aux 2 à la fois. Par contre, son parfum empestait encore dans l’appartement. Dire que Pascal avait cru sentir mon parfum et qu’il n’a pas fait confiance à son instinct!

Je n’aimais pas son parfum, ça puait. Trop fleuri, trop fort. Pourtant, j’ai vu Pascal lui faire des bisous dans la nuque, tout le long du bras, lui gober le bout des seins, est-ce qu’il aimait son parfum? Plus que le mien? Ou avait-il le nez bouché?

Je connaissais assez Pascal pour voir sur sa figure les traces d’un sentiment de culpabilité. De quelqu’un pris en faute. Il faisait tout pour masquer son léger malaise. Je suis certaine qu’il pensait à l’autre greluche qui avait dû fuir et qu’il n’avait pas pu consoler comme il le souhaitait. J’étais bouillante de colère contenu.

Quant il a voulu faire l’amour, dégoûtée à l’idée qu’il puisse vouloir nous comparer, je l’ai repoussé.

Dimanche, j’ai pu fouiller son natel et lu les nombreux messages vocaux que l’autre raclure avait laissé. J’ai eu la furieuse tentation de les effacer tous, mais j’ai résisté. Si je faisais ça, il le saurait. D’avoir vu Manuella fouiller le natel à Pascal, j’avais une bonne idée de la personne qui m’inondait d’appels anonymes.

Dans un coin de ma tête, j’avais la furieuse envie de faire mordre la poussière à Pascal en lui donnant un petit avant goût de ce que j’avais ressenti en le voyant folâtrer et faire l’amour avec cette garce qui cherchait à prendre ma place. Je ne savais pas encore comment, mais l’idée germait gentiment.

J’ai fait semblant de dormir chez Pascal dimanche soir. Non parce que j’en avais envie, mais pour l’empêcher d’aller chez Manuella, comme elle l’invitait à le faire. Elle l’avait prévenu qu’elle lui laissait une clé dans la boîte aux lettres. Salope. Dès qu’il s’était profondément endormi, je me suis éclipsée pour rentrer chez moi.

A lui de se poser des questions... A lui de deviner que quelque chose me travaillait...


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151/15 - Le faux innocent - (1)

Publié le par JaneDo


Dimanche - 31 mai 2015 - 151/15 - Le faux innocent - (1)

Et dire que Pascal avait le culot de me demander ce qui se passait, pourquoi je ne répondais pas à mon natel. Il aurait voulu me parler, être sûr que tout allait bien. Comme on était encore sur la route quant on a envoyé le message, j’ai fini par lui répondre. De toute façon, c’est Caro qui conduisait.

Dire qu’on venait de se ruiner pour se briser le coeur! La vache on y avait été fort. Aller jusqu’à Zurich, c’était déjà de la folie, mais assister au spectacle auquel on avait assisté, c’était le pire.

Caroline pensait que là, je devais répondre pour le calmer, sinon il allait passer la soirée à me chercher, ou à appeler. Je l’ai donc appelé en mettant le haut parleur. Les questions ont fusé, mais heureusement, on s’entendait mal. Forcément, j’étais sur la route.

J’ai seulement répété ce que je lui avais mis dans mon message, d’une voix douce et gentille. Tout le contraire de ce que je ressentais. Quant j’ai dis « on », Pascal a voulu savoir qui était les « on ».

J’ai prétendu n’avoir pas entendu sa questions et prétendu qu’on arrivait au resto, alors; « A demain choupy ». Je ne lui avais pas appris grand chose, et au fil de la conversation, je l’ai senti tout de même rassuré. Peut-être un peu trop.

Il m’a parlé de la soirée chez Thomas, qu’il était crevé, qu’il n’était même pas sûr d’y passer, ou peut-être 5mn, mais n’avait pas l’intention de sortir pour traîner dans les bars. Il avait pensé que, comme il avait été absent hier, qu’on allait passer la soirée ensemble. C’est ce qu’il avait prévu.

Des petits diables dansaient dans ma tête, parce que j’étais furieuse, il avait l’air de me reprocher mon absence.

En arrivant chez Caro, comme on était toujours pas très sûre de ce qu’on voulait faire, et Caroline semblait de plus en plus déprimée. Elle voulait le voir!!! Il était encore assez tôt, après tout, elle pourra le surveiller?? J’ai fait sauter le pacte. On l’a repoussé au week-end prochain. Hum, ça tombait bien, j’avais un anniversaire. Heureusement que je n’avais pas mentionné Caro!

Je lui avais dis de ne pas y aller! C’est parce qu’elle le colle tout le temps, qu’il ne se donne pas plus de peine pour la garder ou même lui courir après. Ma foi!

Toute contente, mistinguette se préparait à aller chez Thomas. On a mangé un petit truc ensemble, je restais face à la fenêtre, sur mes gardes. Après tout mon cinoche, je préférais ne pas tomber nez à nez avec Pascal.

Je suis restée chez elle pendant qu’elle se préparait; douche, pourtant on en avait pris une avant de quitter l’hôtel. Ensuite, je l’ai accompagnée, à la tombée de la nuit, jusqu’à la haie. Au bout du jardin, j’ai regardé Caroline monter jusqu’à la maison. Il y avait déjà du monde chez Thomas.

Pascal était planté devant la télé, affalé sur son canapé. Quant quelqu’un passait, il tapait contre sa vitre et ils se faisaient signe. Caroline, elle, a frappé directement à sa porte. Après une petite hésitation, s’attendant à ce que se soit un copain, il a été ouvrir. Les mains enfoncés dans ses poches, ils ont parlé un petit moment et Pascal et Caro sont montés ensemble chez Thomas.

Je scrutais les fenêtres chez Thomas pour essayer de deviner ceux que je connaissais. Comme je le pensais, cette connasse de Manuella était là. Qui l’avait invitée? Pascal? Pas Thomas j’espère!

Moi qui pensait rentrer chez moi, de voir cette fille si proche de ma sphère, de celle de Pascal, ça a complètement chamboulé mes plans. Le sang en ébullition, j’ai piqué un sprint dans le noir, direct chez Pascal.

J’aurai préféré me planquer dans la chambre d’amis, ou le bureau, mais comme je me suis presque faite chopée là! Le rideau commençait à bien faire, c’était ma seule planque valable! Si je la perdais, je serais foutue. Que faire? Essayer encore le bureau? Ce qui était pratique avec le bureau, c’est que je pouvais m’échapper par la fenêtre, sauf que son voisin trop curieux avait tendance à appeler les flics.

Non, franchement, le seul endroit à 100% sûr était le coin derrière le piano. C’était un coin avec un bord, mais sans fenêtre dans le dos, avec vu sur l’appart et surtout, tout le salon. Si le store n’était pas baissé, on pouvait même voir dans le jardin sans être vu, si on restait bien dans le coin. Seul inconvénient, il fallait rester debout et pas bouger. Ni tousser. Et ce soir, j’avais la gorge qui grattait un peu.

C’était quoi? 21h30? Ils partiraient sillonner les bars vers 23h-minuit? Pascal rentrerait probablement donc vers minuit. Peut-être que Caro resterait avec lui. Enfin, je l’espère. Pas cette autre garce. Donc environs 2h30 debout, sans bouger, sur un rebord.

Waouh. Maintenant que j’étais là, je ne pouvais plus reculer. Je n’avais pas envie de partir. J’avais flanqué ma polaire dans l’armoire de l’entrée et ma banane. Pour la banane, c’était bien, mais j’avais un peu froid sans ma polaire.

Une fois installée, je n’osais plus bouger de peur que, si je sors de ma cachette, quelqu’un arrive et que je n’aie pas le temps de me cacher. C’était plus intéressant que ce que j’aurai pu imaginer!!!

Pascal est descendu prendre des glaçons dans sa glacière. Alors qu’il remplissait les 2 sauts avant de remettre de l’eau, devine qui a le culot de le suivre? Manuella. Elle cherchait le petit baiser volé, Pascal a jeté un regard en direction des escaliers et en chuchotant lui a dit que; ce n’était pas le moment, qu’elle n’aurait pas dû le suivre. Ils n’étaient pas sensé se connaître plus que "bonjour-bonjour".

Manuella a fait la grimace et en rigolant lui a chuchoté en retour qu’elle presque était sûre qu’ils s’en doutaient tous pour eux. Pascal n’a pas eu le temps de répondre, Caroline descendait à son tour. Pascal leur a alors fourré les sauts entre les mains et leurs à demander de monter ça vers Thomas.

Je l’ai regardé remplir la glacière d’eau, prendre un paquet de cigarettes dans le meuble de l’entrée, son briquet qui traînait sur la table, revenir en arrière pour vérifier que la porte d’entrée était bien fermée, baisser les lumières, avant de monter à son tour.

Mon coeur s’est serré, je le trouvais si chou. J’aime le voir se mouvoir quant il ne se savait pas observer, j’aime sa démarche, sa posture, mais je n’aime pas trop le voir d’être aussi gentil et tendre envers une autre. Je ne pouvais pas supporter de laisser une autre femme me le voler. Est-ce que c’était une bonne idée de laisser les choses vivre leurs vies et continuer à faire comme si je ne savais rien?

Même pas 1h après, Pascal est redescendu pour se jeter dans son canapé. Il avait fermé la porte entre les deux appartements sans verrouiller. Peu après, Caroline est descendue vers lui.

Pascal l’a laissée prendre la parole, les yeux rivés sur la télé. Caro a voulu savoir ce qu’il faisait hier soir, elle ne l’avait pas vu et n’avait pas répondu à ses messages. Il a dit avoir reçu que 2 messages, qu’il était occupé; qu’il jouait avec Varios. Caro a répliqué qu’elle aurait aimé les voir jouer.

Puis, Pascal lui a raconté une partie de ce qu’on savait déjà; pour un anniversaire, etc, qu’il ne pouvait décemment pas lui dire de venir, que c’était en suisse allemande, etc. Il ne lui a pas dit où. J’étais ravie de la voir jouer les ignorantes. Elle était assez bonne. Elle est mauvaise quant on la cuisine, mais, comme Pascal ne savait pas qu’elle savait, il n’aurait pas l’idée de la cuisiner.

Il lui a demandé si elle savait où j’étais, et elle a raconté le bobard que j’avais lancé; au Tessin.

Pascal lui a fait rapidement comprendre qu’il ne voulait pas de compagnie, qu’elle devait rentrer. Pas enchantée, elle a demandé si elle pouvait rester regarder un film avec lui avant. Il a refusé. J’ai tout de suite remarqué qu’il s’était senti aussitôt coupable, alors il a ajouté qu’il était monté chez Thom par obligation, mais que s’il avait quitté la soirée, c’était pour être un peu seul. Il voulait passer une soirée tranquille.

Il l’a faite se lever, l’a embrassée en prenant son visage dans ses mains, ensuite, il a passé son bras autour de ses épaules; « Viens, je t’accompagne jusqu’à ta porte ok ». A contrecoeur, elle s’est laissée raccompagner. Je pensais attendre 20 minutes, s’il ne revenait pas d’ici là, c’est qu’il passerait la nuit chez Caro, alors je pourrais rentrer tranquille.

Pascal n’est pas resté. 5mn plus tard, il refermait sa porte et les rideaux. Il s’est rallongé sur son canapé, a zappé un moment avant de tomber sur un reportage sur l’univers. C’est à cause de lui que j’ai commencé à aimer ce genre d’émissions. Les visiteurs d’en haut était presque tous parti.

Avant de quitter les lieux, Thomas est passé voir si Pascal n’avait pas changé d’avis et s’il ne voulait pas les accompagner. Il a proposé de conduire. Pascal n’a pas semblé très convaincu; « Ha oui d'accord... surtout toi! Prend plutôt un taxi, ou plutôt, laisse toi conduire! » Non, il voulait rester tranquille ce soir. Thomas a rigolé.

Un silence reposant est tombé après le départ des fêtards. Ça m’a rendue nostalgique. J’aurai bien aimé aller me jeter dans le canapé à côté de lui. Hélas, j’avais eu la stupidité de lui dire que j’étais au Tessin. Impossible d’être de retour aussi rapidement.

Surtout, je regrettais d’avoir suivi mon impulsion et couru me planquer chez lui comme ça! C’était d’un con, et maintenant, j’allais me taper des fourmis dans les jambes en attendant qu’il aille se coucher. Me voilà debout comme une idiote à regarder l’homme que j’aime regarder la télé! Vraiment ma fille, t’es zarbi! Mais au moins, je savais qu'il était sage.

Hum... je n’aurai pas dû si vite me sentir soulagée... faut toujours écouter son 6ème sens!!!



Quant j’ai vu Manuella se pointer la gueule enfarinée, je crois que j’avais de la fumée qui me sortait par les oreilles! J’aurai voulu arracher les rideaux, les piétiner, lui sauter à la gorge, lui arracher les yeux, utiliser le cordon pour la frapper avec les bouts durs. Au passage, donner un direct dans la face à Pascal pour l’avoir laissée entrer... sur mon territoire. J’aurai voulu lui couper les mains pour oser les poser sur mon Pascal. C’est le mien, pas le sien.

Cette fois c'est officiel, je déteste May 2015. Non, en fait, je déteste déjà 2015.


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