Dimanche - 31 mai 2015 - 151/15 - Le faux innocent - (2)
Après la fête chez Thomas, quant j’ai vu Manuella se pointer chez Pascal, la gueule enfarinée, je crois que de la fumée me sortait par les oreilles! J’aurai voulu arracher les rideaux, les piétiner, lui sauter à la gorge, lui arracher les yeux, utiliser le cordon pour la frapper avec les bouts durs. Au passage, donner un direct dans la face à Pascal pour l’avoir laissée entrer... sur mon territoire. J’aurai voulu lui couper les mains pour avoir oser les poser sur mon Pascal. C’est le mien, pas le sien.
Pascal n’était pas très à l’aise. Elle l’a assuré que personne ne l’avait vue revenir sur ses pas. Apparemment, Manuella savait par Pascal lui même que j’étais au Tessin. Comme moi, elle pensait que s’il lui en avait parlé, c’était parce que secrètement, il espérait qu’elle ferait exactement ce qu’elle venait de faire.
-
Tu as dis qu’elle était au Tessin, donc, aucune chance qu’elle débarque. Je peux enfin voir ton appart.
Elle s’apprêtait à visiter l’appartement, Pascal l’a saisie par la taille pour la ramener vers lui. Ils se sont embrassés, lui avec ce petit sourire qui me faisait tellement craquer. Il a dégagé son visage en replaçant une mèche derrière l’oreille tout en l’embrassant encore. Sur les yeux, le nez, tout autour de la bouche avant de prendre ses lèvres. Je fulminais. Des pincements de jalousies électrifiaient tout mon corps et me faisaient trembler.
Pascal a jeté un oeil vers la porte du haut. En direction de chez Thomas. Il a dit qu’il ne se sentait pas rassuré, comme si d’un instant à l’autre, je pourrais débarqué. Manuella lui a rappelé que j’étais au Tessin, bien trop loin pour faire ça. Pascal a quand même vérifié que la porte qui séparait les 2 appartements étaient bien verrouillés, il a ensuite jeté un oeil dans le bureau. Comme j’étais contente d’avoir choisi de me planquer dans mon coin habituel.
-
J’ai l’impression que son parfum flotte... je me fais des idées!
La porte de la chambre d’amis était fermée, Pascal l’a ouverte, un regard circulaire et l’a refermée. Pas très prudent ça! Et si j’étais cachée dans la chambre? Les bras autour de son cou, Manuella souriait et demandait s’il se sentait enfin rassuré. Pascal a haussé les épaules. Les yeux plongés dans les siens, il lui a rendu son sourire, puis hypnotisé, il l’a soulevée. Les bras autour de son cou, elle a passé ses jambes autour de ses hanches.
-
On ne sait jamais... elle pourrait être là dans la matinée, ce qui ne m’étonnerait pas. Tu ne peux pas dormir ici.
Manuella a perdu son grand sourire. Elle s’est détachée de lui pour se laisser tomber sur le canapé face à la télé dans une posture des plus suggestive.
-
Arrête de flipper. Au pire, ce sera l’occasion de la mettre au courant pour nous. Pascal s’est retourné d’un bloc et la fixait. De toute façon, je t’ai dis qu’elle sait. Je l’ai vu dans son regard. Elle sait.
-
Tais toi. Je ne veux pas que tu parles d’elle.
-
Pourquoi tu refuses...
-
Arrête. Je refuse de parler d’elle avec toi, ok.
Fini la pose sexy, son sourire disparu, elle a pris un air "crâne"; « Tu n’as pas l’intention de lui parler? Alors tu m’as menti? ».
-
Je n’ai jamais dis que je lui parlerais de quoi que ce soit. On était d’accord, non? Pas d’attache. Chacun sa vie. On a bien été d’accord; ne rien faire qui pourrait éveiller des soupçons ou bousiller la vie de l’autre.
Manuella le fixait dubitative; « On n'avait pas prévu qu'on tomberait amoureux non plus? Alors on fait quoi? ».
-
Rien. Pascal s’est passé la main dans les cheveux. Ecoute, je n’ai pas envi de parler de ça.
Manuella a dû comprendre que si elle continuait sur cette voie, les choses allaient tourner à son désavantage. Elle a changé son fusil d’épaule.
-
Tu as l'intention de me laisser mourir de soif, ou tu m’offres quelque chose à boire?
Pascal a semblé soulagé de changer de sujet. Pourtant, à son attitude, son expression, je voyais bien qu’il était toujours mal à l’aise. Il restait plongé dans ses pensées. Manuella l’a suivi dans le coin cuisine, et s’est juchée sur un des tabourets. La tête dans les nuages, Pascal était en train de préparer un café.
Manuella a essayé de l’interrompre pour lui dire qu’il était tard pour un café, qu’elle ne voulait pas de café. Pascal a fini par sortir de sa torpeur. L’atmosphère s’est détendu. Elle a tout de suite saisi la balle au bond. Elle a fait le tour du bar et s’est lovée dans les bras d’un Pascal encore un peu sur la défensive. Ou c'est ce que je voulais croire.
Pascal a fini par passer ses bras autour d’elle. Il avait semble-t-il oublié leur discussion. Ils s’embrassaient à n’en plus finir, flirtaient, se cherchaient, se chauffaient. Je tremblais de partout. Pascal l’a soulevée pour la poser sur la table et là... J’ai fermé les yeux. Comme je ne pouvais pas bouger, je ne pouvais pas me boucher les oreilles. J’avais envie de crier, d’hurler.
Je ne voulais pas voir ça. Ils s’étaient déjà vu hier soir, avaient déjà passé la nuit ensemble, et là, je tourne le dos et ils remettent ça? Moi qui espérait lui manquer! A voir... pas du tout! J’étais un peu dégoûtée. Je ne pensais pas, je n’aurais jamais pensé qu’il aurait eu le culot de la faire venir chez lui. Même si elle s’était invitée. Ça me faisait mal de ne pas lui manquer. De ne pas lui manquer du tout.
J’ai réalisé que mes larmes coulaient et commençaient à me chatouiller le nez. Ils étaient trop occupés pour faire attention si le rideau bougeait un peu. Alors j’ai séché mes larmes de la main, de même que mon nez qui coulait avec mon t-shirt. Beurk, mais pas le choix.
Ils se sont ensuite effondré sur le canapé. Elle, calfeutrée contre lui, la tête au creux de son épaule. Lui comme d’habitude, un bras sur les yeux. Mes joues étaient brulantes, au point que j’ai cru avoir de la fièvre. Elle voulait rester, dormir chez lui. Pascal ne voulait pas. Il préférait qu’elle rentre. Il ne voulait pas prendre le risque que je rentre à l’improviste durant la nuit et que je vienne sonner.
Manuella avait déjà repéré le fait qu’il y avait 2 entrées. Elle a suggéré que si ça arrivait, elle pourrait filer par l’autre porte. Hum, donc, elle savait que je n’avais plus les clés!!! Qui avait bien pu le lui dire à part Pascal??? Ça m’a fâchée. Il parlait de moi dans mon dos, lui donnait pleins d’infos, alors que je ne savais rien sur elle.
La moutarde me montait au nez... Il fallait que j’inverse la vapeur... et vite! Non mais attend! Je ne vais pas la laisser continuer à se moquer de moi. Mais... si elle le faisait, c’était la faute à Pascal. C’est à cause de lui qu’elle se donnait le droit de le faire. J’étais tellement furax que je suis sûre que la chaleur de ma rage devait se propager dans l’appart et jusqu’au canapé.
Pascal voulait qu’elle s’en aille, il voulait prendre une douche. Manuella ne voulait pas partir encore. Elle a demandé s’il voulait de la compagnie. Il a rigolé. Non, il ne voulait pas de compagnie. Manuella flânait dans l’appartement. Elle a vu son natel. Après avoir jeté un regard en direction de la chambre, entendu le bruit de la douche, elle a essayé de regarder ses messages. Bien fait, elle ne connaissait pas son mot de passe.
J’ai crié victoire trop vite. Après 2 tentatives, elle a réussi à débloquer l’écran d’accueil. Sans doute l’avait-elle vu le composer plus d’une fois. Je l’ai vu lire des messages, tout en surveillant la chambre. Elle a noté quelque chose qu’elle a vite caché dans son sac à main.
Pascal est sorti de la chambre en boxer, se séchant la tête. Sans gêne, ce qui montrait qu’ils ne se connaissaient pas d’hier, elle a voulu réchauffer la flamme qu’ils venaient de calmer quelques instants plus tôt, sur la table à manger du salon, le poussant en direction de son lit.
Manuella s’est braquée. Elle avait senti sa résistance, Pascal n'avait pas l'intention de la laisser entrer dans sa chambre. Maigre consolation, mais ça m’a fait plaisir.
Oui, cela m’a fait très plaisir de la voir tout gâcher en une fraction de seconde. Fâchée de constater que Pascal lui bloquait l’accès à sa chambre, Manuella a éclaté. Elle a compris que Pascal ne voulait pas qu’elle se couche dans son lit. Elle a deviné que cela avait un rapport avec moi et cela semblait lui faire de la peine.
Sa peine était mon ravissement, me réjouissait. De toute façon, c'était du cinéma tout ça. A mes yeux, elle n’avait aucun droit à s’autoriser à éprouver du chagrin, parce que Pascal ne la traitait pas comme moi.
Manuella s’est permise de laisser tomber quelques larmes et j’ai été furieuse de voir Pascal la prendre dans ses bras et tenter de la consoler. Par contre, ravie de la voir le repousser et décider d’enfin partir comme il le lui avait demandé; « Tu n’as pas l’intention de la quitter n’est-ce pas? ».
Il n’a pas répondu. Elle a secoué la tête et est partie en courant.
Pascal a tenté de la retenir, et ça m’a fichue encore en pétard. Parce que je me suis rappelée des fois où Pascal n’avait pas cherché à me retenir. Alors pourquoi elle? Est-ce qu’il l’aimait tant que ça?
Léger réconfort de voir qu’il ne l’a pas poursuivie dehors. Il l’a juste appelée tout en restant sur le pas de sa porte. Elle n’a pas répondu. Pascal a haussé les épaules et a fermé derrière lui.
Il a ensuite jeté un oeil sur son natel. Heureusement que je ne lui avais donné aucune nouvelle, sinon, j’aurai été furibonde de voir qu’il ne consultait ses messages que maintenant. Seulement après qu’il avait fini de culbuter l’autre connasse. Celle qui essayait de prendre ma place. Avant ça ne l’intéressait pas!
Pascal a pianoté sur son natel. Jeeez, ne me dis pas qu’il envoi un message à Manuella là? La colère me picotait le visage. Et pourtant, ce qui me mettait le plus en colère, c’est que je l’aimais malgré tout. J’avais envie de sentir ses bras rassurant autour de moi, d’entendre le battement de son coeur contre mon oreille, sentir la chaleur de sa présence.
Après avoir éteint partout, sauf dans sa chambre, Pascal s’est servi un grand verre de lait, son natel s’est mis à sonner. Il a regardé l’écran mais n’a pas répondu. Il a éteint la sonnerie et lancé son natel sur le fauteuil pour retourner prendre son verre sur le bar de la cuisine. Je me demandais qui ça pouvait bien être. J’espérais secrètement que ce soit Manuella. Et c’était bien elle.
Pascal a enfilé le t-shirt qu’il avait balancé sur son épaule après le départ de Manuella. Il s’est allumé une clope et son verre à la main, il est sorti sur la terrasse s’assoir dans la balancelle. De côté, je pouvais le voir se balancer la tête rejeté en arrière. Je le voyais nettement avec la peur qu’il puisse lui aussi me voir. Mais je savais que c’était impossible, même s’il regardait dans la bonne direction.
Son natel s’est remis à sonner, il n’a pas bougé. Pourtant, il l’entendait très bien. Après sa cigarette, il a verrouillé la porte d’entrée. Son natel a recommencé à sonner. Pascal a éteint à nouveau la sonnerie sans répondre. Après avoir vérifier qu’il avait tout éteint, il est entré dans sa chambre et a fermé derrière lui.
J’allais pouvoir bientôt partir et laisser exploser ma colère et mon chagrin une fois seule. Moi au moins, c'était légitime contrairement à l’autre grognasse. Je pourrais pleurer de tout mon saoul.
Tout le monde dormait le coeur au repos, et moi, j’étais triste à mourir, le coeur déchiqueté, laminé. Avec l’impression d’être la seule au monde à être aussi triste et abattue. Caroline dormait surement depuis des heures. Pascal certainement aussi bientôt. Tout le monde était heureux, sauf moi. Je me sentais perdue et seule.
Une demi heure après, j’osais à peine bouger. Sur la pointe des pieds, sans bruit, je me suis dirigée vers la porte. Avec précaution, j’ai sorti mes clés de ma poche arrière et enfilé le plus lentement et doucement possible dans la serrure. Millimètre après millimètre j’ai tourné la clé et ouvert après ce qui m’a semblé être une éternité.
(Argh, je devrais apprendre à raccourcir: "Une fois Pascal endormi, je suis partie." C’est pas difficile pourtant! )
Enfin à l’air libre, j’ai pris une grosse bouffée d’air... J’étais sur le point de prendre le chemin qui longe les haies pour déboucher sur la route plus loin quant j’ai entendu et senti le danger; une voiture venait dans ma direction. J’ai pensé que c’était Thomas, mais je me trompais; c’était encore Manuella.
J’ai sauté dans les fourrés, sans prendre le temps de regarder où je mettais les pieds.
Elle a sonné, et une minute après Pascal lui ouvrait. Ils n’ont pas parlé. Pascal l’a prise dans ses bras, une main dans ses cheveux, il a posé le menton contre sa tête. Un geste des plus tendre. Ils sont entrés, fermé la porte. Et moi, j’étais dehors. Je groummais, la poitrine compressée.
Ça allait être larmes, consolations et tendresses. Non, je ne pouvais pas le supporter. Mais, je ne pouvais rien y faire. Me voilà plantée dans un buisson, probablement avec des bestioles qui se baladaient partout, à greloter de froid, alors qu’une autre est bien au chaud dans les bras de mon mec. L’enfer.
Prise de panique, j’ai appelé son numéro. Pas de réponse. J’ai insisté. Toujours pas de réponses. Ma tête ne pouvait plus réfléchir, j’étais complètement ravagée. Je ne supportais pas l’idée que Pascal allait consoler une autre alors que je me sentais délaissée. Pourtant, je m’étais promise de ne pas intervenir dans sa relation avec cette fille, mais là, les plombs avaient sauté dans ma tête, j’étais incapable de raisonner ou d’être raisonnable.
J’ai fait encore une dernière tentative. Cette fois, Pascal a répondu. Désolée Caro, j’ai failli à notre promesse.
-
Coucou... je suis à 2 pas de chez toi... Tu me manquais trop, alors je suis rentrée.
Je me rendais compte que ma voix tremblais. J’avais couru vers ma voiture. J’étais déjà dans le chemin qui menait chez lui. Méchante, j’ai bloqué exprès la voiture de l’autre qui était parquée devant chez lui. Je savais pertinemment qu’elle sortirait de l’autre côté.
A moins que Pascal n’ait décidé de me mettre devant le fait accompli comme elle le lui avait suggéré? C’est un mec, et les mecs sont souvent trop stupides et se font facilement manipuler par ce genre de petites midinettes. Quelques petites larmes et ils marchent sur la femme qui a fait partie de leur vie. Les salauds.
En sortant pour me lancer sur les marches de la maison, j’ai regardé avec insistance la voiture que je venais de bloquer. Pour répondre à ma question, Pascal m’a dit que c’était peut-être un des invités à Thomas qui avait dû laisser sa voiture sur place. Hé oui, explication facile, simple, croyable. Et moi qui pensait le coincé!
Manuella avait disparue.
Pascal faisait des efforts pour me montrer qu’il était content de me voir. Je suis sûre qu’il pensait aussi à elle. Au fait que la roulure était toute triste, en larmes et qu’il n’avait pas pu la consoler comme il faut. Ça m’enrageait. Pascal me semblait un peu distant. Moins chaleureux que d’habitude. Pourtant, il faisait comme si, mais ça sonnait faux.
Enfin, c’était peut-être seulement dans ma tête...
J’ai prétendu avoir passé des heures sur la route, alors j’avais besoin de prendre une douche. Et j’ai pleuré. L’eau dispersait mes larmes et apaisait mon âme. L’idée qu’il pensait sans doute à l’autre potache me bouleversait.
Après ma douche Pascal m’a prise dans ses bras. Il était redevenu tendre et empressé. Je n’avais aucune envie de le laisser aller trop loin. J’avais l’impression qu’il voulait nous comparer. Je ne voulais pas me retrouver les 4 fers en l’air, alors que quelques heures plus tôt, il faisait des galipettes avec une autre.
Je n’aurai pas dû venir. Maintenant que j’étais là, j’étais trop enragée pour apprécier quoi que ce soit. Quant il m’approchait, mes poils se mettaient au rgarde à vous. J’avais envie de le frapper, de le repousser et prendre la fuite pour retrouver la sécurité et le désert de mon appartement.
Mais j’ai apprécié dormir tout contre lui. Le dimanche, j’ai écouté ses messages vocaux. Il y en avait plusieurs de Manuella, en larmes, riant, lui demandant de la rappeler dès qu’il pourrait. Qu’elle espérait le voir ce soir. J’ai résisté à ma furieuse envie d’effacer tous ses messages.
On a passé une journée tranquille et douce. Petite promenade main dans la main au bord du lac. Même si je savais que je n’aurais pas dû, je suis restée dormir dimanche soir, juste pour être sûre qu’il n’irait pas la rejoindre. C’était nul, mais je n’ai pas pu me résoudre à être raisonnable.
Le soir, Pascal nous a préparé des salades et on a fait des grillades avec Thomas et Paul qui était passé en fin de journée. J’étais distante et froide avec Pascal, parce que je devinais que tous ses copains, et sans aucun doute Paul et Thomas, étaient au courant de sa liaison avec Manuella.
J’avais le coeur lourd, l’envie de pleurer tout le temps. De le griffer aussi. Pascal lui me couvait, me couvrait de bisous, mais je restais sur la défensive.
Je me suis détendue quant on s’est retrouvé enfin seul. Pascal faisait tout pour m’apprivoiser, il sentait bien qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. On a quand même passé une bonne soirée. J’étais contente d’être auprès de lui même si je le détestais en même temps. Le souvenir de ses ébats avec la greluche sur la table à manger me faisait plonger dans une déprime noire.
Dès qu’il s’est endormi dimanche soir, j’ai filé. Je suis sûre qu’il devinera qu’il y avait un problème. Je n’étais pas comme d’habitude, Pascal avait bien dû se rendre compte que quelque chose n’allait pas.
Résumé ;
(samedi à dimanche & dimanche)
Je me suis cachée chez Pascal alors qu’il était chez Thomas. Il avait dit qu’il n’avait aucune envie de faire tard. Je n’y ai pas cru. Pourtant, 1h après, il était de retour sur son canapé. Caroline est descendu vers lui. Elle aurait aimé rester et passer la nuit avec lui, mais il a dit vouloir rester seul. Qu’il était crevé.
Fatigué? Et pour cause! Je suis sûre que Caro a pensé à la même chose que moi; crevé d’avoir passé la nuit à culbuter l’autre grognasse oui!
Une fois que tout le monde était parti pour poursuivre leur soirée dans les bars et boîtes, j’ai été désagréablement surprise de voir Manuella se rappliquer. Elle savait que j’étais au Tessin et que je n’avais plus la clé de chez Pascal.
Qui aurait pu le lui raconter à part lui???
Ça ne m’a pas fait très plaisir de savoir qu’il parle à ce point de nos petites affaires avec elle. Elle pensait que s’il lui avait dit tout ça, c’était pour qu’elle sache qu’elle pouvait passer la nuit chez lui. Moi aussi! Sinon pourquoi le lui raconter???
J’ai été malade de le voir l’inviter à entrer alors qu’il avait renvoyé Caro! Pascal avait vérifié dans le bureau, et rapidement dans la chambre d’amis. J’étais contente d’en être restée à ma cachette habituelle.
J’ai passé par tous les stades de déprimes, d’angoisses et traumatismes en le regardant la baiser sur la table à manger du salon. Sur la table sur laquelle on mange! Encore plus malade de remarquer les mêmes gestes qu’il avait avec moi, les bisous le long du bras, sur son ventre. Pascal avait l’air amoureux. Il la regardait avec des yeux d'un amoureux. Il était empressé, passionné.
J’avais la chair de poule, mon pouls s’est accélérer, j’étais au bord de la crise d’apoplexie. Chaque coup de reins, chaque baiser était comme autant de poignards qu’il me plantaient directement dans le coeur. Il semblait amoureux et ça me blessait. Je l’ai détestée, elle. Peut-être un peu lui aussi. Rien ne m’a été épargné.
Petit soulagement, il ne l’avait pas entraînée dans, ce que je considérais comme, notre lit. Manuella l’a senti et ça l’a un peu énervée. Elle pensait dormir avec lui, mais il redoutait ma subite apparition et préférait la voir rentrer chez elle. J’ai été ravie de voir qu’elle a tout gâché en se révoltant. Elle est partie en larmes.
Pascal ne l’a pas suivie. Elle a tenté de le rappelé, mais il n’a pas répondu à ses appels. Il lui avait rappelé qu’ils avaient convenu d’être discret et de ne jamais faire quoi que ce soit qui risquait de provoquer des problèmes dans la vie de l’autre. Manuella pensait qu’ils avaient dépassé ce stade et étaient amoureux.
Moi aussi... !
Pascal est sorti fumer un clope sur sa terrasse. Manuella continuait à l’appeler, espérant obtenir une réponse. Après sa clope et un verre de lait, Pascal s’est lavé les dents a été se coucher. 1h après, Manuella revenait à la charge. Elle a sonné à sa porte.
J’avais réussi à sortir et étais sur le point de partir quant j’ai entendu sa voiture dans l’allée. J’ai juste eu le temps de me dissimuler dans les bosquets sous la terrasse. Dieu sait quelles genres de bestioles tourniquaient par là autour, brrrh.
Pascal lui a ouvert et sans un mot l’a prise dans ses bras. J’ai pété un câble et oublié toutes mes bonnes résolutions. L’idée qu’elle passe la nuit dans ses bras, dans mon lit, à se faire consoler, alors que je me sentais délaissée et seule m’était insupportable.
J’ai aussitôt tenté de le joindre sur son natel. Pas de réponse. L’image de lui jetant son natel sans répondre, alors qu’il avait vu que c’était Manuella m’a traversé l’esprit. Il en faisait autant avec mes appels, j’en étais sûre. J’ai rappelé. Toujours pas de réponse. Tant pis pour lui alors.
Après avoir couru prendre ma voiture, j’ai déboulé et je me suis parquée directement derrière la voiture à Manuella, un petit coupé sport Mercedes. Je pensais la coincer, le coincer lui aussi. Hélas, il avait réponse à tout; c’était probablement un des invités de Thomas qui avait laissé sa voiture. Crédible.
A moins de dire que je savais que ce n’était pas le cas, je ne pouvais le contredire. Je savais que Manuella avait dû sortir par l’autre entrée. Hélas, difficile d’être aux 2 à la fois. Par contre, son parfum empestait encore dans l’appartement. Dire que Pascal avait cru sentir mon parfum et qu’il n’a pas fait confiance à son instinct!
Je n’aimais pas son parfum, ça puait. Trop fleuri, trop fort. Pourtant, j’ai vu Pascal lui faire des bisous dans la nuque, tout le long du bras, lui gober le bout des seins, est-ce qu’il aimait son parfum? Plus que le mien? Ou avait-il le nez bouché?
Je connaissais assez Pascal pour voir sur sa figure les traces d’un sentiment de culpabilité. De quelqu’un pris en faute. Il faisait tout pour masquer son léger malaise. Je suis certaine qu’il pensait à l’autre greluche qui avait dû fuir et qu’il n’avait pas pu consoler comme il le souhaitait. J’étais bouillante de colère contenu.
Quant il a voulu faire l’amour, dégoûtée à l’idée qu’il puisse vouloir nous comparer, je l’ai repoussé.
Dimanche, j’ai pu fouiller son natel et lu les nombreux messages vocaux que l’autre raclure avait laissé. J’ai eu la furieuse tentation de les effacer tous, mais j’ai résisté. Si je faisais ça, il le saurait. D’avoir vu Manuella fouiller le natel à Pascal, j’avais une bonne idée de la personne qui m’inondait d’appels anonymes.
Dans un coin de ma tête, j’avais la furieuse envie de faire mordre la poussière à Pascal en lui donnant un petit avant goût de ce que j’avais ressenti en le voyant folâtrer et faire l’amour avec cette garce qui cherchait à prendre ma place. Je ne savais pas encore comment, mais l’idée germait gentiment.
J’ai fait semblant de dormir chez Pascal dimanche soir. Non parce que j’en avais envie, mais pour l’empêcher d’aller chez Manuella, comme elle l’invitait à le faire. Elle l’avait prévenu qu’elle lui laissait une clé dans la boîte aux lettres. Salope. Dès qu’il s’était profondément endormi, je me suis éclipsée pour rentrer chez moi.
A lui de se poser des questions... A lui de deviner que quelque chose me travaillait...