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150/15 - Le Pacte

Publié le par JaneDo


Samedi - 30 mai 2015 - 150/15 - Le Pacte

Ciel, on devrait toujours écouter son 6ème sens... Comme j’avais eu tord d’avoir eu tous ces regrets! Surtout quant j’ai vu Pascal rentrer dans sa chambre... Il n’était pas seul. Manuella. Mon coeur et mon estomac se sont tordus. Une main froide me déchirait de l’intérieur. J’étais horrifiée.

Donc voilà pourquoi Pascal ne m’avait pas demandé de l’accompagné. Dès qu’on est rentré dans les corridors de l’immeuble d’en face, prêtes pour notre planque, sans prêter attention à la silhouette de la fille qui se baladait par moment dans une des chambres proche de la notre. On avait attaché un foulard à la fenêtre pour se repérer plus facilement.

On a simplement pensé qu’on s’était trompée sur la chambre. De l’autre côté, la chambre était plongée dans le noir, alors ce devait être celle-là. Alors quant on a vu la fille courir se jeter dans les bras... de celui qu’on a tout de suite reconnu, nos mâchoires se sont décrochées, on n’y croyait pas.

Nos visages collés à la fenêtre, on a eu de la peine à croire nos yeux!

De toute façon, si on l’avait reconnue, qu’aurait-on bien pu faire, hein? Rien! C’aurait probablement été bien pire. L’attente nous aurait achevée. Quoique, au moment même où on a compris, on était "achevée"! J’étais tétanisée, dans le déni total. Je ne pouvais tout simplement pas y croire. Ce ne pouvait pas être Pascal. Pascal n’aurait pas pu faire ça, si? Etait-il à ce point sans coeur?

Comment avait-il pu me mentir aussi facilement? Comment est-ce possible qu’il m’ait laissée plantée à Lausanne pour venir passer la nuit avec cette fille? J’avais le coeur déchiré, en lambeau. Je crois bien que je pleurais en silence, parce que j’ai senti les larmes salées couler sur ma joue. La douleur était insoutenable. La main froide avait laissé place à une brûlure qui se répercutait dans tout mon corps. Les picotements se propageaient de la poitrine, dans mes bras, mes pieds.

J’étais anéantie. Le souffle court, je me suis pliée en deux; « Pascal, comment as-tu pu? »

Ils avaient dû voyager ensemble. Je suis sûre que tout le groupe était donc au courant pour Manuella. Comme ils devaient se moquer de ma pomme. La honte. Humiliation. Ils doivent me trouver stupide. Pascal avait certainement dû l’emmener dîner avec eux. J’avais trop de peine. Je voulais que ça s’arrête.

J’ai levé les yeux pour les regarder... les regarder s’embrasser, leurs mains fébriles se disputaient la rapidité de déshabiller l’autre. J’espérais le voir la repousser. Peut-être qu’il ne l’avait pas invitée, qu’elle s’était invitée toute seule. Qu’il ne voulait pas la voir. A les voir ensemble, je me trompais.

Ils ont même pris la peine d’éteindre. Tellement persuadé d’être seuls au monde, tranquille, sans aucune emmerdeuse dans les parages. Hypnotisées, détruites, on a assisté impuissantes, déchiquetées de l’intérieur à tous leurs ébats. Et ça a duré des heures. Ils se sont endormis au petit matin.

Dévastées, on est resté un long moment interloquées, les yeux dans le vague. Après une éternité, sans un mot, on a repris le chemin de notre chambre d’hôtel. Juste à côté de celle qui venait de nous traumatiser. De nous humilier. De l’autre côté du mur, ils dormaient, épuisés, heureux sans doute d’avoir gagné ces quelques heures de bonheurs parfaits devant mon ignorance.

Là, ça, c’était de la tromperie... Je ne pensais pas pouvoir réussir à dormir, et bien, pas du tout. Je suis presque immédiatement tombée dans un semblant de coma béni.

A mon réveil j’avais la tête dans le coton. Un mal à faire fissurer la tour Eiffel. Le sourire avait déserté mes lèvres, déserté mon regard éteint. Je me suis sentie profondément humiliée. La douleur sourde et profonde était toujours là. Comment surmonter ça?

J’essayais de me raisonner, de me rappeler que j’avais décidé de le laisser faire, que cette aventure avec cette fille finirait par lui passer. Mais je n’en étais plus si sûre. Je me disais que je cherchais une bonne raison de lui avouer que je savais tout. Je savais aussi que ce serait la pire idée de toute. J’étais paumée et la douleur au creux de mon ventre ne diminuait pas.

Comment allais-je réagir en voyant Pascal tout à l’heure? M’évitera-t-il? Peut-être qu’il ne m’appellera pas du week-end? Me sourira-t-il, comme si de rien n’était? Est-ce que je le supporterais? Est-ce que je supporterais de le voir aussi délibérément me mentir? Me prendre pour une conne?

Non non non, il ne faut pas que je m’emballe... j’avais décidé, j’avais décidé... de laisser Pascal, de ne pas m'en mêler, ne rien dire. Je me le répétais pour me raisonner...  Je savais d’avance que ça allait faire mal, mais je m’étais promise de ne pas intervenir, de ne pas bouger, de laisser les choses suivre leur cours.

Ça faisait trop mal. Je me suis dis que j’aurai dû l’appeler sur son natel, voir comment il aurait réagi. S’il allait continuer à lui sauter dessus ou si mon appel l’aurait calmé.

Caroline n’avait pas fermé l’oeil de la nuit, elle était assise près de la fenêtre, toujours dans le training qu’elle avait passé pour la nuit, les yeux enflés comme des pastèques. Voir sa peine a calmé la mienne. J’ai trouvé les mots pour lui apporter un peu de réconfort. Assise l’une près de l’autre, elle a pleuré longtemps sur mon épaule. A travers ses hoquets, elle disait qu’elle avait cru ne plus pouvoir pleurer, ne plus avoir de larmes.

On a réalisé qu’il était encore tôt. 10h du matin. Est-ce qu’ils étaient réveillés à côté? On n’osait pas sortir de notre chambre, de peur de tomber sur Pascal ou un membre du groupe.

On a fait monter un petit-déjeuner. Sur le plateau, il y avait un autre petit dèj., j’ai pensé qu’il pouvait s’agir du plateau pour la chambre d’à côté. Alors, j’ai traîné la porte ouverte, à vérifier la commande. Effectivement, il était pour la chambre d’à côté, mais pas pour la bonne chambre.

Mais alors que j’étais encore à la porte, la porte de la chambre de Pascal s’est ouverte. Prise de panique, j’ai aussitôt refermée la nôtre. Caroline avait reconnu la voix de Pascal, elle a aussitôt bondi et s’est précipitée vers la porte. J’ai eu du mal à l’empêcher d’ouvrir pour jeter un oeil dans le couloir.

En fait, Pascal est descendu avec cette Manuella, pour déjeuner avec les membres du groupe. Là, j’avoue que la moutarde m’est montée au nez. Comment veut-il après que j’aie envie d’aller le voir jouer après ça??? J’étais verte.

Impossible donc de partir en catimini. Il fallait passer par la réception pour régler notre chambre! On était bien obligée d’attendre plusieurs heures avant de faire une sortie discrète et repartir pour la maison. Fatiguée, après avoir discuté longuement, on s’est écroulée pour dormir.

J’ai essayé de faire comprendre à Caroline, et de me persuader par la même occasion, qu’il était préférable d’ignorer l’aventure de Pascal avec cette fille. Il fallait attendre que ça passe c’est tout.

Mais, Caro avait raison pour une chose; tant que Pascal ne savait pas qu’on savait, on leur ajoutait l’ingrédient de la cachoterie, ce qui risquait de renforcer leurs sentiments. Ou du moins, vouloir à tout prix concrétiser pour vivre pleinement ce qu’ils pensaient être de l’amour. Elle pense que c’est mauvais de les laisser continuer à faire de chaque moment qu’ils se voient, un moment précieux.

Alors là, j’étais paumée, il fallait me laisser le temps de décortiquer tout ça dans ma tête...

Vers les 15h, on a pris la route. Pendant tout le trajet, on a âprement discuté sur la meilleure approche à avoir. On a opté pour jouer les ignorantes pour le moment. L’empêche, j’avais le coeur patraque, l’angoisse de l’incertitude avait aussi pointé le bout de son nez. C’était pas la grande forme.

Pour Caroline, c’était pareil. Elle a un peu pleuré aussi, ce qui a eu pour effet de me calmer, mais un peu inquiété parce qu’elle conduisait.

Caroline a essayé de m’encourager à appeler Pascal. Elle voulait savoir s’il était en route, et comment il réagirait, parce qu’on savait que l’autre était avec lui. Mais je n’avais aucune envie de le faire. Premièrement, parce que s’il était désagréable, ça me blesserait au plus haut point. Deuxièmement, je ne voulais pas lui donner l’occasion de me mentir ou de me mener en bateau devant Manuella.

J’ai dis à Caro que, ce qui surprendrait le plus Pascal et le déstabiliserait le plus, serait de ne pas nous voir du week-end. Ni elle, ni moi. Mais Caro ne savait pas si elle arriverait à faire ça. Tout un week-end sans le voir, sans répondre à ses éventuels appels? Sans explications?

On a convenu que ce serait préférable de l’avertir. Mais en disant quoi? Il faudrait un message neutre, clair. Pascal avait l’habitude de toujours avoir Caroline collée à ses basques, alors si tout à coup, niet, il sera inquiet et se posera des questions.

Caro s’inquiétait qu’il en profite au contraire pour voir l’autre. Et même! A la limite, on pourrait l’appeler sur son natel quant il sera avec l’autre? Bah, je trouvais que le mieux serait de l’ignorer de tout le week-end. Ça gâcherait sûrement le plaisir qu’il a eu de sa soirée d’hier soir! Caroline ne comprenait pas alors pourquoi je voulais l’avertir. Autant le laisser dans le noir.

On était encore sur l’autoroute, quant Pascal a essayé de m’appeler à plusieurs reprises. Je pense que Pascal devait être rentré.

On a eu tout le chemin pour en parler, en arrivant à Lausanne, on était toujours pas très sûre de ce qu’on allait faire. Je lui ai dis que j’aurai voulu trouver le moyen de faire en sorte que Pascal reste chez lui, qu’on puisse le surveiller. Je pouvais toujours m’introduire chez lui. Une chose était sûre, on ne pouvait aller ni chez elle, ni chez moi!

Une chance, Thomas avait invité tout le monde chez lui avant de sortir. Donc, Pascal sera chez lui.

On a donc composé ensemble le message que je pensais lui envoyer. Caro, elle, ne ferait rien tant qu’il n’essayait pas de la joindre. Mon message était simple; "Désolée, me suis sentie seule et abandonnée. Au Tessin. T’appelle sur la route en rentrant dimanche dans l’après-midi, ok. Bisous".

Recta, Pascal m’a demandé où j’étais exactement et avec qui. Pas répondu. Il a insisté. Il voulait savoir quant j’étais partie, pourquoi je ne lui avais rien dis. On avait décidé qu’on ne répondrait pas. Point final.

Caro suspectait que j’aie mis dimanche soir pour le voir. Elle avait raison. Je n’avais pas vraiment réalisé que je me laissais une porte ouverte. C’était pas ce qu’on avait prévu. Elle voulait être sure que comme elle, je n’avais pas l’intention de le voir du week-end. On a fait un pacte.


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149/15 - Ecouter son 6ème sens

Publié le par JaneDo


Vendredi - 29 mai 2015 - 149/15 - Ecouter son 6ème sens

Pascal m’a dit que ce soir, il jouait avec Varios et son groupe à Zurich. Il ne m’a pas demandée de l’accompagné. Il dormait sur place et serait de retour samedi. Par contre, il m’a demandé de ne pas en parler à Caroline. Il ne voulait pas l’avoir accrochée à ses basques, essayant de s’incruster dans sa chambre d’hôtel.

Ils jouaient au Monkey, près de l’université de Zurich, pour un anniversaire, organisé par des parents bourgeois, d’une jeune fille de bonne famille, qui fêtait en grande pompe ses 20ans.

J’imagine que Pascal me l’a dit pour me faire comprendre pourquoi je n’étais pas invitée. Je ne pouvais décemment pas m’immiscer dans une fête où je n’étais pas invitée. Mais ça ne m’aurait pas embêtée d’attendre dans sa chambre d’hôtel. Je lui ai demandé à quel hôtel ils descendaient. Il ne savait pas encore, mais m’appellerait de l’hôtel dès qu’il serait là-bas.

Pascal ne m’a appelée de l’hôtel, mais du restaurant du Monkey où ils s’apprêtaient à manger. On ne s’entendait pas au téléphone. Pascal a subtilement détourné la conversation, quant j’ai demandé à quel hôtel il était descendu avec le groupe.

Tu parles que j’allais me contenter de ça! Ni une, ni deux, j’ai appelé Caro. Elle parle le suisse allemand comme personne. Elle a attendu mon arrivée pour appelé Varios et lui demander où livrer les costumes. Varios a paru surpris. Son Allemand était mauvais, alors Caro a pris un accent d’une allemande parlant très mal le français pour demander l’adresse.

Encore surpris, Varios le lui a donné. Caro s’est faite passé pour la stagiaire du père de celle qui fêtait  son anniversaire. Pour taire sa méfiance, elle avait demandé si c’était Lotti qui avait fait les réservations. Heureusement, qu’il n’a pas songé à demander le nom du père, ni de la jeune fille en question.

Bref, Varios ne voulait pas que son groupe ait à se déguiser, ni devoir porter de costumes. Caro a quelque peu insisté, puis a capitulé en disant qu’elle transmettrait. Qu’après tout, Monsieur était peut-être un peu vieux jeu et comprendrait que si Mademoiselle avait choisi son groupe, ce n’était pas pour qu’ils viennent costumés comme un groupe pour « papa ».

Sur ce, Caro et moi avons pris la route, direction Zurich. On ne savait pas encore ce qu’on allait faire. Ce qui était sûr, c’est qu’on ne pouvait pas parquer tout près, ni de l’hôtel, ni du Monkey. Une voiture avec des plaques vaudoises seraient bien trop visibles. Sur place, on a couru louer une voiture. Jeez, la ruine.

Caroline connaissait mieux le groupe que moi! J’ai senti un petit pincement de jalousie à l’idée qu’elle connaissait mieux les amis de mon mec que moi-même. Elle avait téléphoné et réservé une chambre dans le même hôtel, et au même étage.

Caroline a un bol pas croyable; elle a réussi à avoir une chambre, non seulement près du groupe, mais à côté de celle de Pascal! Je me suis félicitée de l’avoir mise dans la confidence. J’espère seulement qu’elle saura tenir sa langue.

J’ai confié à Caro que, je n’étais pas sûre de vouloir, ni de pouvoir supporter de dormir près de Pascal, sans le voir, sans savoir ce qu’il fabriquait dans cette chambre en étant à seulement 2 pas de lui. J’avais peur de ne pas pouvoir fermer l’oeil de la nuit. Il était impossible d’avoir accès à sa chambre! Et je me sentais vraiment très nerveuse due à mon imagination super fertile.

Il fallait qu’elle annule la voiture, on allait être coincée dans la chambre avec la peur au ventre de croiser quelqu’un du groupe. On ne pourra décemment pas quitter notre chambre, et ça c’était pesant. Sauf lorsque le groupe serait occupé à la fête, à laquelle on ne pouvait pas participer.

A notre arrivée, le groupe était déjà parti. On a fait un petit tour pour se repérer dans les alentours. Pratique de voir qu’il y avait plusieurs bistros, restos et autres en face et juste à côté de l’hôtel, dans la petite rue piétonne. Encore fallait-il savoir lesquels seraient encore ouverts lorsqu’ils rentreront. Et qu’ils n’aient pas la bonne idée de s’y arrêter!!! Mais on a trouvé mieux!

Les fenêtres de notre chambre donnaient dans une cour, en face, il y avait un immeuble avec les fenêtres des couloirs avec vue sur l’hôtel. On pouvait facilement se glisser dans l’immeuble. On ne savait pas s’il fermaient les portes pour la nuit, dans quel cas, on aura à attendre pour suivre quelqu’un à l’intérieur. Caro pouvait facilement faire ça, moi non, trop louche!

A ce stade, on ne savait pas quelle était la bonne tactique; attendre dans le bistro d’en face? ou rester dans notre chambre? ou encore, attendre dans l’immeuble de la cour??? Et s’il traînait avec les autres dans un bar? Ou une boîte de nuit? Ou dans la chambre d’un de ses compagnons de musique à boire des verres jusqu’au matin? On aura l’air conne et perdrait notre temps à poireauter dans l’immeuble d’en face.

Je me sentais déjà crevée à l’idée. Et j’avoue que je voulais rentrer. Je n’avais pas le courage d’attendre toute la nuit et probablement pour rien! Quoi, on allait le regarder se changer, peut-être regardé un moment la télé en se couchant? Ridicule.

Finalement, maintenant qu’on était là, je trouvais ça idiot. Pourquoi avoir fait ça? C’était abuser quand même. Pourquoi avoir entraîner Caro là-dedans. Comme si on était en mission d’espionnage. Comme si on le soupçonnait d’avoir menti. Il était bien là, et bien avec le groupe, on devrait retourner tranquillement chez nous, point barre.

Pascal jouait avec le groupe pour la fête d’une jeunette de 20ans, c’est tout. Après, il n’avait pas grand chose à faire d’autre que de rentrer à l’Hôtel, dormir et rentrer le lendemain. Alors toutes ces dépenses juste pour le regarder, à Zurich en plus? C’était barge. Je regrettais la mouche qui m’avait piquée et fait faire tout ce tralala.

Maintenant qu’on était là, Caro ne voulait pas s’en aller sans tout vérifier. Elle voulait être sûre qu’il n’avait pas menti, qu’il jouait bien pour un anniversaire. Je lui ai fais remarquer que si ce n’avait pas été le cas, Varios aurait tilté.

Donc, ils jouaient bien pour un anniversaire, pas de doute là-dessus. Elle a été obligée d’en convenir.

Mais, Caroline pensait que comme on était déjà là, avec une voiture de location et tout, on devait aller jusqu’au bout. S’il ne cachait rien, alors tant mieux. Caro trouvait quand même bizarre qu’il ne m’ait pas proposé de l’accompagner.

Et à vrai dire, moi aussi! Mais j’étais sûre qu’on perdait notre temps, et qu'on allait passer la nuit sans réussir à fermer l'oeil, et tout ça pour rien. Puisqu’ils jouaient pour une fête privée, ils allaient certainement finir au matin quant tout le monde sera fatigué et se décidera à rentrer... donc pas avant des heures et des heures!

Une fois qu’elle était sûre que la fête battait son plein, Caro a voulu vérifier par elle-même dans la salle. Elle a fait celle qui se trompait de salle et a pointé son nez pour jeter un coup d’oeil. Avant de se faire rabrouer, elle a pu constater que c’était bien Varios et son groupe qui jouait.

Elle a même poussé le vice a demander qui était le groupe et à quelle heure ils finiraient de jouer pour la soirée d’anniversaire. Comme toujours quant il jouait, Pascal ne regardait pas dans la salle. De toute façon, avec la lumière dans la figure, le groupe ne pouvait rien distinguer. Prétextant qu’elle aimerait bien leur parler après pour qu’ils jouent aussi à son anniversaire.

Le jeune homme a qui elle avait demandé s’était renseigner et était sorti pour lui donner l’info, ravi d’avoir pu lui rendre service. Elle voyait bien qu’elle lui avait tapé dans l’oeil et attendait quelque chose. Pour le remercier, elle lui a fait un petit bisou sur la bouche. Tout rouge, il est resté muet, les yeux écarquillés à la regarder se dandiner avant de disparaître. Il a demandé à ses copains s’ils avaient vu qu’elle l’avait embrassé. L’un d’eux lui a dit qu’il était con de n’en avoir pas profité de lui demander son numéro. Je devrais prendre des leçons, Caro est futée!

Dans la rue, on a couru en riant comme de solides imbéciles. Trop contente de savoir qu’à 2h du matin, le groupe aurait terminé sa prestation. Ils prendront peut-être un verre offert par la demoiselle de la fête, ou pas. On avait plus qu’à mettre au point notre stratégie. J’avais une petite boule à l’estomac en me disant que c’était une erreur d’être là, de faire si peu confiance à Pascal. J’étais honteuse d’avoir eu la stupide idée de mettre Caro dans la confidence. Surtout après que Pascal ait insisté pour que je ne le fasse pas. C’était moche.

J’aurai jamais cru que j’étais si stupide de lui faire confiance... Faut toujours écouter son 6ème sens!


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148/15 - Journée marathon comme d hab.

Publié le par JaneDo


Jeudi - 28 mai 2015 - 148/15 - Journée marathon comme d’hab.

Entre équitation, visites de l’appart, passer chez Maria, faire les courses, trouver dans tout ça un moment pour travailler, je n’ai pas eu une minute à moi. Après tout ça, il fallait encore que je sois en forme pour sortir ce soir. Surtout si je voulais voir Pascal. Difficile d’arriver chez lui sur les rotules et de n’avoir qu’une envie; dormir!

Bon, rien n’était vraiment prévu pour ce soir; il ne m’avait pas proposé de passer chez lui, mais, c’était jeudi, et souvent, il sort un petit moment, ou rencontre ses potes. D’après ce que j’avais cru entendre, c’était porte ouverte chez Thomas pour prendre un verre entre amis.

Pascal était la source de mon bonheur, de mon énergie, l’idée de l’existence sans lui me paralysait littéralement. Dès le début, je me suis dis que tout était trop parfait pour durer. Pourquoi un type pleins aux as, un corps de Dieu Grec, avec de si beaux yeux verts et un sourire à damner les saints s’intéressait-il à moi? J’avais toujours eu beaucoup de chance, mais là, ça défiait l’entendement.

C’est peut-être aussi pourquoi je ne voulais le présenter à aucun proche. J’avais toujours l’impression que ça allait se terminer d’un moment à l’autre, alors pourquoi me faire du mal en le découvrant à ma famille et mes proches. Je savais aussi qu’ils me regarderaient tous comme si j’étais « tapée ».

Certains me détesteront d’avoir autant de chance, des filles pour la majorité, en souhaitant aussitôt mon malheur, d’autres ne se priveraient pas pour semer la zizanie. D’autres encore ne se gêneraient pas pour critiquer notre différence d’âge. Ils ne se gêneront pas pour demander ouvertement ce qu’un homme comme lui fiche avec une nana comme moi!

Lorsqu’ils apprendront la fin de notre idylle, ils me consoleraient tous d’un « c’était couru d’avance ». Ce qui voudrait dire; qu’il était trop bien pour moi. Ils vont jubilé de me voir souffrir.

Vers 20h, je me suis pointée chez lui confiante. J’avais essayé de le joindre sans succès. Chez lui, il n’y avait personne non plus. Pas plus que chez Thomas. Zut, déplacement pour rien. Après avoir attendu une bonne demi heure, j’ai laissé un billet sur sa porte et je suis rentrée bredouille. Autant pour moi, j’aurai dû l’avertir.

Pascal a essayé de me rappeler vers 23h30. Plutôt tard! Je pense qu’il était rentré et avait dû trouver mon mot. J’étais plongée dans mon bain avec un bouquin, mon natel sur silence, alors je n’ai rien vu. Tant mieux, au moins comme ça il sait que je ne suis pas pendue derrière mon téléphone à attendre.

Je me demande s’il était encore avec cette Manuella??? D’après le message qu’il m’a laissé, Pascal disait qu’il avait eu un match et qu’il avait été prendre un verre avec son équipe avant de rentrer, pour fêter leurs victoires. Hum! Il me raconte peut-être des cracks.


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148/15 - Ils ont piqué Ulysse...

Publié le par JaneDo


Mercredi - 27 mai 2015 - 147/15 - Ras le cul !

13h10 - J'aimerai bosser, mais cette gourde est encore en train de dormir comme un pavé. D'ici qu'elle décampe, vu la lenteur avec laquelle elle marche, rien que pour aller à la salle de bain, exactement 20 pas depuis sa chambre, on en a pour la journée! La moutarde commence à monter. Dans 10 minutes, je vais aller frapper à sa porte et la sortir du lit. J'en ai ras le cul.

14h34 - Enfin, elle s'en va! Il était temps. Je la regarde marcher comme une limace pour aller prendre le bus, et je me sens coupable. J'ai donc voulu l'appeler pour lui dire de revenir, que je n'avais plus envie de bosser. Je devais faire parvenir mes dessins avant 17h à l'agence. Il ne me restait plus beaucoup de temps. Mais elle ne répondait pas, alors j'ai laissé tomber et je me suis mise au boulot.

Déco de sac aux couleurs du magasin, et utiliser le logo où on veut. C'est eux qui choisiront ce qui leur plaît le plus. Le logo est vert et noir. En fin de compte, je crois que j'aime bien ce que j'ai fait.

15h00 - Aïe, j'ai eu Maria en ligne; j'ai promis de passer chez elle demain vers 13h. Ça m'embête parce que j'ai pleins de trucs à régler, mais voilà. Cela m'énerve vachement de ne pas savoir dire "non" aux gens que j'aime. Du coup, je suis toujours à courir et me plier en 4 pour les autres, et pas de temps pour m'occuper de mes affaires à moi. Poisse.

16h00 - Argh, de voir le nom de Pascal s'afficher sur l'écran de mon natel, ça me fait toujours quelque chose. Frisson partout, comme si je pouvais le toucher, le coeur qui pédale dans la semoule. Il voulait savoir ce que je faisais ce soir. Il jouait à l'extérieur avec le basket, mais après il était libre. Si on ne se voyait pas, alors il traînerait certainement avec l'équipe. Ah, donc, il irait voir Manuella? J'ai eu nettement l'impression qu'il était à la pêche aux renseignements. Pascal cherchait à savoir s'il n'avait pas à regarder par-dessus ses épaules ce soir.

17h35 - La voilà de retour. Comme j'avais bien travaillé, j'étais beaucoup plus détendue et de bonne humeur. Elle a entrepris de faire à manger et m'a proposé son riz cantonais avec un steak épicé. J'ai un peu forcé sur le piment, zut, ma langue est en feu. A 19h, la vaisselle était faite, rangée, et petit café pour terminer le souper. Parfait. Je pouvais me replonger dans ma lecture. Aujourd'hui, je lui ai dis que je pensais déménager d'ici fin de l'année. Elle a semblé bien le prendre.


Jeudi - 28 mai 2015 - 148/15 - Ils ont piqué Ulysse...

Ils ont fait piquer le beau Ulysse... ça me rend tellement triste... Pauvre. Il avait des verrues et alors? Cela se soigne! Si j'avais su, je lui aurais fait plus de câlin dimanche. Snif. C'était un si beau cheval. Si grand, si majestueux. Il n'allait plus leur apporter, alors paf, on pique. Je trouve ça dégueulasse. J'avais l'impression que le manège avait perdu sa flamme. Le box d'Ulysse était déjà occupé. Ils ont vendu Dado aussi. A une manège de Genève.


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145/2015 - Lâcher la bride!

Publié le par JaneDo


Lundi - 25 mai 2015 - 145/2015 - Lâcher la bride!

Aujourd’hui et ce soir, quoi qu’ils fassent, je sortirais avec Pascal et son équipe. Je ne vais pas déserter et lui laisser la possibilité d’aller rejoindre l’autre pouffe.

Pascal était déjà debout vers midi, quant j’ai ouvert un oeil. Il buvait un café sur la terrasse à l’étage, chez Thomas. D’après les voix, il n’y avait pas que Thomas et Pascal. C’était vachement tôt pour moi. No urgence, je pouvais encore dormir encore un peu. Au lieu de ça, j’ai pensé à hier soir. Je me demande si je ne devrais pas carrément demander à Pascal s’il était chez Manuella hier soir!

Vers 13h, Pascal est descendu pour voir si j’avais faim. Thomas avait dans l’idée de faire quelques grillades sur sa terrasse. Bien sûr que j’avais un peu faim, mais aucune envie de monter et être sociable. Un peu grincheuse aujourd’hui, je préférais rester tranquillement en bas. Un grand verre de lait me suffirait largement. En plus, il y avait des croissants que Pascal avait dû acheter ce matin, donc ça ira.
Il y avait que des mecs en haut, autant les laisser entre eux...

J’ai dormi encore un peu, ensuite, après avoir enfilé un pull à Pascal, je me suis installée sur le fauteuil près de la fenêtre pour lire. J’entendais le bourdonnement de leurs voix, les rire, mais je ne comprenais pas ce qu’ils disaient. Apparemment, ils étaient à l’intérieur et ne sortaient que pour tourner la viande ou remplir leurs assiettes. J’étais mieux là toute seule.

En plus, je n’arrivais pas à me concentrer sur mon livre, la tête plutôt accaparée par Pascal et cette Manuella.

Je me posais tout un tas de questions; est-ce que je faisais bien de rester là? Ne devrais-je pas plutôt rentrer chez moi? Peut-être que je devrais le laisser aller au bout de son aventure avec cette fille, ça finira bien un jour? Est-ce que j’avais raison de faire comme si je ne voyais rien? Probablement. Peut-être que je devrais lui laisser un peu d’espace? Arhhh, je ne savais pas.

Finalement, j’ai décidé que j’allais lui lâcher la bride... Lui laisser plus de liberté  encore. Plus vite il en aura fait le tour, plus vite on pourra tourner la page. C’est seulement à ce moment là qu’on en parlera pour faire le point. Là où j’hésitai, c’était de savoir s’il devait savoir que je sais, pour enlever le côté « amour secret », qui rend les choses plus épiques! Oui, mais comment faire?

Au moins comme ça, quant ils se verront ce ne serait pas « enfin un moment ensemble », que ce soit pas spécial. Peut-être que ça évitera que Pascal se montre en public avec elle? Après tout, tout ce qu’il veut, c’est la baiser! Et cette conne n’aura plus besoin de lui tourner autour et lui faire des signes, en pensant que je suis la conne qui ne sait rien. Je pense que Pascal n’aura plus besoin de lui faire de signes non plus.

Après le départ de leurs amis, on a passé une fin de journée tranquille et calinou. Milles fois, j’ai eu envie de lui dire ce que je savais, et milles fois j’ai changé d’avis. Je voulais profiter de lui et passer un moment agréable. Pas tout gâcher pour moi, en parlant d’une autre femme. Ce serait pire connerie que de lui faire penser à elle.


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144/2015 - Manuella en travers de ma gorge

Publié le par JaneDo


Dimanche - 24 mai 2015 - 144/2015 - Manuella en travers de ma gorge

Comme j’avais les clés à Pascal, je me suis allongée sur le canapé pour lire et l’attendre. Même si je m’endormais, je l’entendrais soit sonner, soit frapper à la porte. Je me suis endormie, et Pascal n’a pas eu besoin  que je lui ouvre. Thomas l’a ramené, et il a passé par les escaliers qui relient les 2 appartements. Je ne dormais que d’un oeil, j’ai tout de suite senti sa main se faufiler sous le plaid pour me caresser mes fesses.

A voir son sourire, la lueur sexuelle dans ses yeux verts à tomber par terre, pas de doute, Pascal était pompette.

Ses baisers, l’éclat de ses yeux verts à tomber par terre, ses caresses m’ont fait fondre sur place. On n’a même pas été jusqu’à la chambre à coucher. Je me souviens m’être demandée s’il avait bien fermé la porte entre l’appartement à Thomas et le sien. Mais entraînée par la passion, j’ai aussitôt oublié. Même où on était.

Magnifique soleil aujourd’hui, main dans la main, on a été à pieds jusqu’au petit café, qui vient de s’installer au bord du lac près de chez lui. Pascal a reçu un appel, c’était Thomas. Il lui a dit où on était et il est venu nous rejoindre.

On s’était levé tôt, je devais aller chercher ma nièce pour l’équitation. J’étais raide, et pendant le déjeuner, je me suis dis qu’après son cours, aux environs de 9h-9h30, je filerai vite fait chez moi pour me taper une petite sieste avant de retourner chez Pascal.

Comme toujours, rien ne se passe jamais comme on l’avait prévu...

Après l’équitation, j’ai fait des allers-retours entre chez Séb et chez ma frangine pour trimbaler les rats. Ensuite, ils devaient rejoindre toute la troupe pour une grillade chez César. J’ai dit que je ne prenais qu’un café parce que je ne pouvais pas rester. Mais, comme d’hab., ils ont insisté pour que je reste. Cela semblait assez compromis pour ma petite sieste.

Vers 16h, j’ai enfin eu le courage de partir. J’ai appelé Pascal en chemin et on a convenu que je le rejoindrai directement à la Dolce Vita, à partir de 20h30. On mangeait avec quelques potes. Après ce coup de file, j’ai filé directement me jeter au lit pour récupérer quelques heures de sommeil. Je me demande comment faisait Pascal pour tenir le coup après une nuit à boire et sans dormir. Le matin, il était plus en forme que moi!

A mon réveil, traînant les pieds, j’ai pris une douche pour me réveiller. Ils étaient déjà au café quant je suis arrivée. Pascal s’y attendait. Et franchement, je n’avais pas faim, mais je ne refuse jamais un café. Quant ils ont décidés d’aller encore traîner de bar en bar, j’ai préféré rentrer chez Pascal et l’attendre.

Mon bouquin traînait chez lui, et il était passionnant. Une heure après avoir replongé dans mon histoire, je me suis dis que c’était bête d’être partie comme ça, après tout, c’était congé demain. J’ai donc décidé de rebrousser chemin et de faire plaisir à Pascal en lui faisant la surprise.

Mais en appelant Caroline pour savoir où ils étaient, j’ai eu la mauvaise surprise de découvrir que Pascal leur avait faussé compagnie en quittant le restaurant. En fait, juste après mon appel. Caroline avait pensé qu’il était parti pour me retrouver quelque part et ne s’était pas inquiétée. J’étais dégoutée.

J’aurai pu en prendre mon parti, et l’attendre tranquillement à la maison, mais dans le feu du moment, je lui ai envoyé un message. Pascal m’a rappelée 2h plus tard; il venait de voir mon message. Il avait soi-disant été prendre un verre ailleurs avec Michael. Je savais qu’il mentait. Il a dit qu’il était en route pour la maison.

Franchement, j’ai eu envie de le planter là et partir. Il me prenait vraiment pour une idiote! A sa décharge, il a tout fait pour se rattraper et a été absolument adorable. Pascal m’avait même amené des fleurs et des chocolats! Je me demande où il avait trouvé ça! Au moment d’en prendre un, j’ai eu un frisson le long de la colonne vertébrale, et si c’était Manuella qui les lui avait donné?


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143/2015 - Mauvais départ!

Publié le par JaneDo


Samedi - 23 mai 2015 - 143/2015 - Mauvais départ!

Pascal avait la natation cet après-midi, donc j’étais tranquille jusqu’à ce soir. Je me suis faite plaisir en me plongeant dans un nouveau roman et un bain. Il y avait du vent et il pleuvait, c’était un temps idéal pour lire. Pascal passait me chercher vers 21h.

Jonas, un de leurs copains, avait invité toute l’équipe chez lui. Il vivait encore chez ses parents, mais avait son propre appartement au rez. Ce devait être une soirée piscine et beuverie, mais vu le temps merdique, la soirée se déroulait à l’intérieur. Il y avait le jacuzzi, mais il était aussi à l’extérieur. Il y avait quand même quelques tarés qui s’étaient entassés dans le jacuzzi.

Natacha avait essayé de convaincre Pascal de se jeter à l’eau. J’ai été moyennement heureuse de la voir à la soirée, mais encore plus d’y voir également Manuella. Elle et Pascal faisait semblant de ne pas se connaître.

Etrangement, Natacha est venue se coller à Caroline et moi pour « babiller ». Elle se donnait beaucoup de mal pour faire copine-copine. Caroline qui est d’habitude très sociable et bavarde avait perdu la parole. Je sentais bien qu’elle n’aimait pas Natacha. En fait, ça se voyait. Mais, Natacha faisait celle qui ne remarquait rien et continuait à essayer de se faire apprécier.

Caroline pensait qu’elle faisait ça, juste pour se rapprocher de Pascal. Elle voulait nous utiliser, c’est tout. Elle avait probablement raison. Comme elle ne parlait pas à Natacha, je me suis sentie obligée de combler, et parler pour nous deux. C’était rasant.

Je sentais que cette soirée allait me faire bouillir. Je n’avais aucune envie d’être là. Je voulais rentrer.

Déjà, je me sentais seule, perdue au milieu de tous ces fêtards. Pascal discutait avec ses potes, et Caro et moi étions coincées dans un autre coin, rien que les deux. Caroline a bien voulu me tenir compagnie, mais je sentais bien qu’elle aurait plutôt envie d’aller se coller dans le groupe avec qui Pascal discutait.

L’air de rien, j’avais l’impression d’être un pestiférée, incapable de m’immerger dans la soirée. Arh, j’avais une boule à l’estomac, ma timidité avait décidé de me faire une petite visite.

Je rêvais d’avoir le courage de mettre un pied devant l’autre et de marcher jusque vers Pascal, et ensuite, de trouver encore un peu plus de courage pour lui demander de rentrer. Mais, ce serait lui gâcher sa soirée. Je pouvais toujours rentrer avec sa voiture et l’attendre à la maison.

C’était peut-être la meilleure idée. Je ne pouvais pas rester ici, sinon, j’allais passer la pire soirée de l’année!

Manuella a fini par approcher Pascal et a passé son bras sous le sien. Son regard a balayé la foule et accroché le mien. C’était plus pour vérifier où j’étais qu’autre chose. La brique dans ma poitrine s’est faite lourde et lancinante. Non, je n’allais pas pouvoir supporter une soirée à péter de peur, chaque fois qu’une fille s’accaparait l’attention de Pascal.

Je restais là, pétrifiée, à essayer de reprendre mon souffle, parce que ma tension avait pris la tangente. Je voulais aller vers Pascal et pousser cette garce loin de lui, mais mes pieds, enfoncés dans le sol, refusait tout simplement de bouger.

J’ai avalé une vodka on the rocks cul sec pour me donner un peu de punch, mais, mes pieds restaient cloués dans les dalles du coin bar. Caroline a remarqué que je ne l’écoutais plus. Bien sûr, j’avais détaché du dos de Pascal et de cette fille occupée à lui chuchoter à l’oreille et fixait Caro, mais j’avais du coton plein les oreilles. Je voyais sa bouche articuler, suivait les expression de son visage, mais rien n’arrivait jusqu’à mon cerveau. Je me sentais aussi déplacée, de trop. Pas dans le coup.

Caro m’a prise mon verre des mains pour le poser sur le bar et a passé son bras autour de moi. Je tremblais.

Pendue à son bras, grâce à son soutien, on a fait les quelques pas qui nous séparaient de Pascal. Dès qu’elle nous a vu arrivée, Manuella s’est aussitôt éclipsé. Cette fois, son regard n’était pas vague, il m’était destiné. Elle souriait. Mon degré de tension a augmenté en flèche.

Une baston m’aurait fait du bien. J’aurai voulu lui mettre mon poing dans la gueule et lui foutre quelques petites claques.

Caro a posé la main sur le bras de Pascal et il s’est retourné. Mince, il a aussitôt vu qu’il y avait un problème. Il m’a demandé si ça allait, et j’ai menti. J’ai prétendu que mon asthme m’embêtait. Rassuré, il a souri. Cela avait été difficile de venir jusqu’à lui, alors je me suis lancée à lui dire que je voulais rentrer.

Pascal a tout de suite posé son verre, prêt à me suivre. Je l’ai arrêté. Je lui ai dis que je ne voulais pas gâcher sa soirée, qu’il devrait rester, que je prendrais sa voiture et l’attendrais à la maison. La clé de son appart était sur le porte-clé, donc, il n’avait pas besoin de venir avec.

Evidemment, on s’est âprement pris la tête avec les; « mais non, je rentre avec toi, et les, non, je t’assure, y a pas besoin ». J’ai gagné. C’était une mauvaise victoire, parce que, dès que je me suis retrouvée seule dans sa voiture, j’ai commencé à baliser. Je n’aurai peut-être pas dû partir. Est-ce qu’il rentrera après la soirée, ou ira-t-il chez cette garce?


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142/2015 - Je n'empêcherais rien

Publié le par JaneDo


Vendredi - 22 mai 2015 - 142/2015 - Je n'empêcherais rien

On se voyait samedi soir. J’ai prétendu avoir déjà quelque chose que je ne pouvais pas annulé vendredi soir. J’avais bien l’intention de le garder à l’oeil. Mais vendredi soir, j’ai flanché. Je ne me voyais pas passer mon temps à traîner autour de chez lui toute la nuit, ou à le poursuivre à travers la ville, alors que je pouvais profiter de mon appart, puisque Gis n’était pas là.

Désespérément, j’ai essayé de me convaincre que Pascal n’aurait pas l’indélicatesse de me remplacer illico par cette Manuella, que je commençais à détester avec force.

Avant de rentrer en fin d’après-midi, j’ai fais les courses et réapprovisionné mon stock en clopes. Une nana, jeune pourtant, m’a servi et j’ai failli lui demander ce qui était arrivé à ses cheveux. Jeeez, sur sa tête, ses cheveux formaient une espèce de montage, genre chouchoute des années 60.

J’ai essayé de me souvenir s’il y avait carnaval, mais, pas que je me souvienne. Son maquillage ultra coloré et vulgaire complétait le tableau.

J’ai discuté avec Pascal au téléphone en début de soirée. Il était adorable. Je l’ai été aussi. Moi, pour lui donner mauvaise conscience je crois, au cas où il avait l’intention de faire des conneries, et lui probablement pour endormir ma méfiance. Il a dit qu’il allait au bowling avec des potes, il pensait rentrer directement après. Et que si je voulais lui faire une visite dodo, je pouvais.

J’ai décliné en disant que je pensais faire tard, un enterrement de vie de jeune fille d’une copine. En fait d’enterrement, c’était l’enterrement de mes illusions. Je préférais rester cloîtré chez moi, et profiter d’une soirée toute seule. Cela faisait un bail que je n’en avais pas eu. Enfin, c’était tout comme.

Malgré mes inquiétudes, je ne laisserai rien me gâcher ma petite soirée de rêve, seule et tranquille, étalée sur mon canapé, à bouffer le cheese-cake que j’avais préparé en rentrant. Non. J’avais bien l’intention de me taper la série « The 100 », saison 1 et 2 non-stop. Après tout, Caro était sûrement en train de faire le sale boulot à ma place.

Pour en être sûre, je lui ai lancé un petit coup de fils, avant de m’installer. Revenue à la raison, et le cheese-cake y était certainement pour beaucoup, j’ai demandé à Caro de ne pas le surveiller. Qu’il fréquente Manuella ou une autre, je savais que quoique j’aie peur des retombées, de la trahison, de le laisser peut-être trop libre, je n'empêcherais rien.

Pascal m’avait dit plus d’une fois, quant je manifestais ma peur, que je n’avais qu’un mot à dire, et j’ai toujours capitulé. Jamais je n’aurai le courage de l’empêcher de faire quelque chose que j’aurai moi-même fait si j’avais été un mec, ou si j’étais à sa place, et même si j’étais raide dingue de ma nana!

Pascal a appelé avant de sortie. Surement pour savoir si je n’avais pas changé d’avis. Je n’ai pas répondu, parce que clairement, je n’étais pas dans une soirée. Il s’en serait aperçu. A son 2ème essai quelques minutes plus tard, j’ai répondu, et je lui ai dis la vérité; je voulais rester chez moi, et ne voulais aucune visite. Il a rit et a compris. Il me connaissait et savait comment j’étais.


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141/2015 - Perdu la clé de son appart...

Publié le par JaneDo


Mercredi - 20 mai 2015 - 140/2015 - On se calme...

Mardi, j’avais envoyé tout un tas de messages à Pascal pour lui dire que je l’adorais, qu’il me manquait et tout, mais après ma déception en soirée, mercredi, c’était le silence radio. Je n’avais même pas envie de lire ses messages. Mon humeur était toujours à l’orage, et mes réponses auraient pulvérisé dans le néant le souvenir du dernier week-end.

Vibrante encore de colère à chaque fois que mon natel bipait et que je voyais que c’était Pascal, j’étais trop tentée à lui répondre une vacherie. J’aurai pu le regretter plus tard. Au début, je les ai effacé sans les lire, puis, gardée. On ne sait jamais, je pourrais changé d’avis, et si je les avais toutes effacées, ben... Pascall m’avait invitée à manger avec lui à midi, je n’ai pas répondu.

C’était mieux qu’on ne soit pas face à face, parce que, je n’étais pas sûre de pouvoir me retenir d’exploser et de lui demander ce qu’il avait fait hier soir. S’il mentait, je l’aurai vicieusement laisser me raconter ses bobards. Je l’aurai laissé plonger, s’enfoncer et au bout du compte, je lui aurai demandé s’il s’était bien amusé hier soir chez Manuella!


Jeudi - 21 mai 2015 - 141/2015 - Perdu la clé de son appart!

Jeudi, j’étais toujours en fusion, donc j’ai gardé mes distances. Je crois qu’à ce point, Pascal devait se douter de quelque chose. Je le sentais dans ses messages. Dire qu’il avait le culot de me demander ce qu’il avait bien pu faire pour que je l’ignore! Ça avait le don de me faire encore plus péter un câble.

Puis, j’ai décidé de jouer les faux-culs de première. Je l’ai appelé et je suis passée chez lui le soir, sourire au point. J’ai prétendu avoir eu des problèmes avec mon natel. Hum, que je l’avais oublié chez ma frangine. Mon cul. Hypocrite, alors qu’on mangeait, je lui ai demandé si ça lui ferait plaisir que, comme autrefois, je lui faisais des visites surprises et que je venais juste dormir près de lui.

Impossible de dire "dans ses bras", ça me donnait envie de mordre, alors j’ai opté pour "près de lui".

Pascal m’a donné une assez bonne version du type emballé par la proposition. Innocente, j’ai prétendu avoir perdu la clé de chez lui, et qu’il faudrait pour ça qu’il m’en redonne une. Tic-tic-tic, je pouvais presque l’entendre réfléchir à la question. Il aurait pu aussitôt m’en remettre une, mais il ne l’a pas fait.

Ensuite, juste pour me faire plaisir, je lui ai dis qu’en fait, je ne l’avais pas perdue. Je l’avais jetée le soir où il m’avait fait poireauter inutilement chez lui. Je ne me rappelais pas si depuis, j’étais revenue l’attendre, et lui certainement pas non plus.

Je voulais qu’il se sente assez à l’aise pour ramener la ou les « bouffonnes » chez lui. Là où je pouvais le garder à l’oeil. Chez elles, j’étais dans le noir, totalement impuissante. Ça a passé comme une lettre à la poste. Comme une petite araignée mignonne, j’étendais gentiment ma toile.

Je suis rentrée assez contente de ma stratégie. Cela m’était venue comme ça. Pascal s’attendait à ce que je passe la nuit chez lui et a été déçu de me voir partir vers 23h. Impossible de rester, j’aurai pu l’étrangler de penser que j’étais si idiote, si aveugle. Si bête. J’aurai pas supporté qu’il me touche après avoir biduler avec Manuella.

Non, j’étais toujours en colère, mais dans une colère plus sinueuse et profonde. Prête à faire un massacre. Mais assez fière d'avoir pu lui faire fasse sans piper le mot, et avec le sourire! Cela ne servait à rien de dire à Caroline de la boucler si je ne pouvais pas en faire autant!


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139/2015 - Béatitude Temporaire!

Publié le par JaneDo


Mardi - 19 mai 2015 - 139/2015 - Béatitude Temporaire!

Arh... Journée de béatitude ;) La visite de Pascal m’avait rendue un peu bébête. Et voilà qu’il me manquait déjà.  Je rêvais d’être à nouveau dans ses bras, dormir au creux de son épaule, à écouter le rythme musical de son coeur. Le rythme du mien était en accéléré. Je n’arrêtais pas de penser à Pascal, à chaque seconde que j'avais passé avec lui hier soir. Sa visite surprise m’avait vraiment fait plaisir.

Par contre, la présence pesante de Gis me tapait sur les nerfs. Elle avale son bol de kelloggs bruyamment, sa façon de marcher m’agace. Elle marche comme si elle devait traîner son cul parce qu’il était trop lourd. Elle est arrivée en fin de matinée, et s’était faite mettre des rajouts raides. De faux cheveux qui puent déjà.

J’essaie de ne pas exploser, mais je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander pourquoi elle tirait tout le temps le porte-linge près des lavabos. Bien sûr, ça l’a énervé. Madame est bordélique mais ne veut pas qu’on le lui dise. J’ai été folle de joie de la voir partir à son cours vers 17h.

Caroline avait passé la nuit dernière à chercher Pascal et m’avait envoyé un message pour me dire qu’elle ne croyait pas qu’il ait dormi chez lui. Alors je lui ai dis qu’il était ici. Vers 22h, quant j’ai vu son nom sur mon natel, j’ai failli ne pas répondre.

Caroline m’apprenait que Pascal était chez l’autre gourde; Manuella. Arf, ça m’a brisé le coeur. Comment avait-il pu être si adorable avec moi hier soir, et courir chez elle ce soir? Est-ce que c’était pour ça qu’il était passé? Pour avoir la paix ce soir? La moutarde m’ait monté au nez.

Du coup, je détestais tous les hommes. Ce sont des salopards. Ils nous bernent si facilement, trahissent sans vergogne notre confiance, pour aller jouer les amoureux transis dans les bras d’une autre. Je bouillissais littéralement de l’intérieur. Je voyais rouge.

J’ai été à 2 doigts d’aller chez cette bécasse pour demander des comptes à Pascal. Heureusement, le temps de conduire jusque là-bas, je m’étais calmée et mon cerveau sclérosé s’est remis à fonctionner; ce n’était pas la chose à faire.

Ça m’a quand même sonné de voir sa voiture parquée innocemment devant chez elle. C’est fou qu’un truc aussi banal qu’une voiture puisse vous décrocher des flèches brulantes direct dans le coeur. Un peu plus, je restais là avec Caro à attendre son départ.

Mais j’avais retrouvé ma raison et j’ai dis à Caro que c’était mieux de ne rien faire, d’attendre. Cette histoire passera, ce n’était rien de plus qu’une aventure. Caro pensait, elle, que si on ne faisait ou disait rien, il prendra de l’assurance et commencera à nous cacher tous pleins de choses.

Hum, elle n’avait peut-être pas tord! Mais j’étais certaine qu’il était préférable de ne rien dire et de continuer à jouer les ignorantes. Et j’ai dis à Caro que si elle craquait et parlait, je préférais qu’elle me laisse en dehors. Je ne voulais pas que Pascal se doute que je savais quelque chose. Elle serait seule sur ce coup là.

Parce que je sentais qu’elle était au bord de l’implosion. Je ne suis pas sûre qu’elle saura garder sa langue!


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