Mercredi, 7 Août 2013 - 219/2013 - Dans sa tête… (Elodie & Maud) - (2)
Mais, je ne comprenais pas, alors pourquoi avoir rompu avec Elodie? Ma question a semblé lui clouer le bec. Lourd silence. Son expression avait changé. Pascal était sur le point de prendre la fuite. Il était muré dans son silence, prêt à jouer les sales gosses furibonds, qui n’a tout à coup plus rien à dire. Au moins, son regard rêveur avait disparu.
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Maud?
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Pourquoi tu me parles de Maud?
Wahhh, direct sur la défensive! Mouais, y’avait anguille sous roche!!! Je le fixais pour ne rien rater des expressions sur son visage. Pascal m’a regardé à son tour, ses yeux me transperçait. Il se demandait ce que je pouvais savoir. Il a détourné ses yeux verts inquisiteurs et a baissé la tête. J’avais raison, la rupture concernait ses rapports avec Maud. Pas moi.
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Je sais pas… J’aime pas trop ses manières! Elle se colle à toi comme si elle ne savait pas que tu fréquentais sa meilleure amie, Elodie… Puis, quant je viens vers toi, elle me regarde comme si je vous dérangeais avec son petit sourire de merde!
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Non. Je pense qu’elle était juste surprise! Je ne pense pas que ce n’était exprès.
Pfff, et le voilà qui la défendait en plus!
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Tu parles! (j’essayais de ne pas me montrer trop mordante) Mais, c’est aussi de ta faute. Quant tu es avec elle, on dirait que tu évites de me regarder. Tu n’es pas comme d’habitude; tu ne me prends pas la main, pas de bisous, rien. Comme si je n’étais pas là.
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Excuse-moi. (Pascal n’osait même pas croiser mon regard.) Je devais être distrait, ou trop plongé dans la discussion.
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Tu te fou de ma gueule? La dernière fois, sur TA terrasse, Caroline était là aussi, tu nous as carrément ignorées! Comme si on était de trop! Comme si on n’avait pas à être là! Enfin bref…
Il y avait un énorme mûr entre nous, plongé chacun dans un lourd silence. Pascal ne cherchait pas à alimenter la conversation. Au contraire, je crois qu’il cherchait comment y mettre un terme. Il semblait fermé, presque hostile. Mais, pas question qu’il m’intimide. Maintenant qu’on avait commencé, il fallait aller jusqu’au bout.
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Si Elodie était si parfaite, si chou, si tout ça, alors, pourquoi tu as rompu avec elle?
Pascal faisait la grimace. Il regrettait un peu de lui avoir fait de la peine. Nos regards se sont croisés un court instant et il a aussitôt détourné la tête. Pourquoi n’osait-il pas me regarder dans les yeux? Pourquoi? Est-ce qu’il serait en train de me mentir? Au point où on en est, je ne vois pas trop l’intérêt!!!
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Je ne trouvais pas normal que tu ailles à cette grillade samedi soir. On aurait pu se voir, mais non… Puis, tu m’as dis que tu étais monté chez Elodie. Tu as dormi chez elle et tu n’as pas osé me le dire?
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Non. Je t’assure que non. Je n’ai pas dormi chez elle.
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Alors pourquoi tu ne m’as pas rappelée? Pourquoi être monté chez elle?
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Je ne t’ai pas rappelé parce que je n’étais pas d’humeur Jane.
Pascal s’était senti coupable. Elodie n’avait rien fait pour mériter de se faire larguer comme ça. Elle a cru que c’était parce qu’elle n’avait pas voulu coucher avec lui, ou parce qu’elle lui demandait de mettre les choses au clair avec moi et Caroline.
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Même si je lui ai un peu menti en disant que Caro n’était qu’une amie, elle nous trouvait trop proche.
Pas seulement elle, mais Maud aussi. Elles lui avaient fait la morale toutes les deux. Elles ne trouvaient pas le comportement de Caroline normal. Pascal devait l’écarter. Qui voudrait sortir avec un mec qui a une amie aussi envahissante? Une amie qui se jette sur lui, lui prend le bras, ou qui le suit partout. Entre moi et Caroline, ça faisait beaucoup.
Elodie avait peur que Pascal la fasse souffrir. Ce qu’il a finalement fini par faire! C’est pour ça qu’elle n’avait pas voulu aller plus loin. Elodie voulait d’abord qu’il fasse le ménage autour de lui.
Maud lui avait monté la tête, et samedi soir, Elodie a pleuré dans ses bras, regrettant d’avoir trop attendu. Elle pensait qu’il la plaquait parce qu’elle n’avait pas été capable de lui montrer qu’elle tenait vraiment à lui, qu’elle l’aimait.
Moi, je pense qu’elle avait aussi remarqué le manège de sa copine Maud. Elodie devait se douter, que quelque chose se tramait dans son dos. Elodie était prête à sauter le pas, même si Pascal n’avait pas réglé les choses avec moi.

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Alors… pourquoi tu ne l’as pas fait alors? Pourquoi tu ne m’as pas plaquée?
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Parce que je tiens à toi.
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Je remarque que tu n’as pas dit, parce que je t’aime, mais je tiens à toi...
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Hahhh Jane… (Il a fait une tête qui me disait que je cherchais la petite bête). Tu sais très bien ce que je veux dire…
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Non. Tu me connais assez pour savoir que je n’aime pas me contenter de lire entre les lignes (et la mine boudeuse). Dis ce que tu penses clairement.
Pascal n’a rien répondu. J’aurai voulu qu’il me confirme qu’il m’aime. Même si j’en doutais, après tout ce que j’avais entendu de sa bouche. J’aurai voulu qu’il le dise encore, de manière à me faire croire que c’était vrai.
J’essayais de le cacher, mais intérieurement, je tremblais de la tête aux pieds. Heureusement, ça ne se voyait pas. Là, par exemple, il m’aurait été impossible de me lever, mes jambes ne m’auraient pas portées. Toute ma poitrine me faisait mal, j’avais un bloc en ciment à la place du coeur, le reléguant dans un coin. Je me sentais lourde, les bras tous mous. Je portais le poids du monde sur les épaules. Un léger maux de tête menaçait de m’anéantir complètement. Je l’ai vite enfermé dans le fond quelque part. Pas question que je flanche maintenant.
Malgré tous mes efforts, les larmes ont jaillis de je-ne-sais-où. J’a rapidement détourné la tête, mais Pascal avait remarqué. Ce qui m’a fait encore plus mal que les mots, c’est de sentir son hésitation pour me prendre dans ses bras. Ça ne lui arrivait jamais avant.
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On ne se voyait pas souvent, tu n’avais même pas de temps pour moi. Et quant on se voyait, c’était en vitesse, en catimini, question de te donner bonne conscience avant de courir chez Elodie. Comment peux-tu dire que tu tiens à moi?
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Si je ne tenais pas à toi, tu ne crois pas que j’aurai immédiatement coupé les ponts? Je ne l’ai pas fait. Il faut croire qu’inconsciemment, je n’étais pas sûr, ou pas certain que je voulais risquer de te perdre.
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C’était blessant. Humiliant même. Tu ne m’invitais plus chez toi, même quant Jess n’était plus là. Comment un type peut agir comme ça? Sans coeur. Traité une fille avec qui tu as passé des années comme une merde pour une nana que tu ne connais même pas bien. Que tu venais de rencontrer. Comment veux-tu que je puisse te faire confiance après ça?
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Je suis désolé…
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Désolé? Et tu crois que ça suffit d'être désolé?
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C’est que… Quant on se voyait, Elodie se faisait un sang d’encre. Quant j’arrivais chez elle, elle était toute tremblante, elle avait parfois pleuré… Ça me faisait mal au coeur.
Pascal s’est évertué à m’expliquer que quant on se voyait, il allait chez Elodie, parce qu’elle se faisait un sang d’encre. C’était seulement pour calmer ses inquiétudes. Pfffff, plouk! Est-ce qu’il entend ce qu’il dit là? Calmer ses inquiétudes à elle? Et moi alors? Pascal venait une fois de plus, de me poignarder en plein coeur.
Cette fois, je ne contrôlais plus rien, les larmes descendaient toutes seules. Pascal a voulu me prendre dans ses bras. Il y avait pas moyen. J’avais plutôt envie de l’étriper.
Dire qu’il n’avait pas mal au coeur de me laisser dans le doute, toute seule, pour courir consoler une pouffe qu’il venait à peine de rencontrer? Moi qu’il fréquentait depuis 5ans? Ça faisait vraiment mal d’entendre ça. Même si, ce mal n’était qu’un retour de flammes. Parce que j’ai eu ces mêmes interrogations, ces mêmes souffrances chaque fois que je le voyais partir chez elle, alors qu’il me laissait seule.
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Tu vois, on n’aurait pas dû parler de ça…
Et voilà, encore une excuse pour changer de sujet! Les mecs sont des chiens stupides. Ils ne méritent même pas l’honneur qu’on leur fait de partager leurs vies. Chiens. Bâtards. Je lui ai demandé s’il aurait préféré que je ne dise rien, que je fasse semblant que tout baigne. Il ne voulait donc pas savoir ce que je pensais, ce que j’ai ressenti? Ou est-ce qu’Elodie était la seule qui avait le droit de pleurer? La seule qu’il savait consoler? La seule qui pouvait souffrir de ses actions? A quoi s'attendait-il?
Pascal m’a reproché de ne pas le laisser m’approcher, ni me consoler. Alors je l’ai laissé me prendre dans ses bras. Il s’est excusé encore et encore.
Mais ses bras me brûlaient. Je le haïssais presque en ce moment. Si j’écoutais le tsunami qui ravageait ma tête, je l’aurais plaqué séance tenante. Mais, j’avais déjà fait ça, il n’y a pas si longtemps, et c’était trop dur. Pas question que je m’énerve. Ce serait l’envoyer droit dans les bras de Peggy la cochonne (Maud). Je ne suis pas encore aussi bête.
J’ai été en-dessous de tout. J’ai pose et reposé les mêmes questions encore et encore. Tourner autour. Je décortiquais chacune de ses réponses. Rien à faire, quoi qu’il dise, ça faisait aussi mal.
2h du matin, on y était encore. Pascal commençait à montrer des signes de fatigues. Moi, la rage me tenait éveillée.J’ai demandé alors ce qui se passait avec Maud. Pascal a prétendu qu’il n’y avait rien. Franchement? Mon oeil! J’avais vu sa façon de la regarder. Je connaissais ce regard. Alors, après plus d’1h supplémentaires à essayer de lui tirer les vers du nez, Pascal a reconnu qu’il avait ressenti quelque chose pour elle. Qu’il y avait quelque chose chez elle qui l’attirait.
Je l’ai cuisiné, encore et encore. A tourner autour du même pot, contenant les mêmes mots. Pascal m’expliquait encore et encore. Mais, je n’entendais toujours pas ce que j’espérais. Et la douleur au fond de ma poitrine ne disparaissait pas. Pascal ne voulait clairement pas parler de Maud.
A propos de Maud, Pascal restait vague. Il supportait mal que je la critique. Me servant la même vieille rengaine; qu’il n’y avait rien. Je voyais le mal partout. Maud était juste sympa. Que probablement, elle se sentait mal à l’aise face à Caroline ou moi. Parce que tous ses copains nous connaissaient, et qu’on faisait équipe depuis longtemps. Que ce soit elle, ou Elo, elles ne se sentaient juste pas à l’aise. Pascal pensait qu’elles se sentaient probablement de trop, c’est pour ça qu’elles ne nous invitaient pas. Elles sentaient bien qu’on ne les aimaient pas.
Jeeez, tout pour défendre le comportement de Maud. Ce qui avait pour effet de sonner encore plus l’alarme dans ma tête.
Apparemment, ils ne se sont jamais vu en tête à tête. Il y avait toujours Elodie. Pour l’instant. En dehors de ce que je savais, ils ne sont jamais retrouvés seul à seul. Par contre, après 1h de prise de tête, Pascal a enfin laissé échappé que, samedi, quant il était sur le point de partir avec Elodie, Maud l’a tiré à l’écart pour lui donner son numéro. Elle lui a demandé de l’appeler. Elle voulait lui parler.
Pascal a compris qu’elle voulait parler d’Elodie. Mais, je suis certaine qu’il se doute bien qu’il y avait autre chose.
Maud lui a demandé de l’appeler dès qu’il en aurait terminé avec Elodie. Hein??? “Terminé avec Elodie”??? On dirait un truc à double sens, non? Mais comme il est resté tard chez Elodie, et qu’il n’était pas d’humeur, il ne l’avait pas rappelée. Encore heureux! Toutefois, je pense qu’il n’a pas osé le faire. Je suis sûre qu’il compte sur le hasard, ou qu’il espère qu’elle finira par trouver un moyen sans qu’il ait à lever le petit doigt.
Dès qu’on abordait le sujet concernant Maud, Pascal se braquait. Et là, il se rappelait qu’il était tard. Que demain, il avait une rude journée qui l’attendait. Me suggérant de parler de ça une autre fois.
Plus de 4h du matin, fatigué, épuisé par cette longue nuit, Pascal a flanché et s’est mis à table… Il voulait l’argent et l’argent du beurre!
Pascal l'a admit; il veut tout. Qu’il voulait s’amuser. Qu’il était fatigué des contraintes. Il en avait marre de devoir toujours faire attention à ne blesser personne. De faire passer les autres avant lui. Il voulait vivre. Croquer la vie à pleine dents. N’avoir de compte à rendre à personne.
Pourtant, il voulait aussi que je sois là. Pascal aimerait que je sois une peu comme Caroline; que je reste là. A l’attendre, sans voir personne d’autre. Qu’il puisse faire ce que bon lui semble, revenir, et me trouver là. Toujours à sa disposition. Que je sois en train de l’attendre sagement!!!
Pascal dit qu’il m’aime plus que je ne l’imagine!!! Que ça ne lui plaît pas de me faire de la peine.
Seulement, il n’arrive pas à tout concilier dans sa tête, ni dans ses actions. Qu’il était un poil perdu. Furax aussi. Furax contre ses parents. Contre Jess, qui l’avait non seulement trahi déjà une fois, mais qui avait participer dans le complot de ses parents. Contre Thomas aussi. Et contre moi…
Qu’il me revoyait toujours dans les bras de Layne. Parce qu’il nous avait vu sur le canapé. Que je n’avais pas été une innocente participante. Il m’avait vu le caresser, l’embrasser. Et que malgré ses efforts pour se convaincre de me croire, quant je lui ai dis qu’il ne s’était rien passé. Il m’avait vu suivre Layne dans sa chambre. Et il savait que je n’étais pas du genre à l’attendre sagement pendant qu’il se cherche. Pour preuve, j’avais laissé Thomas me monter la tête. Et je l’avais laissé me consoler.
Woooh? Qu’est-ce que c’est que ça? Pourquoi ça tourne comme ça? On n’était pas là pour parler de moi!
Là, on s’est quand même pris la tête un peu et j’ai fini en larmes. J’ai dû lui rappeler ce qui s’était passé pour que j’en arrive là. Qu’il ne s’attendait tout de même pas à ce que je souffre toute seule dans mon coin, alors qu’il était beaucoup plus pressé d’aller en consoler une autre?
Bref, on ne savait plus de quoi on parlait. Ça finissait toujours comme ça; à se faire des reproches! On était fatigué…
Chiotte, on était crevé! Alors Pascal a suggéré qu’on essaie de dormir au moins une petite heure. Il était déjà passé 5h du matin. Je lui ai fait promettre de reprendre cette discussion une autre fois. Et aussi, j’ai voulu qu’il se rappelle ce que je lui avais dit plus tôt dans la soirée à propos de ce que j’avais ressenti à cause de son comportement.
Les choses s’étaient compliqués vers la fin. Il me semblait que tout avait été à contre-sens. Compliqué. Mais, j’étais aussi tellement crevée. Ma tête me faisait mal. Des mains de fer serraient mon crâne dans un étau. Et pourtant, malgré tout ce que Pascal m’avait raconté, je l’aimais quant même. Je voulais quand même être avec lui. C’est complètement barge.