Vendredi 2, mai 2014 - 122/14 - Big baffe aller-retour! (2)
Toujours vautré ensemble dans les canapés de son salon, alors que la fête avait lieu à l’étage, Pascal et ses copains continuaient à vanter les charmes de Maud, la pouffiasse. Ses copains continuaient à l’encourager à aller rejoindre Maud. Ils le persuadaient qu’il ne risquait rien de mon côté, je ne savais rien, et je ne saurais rien. Et que, comme d’habitude, je lui pardonnerai tout.
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Je ne veux pas me brouiller avec Jane, juste pour une histoire de cul!
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Oui mais bon, tu ne risques pas grand chose! Elle oubliera!
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Ça j’en sais rien. Je préfèrerais qu’elle n’apprenne pas que j’ai annulé avec elle, pour une autre nana!
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Jane mieux que personne sait où se trouve le plus gros cerveau masculin… dans son froc!
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Parle pour toi.
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Non, sérieux… Et puis les réconciliations sur l’oreiller, c’est le pied!
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Qu’est-ce que t’as envie de faire? Voir Maud non? Jeeez elle est roulée comme une… Woh, j’hésiterai pas à ta place, surtout que Jane sera toujours là quant t’en aura fini.
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Si tu veux, je peux m’occuper de Jane pendant ce temps...
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Connard...
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Je blaguais vieux…
Pascal n'a pas sembler apprécier la petite blague de son pote. J'aurai bien voulu voir la tête qu'ils faisaient.
Allongée sous le lit, je prenais mon mal en patience. Par moment, la rage me brûlait de l'intérieur. Je n'aurai jamais pensé que Pascal en aurait parlé à ses copains. Je me sentais vraiment horrible de constater qu'ils savaient plus de choses que je ne l'aurai supposé.
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Je ne voudrais pas que Jane se remette en question, se braque ou pense qu’elle est moins importante.
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Oui mais on parle de sexe, pas d’amour vieux!
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Surtout qu’on commençait à trouver un terrain d’entente plutôt géniale avec Jane, alors tout foutre en l’air…
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Tu risques rien, Jane passera dessus comme toujours.
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Et si non?
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Ben, t’aura toujours Maud…
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Ouais, elle est vraiment trop “BONNE”!
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Et Jane sera toujours là après, c’est du sûr. Moi à ta place, je ne raterai pas une occas pareil!
Ils rigolaient comme des malades. Ça me bouffait de savoir que Pascal pensait sérieusement tout risquer pour aller chez Maud. Peut-être qu’il ne m’aime pas autant que je le pensais. Tous avaient l’air de tellement connaître mes réactions, c’était terrible de les entendre me reléguer à la casse! D’être si sûr que j’encaisserai tout sans réagir.
Ils évaluaient ses options, déclarant que c’était impossible que j’apprenne quoi que ce soit. En tous cas, pas par eux. Pascal avait peur que je le suive. J’ai su que Caro m’avait trahie l’autre soir. Elle m’avait vue le prendre en chasse après son entrainement, et elle l’avait averti. Et Pascal venait de le dire à ses copains. La honte.
Oh! Caroline allait devoir m’expliquer… Moi, je ne l’aurai jamais trahie...
Paul a proposé de lui prêter sa voiture, celle de Michael, je la connaissais que trop bien. Ils étaient tous à l’encourager d’aller chez Maud, sans hésiter. S’ils avaient un choix pareil, ils n’y penserait pas plus d’une seconde. J’étais dégoûtée. Ils proposaient même de me distraire au moment où il déciderait à prendre le large. Ecoeurée.
Je suis restée un long moment, cachée sous le lit, à me mordre la paume pour ne pas pleurer. J’hésitais même à filer, disparaître, parce que je ne crois pas pouvoir garder la face, quant je verrais Pascal se faufiler pour suivre Maud.
Peut-être que je devrais lui dire ce que je savais???
Après avoir déverrouiller la porte entre les deux apparts, je suis montée par les escaliers extérieurs. Je ne pouvais pas prendre le risque que quelqu’un me voit entrer par l’appart de Pascal. Ils sauraient que j’avais tout entendu. Le coeur gros, j’ai eu beaucoup de mal à me mettre dans l’ambiance.
Heureuse de voir Steven arriver, puis mal à l’aise de le voir s’intéresser à d’autres filles, je me suis mise dans mon coin. J’étais vers Caro qui a vite fait de remarquer que je faisais la gueule, mais c’était juste pas le bon moment de lui en parler. Si elle demande à Pascal comment je l’ai su… Il risquait de se douter de quelque chose.
Ce n’était même pas très drôle de remarquer que Pascal m’évitait depuis sa discussion avec Maud... ça faisait mal...
De loin, j’avais Pascal et Maud à l’oeil. Grâce aux baies vitrées, je pouvais suivre discrètement leurs agissements. J’observais leurs gestuelles, les petits regards qu’ils se lançaient. Dégoûtée de savoir que tous ses copains étaient au courant. Je passais vraiment pour la gourde de service. La bonne poire.
Vers minuit, Maud et Pascal ont échangé un petit regard. Elle lui a fait comprendre qu’elle était sur le point de partir...
Maud a ensuite été saluer Pascal et ses copains. Hum! La bonne blague. Ça faisait partie de leur petite stratégie; faire semblant de ne pas partir ensemble. Je me demande si elle savait que tout le monde était au courant? J’ai été discrète, parce que j’avais remarqué les petits coups d’oeil de certains de ses copains dans ma direction.
Je n’avais plus la force de faire semblant de sourire, je me sentais trop trahie.
Quelques minutes plus tard, réglé comme du papier à musique, Michael et Paul sont venus vers moi. L’alarme dans ma tête a vibré au maximum; Pascal allait partir. Ils faisaient tout pour me distraire, pour m’embrouiller, faisant tout pour de me détourner de la porte. Je me laissais faire. C’était plus pratique de regarder par les vitres, qu’en direction de Pascal.
Pascal m’a brisé le coeur quant je l’ai vu vérifier que je ne l’avais pas vu, et filer au dehors. J’ai prétexté avoir besoin d’aller aux toilettes. Pas pour pleurer, mais pour m’enfoncer le couteau encore plus profondément dans le coeur. Je crois que j’aime me faire du mal… Par la fenêtre des toilettes, je l’ai vu monter dans une voiture et quitter le jardin. C’était sans doute la voiture à Paul.
Pascal me prend vraiment pour une conne! Humiliant de voir ses potes jouer le jeu, pour qu’il puisse tranquillement aller me tromper. Je me répétais; “surtout ne pas pleurer, surtout pas”. Je sentais les picotements dans les joues, signe que j’étais rouge. Heureusement, ce n’était que mes oreilles. Je suis retournée au salon, faisant celle qui n’avait rien remarqué. Je me sentais plus bas que terre, mais je voulais garder la tête haute.
J’ai failli versé quant j’ai vu Pascal se rappliquer… Avait-il changé d’avis? Un bonheur immense m’a submergé et un trop plein d’amour pour lui. Il avait choisi de ne pas me décevoir. Changer de plan pour moi. A cet instant précis, je l’aimais plus que tout au monde. Mais, je me trompais…
Main dans la main, Pascal m’a emmené sur la terrasse. Jusque là, mon coeur battait la chamade, je nageais dans un lac de bonheur. Pascal m’avait choisie, lui aussi voulait passer la soirée avec moi. Puis, bataclan, tout mon rêve s’est écroulé quant il a ouvert la bouche.
-Il devait filer. Un copain à dépanner. Il avait pensé partir sans rien dire, mais s’était senti mal de disparaître comme ça sans rien me dire. Il ne savait pas pour combien de temps il en aurait, mais il m’appelle demain sans faute. Et blabla, et blabla. Des excuses à la pelle!-
Hum! S’il savait ce que je savais… Aurait-il eu des remords?
Ses copains lui faisaient de gros yeux et des signes, pensant que je ne voyais rien. Ils ne devaient pas comprendre pourquoi Pascal était revenu. D’un côté, je lui en étais reconnaissante, au moins, je ne passais pas totalement pour une pauvre conne. Il montrait qu’il tenait à moi malgré tout. Mais, je crois que je lui en voulais de me mentir, et aussi, de savoir que tout le monde savait.
Je le sentais pressé. Encore une fois, il promettait de m’appeler demain (ouais, ça lui donnait bonne conscience.). Jouant la conne, et pour le pousser dans ses retranchements; je lui ai dis que j’avais prévu de dormir là, donc, je l’attendrais. Et paf, coup bas. Il est resté une demi seconde interdit, ne sachant comment me dire qu’il ne pensait pas rentrer j’imagine.
L’envie de lui dire qu’il pouvait arrêter les frais, que je savais qu’il allait passer la nuit chez Maud, me brûlait la bouche...
Ce qui m’étonnait, c’est qu’il n’avait pas l’air aussi sûr de lui que je l’aurai imaginé. Ce serait pourtant si simple de me gaver d’un bon petit mensonge. Si je n’avais pas été dans sa cuisine, je ne me serais doutée de rien. J’avais l’estomac à l’envers, le coeur dans la gorge, mais j’essayais de montrer un visage serein affublé d’un semblant de sourire, tout en l’observant me bassiner de mensonges.
Pascal a dit que c’était mieux qu’il me rappelle demain, il ne savait vraiment pas à quelle heure il rentrerait. J’ai fait semblant de comprendre et d’accepter, puis avec un petit sourire, genre; lumière, j’ai trouvé, j’ai proposé de l’accompagner, comme ça le temps me paraîtra moins long. Jeeez, je voyais bien que je l’embarrassais.
Je pense que là, il devait sévèrement regretter d’être revenu pour me parler. Il devait certainement se cogner intérieurement de n’être pas simplement parti, quant il en avait eu l’occasion. Je voyais son visage palir sous son bronzage. Ses cellules grises devaient fonctionner à plein régime pour trouver une bonne raison de refuser.
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Non, tu t’emmerderas. Reste ici, passe une bonne soirée, et on se voit demain de toute façon, d’accord.
D’accord? Ce n’était même pas une question. D’accord ou pas, il en avait rien à cirer. Il était impatient d’aller tirer cette pouffiasse. C’était tout ce qui l’importait pour l’heure. Surtout pas qu’elle lui claque la porte au nez. Je me disais à quel point un homme peut être horrible juste pour aller fourrer sa saucisse ailleurs. Après tout ce qu’on avait vécu ensemble, il suffisait qu’une conne quelconque veuille écarter les cuisses, et le voilà qui coure!
Pas une seconde il ne réalise à quel point c’est atroce pour son partenaire, de s’imaginer qu’il s’en fou du mal qu’il lui fait, qu’à choisir, il a préféré ne pas faire de peine à une connasse, qui vient seulement d’apparaître dans sa vie, au dépens de sa copine. Celle qui a été auprès de lui depuis si longtemps… C’est vraiment horriblement moche.
Satisfait de croire que j’avais avalé les baleines qu’il m’avait servi, Pascal a dit que j’étais super et m’a fait un bisou sur la joue. Il avait l’air soulagé et tenait toujours mes mains dans les siennes. J’ai pété un câble. Ça a fait comme un court-circuit dans ma tête. Pourtant, je suis restée très calme, les yeux dans les yeux, bien droite, le visage sans expression. J’ai voulu lui faire ravaler sa trahison et ne rien rater de sa réaction.
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Arrête les frais… Je sais que tu vas chez Maud… Tu as rendez-vous avec elle.
Pascal est resté bouche bée et a baissé les yeux sur nos mains. Il ne savait plus quoi dire et n’osait pas me regarder. Mortifier serait le mot exact. Je lui ai arraché mes mains et me suis éloignée de quelques pas. Là, tout de suite, je le méprisais d’avoir cru pouvoir se jouer de moi, et de me prendre pour une conne.
Mais, ses copains nous observaient, alors je voulais donner le change, l’impression qu’on parlait gentiment. J’ai même trafiquer un semblant de sourire pour la galerie.
J’aurai pu partir sur ses mots, mais ce serait trop facile. Il en profiterai pour se donner bonne conscience, et partirait dare-dare la retrouver, sous prétexte qu’on s’était disputé. Même s’il n’y avait pas de dispute à proprement parler. Alors, je suis restée, je me demandais bien ce qu’il allait bien pouvoir dire. A sa place, j’aurai protesté farouchement, niant tout. Mais non, lui restait là sans un mot. Juste pâle d’embarras. Après un moment qui m’a semblé duré une éternité, il a dit; “alors, j’y vais pas”.
Ben voyons! Comme si ça changeait quoi que ce soit! L’intention y était. Alors quoi qu’il fasse; rester ou y aller, ça me changeait rien. Il n’imaginait quand même pas que j’aurai envie de passer le reste de la soirée avec un type qui avait envi d’être ailleurs? En plus, ça ne ferait qu’augmenter son envie d’être avec elle. Pfff, il pouvait courir!
Et je n’aurai aucune envie de dormir à ses côtés, ce soir, sachant ça. Et encore moins le laisser me toucher. Rien que d’y penser me donnait des frissons de dégoût et d’amertume. Et ça… c’était l’homme que j’aimais! Il ne valait pas mieux qu’un autre finalement!
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Jane, je…
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Laisse tomber. J’y vais pas… Franchement! Tu espérais quoi? Que je te dise d’y aller n’est-ce pas? C’est fait pour ça ce genre de phrase. De toute façon, que tu y ailles ou pas, ça ne change plus rien. L’intention y était Pascal. Et c’est au moins le dixième appel de Maud, tu devrais peut-être répondre. Oh! c’est vrai… je suis là! Désolée.
Pascal s’était assis sur le petit banc dans le coin, tournant le dos au salon. Je me suis mise près de lui. Il avait toujours la mine défaite et évitait toujours de me regarder. Un mûr de silence, alors qu’il aurait dû se jeter à mes genoux pour me demander pardon, pour se lamenter en excuses. Pour la galerie, même ça me fichait des fourmis dans les mains, parce que je ne voulais pas le toucher, j'étais trop énervée contre lui. J’ai passé une main dans ses cheveux, tendrement, et je lui ai dit que j’allais rentrer.
A la porte, avant de retourner à l’intérieur, je tenais à mettre quelques petits détails au point;
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J’imagine que tes copains sont tous au courant? C’est pour ça qu’ils nous observent depuis tout à l’heure. Je t’interdis de leur dire que je suis au courant… Mais quoi que tu dises, tiens moi au courant, que je sache quelle tête je dois faire!
La tête haute, le visage impénétrable, j’ai été remercier Thomas pour l’invitation et lui faire un bisous avant de partir. Steven semblait occupé, alors je n’ai pas voulu le déranger. Pascal n’a même pas essayé de me retenir, n’a même pas essayé de me rattraper, ce qui m’a brisé encore un peu plus le coeur. J’ai traversé le jardin à toute vitesse pour aller du côté de chez Caro, où j’avais laissé ma voiture.
Bouleversée, les joues en feu, je ressentais les petits picotements dans la nuque, je me suis battue contre les larmes qui menaçaient, et j’ai gagné.
J’ai pensé prendre le chemin de la maison, mais j’ai changé d’avis. J’étais curieuse de savoir si Pascal irait chez Maud comme je le pensais. J’avais raison. Une déception supplémentaire. Il n’avait pas pris la voiture de Paul, mais la sienne. J’ai eu envie de le suivre pour savoir s’il dormirait chez elle, mais j’ai préféré m’épargner ça.
Quoiqu’il en soit, j’ai bien fait de lui dire que je savais tout, même s’il va la retrouver, il m’aura sur la conscience. Il ne pourrait pas passer une soirée agréable avec Maud. Si je n’avais rien dit et fait semblant de ne rien savoir, Pascal aurait même pu, à cause du petit jeu de cache-cache, confondre la petite étincelle d’excitation, avec de l’amour.
Maintenant, je me demande comment je devrais me comporter avec Pascal… Faire semblant que la discussion et close? Ne plus en parler? Faire la gueule? Me venger? Garder mes distances? En reparler? Ou le fusiller du regard jusqu’à qu’il se jette à mes pieds pour me demander pardon?