Vendredi 18, avril 2014 - 108/14 - Sweet week-end de Pâques
Le vendredi a été une journée plus active que prévu, comparé au repos auquel j’aspirais. J’avais presque oublié pourquoi on était au chalet. On a donc passé le plus gros de la journée à fouiller toutes les chambres et à collecter toutes les affaires que les visiteurs du week-end avaient bien pu oublier.
Pascal a préféré s’occuper des chambres habituellement occupées par les mecs, et nous les nanas. Hum! Certaines filles ne sont vraiment pas très propres! Des strings, des tampons enroulés dans du papier. Parfois même pas. Les chargeurs de natel, des trucs de maquillages, bref, il y en avait pour tous les goûts, et de tout.
Une des filles avait même oublié son journal. Hum, ça ne se fait pas, mais Caroline et moi n’avons pas pu réprimer notre curiosité. Maintenant, il s’agissait de deviner laquelle. Il y avait des mentions des garçons avec lesquels elle avait couché. Quelquefois, des détails croustillants, parfois même les appréciations. Aussi des mentions par-ci, par-là de Thomas, Pascal.
Incroyable le succès qu’il a auprès des filles! Peut-être sa façon de sourire… Peut-être qu’il ne devrait plus sourire autant! Peut-être qu’il devrait éviter d’être trop gentil avec les nanas! Ouais bon, j’exagère peut-être un peu.
Ravie de lire qu’elle n’avait ni couché avec l’un, ni l’autre. Elle mentionnait aussi quelques conversations entendus au hasard. C’était intéressant. En parlant de son type d’hommes, on a été moins ravi de voir que Pascal figurait en bonne place. Elle parlait de son physique, de ses sourires, ses yeux. Hum! Mais, elle n’avait jamais réussi à les approcher assez pour devenir plus proche que ça.
Dans l’après-midi, alors qu’on prenait une pause bien méritée, Jess a appelé son mari. Elle semblait de mauvais poil d’après la tête qu’il faisait en s’éloignant pour lui parler. Je suis restée plantée dans le canapé à déguster mon café, alors que Caro, sur la pointe des pieds a tenté de le suivre pour écouter.
Apparemment, elle le menaçait de monter s’il ne lui répondait pas. Il avait bien reçu son message, et lui avait répondu. Mais cela ne semblait guère suffire à calmer sa mauvaise humeur.
Pascal est revenu avec le sourire, mais je le connais trop bien pour savoir que ce n’était qu’une façade. Je l’ai donc questionné, avant que Caroline le fasse. En fait, ils avaient une soirée de gala ce soir, et elle n’était pas contente qu’il soit parti sans lui dire s’il rentrerait à temps. Du coup, elle n’avait pas pu prévoir de remplaçant. Elle était énervée de se montrer sans cavalier.
Jess a voulu savoir avec qui il était au chalet, et Caroline m’a dit qu’il avait menti. Il lui aurait dit qu’il voulait être un peu tranquille, et qu’il était en train de vider le chalet pour l’été, et que si elle voulait venir l’aider, elle était la bienvenue. Caroline m’a dit qu’il avait même insisté, mais apparemment, sa femme a refusé. Quel petit coquin! Faudrait que je fasse gaffe, Pascal commence à être plutôt bon dans le mensonge!!!
Jess lui a transmis le message de rappeler son père. Ce qu’il a fait avant de revenir s’installer dans le canapé au salon.
On avait pratiquement terminé, il ne restait plus que la salle de jeu en bas et la piscine. On a donc décidé de s’accorder une détente bien mérité; aller patiner avant que la patinoire ferme ses portes. Hélas, c’était trop tard. Pascal a tenté de réserve la patinoire artificielle pour nous 3, mais, à vrai dire, je n’avais pas envie d’aller m’escrimer sur de la glace, alors je ne l’ai pas encouragé.
On a donc été se balader et faire un peu de shopping. Hihihi, Caroline était ravie. Je ne demande jamais rien, et je n’aime pas trop me faire offrir des trucs, mais pas Caroline. Pascal lui a offert une veste en cuir beige sur laquelle elle avait craqué, ce qui a activer ma jalousie. Je n’ai rien vu qu’il me fallait absolument, puis, je ne sais pas “jouer” la fille super captivée, ni avouer que je n’ai pas les moyens de m’offrir tel ou telle chose.
Caroline a réussi à se faire offrir encore 2 robes, qui ma foi, lui allaientt super bien. Une, couleur pêche, décolletée dans le dos, la robe moulait ses formes, mettant sa poitrine en avantage. L’autre plus sobre, noire, pailleté, était décolleté devant. Là aussi, la robe moulait sa poitrine, mettait ses cheveux blonds en valeur, Les yeux de Pascal brillait en la regardant tourner dans la petite robe pêche, et son allure altière dans la robe noire.
Moi, je n’avais pas envie de m’enfermer dans les cabines, me déshabiller, me rhabiller et dandiner pour me faire offrir quoi que ce soit. Pascal a dû remarquer quelque chose, parce qu’il a insisté pour que j’essaie quelque chose. Frustrée, je n’en avais pas envie.
On a encore fait un nombre incalculable de boutiques, et mes pieds commençaient à me torturer. J’en avais marre. Je crois que je m’en voulais à moi-même de ne pas être capable de me montrer plus libre, plus souple, plus… heureuse et enjouée. Et j’enviais Caroline! Pascal avait l'air si heureux quant il est avec elle!!!
Je me demande si Pascal, lui aussi, se rendait compte comme c’était chouette qu’elle soit là? Avec moi, c’est sûr qu’il se serait ennuyé à mourir!!! Elle respirait le bonheur, la joie de vivre. Grrrh! C’est vrai que c’était cool qu’elle soit là.
On s’est enfin réfugié dans une pizzeria pour prendre un café. C’était sympa. Je me suis retenue de me plaindre de mes pieds et d’avoir trop marché. C’aurait été le pire. C’aurait montré à quel point j’étais chiante.
De retour au chalet, Caroline a proposé qu’on aille se baigner. Pascal trouvait que c’était une bonne idée, puis ça nous détendrait. Heu, je n’en avais pas envie, pourtant, je ne voulais pas les laisser tout seul. Flûte, ça me faisait vraiment hyper chier d’aller à la piscine, j’était fatiguée, mal au épaules, j’aurai eu besoin d’un bon massage, et de dormir un peu avant le dîner de ce soir. Puis, j’avais faim!
Malgré leurs insistances, j’ai dit que je verrais. Je ne voulais pas spécialement me baigner, alors peut-être que je scouaterais une chaise longue à lire. Je suis montée chercher mon livre. Caroline m’a suivie pour se changer. Quant je suis redescendue, Pascal m’attendait. Et je dois dire qu’il m’a fait plaisir. J’ai été touchée par son geste. Il ne m'avait pas oubliée.
Quant j’étais petite, on allait souvent faire les courses avec papa ou papa et maman et mon frères et mes soeurs. Mes soeurs et mon petit frère rentraient toujours avec des jouets, moi non. Je ne savais déjà pas demander à cette époque, et pas plus aujourd’hui. Et on m’oubliais! Ça me rendait triste, mais je ne pouvais rien y changer.
Un dimanche quant on a commencé le catéchisme, la femme du pasteur m’avait demandé de lire un passage de la bible, et je n’avais pas réussi à lire un seul mot. Pour cause, c’était en anglais et j’allais à l’école française. L’anglais, je le parlais tous les jours, mais je ne savais pas le lire ou l’écrire. J’ai donc décidé du haut de mes 11ans, de réparer ce manque.
Le lundi, j’ai tenu à aller aux courses, et j’ai choisi un livre en anglais, parce que la couverture m’avait plu. Je ne serais jamais partie du magasin sans mon livre, quitte à devoir le voler. Je me rappelle que pour moi, c’était vital. C’était un roman, genre roman d’amour. La couverture du livre était dans les violets, une jeune femme était penchée par une fenêtre d’un château.
Et c’était la première fois où j’avais demandé quelque chose. Mes parents n’ont pas cherché à comprendre, ni posé de questions, ils me l’ont acheté sans discuter. J’ai appris plus tard, que c’était justement parce que c’était la première fois, qu’ils avaient été surpris et content de pouvoir m’offrir quelque chose.
Tout le reste de la semaine, j’avais appris toute seule à lire l’anglais. De temps en temps, je demandais à mon grand frère, Ernest, qui lui allait à l’école en anglais. Je n’avais pas besoin de comprendre, juste prononcer correctement les mots que je voyais.
Pourtant, très vite, j’ai été émerveillé de découvrir comment s’écrivait des mots que j’utilisais tous les jours. En une petite semaine, j’étais aussi à l’aise avec l’anglais écrit qu’en français. Et hyper impatiente de retourner au catéchisme. Prête pour lire tout ce que la femme du pasteur me demanderait.
Mes parents n’avaient même pas réalisé que c’était un livre en anglais, ne s’étaient même pas posé de questions sur le genre, ni si c’était un livre convenable pour mon âge. Ni comment j’allais lire ça! Ils n’ont même jamais su pourquoi, ni comment et quant j’avais appris à lire l’anglais!
Mes parents n’ont même pas été surpris ou étonné, que lorsqu’on avait été envoyé en Suisse pour poursuivre nos études, de recevoir des lettres en anglais. Ma mère comprenait, mais ne parlait pas le français, c’était pour elle que j’écrivais en anglais. De toute façon, c'est elle qui lisait le courier, pas papa. Ils ne se sont jamais posés de questions. C’est dingue!
Pour en revenir au geste de Pascal, j’avais vu Caroline essayé tellement de trucs, que je ne faisais presque plus attention. En fait, j’avais bien trouvé curieux son choix à propos d'une jaquette. Elle n’en portait jamais, moi oui. Pascal l’avait remarqué, c’était pour moi qu’elle l’avait essayé. On porte les mêmes tailles. Je me rappelle quant elle l’avait essayé, elle m’avait demandé ce que j’en pensais, et c’est vrai, c’était une chouette jaquette, mais c’était pas son genre.
Caroline avait aussi tripoté des foulards. Là, j’aurai dû avoir un déclic, mais même pas. Ils savent tous les deux que j’adore les foulards, et que j’en ai une collection infernale. Pascal avait dû remarqué le petit pincement sur mon visage quant Caro dansaient à travers la boutique avec ça.
Pascal avait aussi dû deviner ceux qui me plaisaient ou non, parce qu’il m’a offert un nouveau foulard à ajouter à ma collection. Une qui pouvait me servir aussi de paréo. C’est fou comme il connaît mes goûts! Et probablement pour que l’une n’ait pas plus que l’autre, il m’a offert un bracelet. Un bracelet simple, fin, comme je les aime. Là aussi, il ne s’était pas trompé. Disons, qu’il avait aussi l’habitude de voir ceux que je portais souvent, donc facile.
Vraiment, son geste m’a touchée. J’avais pris l’habitude d’être oubliée; celle qui ne demande rien, n’a rien!
Les laissant s’amuser dans la piscine, je me suis allongée sur une des chaises longues. J’ai lu quelques lignes, je n’avais pas spécialement envie de lire. Je les regardais s’amuser dans l’eau, Caroline se jetant sur ses épaules, ou les jambes enroulées autour de sa taille pour essayer de lui faire boire la tasse. Ils se faisaient de tendres bisous. C’est fou, mais je ne ressentais pas de jalousie de les voir ainsi.
Ils ont essayé de me faire entrer dans l’eau, menacée de me jeter à la flotte, mais ils savaient tous deux que je piquerais une crise. J’ai fermé les yeux, bercée par le bruit de leur baignade. Je ne dormais pas, je me reposais seulement. De temps en temps, à travers mes cils, je les regardais s’amuser.
Ils ont dû penser que je dormais. Ils sont sortis de l’eau. A moitié morte de rire, Caro a mis sa main devant la bouche pour ne pas pouffer et me réveiller. Après avoir regardé dans ma direction, ils ont tenté de m’appeler, mais j’ai continué à faire semblant de dormir. Pascal a pris Caro par la main, lui intimant le silence, et ils se sont dirigés, sur la pointe des pieds, vers le sauna. Il avait envie d'elle. C'était évident. Nul besoin d'être un géni pour le deviner au renflement de son caleçon de bain.
Je savais bien ce qu’ils faisaient là-bas dedans, mais bizarrement, je n’étais pas en train de me morfondre. Ils ne se rendaient peut-être pas compte qu’on ne peut pas vraiment étouffer tous les bruits. J’entendais leurs corps se heurter, presque les caresses, et j’entendais leurs soupirs. Certains bruits qui ne trompent pas. Ils faisaient l’amour.