44/14 - Blessée à mort...
Jeudi, 13 février 2014 - 44/14 - Blessée à mort...
Ok, je ne suis pas la plus courageuse de la place! Ok, je flanche tout le temps dès que je suis devant Pascal! Ok, je savais pertinemment que je risquais de me jeter à ses pieds! Alors, j’ai annulé pour ce soir. C’est vrai que je ne me sentais pas au mieux de ma forme, et peut-être que je cherchais à le faire mariner, l’obliger à me courir après…
D’abord contente d’avoir eu le courage d’être lâche, j’ai ensuite regretté… J’avais envie de le voir… Tellement envie…
Ils avaient un match ce soir, et presque tout de suite après avoir prétexté, par sms à Pascal, que j’avais oublié hier, que j’avais déjà quelque chose. Seul petit bémol, c’est que Thomas m’a appelé presque quant j’envoyais mon sms à Pascal, et à lui, j’ai accepté de le voir ce soir. Hors, alors qu’on bavardait au téléphone, Pascal était passé dans le bureau de Thom, et quant il a su, il lui a dit que je venais d’annuler avec lui, avant de quitter son bureau. Thomas m’a rappelé aussitôt pour me raconter.
La barbe! De toute manière, à quoi je pensais??? Je n’aurai pas pu le voir dans notre bar habituel, sous peine de tomber nez à nez avec Pascal!! En plus, Pascal s’est renseigné pour savoir depuis quant notre “sortie” était prévue! Quelle grosse barbe!!
J’étais hyper mal à l’aise… Je pourrais prétendre, qu’une fois de plus, j’avais… oublié??? Il ne me croira jamais. Je n’avais plus qu’à jouer franc jeu avec Pascal, et lui dire que, pour moi, c’était encore trop tôt. Ça me faisait encore trop mal de le voir.
J’ai essayé de rappeler Pascal pour m’expliquer, mais il n’a pas répondu. Je pense qu’il doit m’en vouloir à mort! J’ai donc décidé de passer directement chez lui après le match. Je n’ai pas annulé avec Thomas, si je voulais parler à Pascal, je préférais savoir que Thomas était ailleurs, à attendre de me voir arriver. Donc, pourvu que Pascal ne sort pas!
Vers 22h, j’étais ravie de voir la voiture à Pascal devant la maison et la lumière aux fenêtres. Il était là. Seul.
J’ai sonné, recomposant dans ma tête, les explications que j’avais à lui donné, la manière de le délivrer, en espérant qu’il se mettrait à ma place et comprendrait. Les rideaux étaient tirés, j’ai hésité avant de sonner, mais, Pascal m’avait précisé que sa femme était absente, donc je ne risquais pas grand chose. Thomas me l’avait aussi mentionné au détour d’une de nos conversations.
J’ai sonné… Pas de réactions… Pourtant, Pascal était bel et bien chez lui, j’entendais du mouvement… J’ai sonné encore. Soulagée, je l’ai entendu s’approcher de la porte. Il a regardé par le petit trou. Et rien. Il y a eu un long battement. Puis, enfin, la porte s’est ouverte. Pascal s’est posté en travers. J’ai trouvé ça étrange, mais sans plus. Je me suis dis qu’il était sans doute un peu fâché et voulait me le faire sentir.
Il était à torse nu… Franchement, j’aurai dû me douter de quelque chose, mais parfois, on est tellement dans son petit monde dans sa tête, qu’on ne voit pas plus loin que le bout de son nez… Qu’est-ce qu’une femme amoureuse peut être bête! Aveugle à tous les signes bizarres qui n’entrent pas dans son fantasme…
Avec un petite sourire timide, je lui ai demandé s’il préférait qu’on se les gèle sur le pas de la porte ou si on pouvait parler à l’intérieur. Jeez, je ne doutais de rien!
J’avais remarqué que son jean n’était pas boutonné à la ceinture, même, sa fermeture éclair était à moitié remontée. Il était probablement en train de se changer quant je suis arrivée, et avait dû renfiler son pantalon dans l’urgence. J’ai haussé les épaules en faisant un geste en direction du salon. Pascal m’observait sans un mot.
C’est vrai que j’aurai dû réaliser qu’il me barrait carrément le chemin, que son regard s’était rétréci quant j’ai demandé à entrer… J’aurai dû… ça voulait peut-être dire que sa femme était rentrée… mais non. Je n’ai pensé à rien, persuadée que Jess n’était pas là. Persuadée que Pascal était seul à la maison. Aucun des signes normaux ne m’ont fait tilté. Rien!
Après s’être mordu la lèvre inférieur dans une sorte d’hésitation, les yeux baissés, Pascal a fini par se mettre sur le côté pour me faire signe d’entrer. En passant la porte, mon regard est resté accroché à lui quelques instants; j’avais cru déceler quelque chose d’anormal. Son geste semblait dire; ben si tu y tiens. Il y avait du fatalisme. Il avait soupiré aussi.
Puis, mes yeux se sont reporté sur le canapé. J’avais cru déceler un mouvement… Puis, ça m’a frappé de plein fouet… Un monstre coup de poing dans la gueule. Je me suis arrêtée net sur place. Le sourire engageant que j’avais jusqu’alors s’est évanoui instantanément…
Sur le canapé, une fille resserrait autour d’elle un drap ou une couverture… Je ne sais pas… mais je la voyais elle, essayant de cacher sa nudité… Tout s’est mis en place d’un coup; torse nu, pantalon non boutonnée, fille à poil… Les larmes ont sautés dans mes yeux. Comment avais-je pu être aussi bête?
Pascal était resté à côté de la porte. Je l’ai vaguement entendu soupirer encore du fin fond du bac ouaté dans lequel je venais de me noyer. Mon coeur tapait si fort qu’il m’’a semblé qu’aucun son ne me parvenait, par contre, tout le monde pouvait entendre mon sang circuler et les battements de mon coeur.
Comme un automate, je me suis retournée pour le regarder. Je devais encore avoir la bouche entrouverte, j’étais abasourdi. Baba!
Pascal regardait parterre devant lui, comme indifférent. Qu’aurais-je pu dire? De toute façon, aucun mot n’aurait pu monter de mes cordes vocales tordues, ni traverser ma bouche. Pascal m’avait assommée. Après un dernier regard vers la fille qui était à moitié allongée sur le canapé, j’ai fait demi-tour.
En passant devant Pascal, j’ai fait attention de ne pas le frôler, ça m’aurait brûlé. J’ai sauté dans ma voiture et je suis partie. Je crois que les larmes coulaient, mais tout ce que je voulais, c’était m’éloigner le plus rapidement possible. Plus loin, je me suis arrêtée pour m’essuyer le visage. Ma poitrine était compressé, j’avais du mal à respirer. Je tiendrais jusque chez moi. Là, je pleurerais en silence.
De toute façon , qui en a quelque chose à foutre que je souffre ou non! Alors, autant le faire sans emmerder personne. Pascal m’avait blessée, vraiment blessée. Une fois de plus, il avait su planter son poignard jusqu’à la lie. J’étais anéantie. Il aurait pu tout aussi bien m’arracher le coeur!
A la maison, j’ai éteint mon natel, mis le son de la télé à fond, et j’ai pleuré de tout mon soul… et encore, ce n’était pas assez… Et demain, c’est la St-Valentin? J’avais envie de mourir… Comment avait-il osé? Est-ce avec elle qu’il fêtera la St-Valentin? Même pleurer ne me soulageait pas. Demain j’aurai des yeux comme des tomates géantes!

Après, raide, je suis rentrée. Hier soir, j’avais un peu trop traîné à regarder “Dexter” et le dernier épisode sorti de “The Walking Dead”. Après chaque épisode, je me disais;
On s’est retrouvé au déjeuner. Je sais qu’elle voulait me raconter. Je suis
Au chalet, j’ai été dans ma chambre pour lire, et faire une petite sieste. Qu’on me réveille pas avant 20h au moins. Pourtant, je crois que ça ne m'aurait pas dérangée que Thomas vienne me rejoindre... Hélas, ce n'est pas toujours le genre de chose qu'il fait, Pascal oui. C'était sûr qu'il ne fallait pas que j'espère voir Pascal se pointer!
Thomas a interrompu notre slow langoureux. Tant mieux, sinon, je crois bien que je l’aurai laissé m’embrasser.
Caroline a aussi décidé de nous suivre, donc Thomas lui a aussi offert l’équipement pour le week-end.


Après avoir fait la bise à toutes les filles qu’il connaissait, les nanas de ses potes, les soeurs et autres, Pascal est revenu s’asseoir sur le bord du tabouret près de moi. A l’oreille, il m’a glissé, qu’il trouvait toujours bizarre de me faire la bise. Je me suis étonnée, parce que, avant, on se faisait la bise en publique!
