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108/2013 - Ne me laisse pas... (2)

Publié le par JaneDo


Jeudi, 18 avril 2013  - 108/2013 - Ne me laisse pas… (2)

Comme si j’allais le laisser sortir avec cette fille ce soir!!! Même si je devais me ridiculiser à le suivre, lui coller au cul, j’irai où il ira. C'était une promesse que je me suis faite. Je n'allais pas le lâcher d'une semelle aujourd'hui. Peut-être même demain aussi. Je ne laisserai pas une seule chance à cette nana de lui mettre le grapin dessus.

Inquiet pour moi, Pascal est rentré en millieu d’après-midi. C'était chou. C'est pour des petits riens comme ça que je l'aime tant. Il sait être prévenant et adorable avec la personne qu'il aime. J’ai trouvé ça carrément adorable. Je ne l’avais pas entendu arriver, mais j’ai senti une chaleur rassurante autour de moi. Comme je dormais encore, il s’est couché et m’a prise dans ses bras. C’est cette chaleur, ce confort rassurant qui avait bercé mon sommeil.

Le téléphone a sonné en fin d’après-midi. Pascal s’était précipité hors de la chambre pour prendre l’appel, laissant le récepteur posé à côté de l’appareil. C’est vrai que ça ne m’avait pas complètement réveillé, mais son absence, oui. Petit retour en arrière cérébrale, et j’ai réalisé que c’était le téléphone fixe de la maison. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu envie de savoir qui l’appelait. Alors, j’ai pris le récepteur.

Les hommes… Parfois, ils sont un peu…  Bon, c’est clair que j’aurai pu ne rien remarqué.

C’était la miss d’hier soir. Conne. Elle lui semait ses petits rires débiles, se lamentant sur sa journée de travail. Elle lui a demandé si elle ne le dérangeait pas. Pascal a dit que non. Waouh, il n’imaginait même pas que la sonnerie avait pu me réveiller? Elle a demandé si j’étais encore là ou pas. En quoi ça pouvait bien la regarder? Pascal a éludé la question en lui demandant si elle était encore au travail. Hum! Il ne voulait pas qu’elle sache? Peut-être que je devrais aller lui demander n’importe quoi, juste pour qu’elle sache que j’étais là?!

Puis, elle en est venu à ce soir. En voyant qu’il n’appelait pas, elle a appelé à son boulot. Elle a donc su qu’il était à la maison. Comme il ne répondait pas à son natel, elle a appelé son numéro fixe! Et comment a-t-elle eu son numéro? C’était qui cette bonne femme? Comment avait-elle fait pour s'approcher de Pascal?

Pascal a dit qu’il n’était pas sûr pour ce soir, un petit imprévu. Mais, peut-être plus tard, alors il la rappellerait. Il devait d’abord régler quelque chose.

C’était de moi qu’il parlait??? C’est moi le petit imprévu? Régler quelque chose? Avec moi? M’envoyer balader? Waouh, tout de suite, la boule à l’estomac. Non, je ne pouvais pas le laisser aller la voir. Non, non et non. Ça me rendrait malade. Je me posais de plus en plus de questions.

La fille lui a dit qu’il lui semblait m’avoir vu avec lui parfois aux concerts. Il lui avait semblé qu’on était très proche, elle se demandait si je n’étais pas son ex!!!!

Son ex? Carrément! Pour elle, je ne pouvais qu’être son ex? Pas sa nana, mais son ex! J’étais verte. Ah! Donc, c’était une nana qui venait aux concerts? Je ne me souviens pas du tout d’elle. Je l’aurai remarquée quand même!!! De plus en plus étrange. Pendant leur conversation, j’ai pensé que, Pascal allait certainement essayer de provoquer une dispute, pour partir en me laissant en plan. D’avance, je pouvais dire que ça ne marcherait pas!

C’était une des techniques favorites des mecs, pour se débarrasser de leurs nanas, et se donner bonne conscience.

Elle a insisté pour savoir s’ils se voyaient ou pas, si elle devait attendre son coup de fils ou faire autre chose. Pascal a promis de la rappeler vers 20h. Maligne, elle lui a dit que s’il était sûr d’être libre plus tard, alors elle l’attendrait chez elle. Donc, dès que Pascal serait en route pour aller la chercher, il a promis d’appeler. D’après ce que j’ai compris, ils avaient prévu de sortir manger, et si c’est trop tard, d’aller simplement prendre un verre. En quelque sorte, elle a forcé Pascal à dire qu’il serait libre vers 21h au plus tard, donc ils pourraient encore manger.

Et bien, il lui faudra me passer sur le corps d’abord!

Dès qu’ils ont terminés, j’ai reposé le combiné exactement comme il l’avait mis. J’ai continué à faire semblant de dormir. J’avais l’estomac à l’envers. Je crois bien que je tremblotais de trouille. Comment pouvait-il faire ça? Je le perdais c’est sûr. Je me sentais malade de peur. Moi, j’étais toujours amoureuse de lui! Et lui? Plus? Un peu? Pas du tout? Je me sentais affolée. Complètement affolée.

Il fallait que je garde la tête froide. Je ne voulais pas qu’il se sente aussi libre. Aussi libre de me briser le coeur…

Pascal est venu se recoucher. Horrible. Il a raccroché le combiné, et, au lieu de se recoucher et me prendre dans ses bras, il a quitté la chambre. Aïïïe, j’ai mal. Tellement mal. Pourquoi est-ce que ça fait si mal. Je n’osais pas bouger du lit. En plus, si je me lève, j’ai une tête à chier. J’ai les yeux en queue de boudin, enflé comme des fruits pourris. Quel spectacle lamentable.

Désespérément, je cherchais la meilleure manière d’agir. Quoi faire. Est-ce que je devrais me lever? Rester au lit? Attendre qu’il soit obligé de venir me réveiller et chercher à me dégager? Ou aller vers lui et voir comment les choses vont se passer?

Je n’arrivais pas à imaginer Pascal en train de chercher la dispute pour pouvoir se sentir libre de faire ce qu’il voulait. Ce n’était pas son genre. Je ne l’imaginais pas être aussi méchant. Il savait bien que ça me ferait mal, non? Non, c’est un garçon adorable, je ne peux pas l’imaginer dans le rôle du méchant. Mais bon, quant un mec est acculé, il choisi toujours la méthode la plus simple. Et c’est celle-là.

Pascal est revenu se coucher et m’a trouvée en larmes. Le moral en berne, je pleurais de désespoir. J’étais paumée, je ne savais pas quoi faire pour éviter que l’inévitable n’arrive et me brise en milles morceaux. En me voyant dans cet état, il a voulu savoir ce qui se passait. Je ne pouvais pas lui dire que j’avais entendu sa conversation, et qu’il était clair qu’il se passait quelque chose avec cette fille. Il y pensait assez sans que je lui fasse encore imaginer son joli minois alors que je ressemblais à un crapaud malade.

J’ai prétendu que j’avais cru le sentir à côté de moi, que j’avais même senti ses bras autour de moi. Et quant je me suis réveillée, il n’était pas là. Alors, j’avais cru avoir rêvé et j’étais triste que ce n’était que ça.

Attendri, Pascal m’a serrée contre lui. Sa main me caressant la tête était rassurante. Puis, Pascal s’est transformé en câlinoux comme avant. Pourtant, je gardais la tête froide. Au début, complètement emportée, je me suis laissée aller à penser que rien n’avait changé. J’avais même failli oublier le coup de fils, la nana, sa manière de m’arracher son bras hier soir, etc.

Mais, je connais les hommes… Il avait rendez-vous avec l’autre! A moins de me l’avouer franchement, ou sinon, il allait devoir me provoquer.

Pascal m’a expliqué qu’il s’était inquiété pour moi après hier soir. Et ce matin, en voyant ma tête, il a voulu rentré pour qu’on passe une peu de temps ensemble. Ça lui avait arraché le coeur de me voir pleurer. Je sentais que Pascal cherchait à parler de la situation. Moi non. Parce que je savais que ça aurait fini par des explications à propos d’hier soir. Je me rappelais quand même qu’il avait voulu me réclamer ses clés!!!

J’ai choisi de garder le silence, de ne pas relancer sur le sujet. Ni expliquer pourquoi j’avais pleuré. Il devait bien s’en douter.

J’attendais les 1ers signes de la dispute à venir, pourtant, j’esquivais. J’essayais d’éviter à tout prix de parler du fait que j’étais chez lui quant il est rentré. Mais, comme il est venu sur le sujet de la fille… J’ai demandé qui c’était. On aurait dit qu’il avait envi de parler d’elle. Certainement parce qu’il pensait à elle. Ça m’a dévasté. Mais, j’étais curieuse.

C’était un fille qui venait souvent aux concerts du groupe. Il l’avait connue comme ça. Dernièrement, un soir, quant il était sorti avec ses copains, il l’a croisée dans un bar. Il ne l’avait pas reconnue. D’ailleurs, il ne se rappelle pas la tête de la plupart des fans. Il se rappelait seulement des indécrottables habituels, qui prennent souvent des verres avec le groupe, c’est tout. Elle lui a fait quelques sourires, mais comme il n’avait pas l’air de la reconnaître, elle est venue lui parler. Ils ont passés la soirées à discuter. Ils se sont bien entendus et ont convenus de sortir hier soir, juste prendre un verre.

Pfff, et pourquoi l'avoir ramenée chez lui?????? Pas pour jouer au Monopoly! En pleine semaine??? Je ne suis pas si conne!!!

Je n’ai pas voulu lui demander comment elle avait fait pour l’appeler à la maison. Il aurait su que j’étais réveillée et deviné pourquoi je pleurais. J’avais encore les eux comme des soucoupes. Pascal semblait avoir de la compassion pour moi. On dirait vraiment que ça lui avait fait de la peine de m’avoir vu fondre aussi facilement en larmes. Pascal m’a avoué qu’ils avaient rendez-vous ce soir, mais qu’il ne voulait pas me laisser comme ça. Il pensait l’emmener prendre un verre avec ses potes. Question qu’elle se fasse des amis.

Tu parles!!! La présenter à ses potes oui!!! Qu’il ait osé me le dire en face me faisait encore plus de mal. Les larmes coulaient à nouveau toutes seules. La honte. De même que, le fait qu’il me l’ait dit, j’ai presque failli lui dire qu’il pouvait y aller. D’être si compréhensive et gentille ne m’avait pas toujours porté chance, alors je me suis abstenue.

Pascal a décidé de ne pas y aller à son rendez-vous et a voulu appeler la fille.

  • Si tu veux sortir boire un verre, on peut tu sais…

Tu parles, il n’avait certainement pas envi d’aller avec moi! Mais, il n’a pas osé le dire. Pascal a voulu quitter la pièce pour l’appeler, mais c’aurait été si évident. Où pouvait-il aller? Dehors? Dans la chambre d’ami? Dans sa chambre? Non, trop évident, donc, il s’est juste levé et s’est éloigné vers la cuisine. Je ne le quittais pas des yeux.

Pascal n’a pas osé dire à la miss qu’il était avec “son ex” et ne pouvait pas sortir.  A la conversation, j’ai compris qu’elle voulait savoir s’il sortait avec ses potes ce soir, si c’était pour ça. Il a simplement dit qu’il ne pensait pas pouvoir. Puis, elle a dû lui parler de notre bar.

Donc, il avait dû lui dire qu’on se retrouvait toujours au même endroit. J’ai compris qu’elle espérait le retrouver là-bas ce soir. Elle y allait avec une copine.

Pascal a encore répété qu’il ne pensait pas sortir. J’ai donc décidé qu’on irait. Qu'on sortirait. J’ai discrètement envoyé un message à Caro pour qu’elle m’appelle et insiste pour qu’on sorte. Malgré ma sale tête, j’étais impatiente de la voir pour lui raconter. J’ai aussi envoyé un message à Thomas pour demander où ils étaient. Comme je m’y attendais, Thomas m’a rappelé aussitôt. Il mangeait avec une copine, mais ils allaient ensuite au Tiger. Tout en lui parlant, j’écoutais discrètement de l’autre oreille.

Pascal pensait qu’on resterait sagement à la maison. Sachant que la fille allait au Tiger, en plus avec une copine, il ne voudrait certainement pas aller lui foutre la honte, en se pointant là-bas avec moi. J’avoue que j’ai profité de sa gentillesse pour me rapprocher de lui, me serrer dans ses bras. J’en avais besoin et envie.

Caro a appelé après le boulot. Avec le sous-entendu de mon message, elle voulait tout savoir, mais a très vite compris que j’étais avec Pascal. Quant elle a demandé si elle pouvait venir, je n’ai pas dit non. Pascal a été pris de court quant Caro est arrivée. Bonne élève, elle a insisté pour qu’on sorte. Pascal a tout tenté pour l’éviter. Thomas a appelé quant ils étaient aux cafés, pour prévenir qu’ils se mettaient en route. Alors, j’ai fait celle qui sentait qu’on avait pas tellement le choix.

Pascal était… mal à l’aise… Clairement!

Il a commencé à se montrer plus distant, mais j’ai fait celle qui ne le remarquait pas. Qui au contraire, avait besoin de son soutien, de sa gentillesse. J’étais encore plus silencieuse que d’habitude. Toujours entre rire et larmes, je souriais tristement aux babillages de Caroline. Pascal a donc été troquer son training contre un jean et un pull. Un pull a grosses mailles vertes. Pratiquement de la même couleur que ses yeux.

En partant, comme Pascal avait l'air de prendre ses distances avec moi, je suis restée plantée au milieu du chemin. Si ça allait être comme ça, peut-être que c’était mieux de ne pas sortir. J’avais passé la dernière heure à mettre des glaçons sur mes yeux, ils avaient dé-enflés, mais ils étaient encore rouges. J’avais aussi les pommettes un peu rougis. Peut-être les glaçons!

Pascal a vu mon hésitation. Il a compris que
je n’étais plus certaine de vouloir sortir, alors il s’est radouci. En adorable petit chou, il est venu me prendre par la main et encouragée. Gentiment, il m’a dit que ça ne se voyait pas du tout que j’avais tant pleuré. Pour me faire sourire, pour que mon regard triste disparaisse, il a été tout gentil. Même très protecteur.

Caroline n'a pas pris sa voiture, elle est venue avec nous. Sur place, Pascal était à nouveau un peu distant, terrifiée, je me suis accrochée et je l’ai supplié de ne pas me lâcher, alors il m’a prise par la main. J’avais remarqué son hésitation. Je savais pourquoi. Sans doute pour éviter de me voir m’effondrer ou fondre en larmes, il m’a prise par la main. Je crois qu’il était conscient que ça allait tout foutre en l’air avec l’autre nana. Mais, on aurait dit que, puisqu’il l’avait décidé, il assumerait, parce que c’était d’un air décidé qu’il a prise ma main pour m’entraîner derrière lui.

Avant même d’entrer, j’ai tout de suite repéré la fille. Elle nous avait vu. Elle regardait avec de gros yeux. Et je crois même avoir vu une grimace de déception. Elle n'avait peut-être pas perdu la guerre, mais cette bataille, oui. Son menton est monté d’un cran. Je crois qu’elle devait être furieuse. Je ne sais pas si Pascal l’a vu, en tous cas, il n’a rien montré. On a été salué les copains.

Elle n’était pas loin. La bouche pincée, elle ne le quittait pas des yeux, attendant qu’il la remarque et aille la saluer. Pascal me tenait toujours fermement par la main, mais je pouvais sentir que sa main devenait moite. Il était embarrassé, super mal à l’aise, mais évitait de regarder dans sa direction. Moi aussi.

Ça faisait presque une demi heure qu’on était arrivé quant elle est venue lui tapoté le bras. Gros silence et yeux de révolver de Caroline et moi. Certains des copains à Pascal s’attendaient à ce qu’il la présente. Je ne sais pas ce qu’elle lui a demandé à l’oreille. Pascal gardait le sourire. Puis, il s’est penché vers moi pour me dire qu’il revenait dans 5mn.

Pascal a vu mon regard affolé… Ça l’a touché. Il m’a rassurée du regard et m’a répété qu’il ne serait pas long.

Faisant l’impasse sur l’opinion des autres, je l’ai suivi des yeux et ne l’ait pas quitté des yeux. Je sais bien que ça le culpabilisait, mais je m’en fichait. Comme à la guerre, il n’y a que le résultat qui compte. Je devinais qu’elle lui demandait ce qui se passait, parce qu’elle a regardé dans ma direction. Pascal a haussé les épaules, il semblait calme. Elle semblait déçue.

Je ne l’ai pas quitté des yeux jusqu’à son retour à mes côtés. Ce n’était pas l’endroit pour lui poser des questions. D’ailleurs, je ne savais pas si j’allais le faire ou pas. La fille est partie presque aussitôt après avoir discuté avec Pascal, drapée dans sa dignité bafouée. Sa copine nous a jeté des regards appuyés, lourds de sens, méchants. Pascal n’a rien remarqué lui.

Dehors, la nana a dû changer d’avis, elle est revenue lui faire la bise avant de retourner rejoindre sa copine. Sa copine nous dévisageait d’un air furax, les bras croisés sur sa poitrine, par pure méchanceté, je lui ai lancé un petit sourire sournois. Un petit sourire vicieux de vainqueur. Après tout, comme les autres, ça fait du bien aussi d’être méchante.

Mais, j’étais crevée. Je n’avais pas bien dormi, trop pleuré, la musique me massacrait la tête. J’avais envie de rentrer. Pascal a senti que j’étais au bord des larmes et fatiguée, alors quant j’ai demandé à rentrer, il a tout de suite accepté. Il a passé son bras autour de ma taille, comme s’il voulait me soutenir. C’est vrai que je me sentais faible, fatiguée.

Pascal m’a ramenée chez lui. Complètement naze, je l’ai laissé m’aider, comme hier, à me déshabiller. Je me suis endormie presque aussitôt que ma tête a touché l’oreiller. C’était ce qu’on appelle un sommeil de plomb. Je me suis réveillée 1h plus tard. Pascal m’avait ramenée au creux de son épaule, il regardait la télé. Son sourire m’a rassurée.

Quant ses lèvres se sont posés sur les miennes, quant sa main a caressé mon visage, mon regard s’est perdu au fond de ses beaux yeux verts… Je n’ai pas refusé. Sa flamme m’a consumée. J’avais faim de son amour, soif de ses baisers. Jamais je ne pourrais lui dire non.


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108/2013 - Ne me laisse pas... (1)

Publié le par JaneDo


Jeudi, 18 avril 2013  - 108/2013 - Ne me laisse pas...  (1)

Ne me laisse pas”, c’est tout ce que j’avais réussi à lui dire après l’avoir chopé à rentrer avec une autre fille… Une petite blonde, assez jolie, je dois le reconnaître. Elle faisait penser à Meg Ryan, dans “Vous avez un email”. Les cheveux courts, bouclés, et une bouche en coeur. Comme je la détestais d’être aussi mignonne. Et j’avais mal au coeur. Presque la nausée. Elle avait des yeux clairs. Je ne suis pas sûre de la couleur, parce que j’étais trop occupée à décrypter les réactions de Pascal.

Pascal était rentrée avec une inconnue! C’est une chose, je n’aurai pas dût être chez lui, c’en était une autre. J’avais oublié de penser aux conséquences. Aucune surprise que Pascal essaie ensuite de récupérer sa clé. Malgré tout, ça m’a blessé. Ça et tout le reste. C’était qui cette fille? Et on était mercredi soir, demain il bosse, et il trouve le moyen de rentrer avec une autre?

Je sais parfaitement, qu’en fait, ça ne me regarde pas! Que je n’ai pas le droit d’en faire toute une histoire, mais quand même!

Heureusement que j’ai pu garder mon calme, et jouer la parfaite idiote. Je suis restée là à les regarder avec de gros yeux, sans dire un mot. Je crois bien que j’avais la bouche ouverte. Ce qu’on appelle bouche-bée. J’étais choquée. Est-ce que c’était normal qu’il tourne la page aussi vite sur nous? Comment je devais le prendre? Toutes ces questions me martelaient la tête, alors que Pascal, plutôt sonné de me voir chez lui, ne savait plus très bien comment gérer la situation.

La miss lui a demandé qui j’étais! Non mais! C’est elle qui demande qui je suis!!! Elle! Pascal a fait une petite grimace, puis il lui a dit que j’étais une copine. Une copine? Une simple copine! Il devrait se rendre compte que tôt ou tard, elle découvrirait qui j’étais. J’étais loin de penser qu’il aurait pu tout simplement me jeter dehors par la peau des fesses et à grands coups de pieds au cul.

Pascal a soupiré, en disant que ça lui était sorti de la tête, qu’il m’hébergeait ce soir. Nerveusement, il s’est passé la main sur les yeux. Peut-être qu’il cherchait à éviter que je ne fasse une scène? Il avait peur que je gâche tout? Tout quoi?

    •    A moi; Je reviens tout de suite, je vais la raccompagner et je reviens.
    •    Je… Je viens avec toi.
    •    Non! Reste ici, je serais de retour dans une demi heure.
    •    Ça fait rien, j’suis réveillée…


Je leur ai emboîté le pas. Je ne voulais pas le laisser partir. Qui me disait qu’il reviendrait dans 30 minutes. Il pouvait tout aussi bien rester avec elle, et j’aurai laissé passer ma chance de le retenir. Voyant que ça allait être difficile de se débarrasser de moi, il lui a demandé d’aller l’attendre dans la voiture. A distance, il a pesé sur la télécommande pour déverrouiller la voiture. Etonnée, pas trop sûre si elle ne voulait pas rester pour savoir ce qu’on allait se dire, la fille m’a dévisagée avant de se traîner lentement en direction de la porte qui était restée ouverte.

J’ai voulu la rejoindre pour aller m’enfiler dans la voiture. Et devant si possible. Pascal m’a retenue par le bras. Son geste un peu brusque a attiré l’attention de l’autre. Et elle s’est retourné, puis s’est arrêtée pour nous regarder. Elle attendait la suite, moi aussi. Quoique, mon coeur battait si fort que j’avais presque les oreilles bouchées. Pascal m’a répété de l’attendre, qu’il ne ferait pas long.

J’ai essayé de lui arracher mon bras, mais il me tenait fermement. Yeux dans les yeux, Pascal a compris que je ne le laisserait pas y aller sans moi. Je tremblais, et j’ai attrapé un bout de son pull; “Ne me laisse pas… s’il-te-plaît…”. C’était douloureux de me dévoiler autant, douloureux de n’avoir pas pu contrôler mes sentiments et d’en venir à presque le supplier.

Un peu étonné, il s’est retourné vers l’autre; “Ça ne t’embête pas trop si je t’appelle un taxi?”. Je ne crois pas qu’elle ait entendu ce que j’avais dit. Il n’y a que Pascal qui l’a entendu, j’avais parlé trop bas, dans le dernier souffle qui me restait avant les larmes.

Pascal a posé son bras autour de la taille de l’autre pour l’accompagner dehors. Ce geste m’a fait péter un câble. Même s’il m’avait demandé de rester là, alors qu’il sortait attendre le taxi avec l’autre, je ne pouvais pas. Son geste si… proche, complice, naturel, m’a fait perdre la tête. Je voyais rouge, pas une seconde je n’ai pensé qu’il aurait pu s’énerver et me parler sèchement. J’ai passé mon bras sous le sien et il me l’a arraché sans ménagement. Et tout aussi sèchement, il m’a demandé de retourner à l’intérieur.

Je ne l’ai pas fait. Je suis restée où il m’a rejetée. Assez près quant même pour les entendre. Je voyais bien que je l’emmerdais à fond. Gêné sans doute par ma présence, Pascal ne l’a pas trop approchée. Elle lui a demandé s’ils se voyaient le lendemain soir, et il a dit qu’il l’appellerait avant de quitter le boulot.

Mon sang tapait si fort que j’étais sûre qu’ils pouvaient entendre chaque battement de mon coeur. Si j’y pouvais quelque chose, clairement je ne le laisserai pas la voir demain. Ça c’était sûr. Mais, j’avais peur. Merci au taxi d’avoir été rapide. Je priais pour qu’il ne l’embrasse pas. Pas devant moi. Je tremblais de la tête aux pieds essayant de trouver quoi faire au cas où, mais rien ne venait. Ma tête était aussi vide qu’une passoire.

Ouf, ils ne se sont fait que la bise. Mais chacun des sourires qu’il lui faisait me faisait perdre encore plus pieds. J’avais tellement peur, c’était incontrôlable.

Une fois le taxi parti, j’ai réalisé que les choses risquaient de se gâter. Pascal s’est retourné vers moi, et j’ai vu qu’il n’était pas content. Normal. Les larmes sont sortis tout seul. Impossible de parler. J’ai baissé la tête et je l’ai précédé. Je ne savais pas ce que j’aurai pu inventer pour expliquer ce que je faisais là, mais à l’origine, on avait rendez-vous. Mais, ce n’était surement pas le moment d’en débattre.

Je me suis rassise sur le canapé, là où il m’avait trouvée, la tête entre les épaules. Les larmes coulaient, je ne pouvais plus les retenir. J’étais trop malheureuse. Pascal s’est assis en face et semblait attendre que je me calme. Rien à faire. Ça ne se clamait pas. La seule chose qui aurait pu me calmer, c’est qu’il me prenne dans ses bras. Encore mieux, qu’il arrive à me convaincre que je venais seulement de me réveiller et que tout ça n’était qu’un cauchemar.

Ça a duré plus de vingt minutes sans qu’on se dise un mot. Je n’arrivais même plus à étouffer mes sanglots. Et je suis moche quant je pleure. Je déteste que qui que ce soit y assiste. Mais là, je ne savais pas quoi faire. Enfin, Pascal a bougé.

J’ai cru qu’il partirait se coucher sans un mot. Les hommes que j’avais connus se sont toujours comportés comme ça. De sombres imbéciles qui ne savaient jamais quoi faire pour consoler quelqu’un. On dirait qu’ils ont les bras coupés. C’était drôle que je pense à ça, en plus, je les détestais tous en vrac à y penser.

Pascal n’est pas comme les autres, et il l’a prouvé une fois de plus. C’est pour ces petites choses insignifiantes que je l’aime tellement. Il est sensible, adorable, quant il m’aimait encore. Ses bras se sont refermés autour de moi et je me suis laissée aller contre lui. Puis, je me suis mise en boule serrée contre lui. Je m’accrochais. J’avais trop mal. Trop mal de l’avoir vu avec une autre. Trop mal qu’il m’ait laissée tomber, menti pour voir une autre fille. C’est que ça devait être important.

On est resté comme ça longtemps, puis Pascal m’a dit qu’on devrait peut-être aller se coucher. Les larmes s’étaient taris, mais j’avais encore des spasmes. Sa main avait caressé mes cheveux, les avait remis en place. Pascal m’avait aussi fait de petits bisous sur la tempe, c’est, je crois, ce qui avait calmé mes pleurs. Il m’a entraînée par la main jusqu’à la chambre. Je crois que je devais avoir les yeux comme des soucoupes volantes. Enflés.

Je n’arrivais pas à faire quoi que ce soit. Pascal m'a aidée à enlever mes chaussures, mon pull, enfilé un t-shirt. Bref, Pascal s’est occupé de moi comme si j’avais été handicapée. Je l'étais, en tous cas mentalement. Il m’a couchée avant de se changer. Je crois que je me suis endormie. J’étais dans les vapes, mais je l’ai senti me prendre contre lui et continué à me caresser la tête. J’ai sombré.

Jeudi matin, je l’ai entendu se lever. Je ne savais pas si je devais me réveiller pour lui parler ou pas. J’avais conscience que je devais avoir les yeux bouffis, mais je devais essayer de l’empêcher de voir l’autre fille ce soir. Ce n’était pas avec cette tête que j’aurai voulu faire ça, mais j’en avais pas de rechange.

Pendant qu’il était sous la douche, je me suis dirigée vers la cuisine, après avoir constaté les dégâts. Je pensais lui préparer son café, mais je suis tombée sur le mot qu’il pensait me laisser. Pascal voulait que je laisse sa clé en partant. Ça m’a assommé. J’ai couru me remettre au lit. J’ai continué à faire semblant de dormir, quant j’ai réalisé que, si je le laissais partir, sans lui dire en face, qu’il allait devoir changer les serrures, mais je ne pouvais pas me résoudre à lui rendre sa clé.

Quant je suis sortie de la chambre, Pascal avalait son café penché sur le mot qu’il me rédigeait. En me voyant, ou surtout, en voyant ma tête, il a vite fait disparaître le billet. Il l’a froissé et enfilé dans sa poche. Il ne savait pas que je l’avais vu. Je n’avais fait que 2 pas hors de la chambre. Je ne voulais pas qu’il puisse admirer de trop près les dégâts d’une nuit de larmes. J’étais vraiment horrible à voir.

    •    Tu veux un café?
J’ai secoué et détourné la tête. Je ne supportais pas qu’il me regarde.
    •    Allé viens…

Pascal s’est levé pour venir me chercher. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire un pas en arrière. Me prenant par la main, il m’a conduite à l’un des sièges du bar-cuisine. Pas envie de m’asseoir, alors je suis restée debout. Je ne me sentais pas très bien. Je l’avais vu vite escamoter le mot qu’il m’écrivait, mais je l’ai quand même cherché du regard. J’étais soulagée de ne pas le trouver. Mais, il allait surement me le servir plus tard, le problème n’était pas réglé.
 
Je n’avais pas la force d’ouvrir la bouche, ni de le regarder. Je restais là, sans savoir quoi faire. Je ne faisais que bouger la tête pour lui répondre.

    •    Tu peux rester ici si tu veux... d'accord? On mange ensemble à midi?
J’ai secoué la tête. Il n’y pensait pas! Mes yeux seront toujours enflent.
    •    Bon. Reste ici ok, je rentrerais direct après le boulot, et on pourra parler un peu, tu veux?
Hochement.
    •    Faut que je file, sinon je vais être en retard. Ça va aller?
Encore un hochement. L’empêche, c’était adorable qu’il s’inquiète pour moi. Ça m’a fichu les larmes aux yeux.

Les bras ballants, je l’ai regardé enfilé sa veste, ramasser ses clés. J’avais envie de l’appeler, d’avoir quelque chose d’important à dire, mais rien ne venait. J’étais juste perdue. Je lui cassais les pieds, j’étais un boulet. Il en avait assez et ne savait pas comment me le dire, ni comment se débarrasser de moi. C’était affreux de penser à ça. Les larmes ont recommencés.

Pascal s’en est aperçu et il est revenu sur ses pas pour me prendre dans ses bras et me faire un bisou sur la tête; “T’inquiète pas…”. J’ai hoché la tête comme si je comprenais, mais en fait, je n’avais aucune idée de ce qu’il avait voulu dire. Une fois seule, je me suis replongée au lit et j’ai pleuré encore une bonne heure. Tout me faisait mal, même de l’avoir vu partir avec Thomas, le sourire aux lèvres.

Est-ce que Thomas avait eu vent de ce qui s’était passé? Est-ce qu’il savait que j’étais là? Pascal allait-il lui raconter? Savait-il que Pascal était sorti avec une autre fille hier soir?

Avant d’avoir pu me creuser la tête avec toutes ses questions, j’ai sombré dans un sommeil où l’oubli est roi. J’ai dormi presque toute la journée. Au réveil, pas de chance, mes yeux étaient toujours aussi enflés!


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107/2013 - C'est qui elle? Où et quant l'a-t-il rencontrée?

Publié le par JaneDo


Mercredi, 17 avril 2013  - 107/2013 - C’était qui elle? Où et quant l’avait-il rencontrée?

Je me réjouissais tellement de voir Pascal ce soir. J’avais des trucs à faire, alors je me suis appliquée à tout terminer le matin. Je suis aussi aller boire un café vers ma frangine. L’après-midi serait consacrée à me préparer pour ce soir, et faire une petite sieste pour être en forme. Je n’avais pas beaucoup dormi ces derniers temps.

En début d'après-midi, Pascal a annulé notre rendez-vous. Ça m’a déprimée. J’avais vraiment l’impression qu’il faisait tout pour m’éviter. Il passait son temps à me souffler le chaud et le froid. Vraiment, j’avais l’impression qu’il n’avait pas envi de me voir. Ça me déprimait à un point! Complètement perdue, je ne savais plus quoi faire. Complètement à côté de la plaque, ça me coupait les pattes. J’avais été jusqu’à proposer qu’on se voit, même proposé ce soir, et lui, il annulait.

Il m’a sorti des tas d’excuses que je trouvais débile. Il avait paraît-il un match, puis après il devait courir pour aller avant la fin des répètes, il devait jouer prochainement avec le groupe. Prochainement?? J’ai noté qu’il ne m’avait pas dit quand. J’en étais malade. Ce n’était pas comme s’il ne le savait pas hier quant j’ai proposé qu’on se voit? Alors, pour moi, il n’avait fait que dire oui pour me calmer, et qu’il savait déjà qu’il allait annuler.

Un peu collante, je l’ai rappelé pour lui demander si on pouvait quand même se voir après? C’était triste de l’entendre hésiter, puis, comme s’il était gêné, Pascal a dit qu’il était assez crevé ces temps, alors il voulait rentrer se coucher. Tu pense!!! Avec tout ce qu’il traîne chaque soir, il peut bien être crevé. J’avais l’impression d’être un gros pot de glu à l’autre bout de fils. Et me voilà en train d’insister. Pour finit, je pense à bout d’arguments, il a proposé qu’on se voit jeudi soir.

Repousser? Et le jeudi soir? Avec toute l’équipe? Non, je ne voulais pas le voir entouré de toute l’équipe. Il a aussi dit qu’il avait un match avant, donc, il allait surement être sur les rotules. Hum?!? Déjà une excuse pour annuler demain? Je me sentais déjà comme une emmerdeuse, alors j’ai accepté. Mais, c’était à contre-coeur.

En parlant avec Caro, j’ai appris qu’il lui avait servi à peu près les mêmes excuses. J’étais un peu gênée de voir qu’il avait eu le même genre de discussion avec nous deux. C’était fou comme Caro et moi nous nous ressemblions. Par contre, elle avait réussi à lui faire accepter de la voir après. Donc, il avait annulé avec moi, pour voir Caroline?

Et son histoire de rentrer se coucher était un mensonge? Comment dire à Caro de ne pas y aller, que je voulais y aller moi?

Et je ne voulais pas le lui dire tout de suite, pour éviter qu’elle l’avertisse. J’ai été guetter Pascal à la salle des répète. Je n’ai pas vu Pascal. Les autres sont tous partis. Incrédule, je n’arrivais pas à croire qu’il ait pu me mentir. Alors, j’ai attendu encore un peu. 30 minutes plus tard, j’ai compris qu’il ne viendrait pas à la répète. Il devait être rentré.

J’ai appelé Caro en roulant en direction de chez Pascal. Il avait apparemment annulé avec Caro aussi. L’air de rien, c’est peut-être méchant, mais ça m’a fait plaisir. Mais alors, où était-il et que faisait-il? En ayant agi comme il l’a fait, il nous a fait perdre sa piste. On n’avait aucune idée où il pouvait être. Caro avait été voir chez lui après son coup de fils, il n’y était pas. Caro avait gentiment attendu chez elle, moi à la répète, pendant ce temps, il avait filé entre nos doigts.

Il pleuvait et il faisait beaucoup trop froid pour que j’aille me geler le cul chez lui. Et s’il ne rentrait pas de la nuit, ce serait ridicule. Pascal n’avait pas intérêt à annuler demain. Déçue, déprimée, le moral à ras les pâquerettes, je n’avais plus qu’à rentrer chez moi. Encore une déception, une soirée perdue à espérer et attendre pour rien. Dire que je me réjouissais tellement pour ce soir.

Rhhh, je ne pouvais pas rentrer comme ça. Je voulais absolument le voir. Buttée, j’ai été l’attendre chez lui. Qu’il rentre ou pas, je voulais et devais être là pour savoir. Pour lui rappeler que j’existais.

Vers minuit, enroulée en boule sur son canapé, je faisais semblant de dormir quant Pascal est rentré. Comme j’ai été contente d’avoir été aussi têtue et tenace, d’avoir eu l’idée de venir l’attendre sans rien lui dire.

Parce que, Pascal n’est pas rentré tout seul, mais avec une poulette que je ne connaissais pas. Je ne me souvenais pas de l’avoir déjà vue. Alors voilà la raison de ses mensonges??? Elle??? Impossible de décrire la tête qu’il a fait en me voyant là, me frottant les yeux, réveillée par la lumière.

En tous cas, malgré la boule à l’estomac en voyant l’autre fille, j’étais contente de m’être accrochée. Et qu’est-ce qu’il allait faire maintenant? Me foutre à la porte? Il n’aurait jamais le coeur de faire ça, c’est un gentil.

Pascal devait se rendre compte que les mensonges bidons qu’il m’avait servi au téléphone prenaient tous leurs sens devant le spectacle que j’avais sous les yeux!!! Et c’était qui elle? Où l’avait-il rencontrée? Où et quant Et j'étais où quant c'est arrivé?


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106/2013 - Juste oublier...

Publié le par JaneDo


Mardi, 16 avril 2013  - 106/2013 - Oublier!

Pascal n’était pas à la maison. Il devait être à l’entraînement. Il était aux environs de 21h. Il devrait arriver chez lui d’un moment à l’autre. Au plus tard, vers 22h et quelque. Je me suis installée sur le banc balançoire sur son balcon. Il était préférable que je n’entre pas chez lui sans être invitée. Et j’ai attendu. J’ai attendu longtemps. 2h du matin, il n’était toujours pas rentré.

J’aurai très bien pu lui envoyer un message, qu’il sache que je l’attendais. Il faisait froid et il pleuvait à verse. J’étais gelée de la tête aux pieds. Thomas est rentré vers 22h20. Il n’a pas fait attention et ne m’a pas vue. Tant mieux. Vers 2h20, j’ai commencé à me sentir super idiote, alors j’ai abandonné. Je suis rentrée encore plus triste que si je n’avais pas été chez lui, avec la tête remplie d’angoisse, à me demander ce qu’il pouvait bien faire, où est-ce qu’il traînait et avec qui. Est-ce qu’il s’amusait.

D’autres pensées encore plus terribles me givraient le moral, accompagnées d’images encore plus terrifiantes. Celles avec lesquelles je l’imaginais étaient beaucoup plus minces et plus belles que moi. Des tops models. Ça me brisait en petits morceaux. Pourquoi est-ce que ça faisait si mal? Pourquoi est-ce qu’aimer quelqu’un faisait tellement souffrir? Pourquoi est-ce que je me torturais autant pour lui?

Je lui ai parlé ce matin. A 9h, je ne dormais pas encore, donc, quant il a appelé, j’avais trop envie d’entendre sa voix pour résister. Pourtant, on s’était promis, avec Caro, de l’éviter jusqu’à vendredi. Je ne lui ai pas dit que je m’étais traînée chez lui hier soir, ni que j’étais passée chez Caroline, vérifier qu’il n’y était pas. Avec Caro, on voulait voir ce qu’il pouvait inventer pour reconquérir nos coeurs. Je n’ai pas tenu le coup. Après avoir raccroché avec Pascal, je me suis sentie coupable, alors j’ai appelé Caroline et je lui ai tout raconté. Sauf le tour chez elle avant de rentrer.

Ensuite, j’ai passé la journée à faire les films avec Maria. Pour me remercier, ils m’ont forcée à dîner avec eux. Rhhh, je ne rêvais que de rentrer chez moi, être un peu tranquille. Lire ou regarder des films. Bref, je n’ai retrouvé mes petites affaires que vers 21h30. Puis, j’ai eu envie de peindre. Alors, j’ai peins.

Ça me permettait de mettre de l’ordre dans ma tête. Ce matin, j’ai fait un reproche à Pascal. S’il avait voulu me parler, ça ne me gênait pas, même, ça m’aurait fait plutôt plaisir, mais demander à nous voir toutes les deux, à Caro et à moi? Ça, ça ne m’avait pas plut. Il a dit, qu’il n’avait pas osé me le proposer à moi toute seule, parce que Caro était à côté de nous, c’est pour ça qu’il avait proposé aux deux.

Puis, oubliant toute fierté, j’ai demandé si on pouvait se voir demain soir. Pascal a dit oui. J’étais toute exitée et maintenant, j’espère que les heures passeront vite. J’ai hâte d’être à demain soir.

En tous cas, j’avais l’impression que ce n’était pas pour nous engueuler à propos de notre comportement avec Nina. Ça me soulageait. J’ai l’impression que c’était pour faire la paix, ou pour simplement, au cas où, se faire engueuler en 1 fois. Mais, j’avais aussi l’impression qu’il ne voulait pas vraiment reparlé de ça. Ce qui était parfait, parce que, moi non plus. Par contre Caro, probablement.

Moi, si je pouvais oublier cette soirée là, je ne m’en porterais que mieux. Je voulais juste effacer ce samedi soir de ma mémoire, et ne plus y penser jusqu’à la fin des temps. Pourtant, j’aurai bien voulu savoir ce qu’il foutait hier soir!


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105/2013 - Parce que ce n'était pas moi...

Publié le par JaneDo


Lundi, 15 avril 2013  - 105/2013 - Parce que ce n’était pas moi!

Caro et moi avions parlé presque toute la nuit. On n’avait presque pas dormi. Peut-être 2h, grand max. Caroline est rentrée vers 9h. Elle ne risquait pas de croiser Pascal, il était au boulot. Elle s’est fait portée pâle aujourd’hui. Quant j’ai voulu me coucher, ma soeur a appelé, alors, j’ai été prendre le café avec elle. Mon natel n’a pas arrêté de sonner. C’était Pascal. Je ne lui ai pas répondu. Je n'allais pas lui parler devant ma frangine. Elle m'aurait vue me transformée en mauviette premium!

Caro m’a appelé vers 10h, pour me dire que Pascal avait aussi essayé de la joindre. Elle avait eu trop peur de ce qu’il avait à dire pour répondre. Moi aussi. Bref, de retour chez moi vers 13h, j’ai mis mon natel sur silence et je me suis couchée. J’étais naze, et ça commençait à se voir. J’ai dormi jusqu'aux environs de 19h. J’ai eu beaucoup de peine à m’extirper de mon lit. J’étais encore super crevée.

Maria voulait que je passe vers elle pour faire les films, mais j’ai prétendu avoir du courrier à faire avec une copine. Je n’étais pas d’humeur, ni en état de faire quoi que ce soit.

Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de mon autre soeur, enfin, ex-soeur. Je ne l’ai pas appelée. Elle n’existe plus pour moi. Je l’ai rayée de ma vie une fois pour toute.

Et Aurore et David m’ont demandé de prendre Dobby, la petite labrador, pour le week-end prochain. Pas eu le coeur de dire non. Pourtant, je rêvais de passer quelques jours tranquilles et toute seule, enfermée chez moi. Parce que, je n’avais non plus pas l’intention de tourner autour de Pascal le week-end prochain. Je devais garder mes distances. Ça m’évitera beaucoup de larmes.

Mince, j’avais toujours aussi mal, rien que de penser à ce week-end, le souffle me manquait. Je souffrais de penser qu’il ait pu prendre une autre femme dans ses bras. Pas tellement parce que c’était Nina, c’est clair que j’aurai aimé être à sa place, mais c’était surtout à l’idée qu’il ait pu y prendre du plaisir. Erk. Et zut, Pascal me manquait jusqu’à l’os. Je n’arrive pas à imaginer la vie sans lui.

Pfff, ce soir, je passe chez lui. J’ai envie d’être avec lui, de dormir dans ses bras. Ça me rassurerait s’il ne me fiche pas à la porte.


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104/2013 - Le coeur en larmes

Publié le par JaneDo


Dimanche, 14 avril 2013  - 104/2013 - Le coeur en larmes

J’avais honte de descendre déjeuner. Pascal se doutait bien que je l’avais attendu. Quelle tête faire? Semblant de rien? Ridicule. J’aurai dû avoir la bonne idée de partir avant le lever du jour. Maintenant, j’étais coincée. Je n’avais pas le courage de descendre, j’étais mortifiée. Comment descendre en gardant la tête haute? Comment réagir vis-à-vis de lui? Et l’autre pouffe? Un sourire de travers et je lui saute à la gorge à cette grognasse.

J’avais envie de disparaître. D’être chez moi. Hélas, j’étais là, et tout le monde devait savoir que j’en bavais, que j’avais dû passer la nuit à l’attendre. Ils allaient tous me scruter de la tête aux pieds, inquisiteurs, pour voir comment je digérais ça. Pfff. Pas plus courageuse que ça, je me suis cachée au fond de l’armoire. J’essayais de ne pas pleurer, sinon ça se verrait.

Plongée dans le noir au fond de l’armoire de la chambre, j’ai essayé de me concentrer pour trouver un peu de courage et de fierté pour quitter ma chambre et descendre. Depuis petite j’ai pris l’habitude de me planquer au fond des armoires pour pleurer en paix. Quant on est une grande famille, c’est difficile de trouver un coin tranquille, un coin de solitude, un endroit où on ne penserait pas chercher. Alors, en silence, j’ai pleuré.

Je n’avais pas entendu la porte, c’est la soudaine lumière qui m’a fait lever la tête, pour me retrouver face à Pascal. Comment avait-il deviné que j’étais là? J’ai plongé ma tête entre mes bras pour qu’il ne voit pas mes larmes, ni mon visage ravagé de douleur. Sans un mot, il s’est assis en face de moi, refermant presque la porte de l’armoire.

Merde… Pas envie de lui parler. Et j’étais mal à l’aise qu’il m’ait retrouvée comme ça. J’ai cherché ce que je pouvais inventer pour qu’il ne sache pas que c’était à cause de lui et de cette Nina, mais je n’ai rien trouvé. Mon cerveau ne fonctionnait plus, le disque était rayé. La seule chose qui passait en boucle depuis hier soir, c’était les images de lui et Nina en train de s’embrasser. Et d’autres images plus graphiques auxquels je ne voulais pas donner de noms.

  • Sorry…

Pfff! Il pouvait se le bouffer son “désolé”, ça me faisait une belle jambe. Rien à cirer, ça ne peut plus rien changer. De toute façon, il ne pouvait rien dire qui fasse que je me sente mieux, alors autant d’abstenir. Et il s’est abstenu. A vrai dire, ça aussi ça m’énervait. Je trouvais normal qu’il se confonde en excuses, qu’il se traîne à mes pieds pour solliciter mon pardon. Qu’il se débrouille pour effacer tout, pour revenir en arrière. Là, je rêvais trop fort!

  • Qu’est-ce qu’on fait?

Je ne pouvais même pas le regarder sans éprouver de la colère, sans que les images défiles encore en rond devant mes yeux. Et je ne voulais pas qu’il me regarde pleurer. Si je tentais de parler, j’allais fondre en larmes encore. Et je n’étais pas jolie quant je pleure. Lui présenter un spectacle aussi lamentable après sa nuit avec une autre? Non, je pouvais pas. Il allait croire que je n’avais rien à dire? J’avais plein de choses à dire, mais seulement pas là, pas maintenant. Quant je serais plus calme, on verra. Peut-être que je n’arriverais jamais à en parler, parce que je crois que ça me fera trop mal.

La tête enterrée entre mes bras croisés autour de mes jambes repliées, j’ai réussi à lui dire, vaguement calmement, de s’en aller. Je voulais rester seule. Il a essayé de me toucher. Je me suis reculée pour me coller contre les parois du fond de l’armoire. Qu’il s’en aille. Je voulais pas de lui dans mon refuge.

Après un bon 1/4 d’heure à attendre d’autres mots sortent de ma bouche, il a compris que ça ne servait à rien. Il est enfin parti. Ouf.

J’ai passé l’heure suivante à essayer de faire disparaître le rouge de mes yeux et les dégonfler. A la limite, ça pouvait passer, j’avais l’air de venir de me réveiller. Un petit sourire aux lèvres, je suis descendue avaler quelques cafés. Je n’avais pas faim.  Si je croyais avoir passé trop de temps à pleurer, alors Caroline aussi. Apparemment, elle n’avait pas réussi à dégonfler son visage.

La pouffe de Nina était contente d’elle. Elle a eu le malheur de sourire en voyant la tête de Caro. J’ai pas pu me retenir, je lui ai balancé au visage, le reste de mon café chaud. Et ma tasse était presque pleine.

Pascal qui était assis à côté d’elle a reçu son dû. Caro m’a lancé un regard reconnaissant. Nina s’attendait à ce que Pascal fasse quelque chose, ou m’engueule. Mais, il n’a rien fait. Pascal était aussi étonné que tous ceux qui étaient dans la cuisine. Je crois avoir entendu Nina me traiter de connasse avec son lourd accent allemand. Elle restait là les bras écartés à marmonner en allemand, en regardant ses vêtements souillés.

J’ai cru entendre quelques rires. Avant que Pascal ne s'avise à prendre sa défense, j’ai préféré m’éclipser au plus vite.

Prenant Caro par les épaules, je l’ai emmenée loin des regards curieux. Dans sa chambre, je l’ai fait se coucher et j’ai posé des lavettes bien froides sur ses yeux. On a décidé de s’en aller. Ça ne servait pas à grand chose qu’on reste là toute la journée. De toute façon, dans quelques heures, tout le monde rentrerait. Ça ne servait  à rien qu’elle s’expose aux moqueries.

Caro était montée en train, elle pensait rentrer avec Pascal et l’inviter chez elle. Je l’ai laissé avec les lavettes sur la figure, et j’ai été mettre nos bagages dans ma voiture. Ensuite, j’ai rapidement salué Thomas et je suis montée chercher Caro. Pascal a eu la décence de venir jusqu’à la voiture pour nous dire de faire attention sur la route. Mais, je crois que c’était pour s’assurer qu’on allait plus ou moins bien.

Pascal a voulu nous donner rendez-vous, le soir, après le départ de Nina... Toutes les 2? Ensemble? Wow! Surement pas!

On a toutes les deux pensé que ça n’augurait rien de bon. On avait l’intention de l’éviter, et d’attendre qu’il se calme d’abord. On était persuadé que c’était pour nous engueuler. Valait mieux éviter toute confrontation.

Sur la route, on a décidé qu’il était préférable de ne pas être à un endroit où Pascal pouvait nous trouver. Mais, comme on ne savait où aller, je l’ai invitée à venir dormir chez moi. Même s’il venait sonner, on était libre de ne pas lui répondre et ne pas lui ouvrir. Pascal a essayé de nous appeler après 20h, mais il n’est pas passé. Ouf, c’était moins dur comme ça. On n’a
pas répondu à ses appels, ni à ses messages. On n’était pas belles à voir…

On a passé la soirée à reparler de ce qui s’était passé, à se poser des tonnes de questions. On ne savait pas comment réagir. On n’arrivait pas à trouver le sommeil.


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103/2013 - Mordre la poussière! (2)

Publié le par JaneDo


Samedi, 13 avril 2013  - 103/2013 - Mordre la poussière! (2)

Je me suis levée vers mid ce samedi matin. Pascal était déjà descendu, il avait aussi déjà été courir avec Caro. Je crois qu’ils avaient discuté du soir d’avant, ou il lui avait dit que j’ai dormi avec lui. Je l’ai vu à son regard. Elle savait. Caro m’a dit qu’elle était venu frappé à sa porte. Hum, on n’a pas fait attention, ni rien entendu. Trop occupé. Nina boudait un peu. Je pense qu’elle était énervée de ne pas pouvoir avoir Pascal pour elle toute seule.

Ils sont partis en début d’après-midi. Ils avaient toujours des trucs à faire. Cet après-midi, ils avaient l’idée d’aller faire de la varappe ou de la randonnée. Je ne sais pas ce qu’est la varappe, mais ça sonne crevant. Moi, j’avais l’intention de stagner au chalet. Pour me reposer et dormir un peu. Je ne risquais pas grand chose de Nina durant la journée. Nina voulait rester au chalet, mais quant elle a su que je ne bougerais pas de là, elle a préféré sortir avec toute l’équipe. J’imagine qu’elle va essayé de faire bande à part avec Pascal, mais j’étais rassurée, Caro veillerait à ne pas les perdre de vue.

Pascal et Nina ne sont pas rentré avec le reste de la bande. Ils sont resté en ville. Et Caro m’a dit que Pascal lui avait demandé de les lâcher un peu. Ils ont été manger en tête à tête. Elle m’a appris que Pascal lui a dit qu’ils n’allaient que manger, rien de plus. Qu’il fallait qu’elle arrête de s’inquiéter, qu’il était un grand garçon. Caro souriait, donc il n’y avait rien de grave.

Caroline n’a pas insisté, elle ne voulait pas qu’il finisse par la trouver énervante. Pascal lui a laissé aussi un message pour moi; “Rien que manger”. Rire. Trop chou. Il avait deviné que j’allais me faire du mauvais sang, et il a voulu me rassurer. C’était bon signe. Il n’en fallait pas plus pour faire grimper le thermomètre de mon adoration pour lui. Hah, je l’adore lui

Ils sont rentré se changer et boire un verre avec nous avant qu’on sorte en boîte! Pascal m’a tirée dans un coin pour me demander si on se retrouvait aussi après? Evidemment que j’ai dit oui! Et ça m’a toute retournée. Alors ça lui faisait vraiment plaisir que je sois là? Wahhh, qu’est-ce que j’ai bien fait de monter!!!

Pascal m’a demandé d’être plus discrète ce soir. Qu’il voulait faire en sorte que Nina ne regrette pas d’être venue passer le week-end ici. Pfff, qu’est-ce que je m’en fou qu’elle regrette ou pas. Mais, bien sûr, je ne le lui ai pas dit ça. Au contraire, plus elle le regrettera, mieux, elle ne reviendra plus. Hihihi.

Les choses se passaient plutôt bien. Comme je savais que j’allais le retrouver plus tard, j’étais moins tendue. J’avais pris soin de mettre quelque chose d’encore plus sexy qu’hier soir. Et Pascal avait encore plus de peine à me lâcher des yeux. Il restait à proximité, toujours prêt à intervenir si un mec m’approchait de trop près. Thomas était aussi toujours à côté et se comportait en chevalier servant, m’offrant des verres, me tenant par la taille et tout. Il ne me lâchait pas d’une semelle.

J’avais remarqué non sans plaisir, que Pascal avait de la peine à suivre la conversation de Nina. Bien fait. Elle boudait. Ça aussi ça ne plairait pas à Pascal. Bien fait.

Puis les choses ont salement dérapé. Pascal avait un peu trop bu et en dansant avec Nina, ils se sont mis à s’embrasser. J’ai failli verser. La garce. C’était sûrement elle qui l’avait fait boire. Je n’ai pas remarqué tout de suite. Ce n’est quant voyant ses copains se faire des coups de coude en désignant la piste que je les ai vu. Mon coeur a failli lâcher.

Qu’est-ce que je pouvais faire? Rien! Juste subir. La vache que ça fait mal !!!

Surtout, il ne fallait pas que je me fâche et que je me mette à faire la gueule ou lui faire un scène. Ce serait perdu d’avance. Merde, ça fait tellement mal. Caroline aussi avait la gueule ouverte de surprise. Elle en avait les larmes aux yeux. Moi qui pensait avoir un peu de soutien, ou qu’elle me remonte le moral, ben, c’était râpé. On était toutes les deux sur le cul.

Je crois que c’était assez clair que Pascal allait finir la nuit avec elle!

Je pouvais difficilement aller lui demander si on se voyait après comme prévu. Je savais d’avance, que même si j’allais l’attendre dans sa chambre, je risquais de l’attendre en vain. J’aurai pu fondre en larmes là, tout de suite, sur place. Je ne pouvais rien faire, il était libre comme l’air de faire ce qui lui chante. Mais orgueil oblige, j’ai détourné le regard. Dégoûtée. Ça me faisait trop mal de voir ça.

Waouh! L’horreur. Pascal se donnait en spectacle avec Nina. Horrible vision de les voir presque se monter dessus sur la piste. Dire que je n’ai jamais eu cette chance. Ses copains trouvaient ça très amusant. Moi non. Pendant tout le temps qu’on est sorti ensemble, il était pris, donc pas de débordement. Et c’est avec cette pouffe qu’il se laissait aller. J’étais écoeurée. Mais je devais garder la face.

C’était vraiment pénible. Même si je ne regardais pas, je savais ce qui se passait dans mon dos.

Peu après ce lamentable spectacle, ils ont disparu. J’avais une assez bonne idée où ils pouvaient être; au chalet. Quoi faire? Courir là-bas et les séparer coûte que coûte? Non, ce serait inutile. Pascal risquait de m’envoyer sur les roses.

Ils étaient très certainement dans sa chambre à elle, et là, je ne pouvais pas y faire intrusion. Se serait le pire des scénarios. Je n’avais plus qu’à espérer qu’il s’arrêterait là et me retrouverait comme prévu, dans sa chambre.

J’ai attendu en vain… Il n’a pas dormi dans sa chambre… Donc, c’était clair, il avait passé la nuit avec Nina. Et ça fait toujours aussi mal. Dire que j’avais cru que les choses s’arrangeaient. J’avais été un peu trop sûre de moi. Ma faute.


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103/2013 - Un goût amer...! (1)

Publié le par JaneDo


Samedi, 13 avril 2013  - 103/2013 - Un goût amer! (1)

J’avais décidé de changer de tactique. Connaissant Pascal, j'étais sûre que Nina avait sa propre chambre. Elle n'était certainement pas dans celle à Pascal. Les choses se décideraient dans la soirée. J’avais encore toutes mes chances. Ce soir, j’ai décidé de le séduire. Je voulais l’attirer à moi sans avoir besoin de m’imposer. Je savais bien que ça pouvait raté, ou qu’il résisterait. Mais, j’avais mes chances.

Je devais juste me méfier de mes mouvements d’humeurs.

Dehors, je l’ai laissé allumer ma clope. C’était l’occasion de poser ma main sur la sienne, l’occasion de le toucher. Quant j’ai plongé mon regard dans le sien, j’ai tout de suite senti son trouble. Son hésitation aussi. Ces sentiments si visibles sur son visage était une des choses qui m’ont fait tomber amoureuse de lui. Je me suis alors lancé dans des excuses confuses. Je lui ai dit que j’avais trop envie de le voir pour ne pas braver son interdiction de venir quand même au chalet.

Pascal a tiqué quant j’ai dit “interdiction”. Parce qu’il ne m’avait jamais interdit, mais seulement suggéré de ne pas venir. Le fait que je sois si honnête en lui disant à quel point j’avais besoin de le voir l’a scotché. J’en ai profité pour me rapprocher et me serrer contre lui. D’abord raide, il a fini par m’entourer de ses bras. J’étais dans ses bras. C’était une toute petite victoire.

  • T’es vraiment une adorable petite emmerdeuse…

Je me suis arrachée à ses bras à contre coeur pour lui sourire. Il n’y avait rien à répondre à ça. C’était vrai. Après m’avoir dévisagée, Pascal a dit que je ne devais pas m’habiller comme ça. Surtout quant je sors seule, ça pouvait donner de fausses idées aux mecs. Puis, sortant enfin de sa réserve, il m’a embrassée. C’était soudain, inattendu, et j’ai adoré. Encore une petite victoire.

Après s’être laissé allé comme ça, il était pressé de retourner à l’intérieur. Mais avant, il m’a dit qu’il aurait bien eu envi de rester encore un peu avec moi, mais il ne pouvait pas. Pascal se sentait obligé de tenir compagnie à Nina. Elle était venue jusqu’ici, en Suisse, pour le week-end, il ne pouvait pas la planter toute seule.

A l’intérieur, j’ai fait l’effort de ne pas changer d’humeur et de ne pas rester collé derrière lui. Mais, j’étais tout près. Nina essayait de les isoler du reste de la bande, Pascal au contraire, essayait de l’intégrer au reste du groupe, de la faire participer. Nos regards, que ce soit Pascal et même Nina, se croisaient souvent. J’ai réalisé que Pascal surveillait mes faits et gestes, écoutait tout ce que je racontais.

L’équipe a décidé de changer de crémerie, d’aller en boîte. Nina, elle, a voulu rentrer au chalet. Ça m’a perturbée. Pas question de les laisser seuls. Trop dangereux. Elle allait lui faire le coup de la séduction, et ce sera foutu pour ma tête. Caroline a aussi senti le danger. Mais, on a eu de la chance, on n’était pas les seules à avoir entendu. Aussitôt, tous les copains ont commencés à les charrier, à insister pour qu’ils restent avec nous. Il n’en fallait pas plus pour que Pascal accepte.

Je ne sais pas si j’aimais finalement tellement l’idée d’aller en boîte. Il allait danser avec elle. C’était aussi plus facile pour elle de les isoler dans un coin et l’accaparer toute le reste de la soirée. Je crois que j’aurai presque préféré rentrer avec eux au chalet. Là-bas, je leur aurai collé au train jusqu’à ce qu’elle aille se coucher. Ensuite, j’aurai tout fait pour faire en sorte que Pascal m’invite dans sa chambre.

Mais que faire si l’autre là se pointe dans sa chambre?!? Nina, accrochée au bras de Pascal, ne semblait pas vouloir le lâcher non plus...

Michael avait trop bu, et il commençait à être un peu collant. Je pouvais difficilement m’en débarrasser sans être désagréable. Et demain, ce serait la honte pour lui. Thomas est venu à ma rescousse. J’avais vu que ça énervait Pascal, il surveillait et avait failli lui aussi intervenir. Il a entraîné Nina sur la piste pour venir danser avec nous. Le hic, c’est que Thomas aussi était un peu trop entreprenant!

C’est nul d’être célibataire, ou plutôt, c’est nul que tous savaient qu’on était plus ensemble. Chacun pensait avoir le droit de tenter leur chance pour me mettre à l’horizontale. C’est nul. Pourquoi est-ce que Caroline n'avait pas le droit aux mêmes attentions de la part des garçons??? Hein? Parce qu’ils savaient tous qu’elle voyait toujours Pascal?


En tous cas, culottée, Caro s’était installée à côté de Pascal et Nina. Cette dernière était agacée par la présence incontournable de Caro. Hihihi, ça ne semblait pas incommoder Pascal. Alors, en quittant la piste, j’ai été me flanquer à côté de Pascal aussi.

J’en ai profité pendant que l’autre était partie aux toilettes. Je crois qu’elle voulait que Pascal l’a suive. Ça devait être ce qu’elle lui a chuchoté à l’oreille en partant. Alors, je lui ai tenu la jambe, l’empêchant de quitter la table.

Avec Caroline, on s’était mise d’accord, autant que Pascal finisse la soirée avec l’une de nous deux, mais pas avec Nina.

Les choses se sont plutôt bien passé. Profitant d’un des seuls slow, j’ai entraîné Pascal sur la piste, me collant à lui comme une limace, on a dansé. Ses mains étaient chaudes. Je le sentais fléchir à mesure que nos corps se languissaient au rythme de la musique. Sa bouche près de mon oreille, j’ai senti son petit bisou discrets, il me serrait de plus en plus fort. On s’est regardé.

J’ai senti qu’il avait eu envi de m’embrasser à ce moment là.

Profitant de son trouble, je me suis recollée à lui, j’en ai profité pour lui murmurer que j’avais envie de lui. Pascal m’a serré encore plus fort contre lui, puis il a avoué que lui aussi. Alors, j’ai proposé de le retrouver en rentrant dans sa chambre. Pascal a souri, il n’a pas dit non. Hahhhh, c’était presque gagné
!

Pascal restait beaucoup vers Nina. Il faisait tout pour qu’elle se mêle aux autres. Mais elle faisait de la résistance. On se lançait de petits regards discrets qui en disait long. Puis Pascal s’est penché vers moi, alors qu’on dansait en groupe, pour me dire qu’il était content que je sois là. Ça m’a fait drôlement plaisir.

De retour au chalet, beaucoup ont voulu continuer à faire la fête. Une fois de plus, Nina a voulu les isoler du reste du groupe. Elle a par exemple essayé de l’entraîner vers la piscine. Elle aurait dû savoir, si elle connaissait Pascal, que ce n’était pas la bonne technique. Il aimait être avec ses amis, et chercher à faire bande à part, si ça ne venait pas de lui,  ne pouvait que le faire fuir.

J’ai voulu prendre les devants et aller attendre Pascal. A Caro, j’ai prétendu que j’étais crevée que je montais me coucher. J’avais juste oublié que j’avais encore mes affaires dans ma voiture!!! Culottée pour une fois, j’ai demandé de l'aide à Pascal. Je n’en avais pas besoin, ce n’était qu'un sac comme d’hab.

C’était juste une excuse pour qu'il sache que j’allais l’attendre dans sa chambre. Je croyais qu’il sauterait sur l’occasion, mais il a commencé à me dire qu’il ne pensait pas que ce serait une bonne idée, etc. J’ai caché mon agacement en lui faisant un clin d’oeil. Il a compris que je le ferais quand même.

Et je l’ai attendu presque 1h…

Bon, ce qui me rassurait, c’était que Caro ne le quitterait pas d’une semelle tant qu’il n’irait pas se coucher. Seul. Pascal a eu de la peine à se défaire d’elles. Nina a tout fait pour qu’il l’accompagne à sa chambre. Caro suivait comme un petit chien. Elle n’avait aucune intention de les lâcher d’une semelle. Elle n’a pas caché qu’elle ne lâcherait pas Pascal. Quant Nina a proposé la piscine, elle s’est enthousiasmée à l’idée d’une baignade.

Y a pas à dire, Caro est vraiment très forte! Ça, c'est ce que j'appelle avoir des couilles en béton!!! Moi, j’aurai lâché l’affaire. Je dois prendre exemple sur elle. Ça c’est mon prochain challenge.

Pour finir, il a été obligé de les planter là, toutes les 2, pour monter se coucher. Il était crevé. En fait, je crois qu’il voulait qu’elles le lâchent pour venir me retrouver…

Pascal savait qu’il me trouverait là. Il a souri en me voyant en travers du lit, à moitié à poil, mes lunettes et un bouquin à la main. Il a aussi vu mon sac, qu’il avait pourtant déposé dans ma chambre, posé devant le fauteuil près du sien. Prudent, Pascal a fermé sa porte à clé. Les mots étaient inutiles. On s’est retrouvé avec passion dans les bras l’un de l’autre.


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102/2013 - Attaque en force...

Publié le par JaneDo


Vendredi, 12 avril 2013  - 102/2013 - Attaque en force... On oublie le trac...

J’ai quand même rappelé Pascal. Oui, difficile de me retenir plus que ça. Il n’a pas répondu, tant pis, j’avais de toute façon prévu de lui laisser un message sur sa boîte vocale. Je lui proposais qu’on se voit plutôt vendredi soir, que c’était un peu tard pour se voir aujourd’hui, il travaille demain, donc, ça ne valait pas la peine.

Non mais, pourquoi est-ce qu’il me proposait toujours de manger ensemble à midi? Moi, je voulais le voir en soirée. Comme il savait si bien le faire avec Caro.

Toute ma journée n’a été qu’une longue préparation dans l’espoir de voir Pascal dans la soirée. J’ai l’impression d’être en altitude, parce que j’ai les oreilles bouchées en permanence. Puis, j’ai l’épiderme gelée. J’ai chaud, mais, j’ai aussi froid

Pascal avait l’air de très bonne humeur quand il a appelé. Ça m’a redonné de l’espoir. Je me suis excusée d’avoir vu son message trop tard, mais que je lui avais laissé un message sur sa boîte vocale.

Pascal a dit que ce n’était pas grave, mais que je pouvais l’appeler à n’importe quelle heure. Que je devrais le savoir depuis le temps qu’on se connait.

Hé??? Je lui ai demandé quelle tête il aurait fait si je l’avais appelé à 2h du matin! Il dormait surement. J’ai été stupéfaite que Pascal me demande ce que je faisais jusqu’à 2h du matin. Sa question m’a tellement surprise, que je n’ai rien trouvé à dire. J’ai changé de sujet. Mouais, je sais bien qu’il avait demandé ça sur le ton de la plaisanterie, et qu’il n’en avait rien à fiche en fait.

Puis, son ton a changé pour devenir plus sérieux. Plus embarrassé aussi.

  • Ecoute, ce soir, ça ne joue pas, j’avais déjà prévu autre chose. Désolé. Au fait, tu fais quoi ce week-end?

Hiiii? Chouette, il voulait me voir? Me donner rendez-vous? M’inviter? Alors tant pis si on ne peut pas se voir ce soir. Je voulais bien attendre demain.

  • Rien de spécial, pourquoi?
  • Tu pensais aller au chalet?
  • Heu… Cça dépend. Pourquoi? Tu montes aussi, non?
  • Justement… Ecoute, hum, je ne sais pas comment dire ça. En fait, ce serait mieux que tu ne montes pas au chalet ce week-end. Nina est là pour le week-end, et je monte avec elle. J’ai pensé que tu préfèrerais le savoir, qu’il était préférable que tu ne viennes pas ce week-end.
  • Waouh! … Waouh! And it keeps coming!

C’est tout ce que je trouvais à dire. Pas très intelligible, mais, je me comprenais. Pascal n’arrêtait pas de m’en mettre plein la poire. Est-ce qu’il m’avait vraiment aimée un jour? Parce que comme ça, j’avais vraiment de la peine à l’imaginer. Jamais je n’aurais pu lui en faire autant en si peu de temps. D’ailleurs, je n’aurai pas pu m’empêcher de le voir, même si on n’était plus ensemble.

  • Comment?
  • Comment ça, comment?
  • Comment elle a su que Jess n’était pas dans les parages, que… qu’on était plus ensemble, etc? Vous vous parlez tout le temps ou quoi?
  • Heu oui, on se parle assez souvent.

Waouh, c’était un peu beaucoup pour moi. Dire que la conversation avait si bien commencé, il avait l’air sympa, mais là… Là, c’était trop.

  • Je ne t’ai pas vu depuis une semaine. Chaque fois que je te propose quelque chose, tu as déjà autre chose. On dirait que…

Non, je ne voulais pas le dire, pas mettre en paroles que j’avais l’impression qu’il ne voulait pas me voir. Que depuis qu’il était “officieusement” célibataire, il faisait tout pour m’éviter. J’ai flanché…

  • Je t’aime et tu me manques tellement… J’ai envie de te voir, et toi, tu as toujours quelque chose.
  • Désolé… Tu me manques aussi… Mais, je te rappelle quand même que c’est toi qui a voulu rompre! J’essaie de me protéger, et c’est vrai que je préfère éviter de te voir sans arrêt. Après tout, on est plus ensemble. De quoi ça aurait l’air si on passait notre temps flanqué l’un avec l’autre?
  • C’était pas ce que je voulais…
  • Mais alors bordel, pourquoi avoir rompu? Pourquoi? Enfin non, je ne veux pas le savoir. Tu n’as qu’à aller voir Layne, je suis sûr qu’il saura te remonter le moral. Pour en revenir au chalet, c’est mieux pour toi de ne pas monter. Bon, je dois te laisser là.

Waouh, il avait raccroché. Aussi sec que ça. Pascal m’avait carrément raccroché au nez. Je n’arrivais pas à le croire. Je regardais bêtement mon téléphone. Est-ce que je le rappelle? Non, vu le ton, il ne me répondra pas. Que faire? Je ne pouvais décemment pas aller au chalet. Il m’avait averti. Et la manière qu’il a eu de me parler, c’est clair qu’il m’évitera même là-haut. Et est-ce que j’avais envie d’aller là-bas pour me faire du mal?

Merde… Nina en plus! J’aurai l’air d’une idiote si j’insistais, ou si je vais au chalet quand même…

Que ferait Caroline à ma place? Elle irait c’est sûr. Et moi, je fais quoi? J’avais tellement envie de le voir, mais je ferai quoi une fois là-haut? Est-ce que je devais le faire? Lui montrer que je tenais à lui? Que je voulais continuer à faire partie de sa vie? Est-ce que c’est ce qu’il espérait? Ou est-ce qu’il ne voulait tout simplement ne pas me voir? Je me noyais dans des tonnes de questions idiotes, comme moi.

Le truc c’est que, je ne savais pas quoi faire!

J’ai beaucoup pleuré. Me suis torturée à les imaginer là-bas, à faire la fête, et moi, il me manquait, et je me sentais seule sans lui. Puis, je n’arriverais pas à dormir. En tous cas, pas sans somnifère. Je ne pouvais pas me résoudre à rester plantée ici. Il fallait que j’aille là-bas.

Je savais bien que je me préparais à beaucoup de déception, de me faire encore jetée encore plus directement q’avant, mais je ne pouvais pas passer le week-end ici à me morfondre. Au moins, chaque méchanceté m’aidera peut-être à tirer un trait une bonne fois pour toute.

C’était passé 22h, mais j’ai tout de même tenté d’abord d’appeler Caroline. J’aurai dû y penser avant et on aurait pu monter ensemble. Au moins, je n’aurais pas été toute seule.

Comme je m’y attendais, Caroline était déjà là-bas. J’entendais la tension dans sa voix. Elle ne s’attendait pas à voir Nina. Hum, au moins ça, j’ai été la 1ère à l’apprendre! Merci bien Pascal. Quel rat. Pascal ne l’avait pas avertie. Elle ne savait pas même qu’il montait au chalet. Il lui avait fait croire le contraire. Mais, elle l’avait su par Alexia, qui l’avait su par Paul.

J’ai décidé de monter. Caro m’a dit que si jamais, on pourrait partager la même chambre. J’étais sûre que Thomas avait sûrement fait préparer toutes les chambres, donc je pourrais certainement avoir celle que j’avais l’habitude d’avoir. Je ne voulais pas qu’elle dise à Pascal que je montais. Caroline pensait qu’au contraire, ça lui ferait les pieds de s’inquiéter un peu. Alors, je l’ai laissé le choix de faire comme elle le voulait.

J’avais la trouille… Je me demande comment ça allait se passer… Est-ce que Pascal me ferait la honte devant l’autre greluche?

Mes affaires étaient déjà prêt, je n’avais plus qu’à prendre la route. J’étais nerveuse. J’ai tremblé presque tout le chemin. J’étais en nage. Il pleuvait, c’était l’orage total. Peut-être était-ce un signe? Mauvais signe! Il était passé 23h20 quand je suis arrivée à la station. Ils étaient au Pub encore. J’avais demandé à Caro de m’attendre devant.

En bon petit soldat, elle y était. Je l’adore cette nana, et pourtant, on était rivale. On se battait pour gagner les faveurs du même homme.

Laissant ma nervosité et mon trac cacher au fond de ma poche, j’ai suivi Caroline, toute souriante. Thomas m’a tendu les bras, et je lui ai sauté au cou pour lui dire bonjour. J’ai vu le regard surpris de Pascal se poser sur nous. Nina aussi a eu l’air surprise. Je me demande si Pascal l’avait assuré que je ne viendrais pas? Elle lui a jeté un petit regard en coin en voyant son visage se décomposer.

Et bien, tu ne t’attendais pas à celle-là, hein? Tu ne t’attendais pas à ce que j’ai eu le courage de venir quand même n’est-ce pas Pascal?

Toujours souriante, j’ai salué ceux que je croisais, puis j’ai été lui faire la bise. Ciel, il était super tendu, raide comme un bâton. A l’oreille, je lui ai demandé si je pouvais lui parler 2mn. Puis, je me suis tournée vers Thomas et Caro, juste derrière lui, sans saluer l’autre pouffe.

J’ai accepté le verre de Vodka que me tendait Thomas. Je l’ai aval cul sec. J’avais besoin de quelque chose de fort pour me donner du courage. Derrière moi, j’ai cru entendre Pascal et Nina se consulter pour filer l’anglaise. J’ai ri aux blagues et aux histoires que me racontaient les copains, sans même savoir de quoi ils parlaient exactement. J’étais tendue.

Je me suis déplacée discrètement pour me mettre de manière à pouvoir voir Pascal et lui lancer quelques petits sourires. Et montrer que j’allais bien. Enfin, je faisais semblant.

Ça avait l’air de marcher, parce qu’il avait de la peine à me quitter des yeux. Normal, j’avais mis un truc qu’il aimait beaucoup, un haut noir transparent genre bas résille. C’est un top qui m’avait coûté une fortune, on voyait ma poitrine et mon soutien gorge à fleurs en transparence. J'avais mis ça exprès pour lui. Alors, faisant celle qui était parfaitement à l’aise, je me suis tournée pour enfiler mon bras sous celui de Pascal et lui demander si on pouvait se parler un petit moment.

Pascal n’a pas opposé de résistance. Je lui avais laissé le temps de s’habituer à ma présence, de se détendre. Donc, il ne s’attendait pas à mon intrusion. Et je voulais le choper avant qu’il ne disparaisse avec l’autre. J’étais assez contente qu’elle soit plantée toute seule au bar. Mais c’était loin d’être gagné!


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101/2013 - Yeux bouffis... encore!

Publié le par JaneDo


Jeudi, 11 avril 2013  - 101/2013 - Yeux bouffis...

Pour ne pas me faire battre sur le fils, j’ai envoyé un sms à Pascal assez tôt ce matin. J’espérais qu’il trouve un peu de temps pour passer la soirée avec moi. Je l’ai invité à manger. J’aurai voulu attendre que ce soit lui qui m’appelle, mais j’avais bien peur qu’il n’en fasse rien. Donc, j’ai pris les devant.

Message bien reçu. Joie qu’il m’appelle 1h plus tard. Puis grosse déception.

Pascal a dit qu’il ne pouvait pas, il avait déjà quelque chose. Ça m’a rendu malheureuse. On dirait qu’il ne voulait pas me voir. Comme s’il cherchait à m’éviter. Cette fois, je n’ai pas pu cacher ma tristesse. De toute façon, j’ai eu l’impression qu’il cherchait à écourter la conversation, alors je n’ai pas traîner. J’étais trop triste. C’était comme si j'avais reçu un coup de poing dans la tête.


On était en début d’après-midi déjà, mais j’avais la folle envie de sombrer dans un sommeil sans rêve. Je ne voulais pas voir la soirée s’annoncer. Je ne voulais voir personne, ni entendre mon natel. J’avais même pas la force d’essayer de savoir ce qu’il faisait. J’étais lessivée, fatiguée, plus triste que les mots ne pourraient le dire. Je voulais juste ne plus penser, dormir. Disparaître dans le sommeil.

Plus tard, quant je me suis réveillée, j’étais un peu vaseuse. Je me suis traînée jusqu’au canapé pour lire et m’avachir devant la télé. J’aurai voulu pouvoir m’abrutir avec n’importe quoi pour ne pas penser à Pascal. Ne pas me demander où il était et ce qu’il faisait. Je n’ai vu qu’une 1h plus tard que Pascal avait essayé de m’appeler. Puis, il m’a laissé un message pour me demander si j’aurai envie qu’on aille prendre un verre ensemble.

Non. Cça ne me disait rien. J’avais les yeux bouffis, la tête à l’envers. Sans compter la mèche folle qui ne voulait pas s’aligner. J’étais crevée, et la tristesse me collait à la peau. Non, je n’étais pas visible. Et je crois qu’il me proposait ça, parce qu’il avait eu pitié de moi. Je ne voulais pas de sa pitié. J’ai fait comme si je n’avais pas vu son message. De toute façon, je ne savais pas quoi lui répondre.

Dire oui, et courir comme une damnée juste pour passer quelques heures avec lui? Et je fais quoi pour ma tête, ma mèche folle et mes yeux? Puis au diable les bonnes résolutions, et j’ai sauté sur mon natel pour le rappeler…

Mais, j’ai changé d’avis in extrémis. Si je le vois ce soir, je ne le verrais sans doute pas du week-end? Alors non, je préférais trouver un autre moment ce week-end. Je ne voulais pas avoir à me contenter de quelques heures, un soir de semaine. Son appel me donnait l'impression que ce n’était que question pour lui de se débarrasser du problème, c’est-à-dire moi,  avant le week-end. D’ailleurs, je me demande s’ils vont au chalet ce week-end?

Je m’inviterais. Je n’ai pas à demander de permission. Mais, est-ce que Pascal y sera?


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