Mardi..... 5 oct 2010
Des coups répétés et insistants à ma porte m’ont réveillé. J’ai regardé l’heure... Bizarre... Pascal avait la clé, alors les coups à la porte, ça ne pouvait pas être lui...
Je m’étais levée en même temps que Pascal, question de passer un petit moment avec lui, avant qu’il ne parte au travail. J’adore le regarder naviguer à travers la chambre, sortir de la douche, s’habiller et touti quanti.
On a pris le café ensemble et dès qu’il est parti, je me suis jetée au lit. Naze la miss.
La porte... C’était Jess... Mon ennemie et rivale!
Elle savait où j’étais depuis hier déjà. Là, debout devant moi, elle n’avait certainement pas l’air d’avoir des douleurs au ventre!!! J'ai compris que ses, soit-disant, douleurs étaient imaginaires, ce n’était qu’un moyen comme un autre pour que Pascal reste à ses côtés.
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Rentre chez toi et fiche nous la paix une fois pour toute. Qu’est-ce que tu es venue faire ici, hein? Ça ne te suffisait pas de nous pourrir la vie en Suisse, il faut que tu viennes jusqu’en Allemagne lui coller au cul? Fout le camp, dégage... Tu ne te rend pas compte que tu fais de sa vie un enfer? Et tu as le culot de prétendre l’aimer, non mais je rêve! Tu ne vois pas que tu le rend malheureux?
Jess m’a promis que je n’aurai pas l’occasion de le voir plus qu’hier, donc je n’avais rien à faire là. Et j’avoue que quelque part, elle avait raison; je n’avais pas ma place ici!
Jess m’a conseillé de partir sans imposer à Pascal des adieux déchirants. Elle ne le laisserait pas venir m’accompagner ni à la gare ou ni à l’aéroport non plus, il ne fallait pas que je me fasse d’illusions. Probablement qu’il serait torturé, mais elle pensait que c’était mieux comme ça. J’avais causé assez de dégâts dans sa vie.
Après son départ, ses mots continuaient à me poursuivre; Jess avait raison. D’ailleurs, je ne pense pas pouvoir supporter non plus des adieux, je n’arriverais pas à grimper dans le train ou passer la douane de l’aéroport avec lui présent. Jess avait raison... Il allait falloir que je sois une grande fille, et que je parte. J’avertirais Pascal seulement quant je serais partie.
J'ai préparé mon sac en pleurant. J’avais réussi à trouvé un vol pour Genève dans l’après-midi.
Comme je l’avais pensé, à midi Pascal est passé à l’appartement et il a tout de suite remarqué que quelque chose n’allait pas. Et pourtant, je faisais tout mon possible pour qu’il ne se doute de rien, mais il l’a senti. Pascal m’a cuisiné pour essayer de me tirer les vers du nez.
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Qu’est-ce qui ne va pas? Qu’est-ce tu as?
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Heu, rien... Pourquoi tu me demandes ça?
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Jane, qu’est-ce qu’il y a? Tu... Raconte moi, parle moi!
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Rien chou, je t’assure, tout va bien. Je suis juste un peu inquiète de te voir courir dans tous les sens c’est tout!
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Ça m’est égal, il n’y a pas d’autre endroit où j’aurai envi d’être, je t’assure. La matinée est supportable en pensant que je te verrais à midi, et j’attends la fin de l’après-midi avec impatience pour te retrouver, alors ce n’est pas courir. T’es sure que ça va? Tu t’ennuie?
J’ai fermé les yeux pour qu’il ne devine pas en plongeant son regard vert au fond de mon âme. J’avais bien fait de ne pas prendre la fuite avant midi, sinon, il n’aurait sans doute pas pu se concentrer au travail, et son après-midi aurait été foutu, stressante.
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Serre moi fort...
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Je sais que tu me caches quelque chose... Dis Jane... Tu ne va pas filer sans me le dire, hein?
Glups, Pascal avait deviné, je lui ai alors menti comme un arracheur de dents. Malgré tout, dans ses yeux, je voyais qu’il devinait. Oui, c’était sûr, il le savait parce qu’il me serrait fort, son regard cherchait la confirmation de ses doutes sur mon visage. Je devais changer mes plans, je ne pouvais pas partir l’après-midi, j’attendrais qu'il passe après le boulot, en fin de journée.
En me trouvant toujours à l’hôtel, il sera rassuré, et je partirais après. Pascal finissait le travail vers les 17h30, et il serait là vers les 18h au plus tard. Vers 19h30-20h, il retournerait auprès de sa femme et attendrait qu’elle s’endorme pour revenir me rejoindre... Je ne serais plus là. C’était clair qu’il ne pouvait pas continuer comme ça, il allait finir par s’épuiser. Immanquablement, il commencera à souhaiter me voir disparaître, alors autant ne pas attendre ça!
10mn après le travail, Pascal est passé comme je le pensais. J'ai immédiatement remarqué le soulagement sur son doux visage de me voir. Je crois qu'il avait sérieusement eu peur que je ne sois plus là, et ça a bien failli être le cas. Je le sentais inquiet et il a eu toutes les peines du monde à partir rejoindre Jess. Je crois qu'il sentait que c'était la dernière fois qu'il me voyait. A voir l'expression tendu sur son visage, j'ai bien failli éclater en sanglots plus d'une fois. Je ne voulais pas le laisser partir non plus, sans le vouloir, je tremblais, ma voix aussi, alors j'ai évité le flot de paroles inutiles.
C'était la dernière fois que je le voyais, alors c'était vraiment dur. J'avais le cœur lourd et l'angoisse me tordait le vendre. Lui non plus ne parlait pas beaucoup, il voulait juste me garder serrer contre lui, et j'avoue que je n'avais pas envie de quitter ses bras.
J''ai remarqué les regards inquiets qu'il lançait autour de lui, pour ça, j'avais laissé des affaires éparpillés ça et là. Rassuré, 2h plus tard, Pascal a été rejoindre sa femme. Je savais qu'il ne repasserait pas avant 23h-minuit, ce qui me laissait le temps de disparaître.
J'ai rapidement rassemblé mes affaires pour partir, mais je n’ai pas réussi à trouver un vol pour Genève. Flûte.
Rien à faire d’autre que de trouver un endroit dans la suite pour me planquer après avoir aussi cacher mes affaires. Il n’y avait pas d’autres endroits à part, dans la douche. Le balcon, c’était trop risqué, s’il lui prenait l’idée de sortir sur la terrasse ou de fermer les fenêtre, je serais cuite.
En entrant dans la chambre, Pascal a immédiatement remarqué mon absence. Je l’ai entendu ouvrir les armoires, les tiroirs, puis il s’est ensuite dirigé vers la salle de bains et j’ai bien cru que j’allais être découverte, mais il n’est pas entré, ses pas se sont arrêtés... L’entendre pleurer m’a brisé le cœur en milles morceaux. Je n'aurai peut-être pas dû partir sans le lui dire? J'aurai au moins dû lui dire au revoir, lui envoyer un message? Il pleurait pour moi, et personne n’avait jamais pleuré pour moi! Je l’aimerai pour le restant de mes jours.
J’ai pleuré aussi avec les 2 mains sur la bouche pour ne pas laisser échapper le moindre son. Je l’aime et partir, me séparer de lui est bien la chose la plus difficile que je n’ai jamais eu à faire de toute mon existence! Et ça faisait un mal de chien!
Il y a rien à faire, j’aime les hommes normaux, sensibles, ce sont les seuls qui me touchent vraiment. J’ai pleuré le reste de la nuit jusqu’à J’ai fini par m’endormir épuisée d’avoir tant pleuré... Le savoir si près et ne pas pouvoir le voir, je crois que c’est tout aussi dur que d’être à des milliers de kilomètres, sinon pire.
Le lendemain matin, Pascal est repassé par l'appart avant de partir au boulot.
Heureusement que je connaissais ses horaires, et je commence à le connaître depuis le temps, alors j’avais prévu son passage. Pascal a été jusqu’au lit et s’est assis la tête plongé dans mon coussin qu’il serrait entre ses bras. Comme je l'aime fort fort. Le voir comme ça me faisait souffrir l'enfer et brisait le peu de courage qu'il me restait, et plus d'une fois j'ai failli courir vers lui.
Pascal est resté env. 10mn, puis il est parti. Derrière les rideaux de la fenêtre, je l’ai regardé traverser la rue pour se diriger vers son travail. God, c'était trop dur, j’avais envie de lui courir après juste pour avoir un dernier bisou, sentir une dernière fois ses bras autour de moi... J’avais le cœur brisé, je me sentais lourde, sans énergie... Je pensais avoir épuisé toutes les larmes de mon corps, mais apparemment pas, ma source était intarissable...
Au moins, j’avais vu sa silhouette une dernière fois... Je suis pourtant restée derrière mes fenêtres, tétanisée un long moment à regarder dans la direction qu’il avait pris, espérant contre toute attente, le voir revenir...
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------ C’était le moment de partir, de sortir de sa vie - (278) - mar.05.oct.10 ------