227/14 - Terrifiée d avoir osé le quitter!
Vendredi, 15 Août 2014 - 227/14 - Terrifiée d’avoir osé le quitter!
Aïe, le voir Pascal en personne, c’était autre chose que de balancer quelques phrases par téléphone. Ses yeux verts me transperçaient. Et ciel, j’avais envie de me réfugier dans ses bras, de sentir encore une fois ses lèvres me caresser de baisers. Juste une fois encore. Mais, je n'oserais jamais le lui proposer.
Pffffh! La boule à l’estomac, terrifiée par ce que j’avais osé lui jeter dans l’oreille quelques heures plus tôt. Je bafouillais, j’avais l’air de chercher des excuses bidons. Atroce. Ce n’était pas un de mes meilleurs moments!
- Tu es sûre Jane? Tu ne veux pas réfléchir encore un peu?
Afff, difficulté à déglutir, les paumes moites, la voix tremblotante, mon "oui" n’était plus qu’un souffle.
- J’ai envi qu’on essaie au moins, non? Ou alors, tu ne m’aimes plus?
Là, ma voix tremblait, mais d’émotion, et les mots sont sortis tout seul, sans réflexion;
- Oh Pascal, je t’aime, je t’aime plus que tout… et tu le sais bien.
- Alors pourquoi? Difficile de le croire, tu ne veux pas de moi.
- C'est faux! Parce que, tu avais raison, c’est dur de le reconnaitre, mais tu n’as aucun avenir avec moi!
- Arrête tes conneries. Moi, je pense le contraire. J’ai été trop loin, tu m’en veux, c’est de ma faute.
- Tu as tord. Un jour, tu voudras des enfants, tu voudras te marier, heu, te remarier, et je ne suis pas la bonne personne.
Sa voix tremblait, il semblait si triste, si incertain. Et déçu aussi. J'aimais tant le voir heureux. "No comprendo" était gravé en gros sur son visage que j'aimais tant voir sourire. Ce soir, son sourire avait disparu.
- Et qu’est-ce que tu fais de l’amour? De ce qu’on ressent l’un pour l’autre? On s'aime! Tu crois qu'n peut vivre sans amour, que le reste suffira?
- Je n’en sais rien. Mais, je sais que je ne conviens pas. Je sais que ces derniers mois, cette dernière année, j’ai beaucoup pleuré. C’était difficile, j’ai eu l’impression de te perdre milles fois, et la souffrance qui va avec est atroce.
- Et c’est pour ça que tu préfères qu’on se sépare?
- Je ne veux pas qu’on se sépare, mais je ne peux pas t’offrir plus que ce qu’on a déjà; des bons moments, des rires, une aventure sympa, mais rien de… concret.
- C’est tout ce que tu as à dire?
- Qu’est-ce que tu veux que je dise?
- Alors c’est fini?
- Pascal je t’aime à la folie, bien sûr que je ne veux pas qu’on arrête de se voir… Tu le sais bien. Ne plus te voir ou te parler, ce serait horrible. C’est toi qui le veut. Moi, je suis très bien comme on est.
- Moi j’aimerai un peu plus que ça. Si tu veux on peut chercher autre chose, un appart qui sera le nôtre, à tous les deux? Tu dis que tu m’aimes aussi, alors pourquoi est-ce que tu ne veux pas essayer? Excuse moi, mais je ne comprends pas.
Assis l’un à côté de l’autre en silence. Pascal avait beau retourner les choses dans tous les sens, pour une fois, je suis restée ferme. Purée, et pourtant, j’étais loin d’être sûre de moi, j’en avais seulement l’air. Déçu, il a préféré rentrer après m’avoir demandé s’il avait une chance de me faire changer d’avis.
Putain, mais pourquoi est-ce que je me punissais pareillement? Dieu que j’avais eu envie de me jeter dans ses bras, et envoyer balader mes résolutions. Pourquoi penser à son avenir? Si j’avais bien réfléchi, ça voulait dire avec quelqu’un d’autre que moi? J’ai fait la grimace. C’est ça le problème quant on veut faire du bien, on s’oublie.
Le vendredi, toute la journée, hop, boulot pour Nadine. Elle sera absente lundi, donc pour moi, congé. Youpi, je vais peut-être pouvoir peindre un peu, faire des trucs pour moi. Je voulais annuler le souper en famille, pour avoir une journée complète. Demain, David m’a demandé de garder Dobby, sa chienne.
Le soir, j’ai fait un tour aux endroits où on avait l’habitude de sortir boire un verre. Pas la voiture à Pascal, donc il n’était pas là. Je suis quand même entrée, sous le prétexte de dire bonjour. Thomas a voulu que je reste un peu, mais j’ai prétendu avoir rendez-vous. Tu parles! Rendez-vous avec qui donc? La seule personne que j’avais vraiment envie de voir, c’était Pascal.
J’ai donc été faire un tour chez lui. S’il n’était pas là-bas, je savais que j’irai vérifié chez Elodie.
Mais il semble que Pascal avait décidé de rester chez lui. Il n’était pas seul. Je ne sais pas comment elle avait fait, mais Caroline était là, avec lui. Ils étaient étalés sur le canapé du salon, à regarder un film et à s’enfiler des pop-corns. J’avoue que je n’étais pas encore guérie de lui. Le serais-je jamais? La jalousie m’a un peu piquée au vif.
Je ne sais pas à quoi je m’attendais! A ce qu’il se morfond seul? Qu’il continue à me supplier de changer d’avis? Qu’il me poursuive partout? Je ne sais pas. Mais je ne m’attendais pas à le voir tourner la page aussi vite.
Pourtant, c’était bien le même qui, hier soir, me demandait de vivre avec lui, et qui avait l’air si triste, si déçu.
Tout à coup, j’ai eu un coup de sang… Est-ce qu’il aurait demandé à Caroline d’emménager avec lui? J’en tremblais. Puis, je me suis calmée un peu. Ça me faisait moins mal que ce soit Caroline plutôt qu’Elodie. Mais mal quand même. Il fallait que je m’en aille d’ici avant de faire un connerie, comme aller sonner chez lui. Ce serait pire ridicule.
Mais on ne se refait pas… Je lui ai envoyé un message pour lui demander s’il avait demandé à Caroline de me remplacer!
Je me demande si la présence de sa femme lui fait penser à moi? Si cela ne lui rappelle pas le dur chemin qu’on a dû parcourir pour rester ensemble??? Bêtement, ça m’a fait plaisir qu’il m’appelle. J’ai fait demi-tour pour retourner à ma voiture et rentrer.
Alors 
Puis,
Mouais… je n’allais quand même pas m’imposer chez lui! Le sujet était clos.

Vers 17h30, sa copine, Michelle, est arrivée alors que je partais, et Nadine a insisté pour que je reste prendre un petit verre. Et je n’ai pu partir avant 20h, sinon c’aurait semblé malhonnête. Michelle a tenu à me tirer les cartes. Hum, tout leur mic-mac ésotérique ça me gonfle un peu. Ceux qui sont à fond là-dedans, essaie toujours de vous fourguer leurs bougies débiles, leurs pierres chakkra, bref, 
Les choses sont si compliqués. Trop compliqué. J'ai l'impression que ça fait des lustres, trop longtemps, que je ne suis pas vraiment heureuse avec Pascal. Tout va de travers. Tout va mal. Je passe plus de temps à pleurer, à me morfondre, qu'à baigner dans l'allégresse.
Ma soeur m'a proposé de passer prendre un café au retour,
En fait, je trouvais mon attitude vraiment égoïste. De plus, je me suis rendue compte que, si je ne sortais plus réellement avec Pascal, et qu’on ne ferait que passer de petits moments sympas ensemble, 
Comment se sentir à l’aise et faire semblant de rien dans ces conditions. Caro m’avait encouragée à ne rien dire, mais de voir Pascal aussi mal dans ses pompes, ça me faisait mal aussi. Alors 
