Samedi, 5 Juillet 2014 - 186/14 - Séléna - Comme moi 6 ans plus tôt… (2)
Samedi - (de 3h du matin à midi)
Pascal se tenait en plein milieu de la porte, une main sur le montant, l’autre tenant la porte, prêt à la fermer. Ce qui ne laissait pas beaucoup de place pour passer, et signifiait clairement qu’il n’invitait pas la visiteuse à entrer. Peut-être que j’aurai dû bondir hors de ma cachette? Avant que j’ai eu le temps de peser le pour et le contre, la miss s’est glissée sous son bras, pour faire irruption dans son salon.
Elle était bien plus jolie que je ne l’avais pensé, ce qui m’a causé un petit pincement au coeur. Je crois que j’ai aussi pensé qu’il ne pouvait pas faire autrement que de craquer. Sa petite robe portefeuille, bleu électrique, fendue sur le devant, lui allait à merveille, soulignant au passage sa poitrine, et ses petites bottines à talons bas, de la même couleur, lui donnait des jambes du tonnerre.
Pascal a suivi son passage, interloquée, il a juste ajouté avec ironie; “Ben… te gêne pas! Entre!”. Soit elle faisait semblant de ne pas avoir remarqué qu’il ne l’avait pas invitée, soit de n’avoir rien entendu, ou soit elle était sourde.
A peine à l’intérieur, elle s’extasiait à propos de son appartement; "Waouh, c'est grand... T'es vachement bien installé pour un célibataire! Un peu grand pour une personne non? Waaaah... tes canapés sont... Il te manque une femme là dedans...", etc, etc. Pascal était resté appuyé à la porte, les bras croisés et suivait sa balade à travers son salon, touchant à tout.
Une fois le flot de son admiration terminé, et qu’elle s’était tournée vers lui, un sourire futée et éclatant aux lèvres, Pascal lui a demandé ce qu’elle faisait là, et comment avait-elle eu son adresse.
Avec un petit rire mutin, elle s’est laissée tombée dans son canapé sans y avoir été invitée. Elle savait certainement qu’elle était jolie, et savait que les hommes ne lui résistaient pas.
Pascal était toujours appuyé à la porte, je n’arrivais pas à comprendre l’expression sur son visage. Je ne voyais pas très bien. La minaudeuse, que Pascal a appelé Séléna, s’est levée pour aller vers lui; “Tu me fais visiter?”. Pascal n’a pas répondu. Elle s’est approchée à presque le toucher, elle était pratiquement aussi grande que lui. Pascal gardait les bras croisés.
Je crois qu’elle attendait un geste de sa part. Il n’en fit aucun. Ouf, sinon je crois que je me serais évanouie. Je venais de réaliser que j’étais dans sa chambre, et s’il lui prenait l’envie de ramener cette fille là, je serais bonne pour endurer leurs ébats. Ça m’a soulevé le coeur. J’avais le choix, entre me montrer ou… argh!
Pour l’instant, ça n’avait pas l’air de prendre cette tournure. Pascal semblait bien trop froid avec elle. Je ne le voyais pas changer d’une seconde à l’autre et l’attirer jusqu’à son lit. Mais je pouvais me tromper!
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Tu sais que tu me plais n’est-ce pas?
Pascal a penché la tête sur le côté ne la quittant pas des yeux. Il ne disait rien, semblait hésitant. Son attitude pouvait aussi bien vouloir dire qu’elle lui plaisait. Jeeez, j’espère que non! Pourtant, il n’avait pas l’attitude non plus de quelqu’un qui cherchait à fuir. En tous cas, il ne cherchait pas à éviter un éventuel baiser.
Je commençais à bouillir sur pieds. J’avais chaud.
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T’es mignon…
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T’es pas mal non plus.
Coincé entre la porte et Séléna, Pascal a enfin fait mine de bouger. Il a posé ses mains sur ses épaules, et l’a retournée pour passer. Ouf. Quant je l’ai vu la toucher, j’ai eu peur que ce soit pour autre chose. Mon coeur tapait toujours à plein régime, et par moment, c’était si fort que je n’entendais rien. Son natel avait sonné et il a été voir qui l’appelait; c’était Caroline. Ils ont discutés un moment. D’après ce que je pouvais comprendre, Caroline était sans doute en larmes à l’autre bout du fils. Si je pouvais le deviner n’étant pas dans le salon, je pense que Séléna aussi.
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Arrête, il ne se passe rien. Ne te mets pas dans des états pareils…
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…
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Non, pas ce soir, je suis fatigué… Non, je vais aussi aller me coucher.
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…
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Allé, calme-toi… Commence pas...
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…
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Je te le jure. Je t’appelle demain promis… D’accord?
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…
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D’accord. Maintenant va te coucher et arrête de te faire des films ok.

Séléna a voulu savoir pourquoi il était parti sans lui dire au revoir. Curieuse, elle a voulu savoir qui étaient Elodie et Maud. A leurs arrivées, Maud a foncé droit sur lui, pourtant elle l’a vu s’en aller avec Elodie.
Ça m’a fait un peu plaisir de l’entendre dire que ce n’était que des copines. Qu’il avait seulement été la raccompagner.
Séléna commençait à être plus entreprenante, elle s’approchait un peu de trop. Pascal semblait rester sagement en retrait, évitant tout contact. Il lui a demandé une fois de plus pourquoi elle était venue, et une fois de plus elle a répondu sans répondre, le laissant le soin de deviner ses intentions.
Au fil de la conversation, Séléna lui a demandé s’il les avait planté au bar à cause de sa remarque concernant son ex. Pascal a confirmé. Il l’avait trouvée mignonne et marrante, mais sa remarque à propos d’une fille qu’elle ne connaissait pas l’avait fait déchanté.
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Oui, mais je ne pouvais pas deviner que c’était ton ex. J’avais juste vu une bonne femme qui te fixait comme si elle voulait te bouffer tout cru. J’ai pensé qu’elle cherchait à attirer ton attention ou à croiser ton regard. Je l’ai trouvée plutôt gonflée. Elle était clairement plus âgée que nous. Je me demande ce qu’elle faisait là étant donné que… enfin… Puisque c’est ton ex, clairement tu n’avais pas envi de lui parler ou de la voir! Je me demande pourquoi elle insiste encore!
Pascal a rigolé.
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D’ailleurs, comment t’as pu sortir avec une bonne femme pareille?
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Tu ne me connais pas… et tu ne la connais pas… On est un peu en froid, c’est tout.
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Oui, c’est vrai. De toute façon, je m’en fou d’elle, je n’ai pas besoin de la connaître.
Long silence. Alors, j’ai osé jeté encore un petit coup d’oeil par la fente de la porte. L’expression de Pascal était mitigé, mais… il souriait. J’étais étonnée de voir qu’elle l’amusait. J’aurai voulu qu’il la fiche à la porte qu’on puisse avoir l’occasion de lui parler enfin!
Peut-être que je devrais enfin me montrer, qu’elle sache que j’avais aussi les clés de chez lui. Elle pourrait même imaginer qu’on vit ensemble, ce qui la ferait prendre plus rapidement la porte? Non. Je n’osais pas faire ça. J’en avais presque trop entendu pour me montrer maintenant.
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Quant tu ne connais pas les gens, tu ne penses pas que tu devrais mesurer ce que tu dis? Faire attention à ce qui sort de ta bouche! Tu ne me connais pas… Sinon tu saurais qu’en principe, j’aime les femmes plus âgées, et aussi plutôt rondes…
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Comme cette… Comment elle s’appelait? Caroline?
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Par exemple.
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Comme Maud et Elodie hein! Mais, elles ont plutôt notre âge, contrairement à cette…
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Jane. Elle s’appelle Jane.
On aurait dit que le fait d’avoir prononcé mon nom le rendait nerveux. Il ne tenait plus en place, et clairement il voulait qu’elle s’en aille. Ou cela faisait-il partie du jeu? Certains hommes aiment pousser les femmes à se jeter sur eux, comme ça, ils peuvent dire ensuite, qu’ils n’ont rien demandé.
Séléna avait beau essayé de changer de sujet, Pascal répétait qu’il était crevé à chaque occasion qu’il avait, allant jusqu’à lui demandé si elle voulait qu’il lui appelle un taxi. Elle a dû lui rappelé qu’elle était venue en voiture. La petite coupée rouge devant la maison était la sienne.
Pascal est sorti sur le palier avec elle. Je n’ai pas osé sortir de sa chambre. Qu’est-ce que j’allais faire maintenant? De la fenêtre de sa chambre, je l’ai vu descendre les quelques marches pour l’accompagner jusqu’à sa voiture. Il pleuvait pourtant. Avant de se glisser derrière son volant, Séléna lui a volé un baiser.
Ça m’a brulée de l’intérieur. Parce que s’il ne l’avait pas voulu, elle ne l’aurait pas fait, ou n’aurait pas réussi. Cela n’avait duré qu’une demi seconde, mais je n’ai pas eu l’impression qu’il ait fait un seul mouvement de surprise ou de recul. Je l’ai détesté lui pour ça. Après tout ce qu’elle avait dit de détestable sur moi, il l’a laissait encore l’embrassé! Salaud.
Je me suis faufilée jusqu’à la chambre que sa femme occupait les derniers temps. Je crois que j’avais décidé de m’en aller. Je ne saurais pas caché la rage qui bouillonnait en moi, il devinera immédiatement que j’étais là, ou que j’avais tout vu. Ça m’a fichu les larmes au yeux. Moi qui voulait tellement le voir et lui parler, me faire pardonner… Je fais quoi maintenant?
J’ai pris mes jambes à mon cou pour filer par l’autre entrée. Je ne pourrais pas lui faire face. Pourtant, après quelques mètres en direction de ma voiture, je me suis arrêtée indécise. Je ne pouvais pas fuir et laisser passer ce jour? C’était un jour important dans notre histoire. Je pouvais bien fermer les yeux sur tout ça et ne penser qu’à moi. Ne penser qu’à lui…
Je devais arrêter de laisser des broutilles me bouffer l’existence et lui faire payer toutes mes incertitudes… S’il m’avait embrassée plus tôt, c’était parce qu’il tenait encore à moi? Que pouvait-il bien être pire que de ne pas vérifier? Oui, il pourrait m’envoyer valser?
Ça me fera mal, mais au moins, j’aurai essayé. Ou il me prendrait tout simplement dans ses bras? Ça valait la peine de voir. Après tout, Pascal avait été d’une loyauté farouche envers moi vis-à-vis de Séléna, malgré le fait qu'on soit en froid, et qu'on n'était plus ensemble depuis longtemps.
Courageusement, j’ai rebroussé chemin. J’étais trempée. Au moins, il ne verra pas mes larmes… Penaude, j’ai frappé à sa porte…
C’était mon tour de l’emmerder, lui qui voulait se coucher. Se coucher? Alors pourquoi avait-il enfilé une parka et avait l’air d’être sur le point de sortir? Petit coup de chaleur. C’était la rage. Si les choses n’étaient pas si tendu entre nous, je lui aurais sûrement posé la question, et je crois bien que j’aurai fini par faire demi-tour.
Pascal a semble hautement surpris de me voir sur le pas de sa porte! Il a froncé les sourcils. Je crois qu’il a failli me demander ce que je foutais là, mais heureusement, il s’est abstenu. Sans un mot, il m’a fait signe d’entrer en s’écartant de la porte. Pas comme avec la Séléna une heure plus tôt. Après avoir jeté sa veste sur le fauteuil près de l’entrée, il a disparu dans sa chambre pour revenir avec un linge et s’est mis à me frictionner.
Trop heureuse, je l’ai laissé faire. Je devais avoir une sale tête parce que Pascal a rigolé. J’ai failli fondre en larmes devant son regard attendri. En levant les yeux vers lui, j’ai fait le signe de; “pause” ou “temps mort”, signe qu’ils utilisent au basket. Pascal a tout de suite saisi. Comme j'aime son rire, son visage s'éclaire et le vert de ses yeux brillent. J'aime son sourire et sa petite fosette.
Peut-être qu’au lieu de vouloir le silence, et faire semblant, j’aurai dû choisir de m’expliquer? De lui demander de me pardonner? Que ce n’était que parce que j’étais seulement idiote que j’avais invité Steven à venir chez moi, pas pour l’énerver. Je n’avais même pas penser faire quelque chose de mal. Non… Iiiiiah, ça risquait de réveiller sa fureur!
Adorable, Pascal m’a entourée de ses bras. J’ai fermé les yeux et je me suis laissée aller contre lui, heureuse de me retrouver là. Moi aussi je l’ai entouré de mes bras et j’ai serré de toutes mes forces. J’ai fondu quant il a pris mon visage entre ses mains chaudes et douces pour m’embrasser.