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248/14 - Plus bas que bas

Publié le par JaneDo


Vendredi, 5 septembre 2014 - 248/14 - Plus bas que bas

Pascal avait proposé qu’on se voit ce soir. J‘ai attendu son appel toute la journée. Rien. Ce serait montrer à quel point j’étais désespérée de lui envoyer un message pour lui rappeler sa promesse, non? S’il y avait un seuil plus bas que dépressif, alors je l’avais atteint. Une grosse boule se baladait dans ma poitrine, mal à la tête d’avoir trop pleuré hier soir, et incapable du moindre travail constructif. J’étais mal.

Qu’est-ce qu’il faisait? Allait-il m’appeler? Pensait-il au moins à moi? Ou m’avait-il juste dit ça hier pour que je lui foute la paix? Probablement. Chaque minute qui passait, à observer mon natel silencieux, m’angoissait d’avantage. J’ai vérifié au moins dix fois s’il était bien chargé, allumé et tout. Pascal m’a laissé sans nouvelles.


Des copines sortaient prendre un verre et m’avait proposé de me joindre à elles. J’avais refusé. Pourtant, je savais qu’il ne fallait pas que je reste chez moi, sinon, j’étais bonne pour la camisole de force. Vers 21h, avant de me forcer à sortir un moment, mon iPad dans le sac, j’ai appelé à la ronde pour avoir des nouvelles sur Pascal. Ni Caro, ni Thomas ne savaient ce qu’il faisait et où il était.

Il ne fallait pas que je lui coure après. Il ne fallait pas que j’aille tourner autour de chez lui. Pas que je l’appelle, ni le bombarde de messages. Pascal savait parfaitement où me joindre s’il le voulait. Et apparemment, j’étais la dernière de ses priorités, préoccupations et le reste. Bref, je n’existais plus. Et je n’existais plus pour moi non plus. Pascal? Ou pouvait-il bien être? Que faisait-il donc?

Après une bonne heure à me forcer à sourire, rigoler, j’ai préféré rentrer au grand désespoir de Vania. Elle voyait bien que je n’étais pas en forme, mais je ne voulais pas en parler. Je me serais mise à pleurer, ou au contraire, jouer la fronde en rigolant. Le coeur n’y était pas, je ne m’amusais pas.

Je suis rentrée me terrer chez moi, bouclé mon natel qui ne sonnera plus, plantée devant “The Walking Dead” pour la xème fois, je me suis envoyée un verre de vodka bien tassé, et un somnifère. A moitié dans les vapes, la tête aussi vide qu’une citrouille, j’ai enfin pu trouver le sommeil. Un sommeil lourd et plombé, mais au moins, je dormais. Et quant on dort, on ne sent rien, on ne souffre pas.


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247/14 - Rien voir, rien entendre, rien savoir

Publié le par JaneDo


Jeudi, 4 septembre 2014 - 247/14 - Rien voir, rien entendre, rien savoir...

Parlé avec Akemi-sama pendant plus de 4h… Rire… On est pro là, top prête pour le prochain marathon téléphonique. J’ai une main libre, mais je ne sais pas l’utiliser, Pascal m’a montré x fois comment le connecté à mon téléphone, mais la leçon entre et sort de l’autre oreille. Pfff. D’habitude, je ne supporte pas de rester des heures plantée au téléphone, j’ai l’impression d’avoir un truc urgent à faire et que je ne fous rien.

Mais là, pas d’oreilles qui chauffent ou transpirent, pas vu le temps passé non plus. De vrais pipelettes hihihi. Trop rigolé.. c'était chouette.

Encore une fois, ça me ramène à Pascal, avec qui j’avais l’habitude de passer de longues heures, le soir, à papoter avant d’aller me coucher. Ça, c’était au début qu’on sortait ensemble, et que la présence de sa femme nous empêchait de nous voir aussi souvent qu’on le voulait. C’était toujours moi qui appelait. Je crois que je l’ai mal habitué.

J’ai promis à Akemi-sama de ne pas lui courir après ce soir. Si possible, de me concentrer sur autre chose et de rester tranquillement à la maison. Les premières heures, après un bon bain, pour enlever le poids de la fatigue de mes épaules, je me suis investie dans mon boulot, tout en donnant un coup de pinceau par-ci, par-là sur mes toiles en cours.

Mais à l’approche des 22h, je n’y tenais plus. J’avais du mal à me concentrer, et me demandais sans arrêt ce que Pascal pouvait bien fabriquer. Clairement, hum, je n’oserais pas pénétrer pour l’instant chez lui, c’était chaud la dernière fois. J’avais bien failli me faire prendre.

Avant de faire une connerie monstre, j’ai appelé Caro. Elle devait sûrement savoir ce qui se passait chez son voisin… En effet. D’après ses dires, Pascal n’était pas là, mais Elodie oui. Elle se baladait dans son appart comme si elle était chez elle. Elle lui préparait à manger. Une grosse main velue et froide m’a tordu les boyaux.  Comment? Le savait-il?

Apparemment, elle l’attendait son retour. L’estomac tordu, j’avais chaud. J’étais bouillante, angoissée. Une peur froide m’a terrassée lorsque qu’un pensée a traversé mon esprit; lui avait-il proposé d’habiter chez lui? Non, cela ne se pouvait pas.

Je me suis renseignée pour savoir si Thomas était chez lui. Non. Pourquoi aucune idée. Ou peut-être que si j’allais là-bas lui tordre le cou à la Elodie, je ne voulais pas que Thomas puisse intervenir. Tremblante, incertaine, j’ai essayé d’appeler Pascal, mais il ne répondait pas. J’ai voulu lui envoyer un message, mais que dire en quelques lignes???!

Complètement à la masse, à la limite de la folie furieuse, j’ai foncé chez lui. Je voulais voir de mes propres yeux. Caroline m’attendait. Ensemble, on s’est faufilée dans les buissons près de la maison. Pascal était rentré entretemps, et ils dînaient. Voir Pascal tendre la main par-dessus la table pour prendre sa main m’a révoltée.

Ni une, ni deux, je l’ai appelé. Cette fois, après avoir regardé son natel, il s’est dépêché de sortir pour me répondre. Elodie l’a regardé faire sans intervenir, ni même tenté de lui suivre. Je me suis éloignée de notre point d’observation, pour qu’il ne remarque pas la luminosité de mon natel dans les fourrés.

Sans détour, je lui ai demandé si je pouvais passer le voir, j’avais besoin de lui parler. Pascal chuchotait, ce qui m’a mise les nerfs à fleur de peau. D’habitude, enfin par le passé, il se serait immédiatement débarrasser de la Louise, qui qu’elle soit, pour me consacrer un peu de temps, mais là, il disait ne pas pouvoir ce soir, mais qu’on pouvait se voir demain.

Alors, peut-être qu’Elodie ne s’était pas installée chez lui…

Et demain, c’était vendredi, donc, je pouvais peut-être rester avec lui… Tout de même, j’étais désespérée, furieuse, tremblante et je voulais être à la place d’Elodie. En fait, j’étais furieuse de la voir chez lui, furieuse de la voir se comporter comme si elle était chez elle. Je lui en voulais d'avoir permis à Elodie de foutimasser chez lui.

Mais je ne pouvais rien faire. J’avais beau insister, Pascal n’avait pas envi de me voir ce soir, ça c’était clair. Et je ne pense pas que ça aurait arrangé mes affaires si je me pointais chez lui, malgré son refus. A cours d’air dans les poumons, brulante de fièvre, j’ai dû me rendre à l’évidence que ce soir, je ne le verrais pas.

Encore plus mal, plus déprimée qu’avant de venir jusqu’ici, devant sa porte, j’ai dû me résoudre à rentrer. Parce que passer la soirée à les regarder folâtrer, n’était pas une option; je friserais la folie. Ou… je risquais de débouler chez lui et me couvrir de ridicule.

Caroline a voulu que je reste prendre un café avant de repartir, mais, je savais que les larmes étaient sur le point de débarquer, et je préférais être seule pour me laisser aller et pleurer de tout mon saoul. j’étais plus que déprimée… Parfois, il est préférable de ne rien savoir, de ne rien voir et ne rien entendre!


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246/14 - En pièces détachées!

Publié le par JaneDo


  Mercredi, 03 Septembre 2014   - 246/14 - En pièces détachées!

Tonne de trucs à faire aujourd’hui, mais le coeur n’y est pas. Aucune envie non plus de voir qui que ce soit. Une boule de billard au fond de l’estomac, j’ai tenté de me concentrer à peindre. Pfff, pas top. Je joue les funambules sur une corde tendu au-dessous d’un gouffre de déprime.

Rendez-vous avec Maria pour faire ses albums; j’ai annulé. Dîner avec Magalie; annulé aussi. Soir rendez-vous pour prendre un petit verre avec Steven; annulé aussi. Ouais, c’est pas la grande forme, envie de rien. Parce que Layne m’avait rendue service samedi soir, je ne pouvais en aucune façon annulé avec lui.

J’ai déplacé notre rendez-vous de demain, à ce soir. Parce que demain, je suis presque sûre d’aller courir derrière Pascal. Hum?! C’est peut-être pour ça qu’il avait choisi demain???

Layne avait commandé des pizzas pour ce soir. Je n’avais aucune idée de ce qu’il avait prévu d’autre, genre DVDs, ou un verre avec des amis, ou simplement une soirée tranquille à discuter en buvant un petit cocktail de son cru. Je n’ai pas eu l’occasion de me poser beaucoup de question.

Sans avoir le temps d'échanger deux mots, Layne m’a embarquée dans sa chambre après un baiser sur le pas de la porte. Après un petit marathon physique, on s’est larvé devant la télé. Quant ils sont venus livrer les pizzas, monsieur a été répondre à la porte, à pélosse et à pieds nus. Il ne portait rien d’autre qu’un boxer.

Un que je lui avais offert, avec marqué sur les fesses; “That’s mine”. Faut dire qu’il a une belle paire de fesses. Sourire. Afff, je n’avais aucune envie de rentrer, pour me retrouver toute seule à baliser au sujet de Pascal. J’étais trop bien, au chaud sous les draps, et je préférais nettement l’entendre me raconter ses aventures.

Je me sentais moins déprimée… Peut-être parce que je ne suis pas toute seule! Je suis partie le lendemain matin, alors qu’il partait au boulot, avec l’impression d’avoir été rouée de coups. D’être en pièces détachées quoi! J’avais mal partout. Si je me sens coupable pour hier soir? Même pas! J'ai eu mon compte de la part de Pascal... Il m'avait mise K.O.!


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245/14 - Les fantômes du passé!

Publié le par JaneDo


Lundi, 01 Septembre 2014 - 244/14 - Les fantômes du passé!

Arh, encore une fois, j’ai voulu annulé le dîner en famille. J’étais vannée, et pas trop la frite. Une déprime plongeante attendait à ma porte, il suffisait d’une rien pour que je m’effondre. Je suis toujours étonnée à quel point j’arrive à le cacher. Comme ma frangine insistait, j’ai fini par accepter de passer pour le café.

Mon frère devait passer et on devait appeler le Liberia, pour parler à Richard, notre neveu.

Hhhhah, encore une fois, pour moi, c’était remuer le couteau dans la plaie, et me remémorer que mon frère aîné est décédé. Mon frère et mes soeurs ne se rendent pas compte que je n’ai pas encore accepté la mort de mon frère. Tout ce qui se rapporte au Liberia me rappelle cruellement sa disparition. Je n’aime pas être confrontée à cette évidence, ça me gave.

Ciel, je me sens si fatiguée, si vide, je n’étais pas dans un de mes meilleurs jours…  Je suis rentrée tard, et je me suis jetée sur la peinture. Tout pour chasser les fantômes du passé et la peur d’un lendemain vide sans Pascal. J’aurai sans doute dû aller me coucher.

En rentrant, bien sûr je suis passée par chez Pascal. Surprise, il était chez lui, et tout seul. Pas de nana cachée dans le placard! Il boutiquait tout en regardant la télé.

En quittant Layne dimanche après-midi, j’ai foncé récupérer mon neveu, Marco et sa copine, Karen, à l’aéroport. 1h30 de bouchon! La vache! Au lieu d’être là-bas comme prévu pour le vol de 15h55, je suis arrivée à l'aéroport 1h plus tard, à 16h55. Un accident. Une fois tout ce petit monde chez eux, je suis rentrée chez moi. J’avais besoin de retrouver mon lit, mes affaires, mes bouquins et mes pinceaux.


Mardi, 02 Septembre 2014 - 245/14

Mardi, Tchoy était au boulot, alors je me suis accordée ma journée. Une journée tranquille, rien qu'à moi. Le soir, j'avais rendez-vous chez Aurore. Elle m'invitait à dîner pour me remercier pour mon aide avec une lettre urgente, que je l'ai aidée à préparer lundi.

En fait, j'ai couru toute la journée, journée qui devait être de tout repos; boulot, quelques heures au téléphone avec l'agence pour recadrer le désir du client. Bref, impossible de me concentrer sur quoi que ce soit ces temps-ci!

Tchoy devait me donner sa part de loyer ce soir... Du coup, monsieur ne répond plus à son téléphone, et il n'est pas rentré! Franchement malhonnête. Je suis sûre qu'il est en train de snifer largent de sa part de loyer chez Emilio à Carouge. Quel naze, on ne peut vraiment pas lui faire confiance. C'est la 2ème fois qu'il fait le coup, je crois que j'en ai marre là!


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242/14 - Pas si facile de se séparer!

Publié le par JaneDo


Samedi, 30 août 2014 - 242/14 - Pas si facile de se séparer!

Déroutée, dégoûtée de n’avoir pas même aperçu Pascal hier, je me préparais à ressortir ce soir, dans la même optique; le voir.  J’ai dû prendre la chienne avec moi. Mon énervant coloc et meilleur ami avait son fils à la maison, et je n’avais pas assez confiance pour laisser la petite avec lui. Je l’avais beaucoup promenée et fatiguée, donc je comptais sur ça pour qu’elle se tienne tranquille.

Mais, j’ai eu de la chance. Avec Caroline, je me suis rendue au Time-Out. La plupart de nos copains, dont Thomas était là, et Pascal aussi. Nos regards se sont croisés au moment où je faisais le tour pour saluer tout le monde, sauf lui et le petit groupe qui l’entourait. Après tout, il m’avait bien fait comprendre qu’il voulait m’éviter.

Caroline l’aimait bien Steven parce qu’elle le trouvait courageux d’avoir osé faire des reproches à Pascal devant toute sa petite Cour. Quant Steven nous a proposé un verre au bar, on a accepté avec plaisir. Steven était au courant pour Pascal et s’est montré désolé pour moi, ce qui m’a un peu contrariée.

J’ai senti que Pascal était mal à l’aise de me voir. J’ai donc appelé Layne à la rescousse. Si Pascal avait prévu de m’éviter et de se pavaner avec Elodie, j’allais lui rendre la monnaie de sa pièce, en me pavanant avec Layne. J’avais juste pas prévu de croiser Steven. Justement, Steven qui me proposait d’aller chez lui se taper popcorn et DVDs. Layne était justement au bar en face.

Je ne m’attendais pas non plus à ce que Pascal se déplace pour me dire bonjour. J’avais pensé qu’il m’ignorerait. Donc, quant il s’est planté à côté de moi, salué Steven et fait la bise à Caro, puis à moi, je me suis sentie un peu gênée. Après m’avoir fait la bise, Pascal a fait la grimace; “ça fait bizarre de se faire la bise!”. J’ai acquiescé.

Pascal m’a prise à part pour discuter. Encore aujourd’hui, je me demande pourquoi je l’ai suivi aussi facilement. Je n’aurai pas dû.

Encore une fois, probablement pour lancer la discussion, Pascal m’a dit qu’il trouvait bizarre qu’on se fasse la bise. Et encore une fois, imitant sa grimace de tout à l’heure, j’ai fait oui de la tête. Puis, sans détour, il m’a dit qu’il était sorti parce qu’il espérait me croiser. En voyant la surprise sur mon visage, il m’a dit qu’entre nous, on n’avait pas à se raconter d’histoires et à de faux-semblants.

Oui, il avait dit qu’il préférait m’éviter, mais il m’avouait que ce n’était pas si facile de se séparer, surtout quant on s’aime encore. Je restais muette alors qu’il me disait se surprendre à n’avoir goût à rien. Cela m’a un peu énervée d’entendre ça, alors que je l’avais surpris avec Elodie. Il n’avait pas l’air d’avoir perdu son goût pour les aventures que je sache.

J’étais sur le point de péter un câble, parce que, après toutes ses déclarations plus ou moins  déstabilisantes, Pascal était sur le point de me planter là pour retourner auprès de “sa blonde”. Je voulais lui demander s’il me prenait pour une gourde, quant Layne à fait une entrée assez remarquée.

Tout en saluant ses connaissances, Layne a foncé droit vers moi. Je l’adore, parce que, quant il fait un truc, il le fait drôlement bien! Pascal a un peu perdu de sa superbe. Clairement, il ne s’attendait pas à ça. Clairement, il n’allait pas réussir à me planter toute seule au bar avec des questions pleins la tête.

Layne m’a fait un bisou sur la bouche, puis a salué un Pascal médusé. Layne avait passé son bras autour de moi, comme si je lui appartenais. C’était presque comme s’il signifiait à Pascal qu’il avait été sympa de me distraire, mais maintenant, il pouvait s’en aller. Pascal ne s’est pas fait prié.

Waouh, Layne était tombé à pic. Mieux que ça, ce n’était pas possible. Grâce à lui, Pascal a dû avoir sa soirée gâchée, il ne nous quittait pas des yeux. Bien fait!

On a traîné un moment vers Thomas et des potes à Layne. Avec passion, dans la demi heure qui a suivi, je me suis appliquée à rigoler des blagues des uns et des autres, participé aux discussions, et montré le plus radieux de mes sourires. Puis, main dans la main, Layne et moi avons quitté le bar pour rentrer chez lui.

C’est seulement une fois dehors, que j’ai remarqué la présence de Maria, la fille qui l’accompagnait. Vers la voiture, ils se sont expliqué. Layne lui avait dit qu’il venait porter secours à une copine. Elle s’était sentie un peu ignorée, et maintenant, il ne voulait pas la raccompagner.

Layne ne lui avait pas demandé de le suivre, c’était son choix. Avant de tourner les talons, elle l’a traité de connard, et je me suis sentie coupable. Layne m’a rassurée, il n’avait pas l’intention de finir la soirée avec elle, donc je n’avais pas à me sentir coupable, ni à penser que je lui avais gâcher la soirée, ce n’était pas le cas.

Pendant un long moment, j’ai scruté la rue devant chez Layne. Je m’attendais à voir Pascal se pointer pour me culpabiliser. Mais niet.  Pour le cas où Pascal aurait été se poster chez moi. J’espère qu’il éprouvera le même désespoir que moi devant chez Elodie.

Et au cas où Pascal finirait par revenir par ici, alors que je ne surveillais plus la rue, je me suis appliquée à être très câline avec Layne. Je me collais à lui, m’asseyais sur ses genoux, lui faisait des bisous, alors que les rideaux n’étaient que partiellement tirés. Layne savait que je faisais du cinéma, mais il ne s’en formalisait pas.

Au contraire, Layne profitait de la situation. Si Pascal se pointait, il en aurait pour son grade. J’espère aussi que son coeur se brisera en mille morceaux comme le mien.

Si Pascal avait désiré me voir, il connaissait mon numéro. Mais, je n’ai pas eu d’appels de sa part. Par contre, Caroline m’a appris qu’il avait ramené Elodie chez lui. Ouais, pour un type qui avait soi-disant goût à rien, il était drôlement pressé de ramener l’autre pétasse chez lui.

Furax, je me suis laissée très facilement persuadé par Layne de dormir chez lui. Et tout aussi facilement de passer le dimanche avec lui. Parce que je savais qu’Elodie avait dormi chez Pascal et qu’elle y était encore dimanche matin quant Caro est passée pour aller courir avec Pascal.

Caro est un agent de renseignement hors pair. Je me demande parfois comment elle fait. J’oublie souvent comme elle doit souffrir d’être mise de côté aussi fréquemment, ou de le voir s’amuser avec autant de filles.

Par moment, mon estomac se tordait en repensant aux paroles de Pascal; “… pas si facile de se séparer… j’espérais te croiser…  horrible ce que tu peux me manquer…”. Mais aussitôt après, la fureur me gagnait; Pascal était avec Elodie, donc je ne devais pas lui manquer autant que ça!


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241/14 - Misérable flop!

Publié le par JaneDo


Vendredi, 29 août 2014 - 241/14 - Misérable flop!

Je suis sortie dans l’unique but de voir Pascal. Je voulais lui dire que je voulais bien tenter l’expérience de vivre “ensemble”. Pour ça, je préférais qu’on déménage dans autre chose, chez lui, il y avait trop de “souvenirs” attachés à cet appart. Pascal ne voudra pas quitter sa maison, j’en suis presque sûre. Si je n’arrive pas à le faire changer d’avis, je basterai.

Mais Pascal n’était trouvable nul part. Même Caroline, qui m’accompagnait dans mon périple, ne savait pas où il pouvait se trouver. On s’est séparé pour entamer les recherches, après avoir fait un saut dans tous les bars qu’il avait l’habitude de fréquenter. Rien.

J’étais franchement déçue. J’avais déjà tout imaginé dans ma tête, sélectionné avec soin ce que je portais, passé la journée à me préparer et me reposer… et tout ça pour rien. Je ne voulais pas m’y résoudre.

Je suis allée voir chez lui, alors que Caroline faisant un rapide tour chez ses potes dans le coin. On s’est retrouvée dans le parking du Mövempick, bredouille.

J’avais même regardé dans son garage, donc, je savais qu’il avait pris sa jeep. On avait croisé Maud au Tiger, donc, il n’était pas en sa compagnie. Apparemment, Elodie n’était pas sortie, il y avait de la lumière, donc il ne pouvait pas être avec elle. Je voulais continuer les recherches, impossible pour Caro de me raisonner à laisser tomber. Je voulais le retrouver.

Dire que j’avais passé la journée à rêver de ce soir… et c’était un gros misérable flop! Douloureux aussi! Ou était-il encore!


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240/14 - I m a dummy!

Publié le par JaneDo


Lundi, 25 août 2014 - 237/14

Ma puce a commencé le Gymnaze. C’était son 1er jour. Apparemment, des profs jeunes, chouettes, dynamiques. Cool. Tout va bien. Toujours pas de nouvelles de Pascal. Profil bas de ma part, hum.


Mardi, 26 août 2014 - 238/14

Longues promenades avec la petite chienne labrador chocolat. On s’est tapé la pluie aujourd’hui. Hum, j’avoue que j’ai fauté aujourd’hui, je n’ai pas pu m’empêcher de passer voir ce que faisait Pascal. Il n’était pas chez lui. Thomas, de son côté, avait des copains à la maison. J’ai attendu une petite heure. Niet.


Mercredi, 27 août 2014 - 239/14

Déprimée, je suis passée voir Caroline. Bon, elle n’était pas plus en forme que moi. Etrangement, elle n’avait pas reçu de nouvelles. Et ce n’était pas faute de ne pas l’avoir pas bombarder de messages. Pascal n’avait répondu à aucun de ses messages. Elle était passée chez lui dimanche matin, mais il n’était déjà plus à la maison, ou, n’était pas rentré de la nuit.

Virulente, je me suis plainte que Pascal m’avait fait un méchant chantage; vivre ensemble ou ne plus se voir. Je lui ai dit que j’étais blessée qu’il continue à les fréquenter, elle et Elodie, alors qu’il préférait éviter les endroits où il risquait de me croiser.

C'était injuste, et pour moi, l’évidence était qu’il ne tenait pas à moi. En tous cas, moins qu’à elles toutes.

Caroline a paru amusée, puis elle m’a dit un truc qui m’a remonté le moral une demi seconde; ce n’était pas à elles qu’il avait proposé de partager sa vie, mais à moi. Après, je trouvais l’explication un peu trop light. Pascal connaissait ma réponse avant de me poser la question; donc à mon avis, c’était juste une manière de se débarrasser de moi.


Jeudi, 28 août 2014 - 240/14

J’avais pensé sortir ce soir, puis Caroline m’a appris que Pascal ne sera pas dans les parages. Elle avait enfin eu des nouvelles. Je n’ai pas demandé ce qu’il racontait. Je tenais à me montrer détachée. Hum, je me demande pourquoi, d’habitude, je lui raconte tout. C’est peut-être à cause de mon “éclat d’humeur” hier.

Je me suis plainte comme une vraie potiche, alors qu’elle était triste et n’avait pas reçu de nouvelles non plus. Mais bon, elle au moins, elle a toujours des contacts avec lui. Je me demande si je ne devrais pas laisser ma fierté de côté, et l’appeler comme avant. Non. Impossible que je m’abaisse à ça. Il ne veut plus me voir, alors soit.

Arh, j’ai refusé l’invitation de Steven d’aller se faire une toile. Carrément nulle. J’ai prétexté un dîner en famille, alors que toute la famille est en vacances! Eu la folle envie en fin de soirée de courir espionner Pascal. Si je n’avais pas eu la chienne, j’aurai couru dans tous les coins où il aurait pu se trouver.

Akemi-sama et moi avons discuté des heures au téléphone, et on aurait pu continuer encore des heures. Tellement de choses à se raconter. Trop cool. Je l’adore. Devoir pointer à haute voix certains de mes défauts, ou mes visions, m’ont fait réaliser à quel point je pouvais être puérile. Faut que je change. Etre un peu plus courageuse, et pas regarder seulement le côté négatif des choses, mais être plus positive. Peut-être chercher à mieux connaître celle que je suis devenue au contact de Pascal; l’amoureuse transie, stupide et dépendante!

Demain, je prends mon courage à 2 mains, je bouge mes fesses et je ferais courageusement face à Pascal. Et tant pis s’il me demande des explications sur ma présence chez lui l’autre soir.


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236/14 - Pas de news? alors Pascal s en fiche!

Publié le par JaneDo


Dimanche, 24 août 2014 - 236/14 - Pas de news… alors Pascal s’en fiche!

Arh, long dimanche! Pas de nouvelles de Pascal, alors je me dis que, je ne lui manque pas, il s’en fout. Alors il ne m’aime plus, et ça fait mal. C’est la longue descente dans les abîmes du désespoir.  Mais je tiens. Et je tiendrais. De toute façon, hum, je n’ai pas trop envie de me retrouver face à face avec lui. S’il sait que j’étais là, il sait que je les ai vus aussi, glups.

Ok, je n’ai plus qu’à me mettre au boulot à fond. Et peindre aussi pour moi. Beaucoup de promenade avec le chien, sous la pluie, ou sous les nuages qui menaçaient de nous tomber sur  la tête. Le chien était trempé, moi aussi. Après quelques heures, au nirvana, je me suis plongée dans un bouquin; "Que serais-je sans toi, d’Harlan Coben"!

Ce n’était peut-être pas le livre à lire étant donné mon état d’esprit du moment! J’ai beaucoup pleuré vers la fin. Parfois, le hasard a de drôles de méchantes petites frappes, là où ça fait mal. Tout de même, c’était un bon livre dans lequel je me suis plongée, et ne l’ai posé que quant je l’ai fini. Bonne fin. Je vais le refiler à Kaya, la seule de mes nièces qui aiment la lecture autant que moi.

Contente d’aller me coucher, soulagée que le week-end soit enfin terminé, surprise surtout d’être encore en vie. Dingue, le chagrin ne tue pas!


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235/14 - La vie continue... pour lui!!

Publié le par JaneDo


Samedi, 23 août 2014 - 235/14 - La vie continue… pour lui!!

Tenir à tout prix! Oui, plus facile à dire qu’à faire! C’est vrai, je voulais voir si j’étais capable de tenir tout un week-end sans compter voir Pascal, mais… je me morfondais; pourquoi ne m’appelait-il pas? Je ne lui manque donc pas? Comment peut-il tourner la page aussi vite? Quant on vous aime, ne vous aime-t-on pas pour toujours? Et tout ce qu’on a vécu ensemble, ça compte pour rien? Petit pensée d’une seconde; avec le prochain, je serais une pire salope! Je ne perdrais plus de temps à tomber amoureuse.

Puisque de toute façon, rien ne compte, pourquoi se donner la peine de donner son coeur, ou même son amour? Quelle importance? Prendre ce qu’on veut c’est tout ce qui compte. Après, on s’en fiche, on en a eu pour son argent (=son temps). J’ai secoué la tête; il ne faut pas penser comme ça! Puis, méchante Jane a pensé; mais bien sûr que si!

Mille fois j’ai eu envie de sauter dans ma voiture et aller zoner chez Pascal. Mille fois je me suis retenue. Je savais bien que ce serait une mauvaise idée, parce qu’il y avait 99 chances sur 100 qu’il ne soit pas chez lui, ou pas seul. Donc, pas trop envie de me briser le coeur ce soir.

Et pourtant, j’avais trop envie de l’apercevoir! Mais pas trop la folle envie de finir la nuit en larmes! Ni à me torturer de penser à ce qu’il pouvait être en train de faire? Etait-ce le bon moment de courir lui dire que j’acceptais de vivre avec lui? Rhhh, j’étais paumée.

Minuit… Pascal devait être sorti! Est-ce qu’il y avait une petite chance qu’il soit à la maison tout seul? Aucune.

Ok, je m’en fou, je cours chez lui. Qui sait, j’aurai peut-être de la chance! Je devais certainement savoir d’avance que j’allais foncé là-bas, sinon, je ne me serais pas habillée. Pour peindre, j’aurai enfilé un vieux training et un vieux t-shirt. Tant pis, je rends les armes, j’avais besoin d’être avec lui, alors j’accepte de faire l’impasse sur mon indépendance.

L’indépendance, c’est bon quant on a le coeur en paix, ou quelqu’un à aimer. Oui bon, quelqu’un à aimer? Non pas vraiment. Boh, je suis dans la panade! Je suis sûre que plus tard quant je relirais ces lignes, je vais me trouver bête.

Assise dans le noir sur son canapé en cuir blanc, qui devait valoir plus de 20’000 balles, j’attendais. J’essayais de répéter ce que j’allais lui dire. Comment commencer la conversation? Hey? Tu me manquais trop? Je ne peux pas vivre sans toi? Nah, that’s stupid, and makes me look vulnerable! I have to find something better! And suppose he doesn’t come home? I’ll look pretty stupid to have had the crazy idea to come over without telling him! Or maybe, I wanted to get hurt?

J’ai couru à la fenêtre quant j’ai entendu sa voiture. Je palpitais de tout mon corps, impatiente, terrifiée, amoureuse.

Bien sûr, dans ma tête, j’avais déjà écris le scénario de nos retrouvailles; il allait se montrer surpris de me voir, mais heureux, sans me demander d’explications, ou sans me laisser le temps d’en donner, il allait me prendre dans ses bras, et on passera le reste du week-end à faire l’amour.

Pascal allait même s’excuser d’avoir été si insistant à propos de vivre ensemble, me dire qu’il comprenait pourquoi ce n’était pas possible, que je lui avais trop manqué, alors il acceptait ce que je voulais. Que je pouvais prendre tout le temps du monde. Et quant je serais prête, si un jour je l’étais, il serait là, les bras grand ouvert.

Mais, Elodie était avec lui… Il n’était pas rentré seul comme dans mes rêves… Pourquoi elle? Pourquoi Elodie?

Le bras autour d’elle, il lui faisait des bisous sur la tempe. Et il dit ne pas être amoureux d’elle? Alors, comment savoir quant il a des sentiments pour une fille? Ils riaient, joyeux.

Pascal était en smoking, Elodie en robe de soirée longue. Coup de poing dans l’estomac. Comment? Pourquoi? Ou avaient-ils été? Pourquoi ensemble? Pascal défaisait son noeud papillon. Pourquoi devait-il être si “mignon”, si sexy? Je le déteste.

Merde, ils ne pouvaient pas me trouver ici. Je tomberais comme un cheveu sur la soupe.

J’ai couru à la porte côté rue, fermée. Pas le temps de chercher la clé, l’ouvrir, la refermer et partir. Je me suis jetée dans le bureau. Plus proche que la chambre qu’utilisait Jess. Et merde, pas d’endroit où se cacher là-dedans! Il n’y avait pas d’armoire assez grande. Flûte. J’étais mal barrée. J’avais laissé la porte presque fermée comme elle l’était, et je me suis approchée pour regarder.

A peine entré, Pascal l’a plaquée contre la porte, et ils se sont mis à s’embrasser comme s’ils avaient faim. Je le hais.

Dans le monde imaginaire de Jane, j’avais pensé que ce n’était que moi qui provoquait cette impatience chez lui. Erreur! Apparemment, Elodie provoquait les mêmes envies chez lui! Probablement Caro aussi! L’estomac tordu, j’ai refermé la porte, je ne supporterais pas de voir la suite. Je ne pouvais pas voir son visage, ni l’éclat de son regard, donc, je ne pouvais pas deviner ce qu’il ressentait.

En tous cas, je n’avais pas l’air de lui manquer du tout!!! Le samedi commençait bien!!!

J’ai entrepris de passer par la fenêtre, seulement, il y avait bien 2 mètres, et direct dans les ronces, si j’avais de la chance, autrement, je pouvais encore me tordre le cou dans les escaliers qui descendaient au sous-sol. Sans compter le bruit si j’atterrissais dans les pots de fleurs que sa maman avait disposé le long des marches. Pfff, j’étais coincée. Quelle barbe! Par ma propre faute, j’étais condamné à les écouter batifoler. Bien fait, c’était ma punition. Je l’avais méritée.

Les entendre me rendait dingue. Combien de fois j’ai rêvé de sortir de ma cachette et de lui péter une lampe sur la tête! Ou de me ruer sur eux, ou de foutre Elodie à la porte. Mais, je n’étais pas chez moi.

J’étais assise dans le coin du bureau, le plus loin de la porte possible. Une petite main en métal me serrait la gorge, le coeur, j’étais à deux doigts de pleurer. La seule chose qui m’en empêchait était la peur de me faire surprendre là. Je crois que j’avais remarqué des lumières clignotantes avant même d’entendre sonner à la porte. Et ça n’a pas fait tilt dans ma tête. Quant j’ai regardé par la fenêtre, j’ai failli me trouver mal; les flics!

Un voisin avait remarqué une personne qui tentait de sauter par la fenêtre. Glups, il devait s’agir de moi. En face, il y avait un bonhomme qui suivait la scène de près.

Les flics l’ont mis au courant, et ont voulu fouiller la maison, pour sa sécurité. Pascal a décliné leur offre. Ouf, et hum! Je me demande ce que j’aurais fait? Et comment Pascal aurait-il réagi en me découvrant prostrée dans son bureau? J’aurai eu l’air parfaitement idiote.

Après le départ des flics, Pascal a dit à Elodie qu’il était préférable qu’elle rentre. Il avait un truc à régler, soi-disant un problème avec le voisin, qu’il lui raconterait. Ils se sont mis d’accord, ils s’appelleraient dès qu’elle serait rentrée. Mais, je crois qu’il avait deviné que j’étais là!!! J’étais la seule, je crois, à posséder la clé de chez lui. Et d’après ce que le voisin avait vu, je pense qu’il savait aussi où me trouver! Il fallait que je me sauve.

Les flics étaient parti, le champ était libre, mais le voisin était toujours à sa fenêtre.

Elodie aurait voulu que Pascal la raccompagne, mais il lui a commandé un taxi. A l’arrivée de celui-ci, il l’a accompagnée en bas, côté  jardin. Le voisin tant toujours à sa fenêtre, impossible de m’échapper, mais impossible de rester dans le bureau non plus. De plus, la porte-fenêtre était grande ouverte, on pourrait me voir. J’ai choisi de me caser dans l’armoire à balai. Trop de trucs qui risquent de me tomber sur la gueule. Paniquée, je ne savais pas quoi faire.

Puis, j’ai vu les rideaux tirés derrière le piano. Il y a un petit bord d’env. 30 à 40 cm, par-dessus les radiateurs, sur lequel je pouvais me hisser. Je m’y suis glissée à la hâte. Pffiouh. Je tremblais, j’avais eu chaud.

Pascal a fait signe à Elodie. En fermant la porte-fenêtre derrière lui, il regardait déjà en direction du bureau. Il a fait une pause, puis, d’un pas tranquille, il s’est dirigé vers le bureau. Je dois dire que mon poste d’observation était géniale. Je voyais tout, mais lui ne pouvait même pas deviner que j’étais là, encore dans son appartement.

Pascal a eu l’air déçu. Il est entrée dans la pièce, en a fait le tour. A la porte, son regard a fait le tour du salon. J’ai retenu mon souffle. Il a dû penser que j’étais dans sa chambre, impasse, personne. Alors, il a encore jeté un oeil dans la chambre à Jess, là aussi, niet. Sauvée.

Perplexe, Pascal a essayé de m’appeler. Mais, j’avais eu la bonne idée d’éteindre mon natel. Donc, il avait bien deviné que ce ne pouvait être que moi. La honte géante!

Après avoir encore fait le tour des pièces de son appart, Pascal est monté chez Thomas. Il imaginait peut-être que j’avais pris la fuite par là! Pascal s’est ensuite changé, après avoir pris une douche. Elodie a appelé alors qu’il sortait de sa chambre.

Là j’ai réalisé que j’étais super idiote. J’aurai pu profiter de filer en douce pendant sa douche. Pour ma défense, j’ai pensé qu’il avait peut-être fait couler l’eau pour me surprendre, alors je n’avais pas osé bouger une oreille. Je suis restée sur mon rebord, comme une statue.

Pascal s’est jeté sur le canapé en allumant la télé au passage, sur silence. Hum, c’était mortifiant de l’entendre parler avec elle. Pascal m’a menti, ce n’est pas possible qu’il n’éprouve rien pour cette fille. Il avait l’air… on aurait dit… que je n’avais jamais existé. Sa voix chaude la rassurait, riait. Il me tournait le dos, alors je ne pouvais pas voir s’il souriait, mais je suis presque sûr que oui. Cela s’entendait.

Elodie, peu après qu’il soit arrivé ici, lui avait demandé s’il était sûr que c’était une bonne idée de venir chez lui, si son ex, Jane, ne risquait pas de débarquer comme la dernière fois! Et je pense qu’elle avait dû le mentionner au téléphone, ce qui l’a fait rire. Il lui a promis que la prochaine fois, rien, ni personne ne viendrait les déranger!

La prochaine fois ??? Donc, il prévoyait une prochaine fois? Et moi dans tout ça? Ça m’a tordu l’estomac.

A vrai dire, maintenant, rien ne me donnait envie d’aller m’aplatir pour lui dire que j’acceptais de vivre avec lui. J’avais plutôt envie de le taper, de lui envoyer tous les objets lourds à la tête. Salaud, salopard. Ou est-ce que je lui manquais? Que m’aurait-il dit si j’étais restée dans le bureau? Il aurait sûrement été ravi de me trouver en position d’infériorité! Grrh, je le détestais tellement fort en ce moment, mais, je l’aimais aussi… Go figure!

Elodie a dû insisté pour qu’il aille chez elle. Il a d’abord refusé en prétextant être fatigué. Mais, dès qu’il a raccroché, il a dû changer d’avis. Il s’est changé, enfilé un jean et un sweat, ramassé ses clés, et il a filé.

N’osant pas bougé, je suis restée encore bien 10 minutes dans ma planque, derrière les rideaux. Avant de quitter ma cachette, une superbe cachette en fait, je l’ai appelé en numéro caché; il roulait. J’ai raccroché et j’a pris mes jambes à mon cou. Tout de même, je suis restée sur mes gardes, sautant d’un coin sombre à l’autre, jusqu’à ma voiture.

Inutile d’aller voir chez Elodie, j’aurai donné ma main à couper qu’il y était. J’ai roulé des heures avant de me décider à rentrer. A la maison, je me suis enfilée 2 somnifères, et je me suis couchée. La tête vide, j’ai dormi du sommeil du juste. 8h d’affilée. J’ai passé la journée dans la ouate, encore à moitié assommée par les somnifères.

Samedi, j’ai vérifié mon natel. J’espérais un message de Pascal; mais rien. Il avait seulement essayé de m’appeler hier soir, après le passage des flics, mais il n’avait laissé aucun message. Peut-être que je pourrais utiliser ça comme excuse pour le rappeler? Hum, non! S’il me demandait si j’avais été chez lui, qu’est-ce que je répondrais? Non, la honte m’en empêchait.

A mesure que la journée se terminait, j’espérais des nouvelles, un appel, quelque chose, mais rien… Pourtant, ma tête ne me laissait pas en paix, je l’imaginais dehors, à s’amuser, alors que moi, je m’ennuyais de lui! Pascal remplissait ma tête, et j’étais si déprimée que je suis sortie rouler au hasard pour pleurer. C’était samedi soir, il était certainement avec Elodie. Et hop, les larmes dévalaient en trombe.

J’ai éviter tous les endroits où j’avais des risques de tomber dans la folie d’aller voir si je l’apercevais. Pascal me manquait grave!


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234/14 - Tenir à tout prix

Publié le par JaneDo


Vendredi, 22 août 2014 - 234/14 - Tenir à tout prix

Bon, je ne suis pas très forte au jeu de la patience. J’ai essayé de joindre Pascal, hélas, il ne répondait pas. De toute façon, je n’aurai pas su quoi lui dire. Pascal était peut-être déjà couché. Après tout, c’était un jeudi soir, et il était près de 23h. Demain, il travaille. Peut-être si j’avais essayé plus tôt...

Justement, c’était le jeudi soir, et si je voulais avoir une chance de le voir un moment ce week-end, il fallait que j’agisse!

Trop impulsive, et impatiente aussi. J’aime que les choses se fassent, avancent, dans un sens ou l’autre, mais il faut que ça bouge. Rester toute une nuit à ne pas savoir, ça m’est insupportable. La patience est une vertu que je ne possède pas. Pourtant, je ne suis pas stupide, je savais très bien que je ne devrais pas aller chez Pascal.

De toute façon, c’était bête, il était déjà au lit. Sa voiture était devant la maison. J’ai essayé de l’appelé en cachant mon numéro, il a répondu d’une voix endormie. J’étais sous les fenêtres de sa chambre, donc, il était bien chez lui. Seul ou pas, ça, je ne pouvais pas le savoir.

En tous cas, s’il n’était pas seul, ce n’était pas Caroline. Elle était chez elle, abîmée devant la télé, à se ronger les ongles.

Le vendredi a été une longue journée d’hésitation à propos de Pascal; aller le voir ou pas? l’appeler ou pas? Finalement, je crois que j’ai décidé de me jeter à l’eau, et d’aller lui ouvrir mon coeur. Dans la nuit du jeudi au vendredi, j’ai été ravie de constater qu’il avait dormi chez lui.

C’était peut-être un tout petit détail, mais un détail significatif pour moi.

Finalement en fin de journée, les dés étaient jetés; je ne bougerais pas. J’attendrais. Je voulais essayer de voir si j’étais assez forte pour supporter un week-end sans nouvelles, sans chercher à le voir. C’est toujours le moment le plus dur pour moi. Je ne chercherais pas à savoir ce qu’il fait. Je ne veux rien savoir.

Tenir un week-end, et je tiendrais peut-être encore un autre, puis un autre, et encore un autre… Bon, je voudrais quand même savoir s'il était seul...

Je ne sais pas si j’allais réussir, mais je devais essayer. Je ne suis pas une mauviette que Diable! J’ai eu à supporter des choses plus dures que ça dans ma vie, alors ce n’est pas un mec qui va me faire perdre la tête! Pour ne pas me laisser déborder par mes pensées, je me suis jetée à corps perdue dans ma peinture.


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