Samedi, 07 avril 2012 - (098/2012)
Pendant tout le trajet, Pascal n’avait pas été très bavard, je crois que je savais qu’il était furieux. Il n’aimait pas l’idée d’avoir été obligé de rentrer, toujours persuadé que sa femme ne faisait que du cinoche pour l’y obliger.
-
Qu’est-ce que tu me veux ? (s’adressant à moi) Je t’avais dit qu’elle n’avait rien.
Jess ne s’attendait pas à me voir, dès qu’elle a vu ma tête, son sourire et sa posture de diva sur le canapé a changé. Par contre, elle ne s’est pas couverte, son déshabillé jaune pâle transparent ne cachait rien du tout. Hum, elle avait donc l’intention de le séduire? Glups, c’était gênant de faire irruption dans leur intimité.
Mes oreilles étaient en feu, comment pouvait-il même lui résister? Même, comment faisait-il pour être furieux avec elle? Elle était si parfaite! Ses formes généreuses se dessinaient sous chaque pan de son vêtement, ses magnifiques cheveux noirs tombaient en cascade autour de ses épaules bronzés, et son visage, malgré la déception restait beau. Arhhh, j’ai jeté un coup d’œil au visage de Pascal, il ne semblait rien remarqué, mais toujours furax.
-
Qu’est-ce qu’elle fait là?
-
Pas ton problème. A quoi tu joues?
Elle s’était précipitée sur lui. Pas pour le frapper, ni pour gueuler, chacun de ses mouvements semblaient être une danse de séduction. Jeeez, comment il faisait? Ou ce n’était que pour m’impressionner ou parce qu’il était gêné? Jess s’était lovée contre lui, et je crois bien que j’ai eu un coup de chaleur en pensant à ses seins caressant son torse, il ne pouvait pas ne pas les sentir contre lui. Glups, je crois qu’il était préférable que j’attende dehors, sur le pas de la porte, mais Pascal a dû sentir mon mouvement et il m’a rattrapée par le bras pour me faire rester.
Passant ses bras autour de son cou, Jess s’est plainte qu’il l’avait abandonnée alors que le week-end ne faisait que commencer, qu’elle s’était sentie si seule qu’elle s’était trouvée mal. Elle s’était perchée sur la pointe des pieds pour l’embrasser et lui demander de rester ce soir. En chuchotant assez fort pour que j’entende, elle a dit qu’elle ferait tout ce qu’il voudrait.
-
Arrête ton cirque. On n’est pas en publique là…
Ils n’avaient pas à jouer les couples modèles en privé. J’étais surprise de voir Pascal aussi froid avec elle, et je crois aussi que ça me gênait énormément d’être témoin de leurs mini disputes, je trouvais que c’était assez humiliant pour elle.
Effondrée, Jess lui a demandé pourquoi il lui faisait aussi mal, qu’il comptait beaucoup pour elle, et elle ne pensait pas mériter autant d’indifférence de sa part, qu’il faisait plus d’efforts pour moi que pour elle qu’il connaissait depuis beaucoup plus longtemps.
Oups, c’était absolument gênant, alors j’ai voulu aller attendre dans la voiture, je ne voulais pas assister à ça, d’autant plus qu’elle m’en voudrait encore plus justement pour avoir assisté à leur conversation. Avant que je ne parte, Jess a dit qu’elle nous aurait bien demandé de rester là, mais elle n’était pas sûre que son cœur supporterait de nous voir nous faire des mamours devant elle. Pascal lui a rétorqué qu’il n’avait pas l’intention de rester là de toute façon.
Les rideaux n’étaient pas tirés et je pouvais les voir gesticuler, puis s’asseoir, puis se relever. Je crois que Pascal voulait partir et elle l’a retenu par son sweat. Pas top de le voir lui détacher les mains. Puis, il a dû se sentir coupable, alors il l’a prise dans ses bras. Ça malgré tout, je ne crois pas qu’il aurait dû, du coup, je suis sûr qu’elle allait tenter de le faire rester et elle avait bien des chances de réussir.
J’ai sursauté quant j’ai vu Caroline se rappliquer. Elle ne m’a pas remarqué dans la voiture. J’aurai voulu courir là-bas pour savoir ce qui se passait, ce qu’elle faisait là, ce qu’ils allaient se dire, mais ç’aurait été trop évident, alors légèrement frustrée, je suis restée prostrée dans la voiture. J'avais l'impression que Pascal était aussi pas mal surpris de la voir.
Ouf, une 1/2h après, Pascal est enfin sorti de là et on a pu s'en aller.
Le pauvre, il avait la mine préoccupée, il ne parlait pas beaucoup et je n’ai pas eu le cœur de lui poser de questions. Comme je ne savais pas quoi dire ou faire, je suis restée muette. Après un temps que j'ai trouvé inimaginablement long, sa main s’est posée sur mes genoux et je ne sais pas pourquoi, mais son geste m’a rassurée de même que son demi sourire.
J’ai fait mine de ne pas remarquer qu'il semblait abattu et qu'il faisait tout pour ne pas me le montrer. J’ai joué le jeu un moment, puis j’ai craqué; je préférais qu’il retourne auprès de sa femme, je ne voulais pas me sentir responsable, ou coupable de le retenir et le voir dans cet état.
Pascal a éclaté de rire. Il a dit que je me faisais des idées, ce n’était pas sa femme qui le préoccupait autant, c’est vrai que cet intermède n’était pas top, mais il a été franc avec elle, il ne regrettait rien. Non, ce qui le préoccupait autant, c’est que toutes ces histoires finissent par me peser, que je m’ennuie avec lui. Il ne savait pas quoi organiser pour que je puisse passer un moment inoubliable, que j’ai envie de passer encore plus de temps avec lui, et en même temps, il savait qu’on ne pouvait aller nulle part parce que je voulais être dispo si ma nièce avait besoin de moi. Il savait aussi que je voulais la surveiller discrètement, et j’avais aussi le chien.
Bref, je me suis rendue compte qu’il pensait beaucoup à moi… je ne m’en étais jamais doutée… Que je suis bête!
Mince, mon pauvre cœur cognait encore dans tous les sens, je l’aime un peu trop, le voir jouer avec la chienne me rendait encore plus amoureuse, il était trop chou. Puis, on a sorti la petite pour pouvoir enfin s’installer tranquillement devant la télé. Ouais, s’installer devant la télé est un grand mot, on ne regardait pas vraiment la télé, ou disons qu’on arrive pas vraiment à suivre longtemps quoi que ce soit, on se fait quelques bisous, puis encore quelques-uns, puis ça part en vrille et on se retrouve sens dessous dessus. Je l’aime à la folie, j’aime sa peau, son odeur, sa chaleur, le son de sa voix, rhhh, je l’aime.
Pascal est sorti avant mon réveil pour le petit déjeuner, il avait aussi sorti la petite qui semblait crevé. Drôle, il en faut beaucoup pour qu’elle soit naze. J’ai compris quant j’ai su qu’il avait fait son jogging avec elle. L’après-midi, Pascal devait aller répéter avec le groupe et m’a demandé de l’accompagner et pour une fois, je n’ai pas dit non.
Aoutch, le regarder jouer augmente dangeureusement mon rythme cardiaque, je le trouve trop trop trop sexy. De temps en temps, il me lançait de petits sourires et je rougissais jusqu’aux oreilles. Même le regard méchant et envieux de la chanteuse ne me faisait rien. Pour me sortir de mon état de transe, j’ai sorti la chienne. Drôle, mais soit elle adore la musique, ou soit elle était crevée du jogging avec Pascal, mais elle restait tranquille.
Pendant une pause Pascal est venu me faire un bisou… Je me demande pourquoi je note ça, il m'en faisait souvent… Ou peut-être que je me suis rappelée qu’on n’était pas censé se donner en spectacle?
Après ça, on a été se balader au bord du lac, puis avaler un petit truc.
Pascal m’a prévenu qu’il devait s’absenter un petit moment, il devait passer chez lui, puis chez un copain, qu'il essayerait de ne pas rentrer trop tard. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu l’impression qu’il me mentait, mais avec le sourire, j’ai fait semblant de le croire. Je crois que ça l’a fait culpabiliser encore plus. Pourtant, j’étais sure que mon intuition ne me trompait pas, quelque chose sonnait faux.
Après m’avoir déposé à la maison, il est donc parti, sans me démonter, je lui ai fait signe avec un grand sourire confiant. Je ne voulais surtout pas qu’il se sente coupable surtout maintenant que je savais que mon bien être le préoccupait autant. Puis un peu dégoûtée et déprimée, je me suis dit que c'était plutôt ça qui le préoccupait et pas du tout mon bien-être, il cherchait comment se tirer oui! Iaaah, ça y est, je recommençais à tout voir en noir. Pour ne pas laisser ma tête valdinguer dans tous les sens, je me suis immédiatement mise à la peinture.
Mon intuition ne m’avait pas trompée, Pascal est revenu sur ses pas, gêné, il m’a avoué qu’il avait prévu d'aller chez Caro...
Caroline ne voulait pas passer tout ce long week-end toute seule, sans nouvelles, plantée comme un vieux chiffon, et il m’a avoué qu’il se sentirait mal de ne passer vers elle, elle lui avait fait à manger, etc, etc… Il passait aussi en vitesse chez lui, question de vérifier que sa femme allait bien.
Ça m’a fait un peu mal et j’aurai préféré qu’il continue à me mentir même si mon intuition m’avait sonné l’alarme, j’aurai préféré imaginé qu’il allait chez lui, puis chez un pote. Oui, je préférais le bon petit mensonge, là, je ne savais pas comment réagir. Je ne sais pas si c'était une bonne chose qu'il soit honnête ou si ç'aurait été mieux qu'il fasse tout pour que je ne me doute de rien!
Son regard et son expression rempli de regrets et d’excuses, il est reparti… pour aller rejoindre Caro!
Je ne voulais pas le savoir, je ne voulais pas lui en vouloir, je ne voulais pas autant de franchise, je ne voulais pas y penser… Je ne savais pas comment réagir! L’empêche que je ne l’aimerai pas autant s’il n’avait pas autant de cœur, s’il avait ignoré Caro ou sa femme tout le week-end. Je l’aimais autant justement parce qu’il avait un grand cœur, qu’il n’aimait pas faire du mal à ceux qui l’aimaient, même si ça pouvait parfois lui causer du tort…