220/11 - Insupportable - lundi, 8 août 2011
Hum, quant je me souviens de ce que j’ai ressenti quant Jess a susurré que Pascal passait toutes ses nuits ailleurs, je me traite d’idiote. Ce n’était pas possible, parce que chaque fois que j’ai voulu le voir, il était dispo? Ou sinon, comment faisait-il pour arriver à me faire imaginer qu’il ne voyait que moi, enfin presque? Comment est-ce que j’ai pu, ne serait-ce qu’une minute, croire ce que Jess disait? Ou est-ce que j’étais prête à croire n’importe quoi? Bon, faut dire que je l’avais retrouvé à 2 occasions chez Caro quand même!
Dimanche, en fin d’après-midi, on se taquinait gentiment à moitié à poil sur le canapé, on a entendu une voiture devant la maison. On a pensé que c’était Thomas qui rentrait sans plus. Heureusement, je crois que Pascal n’avait pas dû reconnaître le bruit, alors il a été voir par la fenêtre. Oui, heureusement, parce que c’était Jess.
La petite sournoise!!! Elle avait fait croire à Pascal qu’elle ne rentrait pas avant mardi, c’était faux!
Prise au piège, pas moyen de m’échapper, d’abord il me fallait penser à m’habiller, alors je n’avais pas le temps de penser à autre chose. J’ai couru me réfugier dans la chambre pour m’habiller. Jess a tout de suite deviné qu’il n’était pas seul, et je savais que ça ne servait à rien que je reste cachée, elle me trouvera. J’allais quand même pas essayer de m’enfiler sous le lit? Et si elle regardait dessous, j’aurai l’air parfaitement idiote.
Je n’ai pas entendu le début de la discussion, forcément, mais c’était facile à deviner, et quant elle m’a vue sortir de la chambre, elle a eu une expression bizarre sur le visage. Je n’ai pas eu le temps de dire quoi que ce soit, quant elle s’est précipitée sur moi, je m’attendais à des insultes, mais pas à ce qu’elle se jette sur moi. Elle a essayé de m’étrangler. Elle a de vraiment longs cheveux, alors j’ai attrapé une poignée pour tirer sa tête en arrière. Pascal nous a séparé. J’aurai pu lui fiche mon poing dans la gueule, mais il était préférable, tant que je n’étais pas en danger de mort de paraître sur la défensive.
Après elle a fondu en larmes et a quitté le salon. Pascal s’est excusé pour elle, et je m’apprêtais à partir, mais elle est revenue et s’est excusée d’avoir agi aussi stupidement, c’était un coup de sang, elle regrettait. J’ai essayé de ne pas me sentir concernée de la voir toute abattue, tête basse, l’air misérable, mine de rien, je pouvais comprendre son désarroi et je n’étais pas très fière d’être la salope qui en était la cause. C’était un rôle désagréable, minable, même pour moi, mais mon regard s’est posé sur Pascal, et dieu que je l’aime...
C’était tragique, on était dans une situation horrible. J’étais amoureuse d’un type qui était déjà pris, de son mari, et pour mon malheur, je connaissais sa femme, j’aurai dû avoir la dignité de me sortir de là, sans le vouloir, j’étais responsable de son malheur, de la mienne aussi, parce que je n’arrivais pas à me détacher de lui. Je ne le voulais pas et je ne le pouvais pas non plus.
C’était lamentable. A regarder froidement les choses, j’avais le pire rôle qui soit; j’avais le culot de venir me taper son mari chez elle. Je n’étais pas dans la meilleure position pour ouvrir ma gueule, j’avais tord d’être là qu’on le regarde de toutes les manières qu’on veut. Aveuglée par mes sentiments pour Pascal, la plupart du temps, j’arrivais à occulter la réalité. Mais quoi que je puisse penser, penser avoir le droit de tout parce que j’avais l’excuse de l’aimer, ce que Jess devait subir par notre faute était affligeant, horrible, inqualifiable.
Je me suis sentie rougir quant elle m’a demandé de rester, je savais que je devais partir, mais... Horriblement, j’avais envie d’être avec lui, encore un peu, encore quelques heures. J’étais tiraillée entre ce que je devais faire et ce que j’avais envie de faire... En toute conscience, je devrais partir, mais j’en avais aucune envie, j’aurai préféré qu’elle ne soit pas là. Une fille bien ne s’incruste pas chez une autre femme comme ça, ne s’incruste pas dans un couple. Alors pour garder la face, j’ai esquivé un semblant de retraite, mais j’ai été contente que Pascal me retienne, que Jess insiste que je reste pour s’excuser. Pascal voulait partir avec moi, c’est pour ça qu’elle a voulu que je reste, j’en étais consciente.
J’ai donc accepté de rester un petit moment.
Je n’aurai même pas dû rester pour le café, j’essayerai d’utiliser ma tête la prochaine fois. Je n’arrive pas à croire comme je peux être idiote parfois! Jess a admis qu’elle se doutait que Pascal et moi avons continué à nous fréquenter, et là, elle en avait la preuve. Jess nous en voulait de lui avoir menti, elle en voulait plus à Pascal. Elle souffrait et faisait peine à voir, ça ne m’a pas surprise que Pascal soit touché aussi et qu’il la prenne dans ses bras, je regrettais seulement d’être là. Il lui demandait pardon, s’excusait, faisait de son mieux pour la calmer. Pascal regrettait probablement de m’avoir fait rester aussi, son visage était fermé, tendu, et je crois bien qu’il était malheureux.
Discrètement, je me suis éclipsée... Je n’avais pas tellement le choix!
J’avais pleuré sur tout le chemin du retour, parce que, j’aurai pu être à la place de Jess!!! Je ne suis pas sûre que j’aurai pu en supporter la moitié de ce qu’elle devait subir. Si j’avais été sa femme, je n’aurai pas supporté de voir une autre femme oser venir poser son cul chez moi, faire comme si elle était chez elle sous mon toit. Je n’aurai pas supporter de voir mon mari prendre son parti, de le voir la défendre, et de savoir que c’était lui qui l’avait invitée en plus m’aurait fait perdre mon sang froid. En me mettant à sa place, la souffrance était absolument insupportable. Comment est-ce que, moi, je pouvais faire ça à une autre fille?
Pascal n’avait pas essayé de me retenir, ce qui était parfaitement normal. J’avais un peu les boules que notre secret de pacotille soit éventré, j’avais peur de ce que me réservait l’avenir! Je n’ai pas eu de ses nouvelles lundi, on ne s’est pas parlé au téléphone, il m’avait seulement envoyé un sms pour dire que, même si tout était complètement cahotique, il m’aimait quand même et qu’il espèrait que je l’aimais aussi malgré tout.
Si je l’aimais??? Jeeez, je ne pense pas que je serais dans cette situation si ce n’était pas le cas!
Lundi soir chez ma soeur, je ne m’attendais pas à voir Annick, Fred, Gilles, Pascale en plus des enfants!!! Je suis arrivée en même temps que Gilles et Pascale et leur petit chien, une petite femelle rousse; Gloss. La fille à Annick et Fred, Alizée était là aussi et j’ai appris que ma puce avait passé la semaine chez Annick. Et Carmine était là. Bref, on était... pfffouh, 11 à table!
Je suis rentrée vers minuit et je n’avais même pas répondu au message à Pascal!
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220/11 - Insupportable! - lundi, 8 août 2011