66/15 - (1) Je suis le cheveu sur la soupe!!
Samedi - 7 mars 2015 - 66/15 - (1) Je suis le cheveu sur la soupe!!
La décision de monter ou non a été prise pour moi. Caroline, affolée, m’a appelée pour me raconter que Pascal était un peu bourré et qu’il folâtrait avec une autre fille. Donc pas elle.
Forcément, Caro ne voulait pas avoir le mauvais rôle et intervenir, donc elle m’appelait à la rescousse. Pour jouer le mauvais rôle. L’empêche d’entendre que Pascal faisait le “zouave”, me retournait l’estomac. J’aurai voulu que ça ne me fasse rien. J’aurai voulu être une grande fille et rester gentiment chez moi et le confronter quant je le verrai. Ce serait la meilleure chose à faire.
S’il est bourré, les autres ne vont pas se gêner pour lui raconter ses écarts. Je crois. Pfff. Mais impossible de rester là sans rien faire. J’ai donc sauté dans ma voiture pour filer à Gstaad. Bien sûr, mes affaires étaient déjà prêtes, puisque je pensais lui faire la mauvaise surprise de me pointer sans avertir.
Faut dire que leur idée de parquer les filles dans les dortoirs réduisaient le champ des investigations! Je n’avais pas à chercher Pascal bien longtemps. S’il était avec une fille, ils ne pouvaient qu’être dans sa chambre. Dans l’attique, ça m’énerverait grave; c’était sensé être notre nid à nous, pas un endroit où il emmène les filles.
Sur la route, je me suis arrêtée pour réfléchir; est-ce que je voulais vraiment monter? Pourquoi? Pour l’empêcher de me tromper? J’étais tentée de faire demi-tour et le laisser s’amuser, après tout, pour une fois, je n’étais pas là, il pouvait bien faire ce qu’il voulait.
Est-ce que ce serait vraiment me manquer de respect? Vis-à-vis des autres, dans leurs yeux, sûrement, mais pour moi… je crois que non. Il s’amuse et alors? Bah, je n’allais pas me laisser titiller par la jalousie… j’allais le laisser faire ce qu’il voulait…
Je connaissais assez la boîte maintenant pour pouvoir me faufiler sans être vue dans un coin où le reste du groupe n’allait jamais, et d’où j’avais une vue circulaire. J’ai tout de suite repéré Caro qui ne le quittait pas des yeux. Certains de ses copains avaient remarqué le manège et s’amusait de ce qui se passait et se moquait un peu de Caro.
Pourquoi est-ce que Pascal choisi toujours une fille qui est carrément le contraire de moi????
Pascal était sur la piste et dansait avec une petite blondinette qui balançait sa longue chevelure à tout va. Elle avait passé ses bras autour de son cou et Pascal souriait comme à son habitude quant il a un verre de trop dans le nez. Ce petit sourire si charmant qui faisait craquer les filles.
Bien sûr j’avais l’estomac tout retourné. Un programme de lavage était en plein essorage et me fichait les boules. Mais, je n’avais pas envie d’intervenir. Je ne voulais pas lui tomber dessus comme une peste et lui gâcher sa soirée. Il ne faisait rien de mal; il dansait c’est tout.
Je sais que j’ai pensé; “s’il l’embrasse, je saute du balcon et je lui tord le cou”. Mais je savais que je ne le ferais pas, même si je lui en voudrais très probablement.
La nana accrochée à son cou lui lançait toutes sortes de sourires engageant, des oeillades et avait l’air de faire de petits rires qu’il semblait trouvé charmant. En quittant la piste, elle ouvrait la marche et ils se tenaient par la main. Ça, ça m’a bouleversée.
J’ai jeté un oeil autour de moi pour me calmer et m’assurer que personne de ma connaissance n’était dans les parages; “purée, j’aurai bien fumer 2 ou 3 clopes d’affilées, là tout de suite”. J’avais un besoin urgent de nicotine! J’ai hésité à envoyer un message à Caro pour lui dire que j’étais là, mais pas sûre qu’elle réussirait à garder le secret!
J’en avais assez. Je me suis éclipsée comme j’étais venue pour aller au chalet. Argh, il y avait du monde. Pas top pour la discrétion. Fallait que je trouve une autre moyen d'entrer. Il faisait froid quand même, et bientôt, à force d’être plantée dans la neige, j’aurai les pieds gelés.
Quant j’ai eu l’impression que ceux qui traînaient au salon semblaient occupés par le film qu’ils regardaient, emmitouflée dans ma veste, le capuchon sur les yeux, j’ai tenté ma chance sans un regard dans leur direction le plus silencieusement et discrètement possible. Je crois que personne ne m’a vu.
J’ai filé directement dans l’attique. Je pestais d’avoir dû laisser ma voiture à perpète, c’est-à-dire au village, et d’avoir eu à marcher tout ce bout dans le noir. Je m’étais larvée sur une plaque de glace, j’avais mal au bras. Je crois que je m’étais mal réceptionnée.
Je me suis couchée en travers du lit, puis sous la couette. Je ne voulais pas me cacher. Alors pourquoi avoir bêtement laissé ma voiture, rhhh, j’suis trop nulle. Il était un peu plus de 2h du matin et j’étais frigorifiée. Maintenant, la longue attente jusqu’au retour de toute l’équipe, et je l’espère, de Pascal.
Un peu après 4h du matin, j’ai entendu plus de bruit, donc j’ai été jeter un coup d’oeil en bas. Ils étaient presque tous rentré. Je n’ai pas eu le temps de vérifier si Pascal était avec eux, parce qu’un groupe s’était lancé à l’assaut des escaliers, alors j’ai rebroussé chemin.
Assis parterre devant la porte de la chambre de l’attique, j’entendais la bastringue en bas. Ils avaient l’air en forme. Je trouvais même qu’ils avaient l’air de s’amuser plus que quant je suis avec eux! Ou était-ce parce que j’étais toujours trop centrée sur Pascal?
Je n’entendais pas la voix de Pascal! Je suis presque sûre que malgré le monde qu’il y avait en bas, j’aurai reconnu sa voix. Je me suis concentrée plus. Et j’ai réalisé qu’il y avait des invités et j’ai entendu son rire. Pascal était bien là. Ouf.
Un moment, j’ai même eu peur qu’il soit parti avec la nana avec qui il dansait et donc, il ne rentrerait pas de la nuit au chalet. Ce serait la poisse. Je n’entendais pas Caroline.
Puis peut-être une demi-heure plus tard, j’ai réalisé que Pascal était monté, parce que je l’entendais parler avec Caro. Trop de bruits pour entendre ce qu’ils se disaient et je n’osais pas me pencher pour voir. Mais c’était bien eux. Bruits de portes, puis plus rien. Est-ce que Pascal était entré dans sa chambre? Et Caro? Est-ce qu’elle était avec lui?
20 minutes plus tard, ne sachant pas ce qui se passe, j’ai envoyé un message à Caro pour lui demander comment cela se passait si ça valait la peine que je vienne ou pas.
Elle m’a répondu presque aussitôt pour dire que Pascal et les autres mecs ont invités ces filles au chalet. Qu’elles étaient là et que Pascal venait de monter se changer. Elle m’a demandé où j’en étais, si j’étais en route ou toujours à Lausanne?
Je ne savais pas ce que j’allais faire… Puis je lui ai mis que j’arrivais. Elle m’a répondu; “Tant mieux! Mais t’aurai dû venir plus tôt!”. Elle m’a encore dit qu’elle allait aussi se changer et qu’elle allait faire le pied de grue jusqu’au départ des filles. Et s’il se passait autre chose avant mon arrivée, elle m’écrirait.
20 minutes plus tard, elle me disait que 3 des filles avaient disparues, que Pascal aussi. Il y en avait plus qu’une au salon. Elle avait les boules. Elle avait frappé à la porte de sa chambre et qu’il n’avait pas répondu. Elle avait même essayé d’ouvrir, c’était fermé à clé.
Ah! Il était temps que j’intervienne alors… mais est-ce que j’en avais le droit? est-ce que je le voulais vraiment? Bah, je devais savoir c’est tout. Je devais savoir si dès que j’ai le dos tourné, il fait le con ou pas. Je devais être maso, parce que ça n’allait que me perturber plus en mettant à mal ma confiance en moi et en lui. Je risquais juste de titiller ma peur de le perdre à tout bout de champs...
Je me demande si les personnes en couples se chient autant dans la tête que moi!!!
J’ai frappé sans beaucoup d’espoir, vu que Caroline avait déjà essayé. Pas de réponse. J’avais le coeur dans la gorge et un tourbillon dans le ventre. J’ai donc tenté l’appel. J’entendais son natel sonner.
Une fois, deux fois, trois fois… Oups, il n’allait pas me répondre? Donc il n’était pas là?
Puis, douche froide, Pascal était à l’autre bout du fils. J’espère que je semblais calme quant je lui ai demandé de m’ouvrir, parce que j’étais devant sa porte. Après un “what?”, j'ai entendu la clé tourner dans la serrure. Il s’est mis en travers de la porte et me bouchait la vue sur sa chambre. On dirait qu’il ne voulait pas me laisser entrer…



J’aurai dû écouter la petite voix dans ma tête et la rappeler pour annuler…
Je n’avais pas beaucoup dormi, mais je n’arrivais pas à retrouver le sommeil. Je pense que je me sentais mise de côté et inquiète. J’avais une 
Caroline commençait à le présenter à sa famille, c’est un mauvais point pour moi. Pascal allait certainement me le faire remarquer. Pascal n’était pas enchanté, ce qui m’a surprise. Etant donné qu’il est marié, et qu’il sort avec une autre femme, il trouvait la situation bizarre. Mais Caroline a tellement insisté.
Jeudi;