317/2012 - Que des embuches!
Mercredi - 14 novembre 2012 - 318/2012) - Que des embuches!
Dans ma tête, c’était déjà décidé, je ne lui ferais pas la tête. Ok, il n’avait pas eu de chance, moi non plus, de le trouver chaque fois dans des situations chiantes. Je comprenais parfaitement ce qui avait pu se passer, mais ça m’énervait. Je comprenais, mais zut, tout de même, il avait vu Caro tout le week-end, puisqu’elle était au chalet.
Ce n’était pas le bon moment pour lui prendre la tête jusqu’à ce qu’il comprenne mon point de vue, ce que j’ai pu ressentir là, debout dans l’entrée de notre chambre.
- Je ne comprends pas Jane, tu dis que je peux appeler Pascal, le voir et tout, et dès que tu nous vois ensemble, tu pètes un plomb.
- Pas du tout… Simplement, je ne m’y attendais pas. Puis, c’est notre chambre, et on ne s’était pas vu du week-end, alors non, je ne m’y attendais pas.
- Ça n’explique pas pourquoi tu lui fais la tête, ou les gros yeux. Ni pourquoi tu sembles exiger des explications chaque fois!
Elle m’énervait à la fin! Ce n’est pas à elle de me dire comment je dois être avec mon mec. Non mais. Caro a senti que je commençais à fulminer. Elle a voulu changer de sujet, mais avant, elle a dit quelques mots de trop: “Faudrait que tu le laisses respirer un peu”. Ma vue a viré au rouge. Elle s’en ai rendu tout de suite compte. C’était peut-être un peu tard.
- Ouais! T’as raison. Faut peut-être qu’il arrête de te voir et tout irait nettement mieux.
Caroline m’a jeté un petit regard enfumé. Elle n’a pas aimé ma petite remarque. Si elle avait osé, je crois qu’elle m’aurait raccroché au nez, mais elle voulait tenté de me calmer avant. Peut-être aussi savoir ce que j’allais faire. Hihihi, elle avait peur que je mette mes menaces à exécution. Mais non, je n’allais rien faire. J’avais trop peur que Pascal refuse tout net.
Après notre petite discussion, j’ai décidé d’aller chez Pascal comme si de rien. Je ne voulais pas le laisser croire que j’étais fâchée. J’étais prête à faire l’amnésique.
Pascal et Jess mangeait. Je n’avais faim. Ma voisine m’avait déjà rempli l’estomac avec des tartes aux pommes, des beignets et de la soupe. J’étais rassasiée. De toute façon, je n’aurai rien pu avaler. Trop tendue. J’ai eu un coup de chaleur en voyant Pascal en débardeur, passant un délicieux début de soirée à rigoler avec sa femme. Au détour d’un regard, j’ai vu que celui de Jess était assez moqueur. Elle me donnait l’impression d’être de trop. C’était comme si ses yeux me disait; “qu’est-ce que tu fous ici??”.
Après avoir posé mes affaires et leur avoir fait la bise, je me suis plantée dans le canapé pour lire. En fait, maintenant, je me sentais de trop.
Après avoir mangé, Pascal m’a prise par la main pour aller dans la chambre. Il était content de me voir. Je ne l’ai pas laissé le temps de se réjouir. Malgré toute ma bonne volonté, je ne comprenais pas ce qu’on foutait encore au rez. Pourquoi ne pas aller chez Thomas? Qu’est-ce qu’il attendait?
- Heum… Je peux pas tout de suite. La semaine prochaine, ou ce week-end peut-être.
- Tu avais dit qu’on serait en haut quant elle rentre. Qu’on profitait juste de son absence pour avoir un peu la paix ici. Mais, que dès son retour, on irait chez…
- Jane… Peut-être que tu ne t’en souviens pas, mais demain, c’est… C'est notre anniversaire de mariage. Je ne peux pas la planter comme ça. Je ne peux pas la laisser seule. Elle a besoin que je sois auprès d'elle.
Pfffouh! J’avais oublié. J’avais complètement oublié ce jour fatidique. Ce jour horrible. Cet horrible souvenir. Pascal a voulu me prendre les mains, je les ai retiré. C’était une réaction hors contrôle, viscérale. Pourtant, je ne voulais pas avoir une réaction pareille. Pascal s’est légèrement effondré, son visage a pâli. Il m’a demandé si je lui en voulais autant que ça. Je ne lui en voulais pas. Enfin pas vraiment.
- S’il te plaît… Ne réagit pas comme ça! Ne me repousse pas… Je n’ai pas trop le moral ces temps. Je vois bien aussi que tu es sur les nerfs… Ça doit être de ma faute, et je ne sais pas quoi faire pour te retrouver. Qu’est-ce que je peux faire?
Qu'est-ce qu'il pouvait faire? Rien. Il ne pourrait pas me donner ce que j'aurai voulu. Il a dit qu’il m’aurait bien proposé de dormir en haut, mais il avait l’impression que je voudrais qu’on soit ensemble la 1ère fois. En plus, ça ne lui plaisait pas trop de me savoir en haut sans lui. J’ai réalisé qu’il était encore un peu jaloux de Thomas. Pourtant, il n’avait aucune raison.
Je suis restée silencieuse à le regarder. C’est vrai qu’il avait l’air fatigué. Perdu même. Ça me retournait le coeur, parce que j’avais envie de le prendre dans mes bras. De le serrer très fort. Et puis, je n’avais pas envie de lui faire la tête, ni de me privé de ses bras. De sa tendresse. A quoi ça servait de perdre tout ce temps à fuir ce que je voulais de toute mon âme. J’ai passé mes bras autour de lui, de son épaule, et j’ai posé ma tête contre la sienne, en lui faisant des bisous. J’aime l’odeur de ses cheveux.
Pascal m’a tout de suite attirée contre lui, me serrant si fort que j’ai cru que j’allais étouffer.
On est resté comme ça un long moment. Sa main descendait le long de mon dos, je sentais sa respiration changer de rythme. Il m’a embrassée. C’était un de ses baisers qui font perdre le nord, qui m’efface le cerveau. Son regard qui se voile, qui prend une teinte vert orageuse.
Je n’ai pas eu le temps de me réjouir. Son air gêné m’a tout de suite mise en alerte. J’ai gardé mon calme quant il m’a demandé de rentrer. Il se sentait obligé de rester avec sa femme pour leur anniversaire de mariage. Après on pourra s’installer chez Thomas. En attendant, sa femme et lui avaient prévu de partir quelques jours. 4 jours.
Il ne m’a pas dit où, et je n’ai rien demandé.
Savoir aurait activé mes neurones et je me serais mise à les imaginer faisant les magasins, sortant manger, etc, avec les couleurs locales à la clé. Non, je ne voulais pas savoir où.
Ensuite, Pascal m’a demandé après ça si je voulais rester et passer la soirée ensemble. Je voulais savoir ce qu’il entendait par là? Est-ce qu’on serait obligé de rester assis chacun dans un coin, se parler à distance, s’ignorer, quoi? Si c’était ça, je préférais rentrer. Le pauvre, je lui menais la vie dure!!!
Après un petit moment de silence total. Il a dit que non, il voulait passer la soirée avec moi, mais que c’était peut-être mieux que je ne reste pas dormir.
Jess avait fini la vaisselle quant on est revenu au salon. Jess se préparait à s’installer devant la télé. C’était gênant. Je ne voyais pas comment on allait pouvoir passer une soirée ensemble avec Jess dans les pattes. Je me rappelais encore trop bien ce que j’avais ressenti l’autre jour. Discrètement, j’ai dit à Pascal que j’allais rentrer. Il a voulu me raccompagner, mais je savais bien que je n’étais pas d’humeur à le laisser m’approcher de trop près. Vraiment pas d’humeur.
Je voyais bien qu’il était déçu. Peut-être même triste. Mais, je n’y pouvais pas grand chose. J’étais triste aussi. Les choses se gâtaient entre nous, je n’avais plus de repaire. Je me sentais perdue, ne sachant pas quoi faire pour bien faire. Puis, Pascal m’a attrapée par la main, je pouvais lire de la détresse dans ses yeux, une supplique. Alors, j’ai changé d’avis et je sis restée.
Après avoir descendu les stores, on s’est installé au salon nous aussi. Mais, à bonne distance de sa femme. Pascal m’a installé entre ses jambes. On chuchotait pour avoir un peu d’intimité. J’aurai bien voulu qu’on aille chez Thomas, mais ce n’était pas à moi de le proposer.
Jess nous lançait de petits regards curieux. Je pense qu’elle s’attendait à me voir partir en courant. Elle devait certainement être très déçue. J’étais contente.
C’était elle qui avait invitée Caroline hier soir. Elle savait que ça allait me faire chier je pense. Me mettre des battons dans les roues, c’était un de ses petits jeux favoris. Pascal avait passé le week-end a essayé de me joindre, il était sûr que je lui en voulais, sûr que j’allais le lui faire payer. Il avait espéré qu’on puisse discuter pendant le week-end, alors ne me voyant pas venir, il a regretté d’être monté sans qu'on ai eu l’occasion de se parler avant.
J’ai prétendu que ce n’était pas grave. Que j’étais un peu tendue ces temps-ci, et que c’était lui qui payait pour mes angoisses. Après tout, c’est toujours la personne qu’on aime, la personne la plus proche qui casque. On s’attend à ce qu’ils soient les plus compréhensifs, donc, c’était ce que j’attendais de lui.
Ça a eu l’air de le rassurer. Il a même rigolé en disant que si ce n’était que ça, alors tant mieux. Il était près à endurer ma mauvaise humeur, tant que ce n’était pas contre lui. Tant que ça ne “nous” remettait pas en question. J’étais prête à lui faire croire n’importe quoi, pour qu’on ne se brouille pas. Parce que, je crois vraiment que c’était de ma faute, que c’était moi qui n’allait pas bien.
Pascal s’est même laisser aller à me faire de petits bisous dans le cou, sur les épaules. Il était hyper câlin. Ce n’est que quant Jess a finalement été se coucher qu’il a osé m’embrasser. Peut-être que je lui avais vraiment manqué? Vers 23h, j’ai décidé qu’il était tant pour moi de rentrer.
Horrible… Dès que je me suis retrouvée seule, je me suis sentie vide… Abandonnée… Il allait partir avec elle, et ça me désespérait. Flûte, je n’avais pas envie de rentrer, j’aurai voulu rester avec lui jusqu’au dernier moment. Profiter de chaque seconde. Comment j’allais survivre pendant 4 jours sans lui?
Pour me donner du courage, je me suis rappelée que j’avais bien réussi à passer des week-end sans lui, à respirer quant il était parti en Allemagne. Là, il ne partait que 4 jours. 4 petits jours. Il serait vite de retour. J’ai pleuré longtemps avant de trouver le sommeil. Je ne sais pas pourquoi, mais je m’attendais à ce qu’il vienne chez moi. Puis, je lui en ai voulu de ne pas l’avoir fait. Je me suis dis que si je lui avais vraiment manqué le week-end passé, il serait venu.
En fait, je crois que je cherchais des raisons d’être fâchée avec lui. Comme ça, il m’aurait moins manqué.
Pascal n’avait pas d’entraînement ce soir, alors, j’aurai aimé le voir. Mais, ma fierté était trop grosse pour que je puisse prendre le téléphone et l’appeler. Zut.

Après quelques larmes, à la fin de “Juste une Ombre”, j’ai voulu changer de genre. Une petite pause de peinture. J’ai hésité entre un Stephen King et encore un
Alors? Tu viens?







J’ai beaucoup dansé. Avec Pascal, mais aussi avec Caro, Paul et Thomas. Et toute l’équipe en fait. Quant j’allais sur la piste, j’allais vers ceux du groupe. Pascal me faisait des bisous, me tenait par la taille ou la main,
Mais c’était égoïste… Je ne voulais pas être comme ça. C'était quand même dur de le laisser y aller en le sachant. Je préférais presque que ce soit en cachette.
On est descendu déjeuner, et ensuite on est rentré. Pascal ne voulait pas traîner tout le reste de l’après-midi avec tout ce monde. Je crois qu’il aspirait à un peu de tranquillité. Pascal m’a déposé à la maison et il est allé raccompagner Caro. Je sais qu’elle espérait rester encore un peu.