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05/2014 - Les mecs sont banals...

Publié le par JaneDo


Dimanche, 5 janvier 2014 - 05/2014 - Les mecs sont banals...

Sur le chemin du retour, Caro m’a appelée pour me convaincre de sortir. Hum, pas envie. Après quelques bonnes excuses, on a finalement raccroché et je me préparait pour ma petite fin de soirée de repos devant la télé. Après tout, il était plus de 1h du matin, bien trop tard pour sortir. Je venais à peine de me plonger dans mon vieux training pourri que Caro rappelait. Elle ne supportait pas de rester seule chez elle, se demandant si elle n’allait pas monter à Villars.

Après 10mn au téléphone, elle a réussi à me convaincre. En raccrochant, je me suis traitée d’idiote, j’aurai dû refuser. Je n’avais aucune envie de sortir, encore moins de m’habiller. Mais bon, comme disait Caro; nouvelle année, nouvelle résolution, nouvelle vie. Il fallait commencer quelque part, et pourquoi pas ce soir. D’autant plus qu’on était certain de ne croiser personne, étant donné qu’ils sont tous à la montagne.

Puis, je crois que c’est le petit Nouvel An, donc, tout le monde sera d’humeur festif. Autant en profiter pour se faire de nouveaux amis. En fait, je ne sortais que pour lui faire plaisir, au détriment de mes propres envies.

Toutes les deux, on était pleine de bonnes résolutions, mais… Clairement, pas encore prête à appliquer!

Caroline avait bien trop peur d’engager une relation avec qui que ce soi. Caro avait bien trop peur, que si jamais ça ne marchait pas avec sa femme, Pascal ne lui laisse aucune chance. En fait, moi aussi, un peu. Par contre, une partie de moi, ne voyait pas en quoi il aurait le culot de se plaindre.

On a rencontré 3 mecs sympas. Le seul hic pour ma part, c’est que je trouve que les mecs ne savent vraiment pas s’y prendre pour séduite qui que ce soit. Ils manquent cruellement de finesse, de charme. Les films sur lesquels les hommes prennent références, sont de mauvais exemples. 5mn après les rencontres, les protagonistes se retrouvent déjà aux lits. Dans la réalité, à moins de tomber sur une écervelée, fille facile, aucune chance. Rhhh, le pouvoir du sourire, de la galanterie ont disparus dans le va-vite.

Il y en a un qui mérite peut-être d’approfondir. Il n’est pas très beau, mais il a de très beaux yeux. Marrons clairs, je crois. Faut voir à la lumière du jour. Sans essayer d’attirer l’attention, il se donne la peine de nourrir la conversation. Sans parler que de lui. J’aime bien les hommes timides et réservés.

Donc, des 3, Damien est celui qui m’intéresse un peu. Je ne ressens carrément rien pour lui, mais je lui laisse une chance de me faire changer d’avis. On verra s’il a de la suite dans les idées, ou s’il attendra comme un grand bêta que les choses se fassent tous seuls. Il a bien essayé de m’inviter à prendre un verre demain. Trop tôt.

La pluie continue à tomber comme si c’était le déluge, je me vois mal sortir dans ses conditions. Et je n’aime pas revoir aussi vite un mec. Surtout en plus, qu’il me plaît moyen. J’imagine qu’il voudra se précipiter à tout connaître de moi, et ça, c’est pas mon truc. Je me vois mal lui balancer, déjà au 1er rendez-vous, que je ne cherche qu’un amant. Que je ne veux pas d’une relation sérieuse. Que si ça pouvait marcher, je ne sortirais plus jamais en public avec lui. Hum, ça la foutrait mal.

Vers 4h du matin, on a décidé de rentrer. On ne peut pas dire qu'on n'a pas essayé!!! Les garçons proposaient qu’on se tape des spaghettis chez eux. Hum, heu non. On n’en avait pas envie. Ça pourrait déraper, et on risque de se quitter en mauvais terme. S’il y en a un qui tente une embrassade, ou un geste déplacé, que ce soit Caro ou moi, on le repoussera. Ils nous prendraient alors pour des allumeuses, et on risque de se prendre la tête.

Trop risqué. Chaque chose en son temps. On verra bien la prochaine fois. Et franchement, on n’en avait pas envie. S’ils y avaient eu d’autres filles avec nous, peut-être qu’on aurait été. Question de voir comment les garçons se comporteraient.

Caroline était déprimée. Elle ne les trouvait pas intéressant. Banal. Moche même. C’est clair que si elle continue à tous les comparer à Pascal, c’était fichu. Hum, je pense que j’en fais autant. Elle a proposé que je reste un moment chez elle. J’ai prétexté que je devais me lever tôt dimanche, que j’avais un dîner en famille. C’était faux.

Je voulais seulement rentrer et me relaxer chez moi. Je voulais passer un dimanche tranquille, sans rien foutre de la journée.


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04/2014 - Still friends

Publié le par JaneDo


Samedi, 4 janvier 2014 - 04/2014 - Still friends

Caroline est redescendue pendant la journée. Elle était déprimée. Pascal l’avait évitée soigneusement toute la soirée de Nouvel An, évitée la journée et le soir d’après. Bref, vendredi, elle a quand même essayé de lui parler. Rien. Il lui a conseillé de rentrer, qu’il ne pouvait pas lui consacrer de temps. Qu’il ne le voulait pas. Il pensait avoir été assez clair. Glups.

Caroline avait quand même essayé de l’approcher, pensant qu’il pouvait au moins se parler en tant qu’ami. Mais, Pascal n’était pas de très bonne humeur. Il était maussade, peu bavard, le visage fermé. D’ailleurs, même pendant la soirée du réveillon, il n’a presque pas desserré les dents. Ses seuls sourires ont été pour sa femme. Il est même resté à l’écart et il avait l’air de s’ennuyer à mort.

Chaque fois qu’elle avait essayé de l’approcher, il s’était visiblement détourné et éclipsé. Caro était au fond du gouffre.

Ce qui est bizarre, c’est que quant quelqu’un est à ras les pâquerettes, on se sent mieux. Peut-être parce qu’on se sent obligé de faire bonne figure et de leur remonter le moral. Elle me faisait de la peine. Aussi pour moi, mais ça c’était secondaire. Il pleuvait sans discontinuer, et on a passé l’après-midi enroulé dans des couvertures, devant la télé. On ne la regardait même pas.

Caroline me racontait par le détail sa souffrance, qui faisait écho à ma propre douleur.

J’aurai préféré ne pas avoir à parler de Pascal. J’avais raccroché. Je ne voulais plus penser à lui constamment. Mais, Caro était aussi mon amie, je ne pouvais pas la laisser tomber. Je la sentais se liquéfié, son coeur se réduire en cendre.

J’avais vraiment de la peine pour elle. Je me voyais en elle. Elle était le miroir dans lequel je voyais le chagrin que je cachais au fond de moi. Caroline était dévastée par la froideur de Pascal envers elle.

Elle me demandait ce qu’elle avait fait de mal. Pourquoi il ne voulait pas lui laisser une petite place. Pourquoi est-ce qu’il voyait encore Elodie et pas elle. Bref, toutes les questions que je ne voulais plus me poser. L’air de rien, c’était pénible. J’aurai voulu fuir.

L’image de Pascal, ses sourires, ses rires, l’éclat de ses yeux, la douceur de sa voix, me torturaient, et me donnaient envie de le voir. Bêtises.

Je l’ai consolée autant que j’ai pu. Essayé à plusieurs reprises de changer de sujet. Après avoir pleurer des bidons d’eau, on a rigolé en se rappelant certains bons moments avec Pascal, la tête qu’il faisait quant on le surprenait en faisait des trucs auxquels il ne s’attendait pas. On a eu un petit instant de tristesse en pensant que tout ça était loin, qu’il n’y aurait plus de ces moments inoubliables.

Caroline m’a demandé s’il se passait des trucs avec Thomas. Elle m’avait vue chez lui à plusieurs reprises. Méfiante, je lui ai dis qu’on était seulement copain. Caro a de la peine à garder sa langue, alors je ne voudrais pas qu’une info lui échappe et atterrisse dans les oreilles à Pascal. Pourquoi? Je me demande! Ça ne change plus rien, nous deux c’est fini. Pourtant, je ne veux pas qu’il l’apprenne. Pas encore. J’attends que ce soit lui qui accumule d’abord les mauvais pas.

Cette journée et soirée avec Caro m’avait achevée. Je me sentais plutôt déprimée en rentrant. J’avais mis la musique à fond pour ne pas laisser de place dans ma tête à la réflexion. A la maison, j'ai tout de suite avalé un petit somnifère, et je me suis jetée dans un film direct; "Looper". Film d'action, tortueux. Parfait. Pas de place pour le vagabondage de l'esprit.


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03/2014 - Pas de "Je t'aime"...

Publié le par JaneDo


Vendredi, 3 janvier 2014 - 03/2014 - Pas de “Je t’aime”...

J’ai regardé la télé jusqu’à 4h du matin. J’ai dormi jusque vers 16h. Thomas me proposait de monter au chalet à Villars, chez Paul. Comme les parents à Pascal restaient en haut tout le week-end, ils ont choisi de bouger chez Paul. Heu, ça ne me disait rien. Layne m’a dit que rester à l’écart serait le meilleur moyen de manquer à Pascal.

Je ne voulais pas vraiment lui manquer. Peut-être un peu. Je voulais surtout m’éviter un coeur brisé. Je restais chez moi.

Ça me faisait plaisir tout de même que Pascal continue d’essayer de me joindre, de m’envoyer des tonnes de messages aussi. Des messages adorables. Ouais, pour moi peut-être, mais vue de l’extérieur, peut-être pas grand chose; Coucou, ça va? Tu fais quoi?” - “Tu montes? J’aimerai bien” - “Tu me manques tu sais” - “J’aimerai bien te voir?”. Des bisous signaient chacun de ses messages. Moi, ça me suffisait. Je sais que Pascal n’était pas friand de sms, il préférait le contact vocal. Donc, j’appréciait l’effort.

Je répondais à 1 message sur 3, sans me compromettre. Pas de “Je t’aime”, pas de “tu me manques aussi”. D'ailleurs, pourquoi faisait-il ça? Il avait pourtant été clair? Il m'embrouillait.

Quant Pascal tentait de me joindre sur mon natel, je ne répondais pas. D’entendre sa voix me crucifierait. Le seul à qui je parlais était Thomas. Il a voulu savoir si c’était vrai que j’avais mangé chez Layne hier soir. J’ai été surprise qu’il le sache déjà. Il voulait venir me chercher, mais j’ai refusé. Prétexte; j’avais un dîner en famille ce soir. Ils ne me verraient pas du week-end. C’était faux. Au programme; larve devant la télé et petite sieste. J’avais besoin d’un peu de solitude. J’étais mentalement à bout.

Layne était à Verbier ce week-end, ça me disait beaucoup plus. Hélas, Thomas l’apprendrait, alors tant pis, je reste à la maison.


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02/2014 - Journée comme j'aime

Publié le par JaneDo


02/2014 - Journée comme j’aime
Jeudi - 2 janvier 2014

Avec Pascal, c’est bon, je raccroche. Je ne veux plus me torturer pour rien. J’ai donné. Je lui ai donné tout mon coeur, je le reprends. Je veux m’amuser maintenant, faire ce que je veux.

Plus de Pascal. Au moins je ne perdrais plus mon temps à essayer d’hypnotiser mon téléphone pour qu’il sonne.

Pas quitté la maison de la journée. Pas envie. Pas envie de m’habiller. Envie de voir personne. Mon natel réduit au silence, et rangé au fond de mon sac, après avoir parlé avec mon papa, que je n’avais pas réussi à joindre hier.

J’ai lu et regardé la télé. Une journée farniente, comme je les aime. Contente de ne pas avoir à faire d’efforts pour qui que ce soit, ni pour parler, ni rien.


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01/2014 - Nouveau Départ... (2)

Publié le par JaneDo


Mercredi, 1er janvier 2014 - 01/2014 - Nouveau départ... (2)

Je n’ai juste pas dit que je pensais disparaître avant. Thomas voulait savoir où j’en étais, si je pensais toujours autant à Pascal. Il pensait qu’il était temps que je laisse tomber. Que je me fasse une raison. Thom pensait qu’il était temps que je prenne de nouvelles résolutions pour l’année à venir. C'est bon, il me l'a déjà dit et répété je ne sais combien de fois. En ce moment précis, Thomas me prenait la tête.

Je ne voulais rien lui dire, mais ce n’aurait pas été très correct, alors j’ai averti Thomas que je partais avant le coup minuit. Je ne voulais pas être là pour ce moment mythique, je ne me sentais pas à ma place. Il a perdu le sourire. Pour le faire changer d’humeur, et montrer que je pensais ce que je disais, je l’ai invité à danser.

Sur la piste, il faisait des efforts pour retrouver sa bonne humeur. Et comme je ne restais pas pour le compte à rebours de minuit, il a voulu savoir s’il osait m’embrasser. Il a tenu à me dire que Pascal nous observait. J’ai dit que je m’en fichais, c’était fini entre nous, c’était lui qui l’avait voulu.

Avec douceur, il a mis mes bras autour de son coup. J’avoue que mon coeur se déchirait, je savais ce qui allait arriver, mais je ne me voyais pas le repousser. Son baiser était doux, ses lèvres légèrement salés.

C’était tendre, doux d’abord, puis s’est transformé en baiser passionné. Ça m’a fait mal aussi. Mal, parce que je savais que Pascal nous avait sans doute vu, et que pour lui, ça signait la fin totale d’une éventuelle réconciliation. Je n’ai pas osé regarder dans la direction du bar où Pascal et sa femme se tenaient. J’ai concentré mon attention sur Thomas.

C’était un premier baiser, suivi par un autre, et un autre… J’ai quand même rappelé à Thomas qu’on était pas pour autant ensemble. En blaguant, il a répondu que ça allait sans le dire, “pas besoin de me le rappeler sans arrêt, j'ai compris”. Malgré ça, il a continué à m’embrasser pendant tout le temps qu’on dansait. Gênant, parce que tous savaient qu’il avait une copine!

D’ailleurs, que faisait donc Pascal? S’il tenait un tant soit peu à moi, il aurait déjà trouver le moyen de me le faire savoir! Qu’est-ce qu’il attendait? Minuit? Ben, ce sera trop tard. C’était déjà trop tard. J’avais un pavé sur le coeur, c’était lourd, mais je crois que j’avais pris la bonne décision. A force d’entendre tous ceux qui nous connaissaient me répéter encore et encore, que je devrais laisser tomber, ça a fini par arriver jusqu’à mon cerveau.

Je sais qu’on fatigue souvent nos amies en répétant toujours les mêmes histoires, à leurs rabâcher les oreilles avec les mêmes doutes, mêmes chagrins, et qu’au bout d’un moment, ils en ont plein le cul, en ont marre de nous répéter les mêmes choses, mais c’est le seul moyen pour enfin arriver à décrocher. A force d’entendre tout le monde te répéter de bâcher, tu finis par trouver la force de bâcher. Ou peut-être parce que tu n’oses plus prononcer le fameux nom qu’ils ne veulent plus entendre; Pascal!!!

Thomas m’a demandé encore si j’avais renoncé à Pascal… Hum… Pour couper court à cette discussion que je ne voulais pas avoir, j’ai répliqué, que j’étais libre et que je n’avais de compte à rendre à personne. Que j’avais déjà pris la résolution de laisser tomber mes illusions concernant Pascal. Thomas a semblé heureux de l’entendre… Il s’est penché pour m’embrasser à nouveau.

Oups, je ne sais pas comment ces paroles ont atterri dans ma bouche, mais une fois dit, j’ai réalisé que c’était exactement ce que je devais faire. Thomas avait tellement raison. Je me fanais, me consumais à espérer quelque chose qui a longtemps disparu. Je l’avais perdu au cours de cette année, je m’en rendais bien compte. Il était temps que mon coeur et moi mettions les voiles.

Je venais à peine de me dire ça, de me donner du courage de lâcher enfin prise que j’ai aperçu Layne entrer dans mon champ de vision. Le diable avait des antennes, c’est sûr!

Avec son sourire de playboy, ses cheveux bouclés tombant devant les yeux, il a traversé la foule en saluant ses copains au passage, sans me quitter des yeux. Sans gêne, il a demandé à Thomas s’il pouvait m’emprunter pour danser. J’ai consulter Thomas des yeux. Il n’était pas content, mais il ne pouvait qu’accepter.

Après quelques pas, Layne a proposé qu’on se tire de là. Il savait que Pascal et Jess voulaient sauver leur mariage, qu’ils faisaient tous deux des efforts pour ça. Layne savait tout. Ça tombait bien, j’avais prévu de partir. Layne ne dormait pas au chalet. Ça l’ennuyait de se les contraintes de la cohabitation pendant les fêtes,tout le bruit et la foule. De ne pas pouvoir se reposer le matin.

Bref, il ne pensait pas venir à Gstaad pour le Nouvel An, mais quant il a entendu les nouvelles à propos de Pascal et moi, il a pensé que j’aurai besoin de lui pour me sauver. Il a prononcé les derniers mots en rigolant. Et ça m’a fait rire.
En fait, Layne tombait plutôt bien. Je n’aurais pas imaginé le voir. D’ailleurs ces derniers temps, je n’avais pas de nouvelles, ne pensait pas à lui, et n’avais certainement pas pensé le retrouver ici à Gstaad.

On s’est réfugié dans sa voiture, parquée près de la boîte. Plus près que la mienne en tous cas. Layne m’a proposé de passer un moment chez lui, quant il a su que j’étais venue avec ma voiture; “à moins que tu préfères quand même passer la nuit au chalet?”. Heu, sûrement pas!

Minuit approchait, alors ce n’était pas le moment d’être chacun sur la route dans des voitures séparées. Il a allumé la radio pour qu’on puisse entendre le décompte de minuit. Après quelques minutes, il m’a fait un signe de la tête; “Tiens, regarde… On dirait qu’on te cherche…”.

Thomas d’abord, puis Pascal semblaient chercher quelqu’un. Ils n’étaient certainement pas sorti fumer. Ils n’avaient même pas enfiler leurs vestes. Il neigeait, ils devaient mourir de froid! Thomas était le premier dehors à fouiller la rue du regard, puis Pascal est sorti et tous les deux scrutaient les alentours de la sortie.

C’était minuit moins 5, et je n’étais pas visible… Plus là… Bonne Année Pascal mon amour… Bonne Année Thomas!

Après le bisous de minuit, Layne m’a déposé devant ma voiture. Je l’ai suivi jusque chez lui. Dès qu’on a passé la porte, sous prétexte de m’aider à me débarrasser de ma veste, il a voulu m’entraîner direct dans sa chambre. Je préférais boire quelque chose avant. J’avais surtout le coeur en miette. Il me fallait juste quelques minutes pour rassembler les morceaux.

Faire l’amour, ça fait oublier. Au début, on se sent coupable d’avoir du plaisir. Puis, très vite, on oublie tout. Ce moment de bonheur dans les bras de quelqu’un qu’on aime bien fait beaucoup pour le moral. J’ai ravalé mes larmes. Encore plus surprenant, j’ai ri. Layne m’a fait rire. Beaucoup rire. J’ai passé quelques heures sublimes en sa compagnie.

Je me sentait légère, presque heureuse en rentrant vers les 4h du matin. Presque comme si j’étais soulagée d’avoir rompu le lien qui me retenait à Pascal.

Je me suis réveillée tard. J’ai lu les voeux que j’avais reçu du monde entier, de Pascal (avec un petit pincement au coeur), et de Thomas. Thomas me cherchait et avait compris que j’avais filé en douce avec Layne. Il semblait peiné. Quelques heures après, il m’envoyait un message pour me faire savoir qu’il comprenait, qu’il ne m’en voulait pas.

Je lui ai répondu que j’étais à la maison. Que j’avais pris un verre avec Layne, et que j’étais rentrée après. Laissant de côté les détails. J’ai préféré éviter de lui dire que je mangeais avec Layne ce soir chez lui. Il cuisinait. Thomas l’apprendrait de toute façon, parce que Layne avait invité quelques amis.

J’avais prétendu avoir une copine à voir dans la soirée. C’était faux. Je voulais juste pouvoir me tirer à un moment donné. Juste rentrer chez moi, dans ma maison. J’avais promis de passer après, après le départ de ses invités. J’ai inventé avoir mes bringues pour ne pas passer à la casserole. Deux nuits d’affilés de sexe sauvage, brutal et endiablé, c’était juste pas possible. J’avais déjà mal partout, et j’étais crevée.

J’aime faire l’amour avec Layne, même être un peu brutalisée. Même avoir l’impression d’être un simple objet sexuel. Mais, ça, c’était hier, parce que j’avais besoin d’avoir mal ailleurs qu’au coeur. Je ne voulais plus sentir cette brûlure dans ma poitrine. L’idée c’était de remplacer une douleur par une autre. Ça a plutôt bien marché.

Layne m’a avertie vers 22h que ses invités venaient de passer la porte. Alors j’ai enfilé le training que j’ai reçu pour Noël de ma frangine, et je me suis pointée à sa porte. On a passé la fin de soirée à s’embrasser, à flirter. Tout ce qu’il voulait, c’était me grimper dessus. Chaque fois que sa main descendait un peu trop, je le stoppais. Pas qu’il découvre que je n’avais pas mes règles.

Pour que personne ne découvre que j’étais sortie, je suis rentrée chez moi, jeudi matin vers les 6h du mat, sur la pointe des pieds.


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01/2014 - Nouveau départ? - (1)

Publié le par JaneDo


Mercredi, 1er janvier 2014 - 01/2014 - Nouveau départ? -(1)

Déjà 2014! Est-ce qu’on peut me dire comment cela se fait-il que le temps passe si vite? Enfant, je trouvais que le temps était extrêmement long d’un Noël à l’autre. Je préparais mes listes de cadeaux à l’avance, et au fils des mois, j’oubliais Noël. A l’approche du mois de décembre, ma liste était incomplète, et même, je n’avais plus les mêmes envies.

J’ai attendu avec impatience d’atteindre mes 16ans, mais rien n’avait changé. J’étais toujours la même qu’à 14ans! Alors j’ai espéré les 18, puis les 20, mais rien ne semblait beaucoup changé.  A part que j’avais quitté l’école pour entamer un apprentissage qui ne me passionnait pas vraiment. A l’époque, mes parents me manquaient. J’ai aussi réalisé que je détestais cordialement les changements.

Sur la route, qui était sensé me conduire chez moi, mes pensées voguaient dans tous les sens; rentrer ou passer à Gstaad? Je pourrais rentrer me changer, les routes sont bonnes, et je laisserais encore un peu de temps pour réfléchir??? Chaque jeep Audi que je croisais me serrait le coeur. Je me disais que je pouvais au moins m’accorder le petit plaisir de voir Pascal une dernière fois? Est-ce de la faiblesse? C’était difficile de résister à l’envie de voir Pascal… juste quelques minutes…

Je suis donc rentrée me changer, et poser mon sac à la maison, pour ne pas être tentée de rester à Gstaad.

J’ai mis un chemisier d’un blanc immaculé, décolleté à souhait, une jupe noire moulante, et par-dessus, une longue veste sans manches. Pour l’occasion, malgré ma cheville qui me faisait toujours mal, j’ai opté pour des talons, que j’enfilerais seulement une fois devant la boîte. Ou, au pire, je pouvais toujours laisser mes bottines noires, qui me tenait bien la cheville.

Une fois maquillée, avant de reprendre la route, j’ai averti Thomas de mon arrivée. Je ne voulais pas qu’il en parle à qui que ce soit. Au cas où je changeais d’avis. Là, Thomas a répondu qu’il n’accepterait pas de “change of heart” (de changement d’avis). Que dans 45 minutes, il m’attendrait devant, si je ne venais pas, j’aurai sur la conscience le fait qu'il gèle sur pied. Ça m’a fait rire.

En même temps, ce n’était pas drôle, j’y allais uniquement pour avoir une chance de croiser Pascal, et si possible, lui parler. Je ne pourrais pas être libre de mes mouvements. Nul. Je suis arrivée au Pub vers les 22h50… J’avais mis le turbo!

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365/2013 - 2013 est mort, Vive 2014

Publié le par JaneDo


Samedi,  28 décembre 2013 - (362/2013) - Chalet à Liddes pour les fêtes

Après tous les changements de plans de dernière minute, typiquement ma famille, on est arrivé au chalet en fin de journée. Liddes n'est pas si loin en fin de compte. Carmine et un de ses frères était déjà là, avec sa nana Carmen. Oui, encore des noms qui commencent par les mêmes lettres. Et ouf, je dors seule dans une chambre. J'avais eu peur d'avoir de la compagnie. Si ça avait été le cas, je n'aurai pas réussi à bien dormir.

On a réussi à former une équipe de 4, pour jouer aux cartes, avec Pierre, après la bourguignonne. C'est fou comme les gens d'un certain âge pensent que les spécialités culinaires sont un sujet de conversation. Même ceux de mon âge aussi d'ailleurs. Ils doivent penser que ça mène au 7ème ciel! Ennuyeux.

On a joué aux cartes jusque vers 1h du matin. Ensuite, Pierre était trop ivre. D'ennuyeux, il est passé à gonflant. Donc, on l'a envoyé se coucher. J'ai lu jusque vers 5h du matin, alors que les jeunes jouaient à des jeux; babyfoot, etc.


Dimanche, 29 décembre 2013 - (363/2013)

Je me suis levée vers 8h30 pour déjeûner avec les lève-tôts, et je me suis recouchée jusqu'aux environs de 13h. Lilice à dormi tard. C'était celle qui s'était couchée le plus tard, avec Lucas et son pote. Elle a pris son déjeuné vers 14h, ensuite on a joué aux cartes jusqu'au retour des lugeurs, skieurs, etc. J'ai donné un coup de main pour préparer les à-côtés pour la "Raclette".


Lundi, 30 décembre 2013 - (364/2013)

On a aussi joué aux cartes, avant et après le dîner. De nouveaux arrivants ont continués à affluer. Ce soir, c'était les fameux "Lasagnes" de Carmine. Lourd. Marco et sa copine sont arrivés et ont dormi dans le "Bunker" (le grand dortoir). Je suis allée avec Pierre louer des skis pour Kaya. La pauvre n'avait pas pu skier jusque là.


Mardi, 31 décembre 2013 - (365/2013)

Nous voilà à la veille de la nouvelle année... J'ai bien envie d'aller faire un saut à Gstaad, ou... Ne pas y aller pour que je puisse lui manquer assez pour que Pascal ait envie de changer de route! Ou encore, y aller, et disparaître avant minuit, pour que Pascal me cherche partout! Je ne sais pas encore.

Je me suis couchée tard, une fois encore, et j'ai dormi jusque vers 14h. David est arrivé dans la matinée, et il est parti faire de la luge avec son frère et sa soeur. Alice s'est pris une des manettes du Baby-Foot dans l'oeil. Super, elle a un oeil-au-beurre-noir. J'ai pris Dobby, la chienne dormir avec moi un moment. On a passé l'après-midi à préparer le buffet pour ce soir.

Schumacher, le coureur automobile, est dans le coma, pour une stupide petit accident de ski! Je me rappelle encore de sa tête. Je l'avais croisé à la soirée de Noël de Philip Morris, qui était son plus grand sponsor. Qui pouvait imaginer qu'il serait dans cet état justement aux alentours de Noël. La vie est nulle. Carmine me les gonfle quant il boit trop!

Le Réveillon. Je ne crois pas que je resterai ce soir... Je n'ai pas envie de partager ma chambre... Pascal me manque... Mon natel n'arrête pas de sonner... Pas envie de répondre, et pourtant, je finis toujours par regarder mes messages, parce qu'il faut que je réponde aux amis, c'est la veille d'une nouvelle année! Que faire! Aller vers lui ou le fuir??? En même temps, comment résister à l'envie de le croiser ce soir???

J'ai quitté Liddes vers 20h... Je ne suis pas encore sûre de ce que je veux faire... Caroline va à Gstaad de toute façon. Elle se fiche pas mal que Pascal ait voulu la maintenir à l'écart. Elle me dit que ce soir, elle saurait si c'est définitivement perdu ou pas. Devrais-je l'imiter? En tous cas, la vie sans Pascal n'a aucune saveur...


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361/2013 - Envie de rien...

Publié le par JaneDo


Jeudi - 26 déc. 2013 - 360/2013 - Reposer mes yeux

Je n’avais envie de rien aujourd’hui. Ni envie de sortir du lit. Ni envie de parler, de voir qui que ce soit. Ni faim non plus. J’avais une tête horrible. Thomas m’avait envoyé un message pour savoir si je voulais remonter demain, les parents rentraient. Niet. Pas envie. Voir Pascal me déprimait. J’avais encore trop envie de lui. Et à moins de m’acheter une autre tête, celle-ci n’était pas présentable. Pas envie que Pascal me voit comme ça.

Les yeux de poissons rouges, c’est bons pour les poissons, mais pas à montrer à celui que j’aime, surtout si ça doit être la dernière image qu’il garde de moi… et de ma tête!


Vendredi - 27 déc. 2013 - 361/2013 - Envie de rien

Ma soeur m’a demandé de monter avec elle samedi, donc demain, je fais idem; journée au lit. Je ne sors pas de la maison. Ce sera mon dernier répit avant de me retrouver enfermée dans un chalet avec une bande d’italiens, des chiens et des gosses. Bon, il y aura mes neveux aussi. Il paraît qu’on jouera beaucoup aux cartes. Donc repos aujourd’hui.

J’ai parlé avec Thomas en début d’après-midi. Même si je n’avais envie de parler à personne, je ne pouvais pas l’ignorer après le gentil cadeau qu’il m’avait offert et sa gentillesse tous ces derniers temps. Pascal m’a envoyé un message. Un petit coucou. Je l’ai appelé. J’en ai profité pour le remercier pour son cadeau. Je lui ai dit que Thomas m’avait murmuré à l’oreille que le collier venait de lui, mais je l’avais deviné toute seule.

Après ça, j’ai fermé boutique; natel et tout. J’avais mal à la tête. J’angoissais de ces vacances loin de chez moi, surtout loin de Pascal. Loin de son coeur. Je me sentais tout de même rejetée…


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359/2013 - Le pire des Noël...

Publié le par JaneDo


Mercredi - 25 déc. 2013 - 359/2013 - Le pire des Noël...

Thomas m’a raconté que Pascal était passé chez lui hier soir, après mon départ. Il était mal. Il lui avait dit avoir blessé et déçu une personne qui comptait vraiment pour lui. Il a avoué qu’il pensait ne rien me dire, mais Pascal faisait tellement peine à voir. Ils avaient longuement discuté et Pascal lui a raconté ce qui s’était passé.

En me disant qu’il était avec Elodie, Pascal pensait que je l’aurai envoyé chier et que je serais partie. Il s’était retenu de rentrer après avoir reçu mon appel. Mal au bide de devoir me faire face. Peur de craquer encore une fois. Il lui a même avoué avoir craqué, m’avoir dit des choses qu’il n’aurait jamais dû me dire. Bref, il lui a tout raconté.

L’empêche, ça me rassurait qu’il ait été mal, parce que moi, j’en avais bavé. J’avais tellement pleuré que mes yeux étaient encore gonflés et tout rougis. Thomas m’a encore demandé de l’accompagner à Gstaad. J’ai décidé d’accepter de passer. Les parents à Pascal allaient sûrement tirer la gueule.

Normalement, comme je n’étais pas sensé être là-bas, je savais pertinemment que je devrais assister à la remise des cadeaux. Quoique… Si je partais en début de soirée…

Thomas m’attendait devant le pub près de la poste. On a été au chalet ensemble pour interdire aux parents de faire leurs petites crises. Avec Thomas, je me sentais en sécurité. Ma présence a pourri un peu le dîner de Noël. J’imagine qu’ils avaient dû lui demander ce que je faisais là. Après le dessert de Noël, c’était la distribution des cadeaux.

Thomas m’a offert un bracelet Bulgari en or rose, incrusté de diamant. C’était celui j’avais admiré bien des mois plus tôt, alors que je me promenais avec lui à Genève. Je me rappelle encore parfaitement de ce jour là. J’avais dit que je retournerais pour me l’offrir. Il me plaisait beaucoup. Mais en vérité, il était bien au-dessus de mes moyens.

J’étais embarrassée. Je ne me sentais pas en droit de l’accepter. Je lui ai dit que je ne pouvais pas, mes joues et mes oreilles avaient pris des teintes rosés, et j’avais chaud. J’imaginais ce que pouvait pensé ses vieux!!! Il y avait un 2ème paquet que je ne voulais pas ouvrir, déjà gênée par le premier. Je déteste ouvrir un cadeau devant celui qui me l'offre, qui me scrute, étudiant mes réactions. Horreur.

Pascal était plutôt silencieux, et gardait une certaine distance. Je n’osais de toute façon pas le regarder.

Vu l’insistance de Thomas, j’ai été obligée d’ouvrir le 2ème cadeau. C’était aussi une petite boîte, et les petites boîtes sont souvent les plus coûteuses. Mes oreilles avaient virés au violet déjà, et si j’avais pu, j’aurai vite plongé la tête dans le frigo, ou serait sortie prendre l’air. J’ai presque tout de suite deviné que le 2ème était de Pascal.

Il avait demandé à Thomas de me l’offrir. Je n’ai même pas pu lui faire un bisou pour le remercier. Je l’ai fait à Thomas, rouge comme une pivoine. C’était un collier en or rosé aussi, également de Bulgari. J’imagine que les garçons avaient fait leurs achats de Noël ensemble?! Il était magnifique. Hélas, je ne le porterais jamais, c’était bien trop précieux.

Jess était translucide. Les lèvres pincées, elle restait prostrée dans son fauteuil. De Pascal, elle avait reçu un bracelet qu’elle estimait moins beau que celui que Thomas m’avait offert. Je me demande si Pascal avait fait exprès. Tout de même, il lui avait offert le set; le bracelet et le collier qui allait avec.

Je me sentais mal d’être là, mal de ne pas savoir où me mettre. Mal à l’aise, je voulais m'en aller. Gênée tout de même de le faire juste après avoir ouvert des cadeaux. Je gigotais dans le canapé, cherchant une position confortable et à me soustraire des yeux inquisiteurs qui m’entouraient.

Thomas a très bien senti mon malaise, alors il me serrait la main et faisait tout pour que je me sente bien. Pascal était tout aussi silencieux que sa femme. J’ai réalisé qu’il cherchait à faire bonne figure, mais il était toujours remonté contre ses parents. Il n’avait pas voulu ouvrir les cadeaux qu’ils lui ont offert, faisant pleurer sa mère. Il se tenait à l’écart. Pas un sourire.

J’ai été soulagée de foutre le camp de là-bas pour aller prendre un verre avec Thomas au village. Pascal et Jess suivaient aussi joyeux qu’une porte de grange. C’était une atmosphère bizarre. On les a planté à mi-parcours et filé se terrer dans un petit bar d’un des hôtels de la place.

On les a vus passer. Ils nous cherchaient, surtout Jess. Pascal était indifférent, les mains plantés dans les poches. Il suivait sa femme c’est tout. Il était ailleurs, perdu dans ses pensées. Mince, je l’aimais.

J’ai été soulagée une fois dans ma voiture. Je me sentais plus légère. Vivement la maison. Je rêvais de me planter dans mon canapé et m’oublier devant un film quelconque à la télé. Je savais bien que je passerais quelques heures à pleurer sur mon sort, mais tant pis.

Tchoy n’était pas là. Il fêtait Noël avec son fils Théo chez sa soeur. Ils sont 11 frères et soeurs, avec les partenaires et les neveux, ça donnait un sacré nombre de personnes. J’ai fait semblant de dormir quant ils sont rentrés. Je ne voulais pas qu’on remarque mes yeux enflés comme des pastèques. Le soir de Noël en plus!

Il pleut non-stop, comme si le ciel pleurait avec moi ou sentait ma détresse. Comment est-ce qu’on survit au manque… au manque d’amour… au manque qu’on ressent quant la personne qu’on aime nous laisse tomber...


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358/2013 - Triste Réveillon de Noël (2)

Publié le par JaneDo


Mardi - 24 déc. 2013 - 358/2013 - Triste Réveillon de Noël (2)

Pascal me demandait de partir. Que je ne devais pas être là. Qu’il n’avait rien à m’offrir. Qu’il n’avait fait que me faire souffrir. Mais qu’il m’aimait, qu’il m’a toujours aimée, qu’il m’aimerait toujours, certainement jusqu’à son dernier souffle.

Clairement, je devais avoir la berlue… Je ne comprenais rien du tout! Si on aime, on ne fait pas souffrir? Non?

La douche froide à cause de ces mots m’a fait reculer. Mon cerveau avait un défaut ou j’entendais mal? Est-ce qu’il avait vraiment dit qu’il m’aimait encore ou je rêvais. J’ai serré les poings jusqu’à ce que mes ongles me déchirent presque l’intérieur de la paume. C’était juste pour vérifier que je ne dormais pas. Maintenant ma tête me faisait mal.

Aussi bizarre que ça puisse être, je voulais dormir. Là tout de suite. Dormir. Oublier. Ne plus rien entendre. Garder au fond du coeur ces mots dit avec tendresse et beaucoup d’amour. Je voulais garder ce souvenir à jamais. Ne jamais me réveiller. Partir sur une note positive.

Pascal s’est assis en prenant sa tête dans ses mains. Il regrettait d’avoir dit ce qu’il venait de m’avouer. Je ne comprenais pas. Faudrait geler le temps. Tout stopper. Il m’a raconté encore une fois ce que lui et sa femme avaient discutés. Ni l’un, ni l’autre ne voulait divorcer. Maintenant, il n’était plus sûr de rien. Puis, oui, il ne voulait pas divorcer. Ce serait un terrible échec.

Il m’a raconté que Jess, lui aussi d’ailleurs, estimait qu’ils s’étaient mariés un peu trop tôt. Jess pensait n’avoir pas assez vécu de choses. Elle voulait s’amuser encore, faire des expériences, voir d’autres horizons, avoir des aventures. Sans ça, elle avait peur que leur mariage ne tienne pas. Elle estimait que les hommes avaient plus de chances que les femmes question aventures. C’était plus facile pour eux. Jess estimait n’avoir pas assez vécu.

Par contre, pour être certain de se retrouver, de ne pas se perdre en chemin, ils avaient convenus d’éviter les liaisons, ou toute aventure qui risquait de se transformer en quelque chose de plus sérieux, d’éviter tout ce qui risquait de mettre en péril leurs retrouvailles. Pour ne pas se perdre en route.

C’est comme ça qu’elle en était arrivé à exiger de lui qu’il cesse de me voir. Notre liaison durait depuis 5ans, et c’était ce genre de choses qui risquait de mettre à mal leurs chances et réussir à se construire un avenir ensemble. Ils pouvaient s’amuser chacun de leur côté, tout en gardant à l’esprit le but qu’ils s’étaient fixé.

Pascal a levé les yeux pour plonger son regard vert au fond de mon coeur. Je pouvais deviner sa fatigue, sa lassitude et son abattement. On aurait dit qu’il était arrivé au point de rupture. Non, je me faisais des idées. N’était-il pas en pleine consolation… chez Elodie?

Faut que j’arrête d’interpréter tout à ma convenance. Croire seulement ce qui m'arrangeait. Les faits. Je dois seulement regarder les faits et la vérité en face. La pitié qui avait failli me faire fondre a aussitôt disparu. Mais j’étais sans voix.

Pascal s’est vite repris. Il s’était levé et me demandait de rentrer chez moi. C’était mieux comme ça. Mais, je m’accrochais encore. Je ne voulais pas partir. Je n’ai rien dit. Je ne savais pas quoi dire. Puis zut, inutile de jouer la comédie. A quoi cela servirait-il? C’était peut-être la seule occasion de lui parler seul à seul, alors pourquoi faire semblant. Pourquoi mentir.

  • Moi, je t’aime… Je t’aime plus que ma vie…
  • Vraiment? Mais tu ne veux pas de moi. Pas vraiment. Tu ne veux pas d’enfants. Pas de moi en tous cas. Pas vivre avec moi, ni même songer à une avenir à deux. Alors je ne comprends pas. Mais bon, c’est inutile de parler de ça, ça ne changera rien. Ce n’est pas très important. C’est ridicule de parler de ça maintenant.
  • Ce n’est pas ridicule. Oui, malgré tous mes défauts, je t’aime. Le mot est faible, mais c’est la seule qui existe dans notre dictionnaire pour parler de ce que je ressens. Et si tu m’aimais vraiment, je ne comprends pas que tu aies pu accepter ce que Jess te proposait.

Je n’ai pas voulu lui rappeler qu'on parlait de sa “femme”. Je préférais ne pas lui rappeler ce qu’elle était, et pas une simple petite copine. Pascal a passé une main tremblante dans ses cheveux. Et j'ai pensé; "il est nerveux, trop mignon". Nul. J’aurai bien voulu passer la main dans ses cheveux moi aussi. Je ne sais pas comment j’ai osé, mais je l’ai fait. Je me suis approchée et sur la pointe des pieds, j’ai osé l’embrasser.

Il est resté figé quelques secondes, puis ses bras se sont refermés autour de moi. Ses lèvres si douces, si chaudes. Il me serrait si fort que j’ai même espérer que les barrières qui nous séparaient allaient enfin se briser, tout comme mes os étaient sur le point de le faire. Puis ses bras se sont relâchés. Il m’a repoussée doucement en posant son pouce sur mes lèvres. Comme pour m’empêcher de chercher à l’embrasser.

D’une voix rauque, il a murmuré qu’il m’aimait, mais qu’il était préférable que je rentre chez moi, et d’oublier tout ça.

J’aurai dû ne pas partir. J’aurai dû rester. Encore maintenant, je regrette ces quelques secondes qui m’ont condamnés à disparaître de son existence. Stupide crétine. J’aurai dû rester. Je regrettais amèrement les quelques pas que j’ai fait en direction de la porte; “Si tu m’aimes, alors retiens moi, ne me laisse pas franchir cette porte…”. Pascal avait fermé les yeux avant de se détourner. Ce geste m’a blessé, brûlé. Il s’était fermé, détourné de moi.

Effondrée, je me suis tassée derrière la porte. Pascal m’avait laissé partir. J’ai encore attendu derrière la porte, espérant le voir surgir et me retenir. Mais rien. Alors je me suis brisée. Le chagrin m’a dévastée. Je ne supportais pas cette douleur qui me terrassait. Je savais qu’elle ne me quitterait plus. Notre destin était scellé. C’était perdu. Foutu. Je l’avais perdu.

J’aurai voulu mourir sur le champ. Ça faisait trop mal. Pascal était pourtant à quelques centimètres, mais déjà tellement loin… Je tremblais de la tête au pieds. Pascal ne cherchera pas à me rattraper, à me retenir. Je le savais. Je devais partir, m’éloigner tout de suite. Partir. Me terrer dans mon coin et espérer que mon coeur n’explosera pas. Ou s’il explose, qu’il m’emporte vite fait.

Il fallait que je me fasse une raison… Que je tourne la page… Chercher ma route… Changer de route… Et pourtant, je ne voulais pas. Je voulais encore m’accrocher à l’espoir qu’un jour, il me reviendra. Oui, il me reviendra… Rhhh, c’est stupide, c’était fini. Je devais oublier. Pascal ne reviendra pas. Je dois vivre avec ça.

Ce soir, je fêtais Noël avec ma famille. Dès le matin, la fatigue s’était abattue sur mes épaules, comme si j’avais enfilé un manteau en plomb. M’handicapait. Et c’était la course. J’ai avalé quelques cafés. Constaté que les freins de ma voiture faisaient un bruit anormale. Couru chercher ma nièce pour nous rendre chez Carmine. Elle devait monter le sapin.

Constaté que cette année, je n’avais pas accroché de décorations. Je n’avais pas le coeur à ça.

J’avais prévu de la déposer et de rentrer pour essayer de dormir un peu. J’avais passé une mauvaise nuit. Pas réussi à vraiment dormir. Dès que j’y réussissais, je me réveillais en sursaut; l’angoisse me serrait la gorge. Je crois avoir réussi à dormir environ 3h, pas plus. J’étais raide; les épaules endoloris, lourdes.

Et Pascal continuait à me manquer. J’aurai bien noyé mes angoisses dans de la vodka, jusqu’à en perdre la mémoire. Mais, pas ce soir. Ce soir, je devais sourire, rire, faire semblant; je dînais en famille. Les larmes, ce serait pour plus tard, si je trouve le temps. J’en avais déjà versés tout un lac, je me demandais s’il m’en restait encore!!!

Je savais que ce n’était pas bon de garder tout ça enfoui, ça risquait de péter tout d’un coup, sans avertissement.


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