Dimanche - 30 Décembre 2012 - (364/2012) - Fâchée? Moi? Non. Mais, j’ai menti!
Pascal m’avait empêchée de sortir de la pièce. Encourageant d’un côté. Fallait juste que je me calme, ne pas raconter de conneries, et ne pas me mettre à pleurer comme une madeleine. Ça ne ferait que l’exaspérer. Il a attaqué direct où le bas blesse et je n’ai pas eu d’autres options que de mentir.
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Tu es fâchée parce que j’ai emmené Caroline?
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Pas du tout.
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Caro n’est pas aussi compliquée que toi! Avec toi, faut toujours s’attendre à des tas d’excuses, passer des heures à essayer de te convaincre. J’en avais un peu marre. J’avais envie de passer Noël avec toi, mais toi non.
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C’est bien. Je n’ai rien dit que je sache!
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Alors pourquoi tu n’as pas répondu quant on t’as appelée?
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Je te l’avais dit, j’étais occupée!
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Oui, mais tu as répondu quant Caro a appelé, donc, tu ne voulais pas me parler.
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Tu n’avais pas à m’imposer un dilemme pareil. Tu sais que ta famille me déteste, alors me forcer à m’incruster à Noël, c’était nul.
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C’était que ça? Alors tu t’en fou que j’aie emmené Caro?
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Oui.
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Ah bon!
Stupide, stupide, stupide! J’aurai dû dire la vérité, au lieu de cacher ce que je ressentais. Mais je ne pouvais pas me résoudre à lui montrer à quel point il m’avait blessée. Humiliée même.
On est parti à la soirée chez Yumi sans se dire un mot. Pascal avait les mains dans les poches et marchait à côté de moi, mais il aurait aussi bien pu être à des années lumières.
Pascal m’a abandonnée à peine entré chez Yumi. Il a été rejoindre des copains et sa femme. Et paf, encore une fois, je me sentais perdue dans cette foule. Seule. Je ne savais pas vers qui me tourner, ni vers qui aller. Je me rends compte que, ça a toujours été le cas. Je ne suis qu’une pièce rapportée, je ne fais pas partie de leur clan. La plupart du temps, je ne cherche que Pascal, je ne vois que lui et tout ce qui tourne autour de lui. Je ne vois rien d’autre de ce qui se passe vraiment. Je ne fais pas attention.
J’ai vu Caroline en train de rigoler avec des gens que je ne connaissais pas, mis à part Julien. Et lui non plus, je ne le connais pas bien. J’ai été me planter à côté d’elle. Intérieurement, je me suis félicité de n’avoir pas fait une crise à propos d’elle, tout à l’heure, quant je discutais avec Pascal. Ça n’aurait pas été très malin. Je n’avais pas à parler, mais seulement à faire semblant de les écouter. Ou pas. Juste faire comme si je faisais partie de ce petit groupe pendant quelque temps. Ou pendant la soirée.
En pensant à la soirée, je me suis demandée ce qui se passerait après? Est-ce que je réussirais à me rapprocher de Pascal? Est-ce que j’en avais envie? Ou la rage brûlait encore trop fort? Est-ce qu’on ne finirait pas par se prendre la tête? Est-ce qu’il a envi de dormir avec moi? Ou va-t-il rester avec sa femme?
Déjà que Pascal me trouvait trop compliquée, ça me mettrait à nouveau en position d’infériorité. Zut. Autant faire semblant que tout va bien, que je ne suis pas fâchée. Je dois ravaler ma colère et ma fierté.Il me faut enterrer ma fierté et mon orgueil blessé si je ne veux pas finir les fêtes, seule dans mon coin.
Pascal avait l’air différent ce soir. Une lueur étrange que je ne connaissais pas brûlait au fond de ses beaux yeux verts. On aurait dit qu’il avait changé. On ne peut quand même pas changé en un week-end? Quelque chose avait changé chez lui. Et dans quel sens? Je regrettais d’avoir manqué ces quelques jours avec lui. Peut-être ses conversations sur l’oreiller avec Caro? Qu’est-ce qu’elle avait bien pu lui raconter? Et lui? Qu’avait-il pu dire? S’était-il plaint de moi?
Oups! Qu’est-ce qu’ils avaient à me regarder comme ça? “Alors? Qu’est-ce que t’en pense?”. Aucune idée de quoi Caro me parlait, mais à voir la lueur qui brillait au fond de ses yeux, j’ai répondu que c’était une bonne idée. Elle a rit. Donc, j’avais bien répondu.
Heureusement que j’étais assise sur le coin d’un tabouret, sinon je serais tombée. Pascal dansait avec Yumi et il avait l’air bien plus heureux que quant il était avec moi. Son visage n’avait plus cet air fâché, il souriait avec ce petit sourire qui cachait mal son amusement. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien lui raconter pour qu’il rigole?
Du coin de l’oeil, je les ai vu retourner à une table qui se trouvait près des fenêtres. Pascal s’est assis sur le bord, alors que Yumi s’écrasait au fond de celui d’en face. Jess est arrivée derrière Pascal et l’a entouré de ses bras. Elle lui a murmuré quelque chose à l’oreille et il s’est retourné vers elle en souriant et en faisant oui de la tête. Elle est repartie avec le sourire.
Pascal a pris un verre sur la table, s’est penché vers Yumi qui lui a chuchoté quelque chose à l’oreille avec la main devant la bouche et je les ai vu se perdre dans la foule. J’ai essayé de les suivre des yeux, sans succès. Il est grand, alors je pensais que ç’aurait été facile. Quelques instant plus tard, je les ai vu disparaître à l’étage. Purée, j’aurais voulu les suivre pour savoir où ils allaient. Je surveillais les escaliers, mais une 1/2h plus tard, ils n’étaient toujours pas revenu.
J’ai cherché Thomas des yeux et l’ai trouvé en train de s’embrasser avec une brunette. Assez jolie, je dois l’admettre. Je me suis demandée si c’était sa nouvelle copine. Ciel, je ne connais rien sur la vie des gens qui m’entourent, c’était fou. La plupart des copains à Pascal, je les connais de vue, je ne me rappelle pas toujours de leurs noms. Hélas, je ne les connais pas assez pour aller vers eux, ou même savoir quoi leur dire.
Il y avait un monde fou. Ils avaient tous l’air de s’amuser. Est-ce que j’étais la seule hors du coup? Même Caro, juste à côté de moi, riait à gorge déployé. Pourtant, je remarquais qu’elle aussi surveillait les escaliers. Elle avait dû voir Pascal et Yumi filer.
Caro m’a demandé si j’avais envie d’aller à la recherche de Pascal. Je n’osai pas. On aurait eu l’air complètement stupide. Il y avait tout ce qu’on avait besoin en bas, on avait aucune raison d’aller en haut. Mais, elle m’a fait remarqué que Pascal et Yumi n’étaient pas les seuls à l’étage.Il y avait du monde partout, on pouvait faire comme eux, chercher un coin tranquille pour discuter. Moi je savais que Pascal devinerait tout de suite qu’on le suivait. Yumi certainement aussi.
Mais, impossible de se retenir de partir à sa recherche.
Ils étaient au salon avec une bande de copains, étalés ça et là du canapé du salon à rigoler et faire les fous. Notre apparition les a réduit au silence. Ils nous ont regardés comme si on dérangeaient. Ils étaient en plein dans un jeu apparemment. Yumi était collée à Pascal, sa tête posée contre lui et lui son bras passé autour de ses épaules. Sur la table, il y avait tout plein de “shots”, et c’était au tour d’un des types. Il l’a avalé cul sec.
J’avais envie de battre en retraite, gênée. Caro, sans honte, s’est tout simplement jointe à eux et je suis restée debout à la porte comme une cruche. Quant elle m’a vue, elle m’a fait signe d’aller m’asseoir en tapotant sur la place à côté d’elle sur le canapé. Yumi et Pascal se sont regardés, comme pour dire “Elles se tapent l’incruste”. J’ai fait non de la tête, mais, je ne savais pas où aller d’autre. Sans Caro, je me sentais perdue. Heureusement, elle a insisté.
Caro a demandé à quoi ils jouaient et s’est tout de suite intégrée. Moi, je ne voulais pas jouer. J’avais besoin d’avoir les idées claires. Vraiment? Peut-être que je devrais me noyer dans l’alcool et tout ira mieux? Une des filles m’a dit que si je ne jouais pas, alors je devrais partir. Alors, ils m’ont rapidement expliqués les règles. Le jeu des “Thêmes”. Ensuite, ils se sont lancés dans “Je n’ai jamais”. Pascal évitait soigneusement de croiser mon regard. Le rat. Je n’aurai pas été là, ç’aurait été la même chose.
Est-ce qu’il n’était pas content de me voir? Aurait-il préféré que je reste chez moi? J’avais l’impression de déranger.
Wahhh, je ne voulais pas jouer! Je ne pouvais pas aller vers Thomas, il était occupé avec une fille. Paul aussi. Et Jess, c’était hors de question. Mon cercle était restreint, je n’avais pas beaucoup d’option. Je n’étais pas très concentrée et j’ai fini par avaler trop de verres. J’ai abandonné pour aller airer (je dois avoir écrit ça faux, mais bon) en bas.
J’ai été me planter à côté d’une bande de fêtard au bar, des copains de celui qui s’occupait du bar je pense. Un des mecs a réalisé que je n’avais pas de verre et il a demandé à son pote de me servir. Je me suis mise à discuter avec eux. Ils avaient envi de se tirer pour aller en boîte. C’était un peu tard pour ça à mon avis. Ils m’ont proposé d’aller avec eux, n’ayant rien d’autre à faire et sachant que je ne manquerais à personne, pourquoi pas.
Pascal a dû avoir pitié de moi. Il avait dû se rendre compte que je m’emmerdais à cent à l’heure, alors il est monté me chercher. Il n’a pas dû apprécier de me voir rigoler et boire avec une bande d’inconnus, alors que je n’arrivais pas à dire 2 mots quant il s’agissait de ses copains. Je n’étais pas très nette, alors on est sorti fumer et prendre l’air.
Je n’avais plus envie d’être fâchée, je ne voulais plus qu’il y ait autant de distance entre nous. Je ne voulais pas parler non plus. Juste envie d’être dans ses bras. Alors, je me suis appuyée contre lui, puis j’ai mis mes bras autour. Pascal est d’abord resté stoïque, puis il a passé ses bras autour de moi en me faisant un bisou sur la tête, puis il m’a gentiment repoussée en me rappelant qu’on ne pouvait pas faire ça. Mais, il devait lui aussi ne pas être très net avec ce qu’il avait bu.
J’avais penché la tête sur le côté avec une mine boudeuse, ça l’a fait sourire, et il m’a serrée contre lui. Et, jeeez, ça m’a trop fait du bien. Je me suis serrée contre lui de toute mes forces. J’aurai voulu ne jamais le lâcher. J’avais eu si peur. Puis, je crois que quant j’avais encore les idées claires, j’avais peur qu’il m’ignore tout le week-end. J’étais ivrement rassurée.
Après quelques minutes, il s’est détaché en me fixant, avant de me demander si j’étais encore fâchée, ou trop saoul pour savoir ce que je faisais. On dit, alcool vérité, et ça doit être vrai, parce que je lui ai dit que je ne me rappelais pas si j’étais fâchée ou pas, mais une chose était sûr, j’aime être dans ses bras. Et que si j’étais fâchée, alors, je voulais l’oublier. Tout ce que je voulais, c’était rester collée à lui. Ça l’a encore fait sourire.
On est retourné à l’intérieur pour s’asseoir au bar. J’ai voulu dansé. J’aime danser avec lui. Il en avait pas tellement envi, mais il m’a suivie. Dans ses bras, je me sentais revivre.
J’oubliais comme je m’étais sentie perdue tout au long de la soirée, oublié aussi que je m’étais emmerdée comme un rat mort jusqu’à ce qu’il soit prêt de moi. J’aimais sentir son corps bouger, sa main me caresser la nuque et sentir sa joue se frotter à mes cheveux. Sa voix est venue me tirer de mon nuage bleu “Et si on rentrait?”. J’ai écarquillé les yeux et fait oui de la tête.
En temps normal, j’aurai trouvé bête de suivre un type qui m’a ignorée toute la soirée, alors qu’il s’était intéressé à ma présence juste 2mn. Mais pas quant c’est lui. Je réfléchirais plus tard. Demain peut-être. Pour l’instant, j’avais juste envie d’être avec lui.
Pascal a dû aller avertir Jess qu’il rentrait et remercier Yumi. Je suis restée seule au bar. J’avais peur que Pascal change d’avis, ou qu’on lui fasse changer d’avis. Qu’il ne revienne pas. Déjà, je m’ennuyais. Je regrettais de ne pas être allée avec lui. Les minutes m’ont paru des heures jusqu’à que je le vois marcher dans ma direction. Mais même là, j’avais peur qu’il vienne me dire qu’il ne pouvait pas.
Pascal m’a prise par la main et on est parti en direction de son chalet. La main calée dans la sienne, je l’ai suivi le coeur en fête. Il était là, ma main était dans la sienne. Cette main forte, sûre, qui connaissait si bien chaque parcelle de mon corps. Cette main qui savait se faire si tendre. Pascal m’a jeté un coup d’oeil et a dû voir le petit sourire sur mon visage. Et certainement mon regard rempli d’amour. Il a lâché ma main pour me passer le bras autour des épaules. Afff, le bonheur.
Enfin seul, ensemble, enfin avec lui… Mon coeur a loupé plusieurs tours, j’étais dans ses bras. En sécurité. J’étais enfin heureuse.
Sa bouche taquinait la mienne et ses mains si chaudes, si tendres se promenaient et me faisaient frissonner. Perdue dans le vert de ses yeux, j’ai oublié que le temps existait. Je l’ai laissé me transporter dans un autre monde qui n’appartenait qu’à nous. Qui n’appartenait qu’à moi.
Mon rêve s’est brisé avec le retour de Caro. Pascal s’est aussitôt retirer, me laissant vide, en apesanteur.
Caroline aurait dû se retirer et nous laisser seuls. Elle aurait dû, mais elle ne l’a pas fait. J’aurai voulu le lui dire, mais j’étais trop… pour pouvoir parler. Pascal m’a encerclé de ses bras. Il parlait avec Caro. Je me sentais si bien, je commençais même à sombrer. Pascal frottait sa joue contre la mienne, faisant glisser sa bouche le long de ma nuque.
Caro se baladait à moitié à poil. Elle se changeait pour se coucher. Pour attirer son attention je pense. J’ai fait l’effort de ne pas m’endormir tout de suite. Je ne voulais pas qu’elle profite de mon absence mentale. Je me suis retournée vers Pascal. Aussi pour voir s’il la regardait. Il l’a regardait. Ses yeux étaient braqués sur elle. Petit pincement au coeur.
Caroline faisait de petites remarques sur des moments clés de la soirée et Pascal riait de ses commentaires.
Quant elle s’est couchée, Pascal m’a fait un bisou sur l’épaule, le nez avant d’effleurer ma bouche du bout des lèvres. Il s’est levé pour s’habiller. Caro avait ramassé ses vêtements et les avaient soigneusement posé sur le fauteuil près de la porte. Mes yeux ont caressés son dos musclés, se prélassant sur ses fesses que son jean à couvert trop vite, remontant le long de ses hanches jusqu’aux muscles de son cou, ses bras. Miam. J’ai toujours aimé le regarder s’habiller. Il me plaisait.
En reboutonnant sa chemise, il est venu se pencher sur moi pour me redonner un bisou. Puis, il a été embrasser aussi Caro. Jeeez, c’était normal, mais j’ai ressenti une pointe de jalousie. Pourquoi elle en dernier? J’ai tendu le bras vers lui, et il m’a encore embrassée avant de filer.
Caro m’a assommée de paroles. Elle n’avait pas sommeil et voulait discuter, moi non. Je crois que je me suis endormie quelque part au milieu…
A mon réveil vers midi, dimanche, Pascal n’était pas là. Caro non plus. Je pense qu’elle avait dû se lever tôt et avait suivi ceux qui partait faire une randonnée en raquettes en montagne. Je crois qu’ils dînaient sur les hauteurs et finiraient leurs tournée chez Yumi pour un dernier verre avant de rentrer. J’étais bien contente de ne pas aller m’épuiser sur les hauteurs.
D’ailleurs, j’étais encore crevée, envie de voir personne, et encore envie de dormir. Après un rapide déjeuner et 3 cafés, je suis vite remontée me couler sous les draps encore 2h.
Pascal m’avait demandé hier soir si je pouvais rester encore quelques jours avec lui. J’avais dis oui, sans hésiter cette fois. Je ne voulais pas qu’il puisse encore me reprocher d’être compliquée, de toujours trop réfléchir. Une partie des invités restaient aussi jusqu’après le Nouvel An. On n’allait même pas pouvoir être seul et ça m’ennuyait. J’aurai voulu qu’on puisse se retrouver, se parler, mettre les choses à plat.
Ils sont rentrés vers 17h, joyeux. C’était comme l’arrivée d’un vent d’air frais. Ils riaient des chutes, des conneries qu’ils avaient fait. Jess a fait préparer des chocolats chauds pour tout le monde et après avoir ôtés leurs combinaisons, ranger leurs affaires de skis, ils se sont étalés autour de la cheminée.
Pascal m’avait lancé un discret petit sourire. Ça suffisait pour faire mon bonheur. Pascal restait distant. Il ne m’approchait pas, restait entouré de ses copains ou de sa femme. Je me demandais comment j’allais meubler mon temps. Une chose était sûr, je devais éviter de l’approcher, ou tout du moins, éviter de me montrer trop collante. Ou peut-être pas? Pascal m’avait demandé d’aller vers lui, mais je n’osais pas. Pourtant, j’en avais envie. Et Caroline ne se gênait pas elle?
Je voudrais filer, rentrer chez moi. Revenir demain soir pour fêter Nouvel An. Mais, j’avais peur qu’en partant, c’était comme si je l’abandonnais au mains de Caroline et des autres filles qui lui tournaient autour comme des abeilles. Mais je ne pouvais pas partir. La poisse.
Ce soir, fondue ou raclette? Ben, après avoir mangé la fondue chez Dani, j’étais partante pour la fondue. D’ordinaire, j’aurai choisi la raclette sans hésitation. On mangeait au Chalet Suisse. Les garçons ne voulaient pas avoir l’odeur du fromage dans le chalet. Pour une fois, même si Pascal restait assez distant, mais, il m’avait placée à côté de lui.
Je trouve toujours une raison de me plaindre… J’aurai préféré être à la place de Caro; en face. Au moins j’aurai pu le regarder, l’écouter parler. Tandis qu’à côté, j’étais obligée de regarder devant moi. Thomas était cuit avant la fin du repas. Trop de vin blanc et Thomas supporte assez mal le vin blanc.
Après le dîner, retour chez Yumi.
Jusque là, Pascal avait passé la soirée avec sa femme. Prévenant, tendre, à son écoute. Je l'enviais. Elle était partout, partout sur lui; les genoux, dans les bras, la taille. Ils ont dansés comme de vrais amoureux. Un peu normal et je devais être habituée, mais je ne pensais pas ressentir encore cette petite pointe de jalousie qui piquait au coeur.
Mince, ça s’est imprimé tout à coup dans ma tête; si je ne sortais pas avec Pascal, je n’aurai aucun moyen de le voir. Je ne serais pas là. Alors, même si je n’ai aucun lien avec ceux qui m’entouraient, j’ai fait le point dans la poche. Le jour où Pascal en aura marre de moi et me plaque, je ne pourrais plus le voir. A moins de me rapprocher des autres, de m’en faire des amis, de participer à leurs activités. Zut, ça j’aurai de la peine.
Je commençais à croire que j’allais à nouveau passer une soirée toute seule, paumée au milieu de cette foule de gais lurons, quant Pascal m’a discrètement pris la main et tirée derrière lui dans le corridor, dans un coin derrière une porte. Il m’a embrassée avec passion. Au cours de la soirée, il y a eu beaucoup de petits baisers volés comme ça. Ça m’a remis du baume au coeur.
C’est drôle mais, je me suis dit qu’il avait oublié qu’il était fâché...
Pascal m’a demandé pourquoi je n’allais pas vers lui. Il ne pouvait pas me courir après, mais rien ne m’empêchait d’aller vers lui, de m’asseoir à côté de lui et tout. “Et quant tu fou le camp danser ou je ne sais où, je te suis aussi?”. J’avais demandé sur le ton de la plaisanterie, mais Pascal savait que j’étais sérieuse. Je pouvais le suivre partout, ça ne le dérangeait pas.
J’ai voulu savoir ce que c’était le petit regard qu’ils se sont échangés Yumi et lui quant j’étais montée avec Caro hier soir. Bien évidemment, il ne savait pas de quoi je parlais. Mémoire courte.
J’étais curieuse; est-ce qu’il avait été aussi distant avec Caro même après l’avoir emmenée avec lui, dans sa famille pour Noël? Et bien oui! Mais je crois que ma question l’a interpelé, il a fini par avouer qu’il avait été beaucoup plus “proche” de Caroline au grand dam de ses parents. Je crois aussi qu’il s’est alors senti coupable pour sa manière de me traiter. Il a trouvé l’excuse que, c’était parce qu’ils étaient en comité fermé, en famille, tandis que là, il y avait des tas de gens qu’ils ne connaissaient pas, et il ne voulait pas humilier sa femme.
Faut que j’arrête de chercher tout le temps la petite bête, tout le temps des explications, refuser de participer aux activités sportives. J’allais vraiment devoir me surpasser et faire un gros effort. Sinon, c’est sûr, j’allais le perdre. Il commençait à se fatiguer de mes hésitations.
Pour me donner du courage, j’avais aussi avaler quelques verres et j’ai été me coller à lui. Plus la soirée avançait, plus Pascal avait bu, plus il était gai. Il se lâchait de plus en plus. Quant il se lâchait comme ça, je préférais être à côté pour éviter que ses dérapages me fassent sauter au plafond. Son petit sourire scotché au visage, il se laissait aller à me prendre la main parfois, à me faire un bisou sur la joue. Et quant on dansait, il m’a embrassée.
Jess est venue aussitôt le chercher. Je pense qu’elle dû le redresser les bretelles, parce qu’il s’est calmé un peu.
Zut, moi j’aimais bien quant il se lâchait. Hum, surtout quant c’était avec moi. Jess m’avait chopée discrètement, en me pinçant le bras vachement fort, elle m’a demandé de me calmer, et de calmer Pascal. Elle ne voulait pas le voir se comporter comme ça.
Après je l’ai perdu de vue pendant au moins 1h. Aucune idée où il était. Surtout que je ne savais pas non plus où était Caro. Sans elle, je n’avais pas le courage d’aller explorer les recoins à sa recherche. Glups, elle était peut-être avec lui? Il avait beau me dire que je pouvais le coller, mais il disparaissait souvent comme ça pendant la soirée. En me rappelant nos petites escapades pour s’embrasser, mon coeur s’est serré d’angoisse; peut-être que je n’étais pas la seule qui avait ses faveurs!
Puis zut, qu’il s’amuse… Mouais, j’essayais de me convaincre pour lâcher prise et ne pas être jalouse.
Jess était tombée comme une masse presque immédiatement après notre retour chez Yumi. Et après m'avoir pincé presque jusqu'au sang. Yumi avait proposé de la coucher à l'étage. Donc, j’avais enfin le champ libre...
En faisant le tour pour aller me chercher à boire, je l’ai retrouvé attablé dans un coin, entouré de potes et de nanas. D’accord… Ha, d’accord! Est-ce que je pouvais aller aussi vers lui là? Il aurait dû m’emmener sinon, non? A sa manière de sourire et de regarder la fille qui se collait à sa droite, Pascal avait carrément l’air de la draguer. Elle aussi.
Jeeez, comment ne pas ressentir de la jalousie? J’avais hyper chaud, les jambes en queue de boudin, toute tremblante. Rhahh, les mecs! Ils ne savent pas que ce genre de choses nous fait mal? J’ai foncé droit sur lui. J’allais rappeler à cette fille qu’il m’appartenait, qu’il n’était pas libre. Du moins, si elle ne le savait pas déjà. Enfin, c’était l’idée générale...