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183/2012 - Asexuée...

Publié le par JaneDo


Dimanche, 1er juillet 2012  -  (183/2012)  -  Asexuée...

Pascal était vert de savoir que Thomas avait dormi chez moi, qu’à lui j’avais ouvert, que j’avais accepté sa présence. Mais il n’a rien laissé paraitre. J’ai vu l’expression au fond de ses yeux, depuis le temps, je le connais bien; il avait mal. Je le regrette tellement, je ne voulais pas lui faire de peine.

C’était à cause de ça que j’ai accepté de le voir un petit moment dimanche, parce que je me sentais coupable. Bon, je ne savais pas qu’il le savait déjà, sinon, j’aurai accepté qu’on reste à la maison chez moi. Le fait que j’avais préféré le voir à l’extérieur l’avait froissé. J’ai senti qu’il avait failli me dire de laisser tomber, qu’on se verrait une autre fois. Il avait de la peine à cacher qu’il boudait.

Et malheureusement, je n’étais pas plus bavarde. J’étais dans les nuages, trop occupée à compartimenter mes pensées. Vu qu’il boudait, Pascal n’était pas plus bavard. Après une petite demi-heure à essayer de me tirer quelques mots, j’ai senti qu’il essayait de créer une sorte de rapprochement, ça m’a fait dresser les poils sur tout le corps et la tête.

  • Ne me touche pas... (en anglais, un simple « Don’t » suffit pour se faire comprendre)

J’avais balancé ça sans beaucoup de tacs. Surprit, il a eu un mouvement de recul et m’a assuré qu’il n’essayait rien. Puis, après un moment de silence assez gênant, il a reconnu qu’il essayait de tâter le terrain. En voyant l’expression de mon visage, il a détourné la tête, gêné. Bouh, ça ne se passait pas très bien, je le sentais, mais je ne pouvais rien y changer.

Je devinais bien qu’il devait être en manque, mais je ne lui en voudrais pas d’aller voir ailleurs. J’étais complètement à blanc, aucun désir quel qu’il soit, anéantie, asexuée à néant. Rien que l’idée me dégoûtait totalement, et je n’avais pas envie de devoir m’expliquer ou de faire étalages des raisons. Il devait bien s’en douter.

C’est affreux, mais je me sentais mal…

J’ai fait un effort quant on s’est assis dans un coin pour discuter, de lui donner la main et de me rapprocher un peu... Il s’est mis à pleuvoir à verse, on a juste eu le temps de courir se réfugier dans sa voiture. Là, je me suis collée un peu plus à lui. Bêtement, j’ai réalisé que j’aimais bien et je me suis sentie encore plus mal. Il a essayé de me parler, de me faire comprendre que je pouvais tout lui raconter, même si j’avais l’impression d’être chiante. L’amour c’était aussi être près de l’autre, là pour l'autre, même s’il n’y a rien à faire pour qu’il aille mieux. Pascal disait qu’il se sentait bête de ne pas savoir quoi faire, et qu’il passait son temps à tourner en rond dans sa tête à se demander s’il devait débarquer sans autre ou pas, et ça l’a fait chier que Thomas ait osé le faire et que lui non. Du coup, je n’ai pas osé lui dire que j’étais là l’autre fois quant il avait passé, ça l’aurait peiné.

Il avait envie de passer la soirée avec moi, même si c’était pour l’ignorer. Il n’a pas osé me dire que je l’avais bien fait avec Thomas, alors pourquoi pas lui. Même s’il ne l’a pas dit, ça résonnait à fond à son ton et la manière qu’il formait ses phrases. J’ai prétendu que je devais aller chez ma frangine. Foutu. Ce n’était pas vrai, j’allais juste m’enfermer tranquillement chez moi.

Je crois que je me sentais mal quant je suis avec lui, parce que j'ai honte de ce côté de moi que je lui montre... Et aussi parce que je déteste me montrer si faible!


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182/2012 - Thomas...

Publié le par JaneDo


Samedi, 30 juin 2012  -  (182/2012)  -  Thomas…

Vendredi, je ne sais même plus ce que j’ai fait, mais en tous cas, je n’ai ni répondu au téléphone, ni à la porte. Je n’ai même pas voulu voir qui était venu sonner. Je me suis enfermée chez moi. Besoin qu’on me laisse dans mon coin. Tchoy, Vania, Dol, Laurence, Fred, Pascal, Thomas et même Brian a essayé de me joindre. Le soir, je ne suis pas sortie. J’avais été faire quelques courses pour le week-end, je voulais être certaine de ne pas avoir à mettre le nez dehors. C’est affreux, mais je n’ai envie de rien, et la grosse boule dans mon cœur grossi toujours. C’est lourd.

Je me rends compte que de ne pas rappeler Pascal depuis qu’on s’était vu jeudi soir, c’était atroce, mais je ne pense pas à grand-chose ces temps-cis. Je ne raisonne pas beaucoup.

Au détour d’une conversation, Thomas a appris ce qui se passait et ni une, ni deux, sans me demander la permission, il s’est pointé au beau milieu de la soirée chez moi. C’était déjà passé minuit, même 1h du matin. Il était en pleine soirée, donc il était passé d’abord chez lui pour se changer, puis, en training, les bras chargés, il a sonné. Aïe, je n’ai pas voulu répondre, je ne voulais pas de compagnie. Mais, Thomas ne s’est pas laissé démonter, il a sonné, raisonné, puis à travers la porte, il m’a dit qu’il avait vu la lumière et entendu bouger, qu’il ne partirait pas, alors autant que je lui ouvre. Puis, il a dit que ce n’était pas très cool de le laisser planter comme ça derrière la porte aussi chargé.

Alors, j’ai ouvert…

J’étais en training, j’avais pas trop la frite et je n’avais pas envie de faire de frais pour personne. Je lui ai dit que je ne voulais voir personne. Il comprenait, mais il m’a dit qu’après tout, je n’avais qu’à faire comme s’il n’était pas là, mais qu’on pouvait quand même manger quelque chose et regarder des DVDs sans parler, et que ça ne gênerait pas mes yeux s’il se faisait tout petit dans son coin. Puis, il pouvait parler pour 2, je n’avais pas besoin de lui parler ou de répondre. Là, j’ai compris qu’il savait. De toute manière, il n’avait pas l’intention de me laisser le jeter dehors, je pouvais me ronger les ongles, l’ignorer, aller me coucher, changer de pièces, il s’en fiche.

Ciel, il est vraiment nul en cuisine lui ! Il a voulu nous préparer des spaghettis, il avait pris des steaks qu’il a réussi à presque brûler. Ils étaient tout sec. Pas grave, je n’avais pas très faim. C’était chou, c’est le geste qui compte. Il avait pris des films d’horreurs. Je pense qu’il voulait être sûr qu’il n’y avait rien de drôle. C’était bien vu.

Je n’ai presque pas ouvert la bouche, mais j’avoue que sa présence était sympathique. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment je pouvais me sentir si à l’aise avec lui!!! Ça me dépasse.

Thomas s’était allongé dans l’autre canapé, et avait étalé sur la table toutes les sortes de chips etc qu’il avait apporté. Faut dire qu’après les steaks ratés, c’était une bonne prévision. Pour finir, j’ai été me poser entre ses jambes pour regarder les films. Je ne me rappelle pas du nom des films, mais ils étaient assez effrayants. Un surtout avec les histoires d’esprits et de revenants, ça me faisait sursauter.  Au moins, pendant les films, je n’ai pensé à rien tellement ils étaient prenant. Je sentais Thomas sursauté aussi par moments.

Après, il m’a raconté des trucs concernant les potes, le boulot et le reste. Il parlait et j’écoutais d’une oreille. Il me connaissait bien, après tous les 2 films d’horreurs qu’il avait emmené, il avait pris autre chose de moins terrifiant, un film plutôt policier avec beaucoup de suspens. Je me suis endormie. Thomas m’a réveillée pour me traîner au lit. Je me suis endormie à peine que ma tête à toucher l’oreiller.

Le matin, toujours super crevée, parce que je n’arrivais pas à dormir plus de 3h d’affilée, je me suis réveillée tôt et en sursaut. Zut, seulement 9h du matin! J’ai été surprise de voir Thomas couché à côté de moi tout habillé. Il avait dormi ici! Je me suis levée pour me faire un café. J’étais vraiment naze et j’avais l’intention d’aller me coucher après avoir bu mon café, mais niet. Malgré la fatigue, je savais que je ne réussirais pas à dormir.

Thomas s’est levé vers midi. Il m’a proposé d’aller déjeuner quelque part, mais je n’en avais pas trop envie. Il avait prévu d’aller voir le match de foot d’un pote à lui et m’a proposé de l’accompagner. Je ne voulais pas bouger, je préférais rester tranquille. Il a vu l’horreur dans mon regard, alors il n’a pas insisté. Thomas était déjà content que je l’ai laissé entrer hier soir, alors il ne voulait pas trop insister, sinon la prochaine fois, je risquais de ne pas lui répondre.

On a pris un café ensemble et j’ai inventé des trucs à faire. Je sais que Thomas savait que je mentais, pour me faire plaisir, il a fait semblant de me croire. Ni l’un ni l’autre n’était dupe.

Même si sa présence avait été un petit rayon de soleil et m’a fait plaisir, j’étais soulagée de le voir partir. Probablement, parce que je n’avais plus besoin de faire d’effort quant je suis seule.

Je n’ai rien fait du reste de la journée. J’avais coupé mon natel, coupé le téléphone fixe, bref, je m’étais coupée du monde. J’espérais que Thomas n’aurait pas l’idée de répéter son opération de sauvetage le soir, je lui avais bien fait comprendre que j’avais un truc en famille ce soir. J’avais peut-être un peu trop lourdement insisté là-dessus! En tous cas, ce soir, je n’ouvrirais à personne.

Par contre, par moments, j’ai rangé… Rangé parce qu’on ne sait jamais quant on ne se réveillerait plus… Fallait que tout soit en ordre si jamais pour ceux qui viendrait et pour la famille. On ne sait jamais. Par contre, je me suis dit que je devrais peut-être chaque soir avant de me coucher, ou même avant de quitter la maison, laisser un petit mot bien en évidence sur la table pour ma famille. Puis, je me suis demandée comment ils rentreraient? Personne avait la clé de chez moi! Fallait que je trouve comment faire… Merde, j’ai les idées de plus en plus noires!


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180/2012 - Nuit sans sommeil

Publié le par JaneDo


Jeudi, 28 juin 2012  -  (180/2012)  -  Nuit sans sommeil…

Je suis passée chez Rose après une nuit sans sommeil pour lui apporter les infos de la commande que j’avais passé pour elle. Elle était au téléphone avec le Libéria. Toutes ces tracasseries me cassent les burnes. Je me sentais écœurée. J’ai déposé Alice au boulot, parce que Rose n’était pas prête. Ça faisait depuis le week-end que Dol cherchait à me joindre, alors en arrivant chez moi, je l’ai rappelée. Elle voulait me voir d’urgence. Je n’ai pas bien compris ce qu’elle me racontait. Je crois que je me doutais déjà qu’elle était imbibée.

Je suis montée et je m’apprêtais à me coucher quant Marie m’a invitée à manger avec elle et Roméo. Rhh, je voulais dire non, mais je me suis dit que ce serait une petite visite, ensuite on me foutra la paix. Je n’étais plus à 1mn près, alors hop, chez Marie. Pendant le café, Dol a rappelé. Urgent encore. J’ai donc décidé de faire un petit passage, ensuite je serais tranquille et je pourrais me coucher. En arrivant chez elle, je l’ai avertie, ça faisait 24h que je n’avais pas fermé l’œil, alors je n’allais pas faire long feu.

Elle est incroyable, elle ne comprend pas qu’elle n’est pas le centre du monde! Elle voit pourtant que je suis complètement crevée? Je voulais rentrer et elle insistait que je reste pour qu’on aille sur sa terrasse. Avant ça, elle a voulu aller acheter quelque chose à boire. 4 bouteilles!!! Non mais ! Je pensais qu’elle allait juste prendre un petit rosé, mais non, 4 bouteilles! Elle allait se taper ça toute seule en plein milieu de l’après-midi! Pfff, elle est grave.

Le soir, Pascal m’a proposé d’aller au cinéma… Pour éviter que je n’ai peur d’être entre 4 mûrs avec lui, puis, il pensait que ça me ferait du bien de sortir un peu et de me changer les idées. Il avait raison, parce que c’était la peur qu’il essaie de m’embrasser ou de me sauter dessus qui me faisait l’éviter et m’avait refusé. Je me sentais coupable de négliger autant ma relation avec lui, alors j’ai accepté. Mais je n’avais pas vraiment envie de cinéma, et Pascal l’a deviné, alors il a proposé qu'on se balade au bord du lac et d’aller nous poser dans notre coin. L’idée me convenait mieux.

Pascal n’osait pas me prendre la main, c’était marrant. Je ne l’ai réalisé qu’une fois assis sur notre muret à regarder le lac. Je n’aurais pas dû accepter de le voir, je n’étais pas très bavarde. En fait, je n’avais rien à dire du tout. Le pire c’est que je n’avais pas envie de parler. Pascal a respecté mon silence et il a quand même passé son bras autour de mes épaules. Je me sentais épuisée, j’ai fini par posé la tête sur son épaule et je me suis endormie.

Trop nul! Pascal m’a allongée en posant la tête sur ses genoux. Un cauchemar m’a réveillé en sursaut, j’avais dormi presque 1h! Waouh, super le rendez-vous! La nana s’endort! Faut dire que j’étais claquée. Malgré tout, Pascal souriait, il trouvait la situation plutôt caucase. J’avais dû me sentir en sécurité pour dormir comme ça!

On a marché un peu en silence, et cette fois, il m’a prise par la main. Grhhh, c’était affreux, je me sentais mal de ne pas savoir quoi raconter, mais j’avoue que c’était agréable d’être avec lui. Aussitôt avoir pensé à ça que je me suis sentie à nouveau triste. Quelqu’un ne pouvait plus vivre un seul jour de bonheur, son sourire à disparu à jamais… Ressentir du bonheur me rendait triste. Je voulais rentrer…


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179/2012 - La tête vide

Publié le par JaneDo

Mercredi, 27 juin 2012  -  (179/2012)  -  La tête vide…

Malgré le somnifère, je n’ai pas réussi à dormir… J’ai failli en prendre un deuxième, puis 3, mais la raison m’a retenue. J’ai traîné toute la journée l’âme en peine. J’ai joué au Monopoly sur internet au lieu de faire mes papiers. Marie m’a proposé de passer prendre un café, ensuite j’ai pensé faire quelques courses, mon frigo est vide...

Mais, une fois dans le magasin, me rappelait plus ce que j’étais venue acheter, alors j’ai pris du coca, et je suis rentrée. A la maison, j’ai réalisé que je n’avais plus de clopes, alors rebelote, retour en ville pour mes clopes. J’ai mis mon natel sur silence, je ne voulais voir, ni entendre personne. Je n’ai aucune idée de ce que j’ai fait le reste de la journée, ni de la soirée. A 3h du matin, je me demandais ce que je faisais encore debout… J’avais bien essayé de me coucher, mais je n’arrivais pas à dormir malgré ma fatigue.


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178/2012 - Comment sortir du trou...

Publié le par JaneDo

Lundi, 25 juin 2012  -  (177/2012)  -  Comment sortir du trou…

Aujourd’hui, j’ai fait l’effort de rester en contact avec certains amis à l’étranger, à qui je n’avais pas donné de nouvelles depuis des lustres. Je suis tombée sur Ruth (ma cops Belge de St-Domingue) en ligne en même temps que moi, alors on a chatté un moment. Puis, pour clore, j’ai laissé un petit mot à Dani, puis à ma petite famille Belge, puis à Coco (aussi St-Domingue).

Ruth m’a appris que tout le centre-ville où on était avait brûlé. Ils sont en train de reconstruire, mais le Mosquito, etc, tout était parti en fumée. Ça m’a fait mal au ventre. Quel dommage. Tous ces souvenirs ce sont envolés.

En fin de matinée, j’étais passée chez Rose. Elle avait eu le téléphone durant le week-end pour rester en contact avec le Libéria. Phouhhh, ils essayent tous autant qu’ils sont de nous arnaquer. Ils nous prennent pour des banques, c’est dingue! Mark avait dit qu’il passerait vers midi, mais il n’a pas réussi, alors Rose m’a mise au courant de ce qu’elle avait discuté avec Mary, Amos et Richard, l’un des fils à Ernest.

C’est toujours dur pour moi de parler, dur d’avoir l’air calme. Parler d’un proche, de quelqu’un qu’on aime, de son frère avec tous ces termes barbares; corps, morgue, enterrements, trou, creuser, au frais… Iak. Les autres y arrivent très bien, moi ça passe mal. Devant eux, je fais bonne figure. J’utilise les mêmes mots qu’eux. Pourtant, ma tête tape et je n’attends que de pouvoir prendre la fuite et rentrer. A la maison, je dégueule. Non, pas vomir, je dégueule.

Je n’ai pas très faim ces jours-ci, pourtant, j’ai été au souper en famille. On en a reparlé. Rose m’a raconté qu’à son rendez-vous à 16h avec Didine, elle lui a montré une photo de notre frangin… (soupir). Je ne veux pas parler de ce qu’elle m’a dit à propos de la photo, ni le noter. Peut-être que je finirais par oublier. Comment font-ils pour tenir? Pas de nouvelles de Mark? Peut-être a-t-il eu de la peine à digérer ça.

Claudine a contacté Mtre Berney concernant les titres de propriétés… On doit lui donner des dates pour qu’il puisse retrouver tout ça…

21h50, ils ont quoi ces corbeaux… Est-ce que l’hécatombe n’est pas terminée??? 22h11, tiens les corbeaux se sont tus. Je vais peut-être reprendre un demi Seresta ou Temesta, ça m’aidera à ne pas trop penser. Comment est-ce que Rose, Claudine ou Mark font? Est-ce qu’ils craquent aussi une fois seul? Je suis si contente de vivre seule! Si j’étais avec quelqu’un, je crois que je partirais quelque temps sans un mot, ou encore, je le ferais chevrer (=je le ferai chier) jusqu’à ce qu’il se casse pour enfin être un peu seule.

Je suis toujours dans un état de torpeur, de mollesse généralisée, je marche sur une fine ligne, en bordure du gouffre…

Pris mon courage à 2 mains pour appeler mon avocat. Un autre que celui qui s’occupe de mon dossier contre Roger. Enfin, une bonne nouvelle. C’était la bonne nouvelle du mois; il peut reprendre mon dossier. Maintenant voilà, je ne sais comment le dire à l’autre! Voilà, je vais prendre ce calmant et essayer de dormir quelques heures. Ensuite, il faudrait que je fasse des copies du dossier pour mon avocat et le lui envoyer par mail.

Je suis crevée… Mais… Ces calmants sont biens… Je tiens debout, un peu vaseuse, la tête toujours dans la ouate, mais je ne pense pas trop. Quoique… je commence à manquer de drogue! C’est ça ou me saouler la gueule pour tomber et dormir!

On a rigolé pendant le souper… Ça, ça me fait toujours mal à chier et c’est ce qui m’a fait dégueuler tout ce que j’avais tenté d’avaler…


Mardi, 26 juin 2012  -  (178/2012)  -  Rebelote…

Toujours un peu dans la vase. Pourtant, j’ai dû aller rejoindre les autres au salon de la frangine; on devait appeler là-bas. Ça me donnait la nausée, et pendant tout le temps que j’étais là-bas, ça ne m’a pas quitté. J’avais de la peine à rester debout. Toute mon énergie était pour ne rien montrer à l’extérieur. Dès que je suis rentrée, j’ai avalé un somnifère pour dormir un peu. J’étais naze.

Pascal est passé après son entrainement, mais je n’ai pas entendu la porte… J’étais out.
Le pauvre! Et pauvre moi aussi… Je le néglige, je m’en rends compte… Mais comment faire pour sortir de ce trou…


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176/2012 - Léthargie

Publié le par JaneDo

Dimanche, 24 juin 2012  -  (176/2012)  -  Léthargie

Enfin une journée complète de paix royale. Pour accompagner, je me suis pris un Seresta de 15mg que Dol m’avait laissé dans un de ses moments de bizarreries. Ça avait l’avantage de m’éviter de penser.

Plus calme, après les nombreux petits messages à Pascal et Thomas, j’ai envoyé un petit message à Pascal pour lui dire qu’on avait perdu un proche et que j’avais besoin de temps. Il m’a répondu qu’il aurait voulu que j’ai besoin qu’il soit près de moi et pas le contraire, mais qu’il comprenait.

Thomas lui a tout de suite essayé de me joindre par téléphone. Rhhh, ça ne me disait rien, mais j’ai répondu. J’ai bien fait parce qu’il s’était déjà mis en route pour venir chez moi. J’ai eu toutes les peines du monde à le faire changer d’avis et lui faire comprendre que je ne voulais vraiment voir personne.

Mince, j’ai des trucs supers importants à faire pour l’avocat concernant mon appart et je suis dans un état d'abattement, d'incapcité totale de réagir. Envie de rien, rien ne m'intéresse. Incapable de faire quoi que ce soit. J’ai passé la journée, la tête dans la ouate. Il faut que je me sorte de là!!!


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175/2012 - Sortie pour Pascal

Publié le par JaneDo

Samedi, 23 juin 2012  -  (175/2012)  -  Sortie pour Pascal…

Je suis mal et je fais du mal à celui que j’aime, c’est nul. Mais je n’arrive pas à me sortir de mon marasme. C’est affreux, j’arrive é sortir avec des copines quant elles ne savent rien, comme hier avec Dol, mais quant il s’agit de Pascal, ou même Thomas, zip, je peux pas.

Peut-être parce Pascal m’observe souvent et il verrait tout de suite que quelque chose cloche. Puis, avec les autres, y a pas de bisous bisous, câlins câlins, je leur fait seulement la bise. Je n’ai pas besoin de les toucher plus, et eux non plus. Puis, même si par moment j’ai la mine défaite, ou si je suis triste, ils ne remarquent rien. Même si j’ai les larmes aux yeux, pff, ils s’en foutent pas mal, ils sont trop préoccupés par leurs propres personnes pour remarquer quoi que ce soit.

Je fonctionne bien avec les gens qui ne savent rien et qui ne remarqueraient pas de changements dans mon comportement. Avec Pascal, ou même Thomas, c’est pas possible. Trop de contacts physiques, et ça, je peux pas. Je sais bien que c’est atroce de le laisser sans nouvelles, mais j’ai les bras qui tombent dès que je dois mettre en mots, alors je n’arrive pas.

Pascal devient fou à essayer de m’appeler, il m’a envoyé une tonne de messages. Je n’ai pas réussi à tout lire. Surement fatigué de ne pas obtenir de réponses, il est venu sonner. Aiiiiie. J’ai pas répondu à la porte. Ça m’a brisé de l’entendre m’appeler derrière la porte, persuadé que j’étais là et ne comprenant pas pourquoi je ne voulais pas lui parler. C’était affreux de lui faire ça. Je n’avais même pas osé le regarder par l’œil de bœuf, ça m’aurait fait mal de le voir. Il ne pouvait pas rester longtemps, et quant il est parti, ça m’a fait mal aussi.

Il avait eu l’air si perdu, si désespéré… J’allais devoir faire un effort pour lui …

Je lui ai envoyé un message pour dire que j’avais vu ses messages, que j’étais hyper désolée, mais je ne me sentais pas d’humeur de voir du monde. J’avais de graves problèmes familiaux. Je lui ai demandé de n’en parler à personne, je ne voulais pas qu’on me bombarde de questions ou qu’on cherche à me tirer les vers du nez pour me faire parler de quelque chose dont je n’avais pas envie de parler. Je lui ai aussi dit que je n’avais envie de voir personne.

C’est là que j’ai réalisé que de voir les gens trop rire ou trop s’amuser me feraient complètement flipper!

Je lui ai aussi dit que de voir du monde me fait un peu peur pour l’instant, que je m’excusais. J’ai prétendu que je ne me sentais pas très bien, un rhume ou un truc du genre. Et que dès que je me sentirais mieux, je l’appellerais. Qu’il ne fallait pas qu’il s’inquiète, que ça n’avait absolument rien à voir avec lui, qu’il n’avait rien fait de mal. Tout allait bien. C’est moi qui n’allais pas bien.

J’ai été incapable de lui dire que je l’aimais et pourtant, je le pensais.

Toute la journée et même pendant la soirée, Pascal a continué a essayé de me faire sortir de ma coquille en m’envoyant de petits messages d’encouragements, pour me dire qu’il pensait à moi, qu’il m’adorait et que je lui manquais. C’était gentil. J’avais pensé que j’allais me sentir mieux, mais même pas.

Le soir, j’ai décidé de faire un petit effort et d’aller les rejoindre au pub où on avait l’habitude de se retrouver. C’était surtout pour Pascal.

Assise dans ma voiture, je voyais l’intérieur, et j’hésitais encore à y aller. Mais je voulais aussi être sûr qu’ils y étaient avant d’entrer là-bas. Rhhh, il y avait trop de monde, j’ai eu un haut le cœur. Puis, j’ai vu Pascal, puis Thomas, et les autres. Ils étaient bien là. Pascal n’avait pas l’air de s’amuser plus que d’ordinaire. Il discutait, simplement. Evidemment, Caro n’était pas loin. Même collée à ses baskets. Comme à son habitude, Jess papillonnait. On ne pouvait pas la louper, elle aimait être le centre du monde.

Afff, je n’y arriverais pas. J’avais pensé pouvoir entrer là-bas comme si de rien, mais je n’en avais pas la force. La nausée me montait à la tête direct. Pfff, non je ne peux pas. C’était bizarre, mais j’avais une impression d’être derrière la toile, comme si je regardais un film. J’étais déconnectée. Par moment, des images du corps de mon frère, mutilé par une autopsie, dans un tiroir d’une morgue venaient cour circuiter ma vision. Non, je n’étais pas d’attaque.

J’ai fait demi-tour… m’arrêter quelques kilomètres plus loin. Nul… Je devais essayer… Au moins essayer… Si je ne me sens pas bien, j’avais ma voiture, je pouvais toujours partir aussi sec.

Quant je suis entrée dans le bar, le bruit, la musique, les odeurs m’ont giflée. J’ai dû reprendre mon souffle pour ne pas repartir en courant et me rappeler aussi que j’étais allée prendre un verre avec Dol, alors, je pouvais supporter un peu plus de bruits et de monde. Pascal a levé les yeux dans ma direction. En allant vers lui, tout ce que je me rappelle avoir pensé c’était; pourvu qu’il ne me prenne pas dans ses bras, pourvu qu’il n’essaie pas de m’embrasser.

C’était carrément idiot, Pascal ne ferait jamais un truc pareil avec sa femme dans le bar! Et pas dans un endroit public!

Comme toujours, c’est presque toujours Pascal que je salue en dernier. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est comme ça. Après avoir salué tout le monde, je suis arrivée vers lui pour lui faire la bise. C’est le moment qu’a choisi Jess pour venir se jeter au cou de son mari. Pascal était aussi surpris que moi. J’ai eu un moment de recul. Pascal ne me quittait pas des yeux, il m’a attrapé par le bras et après avoir écouté ce que Jess semblait vouloir lui dire. Et même si elle était toujours avec son bras autour de son cou, Pascal m’a demandé de sortir fumer un clope avec lui.

Jess a été prise de court, elle n’a pas pu nous suivre. Surtout que Pascal l’a soulevée et posée sur le tabouret sur lequel il était à moitié assis.

Dehors, il m’a fait un bisou avant de me tendre une clope qu’il a allumé pour moi. J’ai remarqué après que Pascal s’était mis face à l’entrée, probablement pour éviter que Jess n’essaie de m’agresser. C’était adorable. J’avais oublié ça moi. Je voyais bien qu’il voulait savoir ce qui se passait, pourquoi j’étais si absente ces derniers temps, mais il n’a pas essayé de me sortir les vers du nez. Il m’a juste reproché d’être une sale gamine de l'avoir laissé dans le vague pendant si longtemps. Il avait été inquiet.

Je n’étais pas très bavarde et je voyais bien qu’il m’observait. Pascal a essayé de me proposer de se retrouver après, ou d’aller boire quelque chose ailleurs. Mais… non… je ne voulais pas. J’avais trop peur qu’il tente quelque chose qui risquerait de me refroidir complètement.

A la 2ème clope, je lui ai dit que je ne retournais pas dedans. J’étais juste venue pour lui faire un petit coucou. Ça c’est fait, maintenant, je voulais retourner chez moi. A la petite grimace qu’il a faite, je crois que Pascal a compris que ça ne servait à rien d’insister. Après un petit bisou sur la joue, il m’a laissé filer. Il s’excuserait pour moi auprès des autres.

Jeeez, qu’est-ce que j’étais soulagée de partir… contente de rentrer chez moi…

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174/2012 - Je veux... ??? Je sais pas...

Publié le par JaneDo

Vendredi, 22 juin 2012  -  (174/2012)  -  Qu’on me foute la paix bordel

Halala, qu’on me laisse tranquille! Qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir faire ci ou faire ça? Aller boire des verres ? Ça ne me dit rien. Je ne veux rien entendre, rien voir. Qu’on me laisse toute seule, je veux qu’on me foute la paix. Même mes sœurs m’agacent. Rhhhoh, faut que je me contrôle, que je ne laisse pas transparaître mon agacement.

Et Dol… J’ai fait l’idiotie de l’appeler. Je ne voulais pas qu’elle pense que je lui en voulais ou quoi. Elle vient de sortir de l’hôpital, elle est encore fragile, je ne voulais pas qu’elle s’imagine que je la laissais tomber. Elle voulait absolument m’offrir à manger. J’ai été la chercher chez sa coiffeuse. Hasard, cette fille était apprentie chez mon ancien coiffeur, René.

Jeeez, elle m’a tout de suite reconnue. Hélas, moi rien de rien. Mais j’ai fait semblant. Et j’ai dû sourire, rigoler, mettre de la musique et prétendre que ça allait. Par moment, je devais contrôler le reflux de chagrin qui me noyait le cœur ou les larmes qui montaient.

J’avoue que j’étais contente de la jeter chez elle et rentrer. Je sais que ce n’est pas de sa faute, qu’elle n’aurait pas su ce que j’avais, et c’était le meilleur moyen d’éviter les questions. Mais c’était hyper dur. J’ai vraiment dû me retenir de ne pas lui dire qu’elle m’agaçait. Hhhh. J’ai pensé que je devrais voir si Mathieu ne pourrait pas aller la faire marcher un peu, la coatcher pour pas qu’elle sombre à nouveau!! Je vais voir.

On a voulu proposer à Tchoy de venir manger avec nous, mais nos appels se croisaient. Nous pas. Dol voulait sortir, aller en boîte, dans des bars, moi non. Pas envie. C’était déjà un gros effort d’être sortie manger avec elle. Bref, je ne sors pas ce soir, et pouvoir me décharger sur Tchoy m'aurait bien arrangée.

Quant on s'est finalement parlé, je ne lui ai rien dit. J'aurai pu, c'est mon meilleur pote. Faut dire qu'il a 11 frères et soeurs. Il était là pour petit Pierre, il aurait compris mes humeurs.

Envie de rien. Veux pas qu’on m’approche, ni qu’on me touche. Pas envie de me forcer à devoir parler pendant des heures à qui que ce soit. Même à Pascal. Je ne veux pas lui dire pour le moment. J’ai zappé ses appels. Pauvre chou, désolée. Il devait se demander ce qui se passait, pourquoi je ne répondais pas, ce qu’il avait bien pu faire pour me contrarier. Rien. C’est moi qui tourne pas rond. Pascal va penser que je suis fâchée et se demander pourquoi.

Pfff, qu’est-ce que c’est compliqué.... Je suis fatiguée…


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173/2012 - Manque 1 partie de moi...

Publié le par JaneDo

Jeudi, 21 juin 2012  -  (173/2012)  -  Et la vie semble continuer, mais il me manque une partie de moi…

Je me sens anéantie par la mort de mon frère. La plupart du temps j’essaie de ne pas y penser, de mettre la musique ou la télé à fond pour ne pas laisser de place dans ma tête pour penser. Parfois quand je me surprends à rire ou même bêtement en me faisant à manger, je craque. Les larmes se bousculent au portillon et je dois vite me changer les idées avec n’importe quoi. J’ai le cœur lourd, pourtant, je ne devrais pas, Mark a raison, c’était une belle mort.

Mais quand même… De penser que je n’entendrais plus jamais sa voix, son rire, que chaque fois que je penserais à lui, je dois me rappeler qu’il n’est plus des nôtres, me fiche le cafard. En même temps, quelque part, je n’arrive pas à réaliser, mais je réalise aussi. Ma tête me fait mal. Pfff. J'ai le coeur briser, le chagrin me submerge et je ne peux rien faire. Je me laisse emporter par les vagues et je sombre.

Oh Pascal, désolée, je ne sais pas quoi te dire, je suis tellement désolée, je n’ai pas envie de parler… Oh et les câlins pas envie non plus… Trop désolée. Peux pas.

Des images atroces comme le fait qu’il dort dans un casier d’une morgue me tord l’estomac et les larmes palpitent, je les sens monter. Je ne veux pas le voir étendu, froid, sans vie, et pourtant, je ne supporte pas l’idée de ne pas pouvoir y aller pour son enterrement. De ne pas revoir son visage une dernière fois.

J’ai l’impression qu’on m’avait arraché toute une partie de moi, toute ma famille africaine. Chaque fois que je vois un visage de là-bas , un visage africain, ou que le mot Afrique apparaît quelque part, ça me brise.

Bientôt ce sera mon tour, je dormirais aussi dans un box en attendant qu’on me jette au fond d’une fosse. Qui en aura quelque chose à foutre? Personne. La vie continuera quand même. Qui saura ce qui me plaisait, qui penserait encore à moi? Personne. Et la vie continuera non-stop. Les gens s’amuseront, riront, ceux que j’ai connu aussi, sans même un souvenir de moi. Qui m’aura vraiment  et sincèrement aimée? Ça n’aura plus aucune espèce d’importance.

Les regrets ne serviront plus à rien. Le regret des vivants… Ça sonne drôlement bizarre! Je serais morte. Plus qu’un amas de chair et de tissu qu’on oubliera au fond d’un trou. Pourvu qu’on m’incinère! Hhhhh, oh non… Je viens de réaliser pourquoi... les angoisses…

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172/2012 - Etat second...

Publié le par JaneDo

Mercredi, 20 juin 2012  -  (172/2012)  -  Etat second

Dans un état second toute la journée. Tellement pleuré, je n’en pouvais plus. Mal à la tête. J’ai rejeté tous les appels sauf ceux de la famille. Ils ont décidé de faire une réunion chez moi pour appeler le Liberia. Marie Stempfel est là-bas en ce moment. Eut Amos et Marie en ligne. Contente de les voir partir. Sentie coupable de le penser. S’ils leur arrivaient quelques choses, je serais mal. Faut que je fasse attention à mes réactions.

On a parlé de pti Marc. Ça m’a fait sourire. Il a 9 ans et m’a raconté la dernière fois qu’il avait plusieurs copines, et 3 numéros de natel. J’ai eu l’impression d’oublier mon frère qui n'était plus parmi nous. Eu mal d'avoir souri, ça m’a donné envie de pleurer. Voir les réactions des uns et des autres, je me suis dit; alors voilà comment ils seront s’il m’arrivait quelque chose?? Mal au cœur, parce que, à part mon frangin, j’avais l’impression que Rose s’en tapait un peu.

Enfin non, Claudine plus. Elle n’est pas venue à la réunion qu’elle a proposé et organisée chez moi parce qu’elle avait un souper chez une copine!!! Après, je me suis rappelée que pour mom, le soir avant l’enterrement, elle était allée danser en boîte. C’était peut-être sa manière à elle de faire barrage à la peine et nier la réalité.

Mark et moi sommes passés chez papa pour le lui dire. La nouvelle l'a choqué. Il a essayé de faire bonne figure, mais il y avait des moments où il était au bord des larmes. Mon petit papa adoré. Mais, les hommes ne doivent pas pleurer, lui comme Mark essayaient de ne pas montrer leurs peines, mais la barre sur le front ne trompe pas.

Mes frères et sœurs veulent rejeter les responsabilités sur moi. Ils veulent que ce soit moi qui aille au Liberia. Moi qui déteste les enterrements. Mais en même temps… Puis, je ne veux pas voir mon frère… comme ça!

J’essaie d’oublier, de ne pas y penser. Moi aussi j’essaie de nier la réalité. Pour pouvoir fermer l’œil, j’ai avalé 2 somnifères.

Mark va trouver un téléphone exprès pour appeler l’Afrique sans que ça coûte la peau des fesses. Hum! Dire qu’il faut penser à des trucs pareils, comme dire des choses comme; où est le corps en parlant de son propre frère!!

Y a pas à dire, peut-être que les hommes de la famille sont tous des polygames?!?

Amos a dit qu’apparemment Ernest était en compagnie du fils à Fatu à Monrovia. Apparemment, il était avec une de ses femmes, mais il ne savait rien de plus. Mark, en mec de base, a dit qu’Ernest avait pris son pied, alors c’était une belle mort. A vrai dire, la réflexion de mon frère a fait son chemin dans ma tête, et je suis plus soulagée.

Oui, c’était une belle mort après tout. Il dormait après l'amour... Sauf qu’il va me manquer…


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